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Collection MILIEUX

Bertrand BINOCHE, FRANCK TINLAND
(sous la direction de)
Sens du devenir et pensée de l'histoire
au temps des lumières

Que nous éprouvions auourd'hui le besoin de régresser aux multiples dicours tenus par les Lumières sur l'histoire, cela résulte très naturellement de ce que nous avons cessé de nous percevoir comme inscrits dans le temps de l'Histoire: celle-ci ne faisant plus écran, ceux-là retrouvent un relief longtemps devenu indsicernable.
Les études ici rassemblées démêlent, de Leibniz à Condorcet, l'enchevêtrement des trois grandes strates qui se dessinent alors: la genèse abstraite de l'obéissance politique, la civilisation comme processus ordinaire qu'accomplit en son temps chaque nation si les circonstances le lui permettent et, enfin, la pluralité des histoires empiriques dont le traitement fait l'objet de démarches très diverses. Prendre la mesure de cette complexité, c'est commencer d'en finir avec la représentation très convenue d'une histoire de nos croyances en l'Histoire qui s'élaborèrent en réalité toujours dans l'ambivalence et le conflit.

un volume 15,8 x 21 de 238 pages
ISBN 2.87673.310.2, 2000, 20,5 euros

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L'Homme perfectible

Entre la perfection humaine, que Descartes définissait comme l'aptitude de ne point faillir dont nous jouissons tous naturellement, et le perfectionnement indéfini de l'humanité dont Condorcet fit le vecteur de l'histoire universelle, surgit quelque chose d'étrange que Rousseau nomma la perfectibilité, presque illimitée, de l'individu comme de l'espèce.
C'est à ce mot que s'attache le présent recueil, moins pour faire l'histoire d'un concept ou d'une idée que pour comprendre les devenirs aléatoires d'un signifiant, emporté par des polémiques inattendues et réinvesti dans des conjonctures imprévisibles. Pourquoi déclara-t-on l'homme perfectible et en quels multiples sens le réaffirma-t-on ainsi ou, au contraire, s'y refusa-t-on ? Voilà ce qu'il n'est peut-être pas tout à fait inutile de se demander à l'heure où l'on s'effraie moins de concevoir l'espèce comme indéfiniment progressive que l'individu comme reproductible à l'identique.

un volume 15,8 x 21 de 320 pages
ISBN 2.87673.389.7, 2004, 24 euros

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Les équivoques de la civilisation

On ne se passe pas aisément du concept, si c’en est encore un, de civilisation. Chacun convient de son importance, mais son histoire, en français au moins, reste bien sommaire. Aussi n’était-il pas inutile d’y revenir en croisant un axe géographique (civiltà, civilisation, civilization, Zivilisation) et un axe historique (de la barbarie selon Leibniz à l’épistémè selon Foucault). Il en ressort un paysage fort contrasté où le terme, non seulement recouvre bien des significations incompatibles — et comment pourraît-il en aller autrement? –, mais aussi plusieurs statuts bien distincts – car un simple mot n’est pas un concept, comme un concept n’est pas un maître-mot.
La «civilisation» se définit donc par ses équivoques, lesquelles résultent de ses usages, plus ou moins scrupuleux. Après avoir prédit le triomphe de la civilisation, on peut bien annoncer le choc des civilisations, mais cela ne contribue pas à y voir plus clair. Aussi, aux fracas de la prophétie, les collaborateurs réunis dans ce volume ont-ils préféré les méandres de l’analyse: moins tonitruants sans doute, mais, de détour en détour, plus riches de ce qui éclaire ces grands mots qui nous engagent toujours plus que nous ne le souhaiterions.

un volume 15,8 x 21 de 284 pages
ISBN 2.87673.420.6, 2005, 23 euros

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Bertrand BINOCHE, (sous la direction de)

Éditions Champ Vallon
F 01420 Seyssel
Tél. 04 50 56 15 51 Fax 04 50 56 15 64