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Collection MILIEUX

Sabine BARLES La ville délétère:
Médecins et ingénieurs dans l'espace urbain
XVIIIe-XIXe siècles

La ville est ici abordée du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain, dans le passage de la ville de l’Ancien Régime à la ville hausmannienne ou haussmannisée: le médecin et l’ingénieur, l’ouvrage mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu, principalement celui de la ville de Paris. Pour ce faire, un point de vue original est adopté, celui du sol et du sous-sol urbain, par opposition à l’air et à l’eau qui sont considérés depuis plus d’un siècle comme les principaux vecteurs de l’environnement et de la salubrité.

un volume 15,8 x 21 de 384 pages, 32 illustrations,
ISBN 2.87673.281.5, 1999, 28
euros

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L'invention des déchets urbains
France: 1790-1970

En France, les municipalités produisent aujourd’hui 47 millions de tonnes de déchets par an ; elles consomment environ 6 milliards de mètres cubes d’eau et produisent à peu près la même quantité d’eaux usées. Les villes consomment donc beaucoup et perdent presque autant. Elles constitueraient, selon l’écologue Eugen Odum, des écosystèmes parasites, vivant au détriment des autres tout en affectant le fonctionnement biogéochimique de la biosphère.
Déchets et eaux usées sont d’excellents traceurs des relations qu’entretiennent les sociétés et la nature et permettent de s’interroger sur la permanence du parasitisme urbain — question d’importance au regard des enjeux du développement durable. Une première analyse laisserait penser que l’industrialisation et l’urbanisation caractéristiques des deux derniers siècles ont renforcé le rôle destructeur des villes et la production de déchets de toutes natures : le déchet serait en quelque sorte consubstantiel à la ville.
Sabine Barles revient ici sur cette hypothèse en montrant que l’invention des déchets urbains est relativement récente. L’analyse et l’exploitation du cycle des matières furent en effet déterminantes au cours de la première révolution industrielle. Leur circulation de la maison à la rue, de la rue et de la fosse d’aisances à l’usine ou au champ contribua au premier essor de la consommation urbaine. Scientifiques, industriels, agriculteurs – parfois confondus – regardèrent la ville comme une mine de matières premières et participèrent, aux côtés des adminstrations municipales, des services techniques et des chiffonniers, à la réalisation d’un projet urbain visant à ne rien laisser perdre, projet garant de la salubrité urbaine, du dynamisme économique et de la survie alimentaire.
Ce n’est que lorsque industrie et agriculture purent se passer de la ville qu’elles lui abandonnèrent ses excreta au profit d’autres matières premières plus abondantes, plus rentables, plus commodes. De fait on assiste, à partir des années 1880, à une dévalorisation progressive des excreta urbains qui se feront plus tard déchets et eaux usées, malgré les tentatives faites çà et là pour leur trouver de nouveaux débouchés. Chimistes et agronomes se détournèrent de la ville qui échappa dès lors à leurs compétences.
La ville, principal lieu d’une consommation dont elle avait dans un premier temps permis l’essor, rompait ses liens matériels avec l’agriculture et l’industrie et devenait ce que dénonçaient les premiers écologues urbains : un parasite.

un volume 15,8 x 21 de 304 pages,44 illustrations,
ISBN 2.87673.417.6, 2005, 25
euros

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Sabine Barles est maître de conférences à l’Institut Français d’Urbanisme (Paris-VIII) et chercheur au laboratoire Théorie des Mutations Urbaines (UMR CNRS 7136). Ses recherches portent particulièrement sur l’histoire contemporaine des techniques et de l’environnement urbains.

Éditions Champ Vallon
F 01420 Seyssel
Tél. 04 50 56 15 51 Fax 04 50 56 15 64