|
On a dit de ce livre publié en 1867 et qui inspira le Germinal de Zola qu'il s'agissait d'un livre de vulgarisation. Encore faut-il s'entendre sur ce terme. Si l'on veut dire que cet ouvrage est un immense voyage, descriptif et narratif, parmi les mines de charbon qui rappelle parfois quelque Tour de France par deux enfants devenu tour du monde, la formule est recevable. Si l'on entend par là qu'il s'agit d'un livre pédagogique, abondamment illustré, elle l'est encore : l'intérêt réside alors dans cette évangélisation laïque qui caractérise bien certain esprit scientifique et populaire de l'époque et suggère d'autres rapprochements: tous ceux qui ont un jour aimé les Indes noires de Jules Verne aimeront ce livre. Mais il y a plus. Ce texte encyclopédique, scrupuleux et à sa manière systématique nous fait voyager dans la troisième dimension. Au bout du compte, la descente aux enfers qu'il exalte n'est pas loin de constituer une mythologie de l'âge industriel, le charbon souverain ayant, pour l'homme de ce temps, les attraitssymétriques de la blancheur de la baleine. La Vie souterraine de Simonin est un peu le Moby Dick des chasseurs de charbon.
un volume 18 x 24 de 336 pages, 99 illustrations et 15 cartes,
ISBN 2.903528.14.4, 1982, 17 euros
|