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M.G. Textes de un volume 15 x 22 de 448 pages, Textes de un volume 15 x 22 de 284 pages, Tout affrontement ne procéderait-il pas d’un malentendu ? Celui-ci ne résiderait-il pas dans le sujet lui-même, dans ses drames intérieurs? La notion d’affrontement est très loin de pouvoir être ramenée à la seule mise en face à face de sujets, d’entités, de pensées, d’idéologies. Cette notion complexe englobe tout spécialement la jalousie, en réservant une place à l’incertitude : sujet/objet, dedans/dehors, aujourd’hui/autrefois. Cela se vérifie dans le champ des images aussi bien picturales, théâtrales, cinématographiques, musicales que verbales. Textes de de A. Beetschen, R. Bénard, O. Beuvelet, G. Bonnet, M.-C. Bouchindomme, J.-B. Chantoiseau, M.-H. Cordié-Levy, C. Croce, G. Didi-Huberman, V. Foloppe, M. Gagnebin, G. Gomot, Y. Hoffmann, D. Lengyel, J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, C. Louis-Combet, J. Milly, N. Minazio, A. Minazzoli, G. Nivat, C. Rondeau, C. Simma, Y. P. Zinchenko. un volume 15 x 22 de 448 pages,
Murielle GAGNEBIN
et Julien MILLY
(sous la direction de)Les images honteuses
Il y a des images propres à représenter la honte et, à côté, des images éhontées, enfin des images qui éprouvent, en leurs plis, la honte. Dira-t-on que notre culture se plaît à jouer avec l’impudeur, l’opprobre, l’abjection? Cherche-t-elle à les piéger ou à les exalter? Que signifie la tentation du snuff movie: ces films «interdits» qui veulent capter le travail du trépas sur les visages ou dans les postures ultimes, et ainsi porter atteinte à ce qui est au plus profond de l’être, à l’identitaire?
C’est de «la gale de la psyché», de l’esthétique du laid devenu «trash», «destroy», apologie de l’immonde qu’il est ici question. «Rougir de honte» est devenu désuet, quand, aujourd’hui, on peut «mourir de honte» à force d’humiliations ou d’affronts existentiels. La «machine à faire la merde» de Delvoye, les anatomies falsifiées de condamnés à mort dues à G. von Hagens mettent en scène l’homme-détritus, alors que d’autres artistes, se confrontant à la terreur de la psychose ou aux images du Goulag, voire d’Auschwitz, «cet anus du monde», parviennent, quant à eux, à sublimer le sordide en tragique. Sont étudiées ainsi parmi beaucoup d’autres les œuvres de plasticiens (Zoran Musicˇ, David Nebreda), d’écrivains (Chalamov, Tisma), de cinéastes (Bela Tarr, Fassbinder, Haneke, etc.).
Aux multiples domaines de l’art s’appliquent les diverses interrogations propres aux sciences humaines: histoire des mentalités, esthétique, psychanalyse. Les réponses semblent contrastées: perte des repères, absence d’idéal, violence contenue dans l’acte de voir, déni de la honte, valorisation du passage à l’acte, transparence de l’intime. En définitive, y aurait-il une émotion spécifique aux images honteuses? Quels en seraient alors le destin et la fonction?
Bruno-Nassim Aboudrar, Paul Ardenne, Claude Balier, Georges Banu, Gérard Bonnet, Marie-Camille Bouchindomme, Baptiste Debicki, Paul Denis, Martine Edrosa, Virginie Foloppe, Murielle Gagnebin, Cécile Giraud, Tristan Grünberg, Gladys Jarreau, Isabelle Kamieniak, Jean-Pierre Kamieniak, David Lengyel, Jean-Louis Leutrat, Ophir Levy, Corinne Maury, Julien Milly, Georges Nivat, Guivaine Rochedy, Corinne Rondeau, Gwenaël Tison, Corinne de Thoury, Gérard Wajcman
ISBN 978-2-87673-452-4, 2007, 29,50 euros
Les images limites gagnent une importance cruciale dans les différents domaines de l’art (littérature, poésie, peinture, théâtre, cinéma, vidéo, etc.) chaque fois que s’y affirment les problématiques du seuil, de l’entre-deux, de la béance, du manque, de la disparition comme de la butée. De surcroît, camper sur les limites est aussi l’occasion de vertiges, parfois inquiétants. Sont interrogés l’originel (nuit utérine, scène primitive), propre à conférer sa temporalité à l’image des tout débuts, et l’originaire qui en marque le fondement structural. Les bornes de l’image, lieux tantôt de néo-création, tantôt épreuves du désert, retiendront l’attention.
Les sciences humaines telle l’épistémologie, la psychanalyse, l’esthétique, la philosophie, la sociologie, la traductologie, apportent rigueur et lumière à ces études saisissantes sur Lars von Trier, Resnais, Suwa, Guy Debord, ou Flaubert, Jabès, Claude Simon, ou encore Böcklin, Robson, le bio-art, etc.
En effet, le liminal semble bien distiller à même ses envoûtements un venin subtil.
Bérénice Bonhomme, Marie-Camille Bouchindomme, Yaël Cange, Jean, Louis Déotte, François Duparc, Virginie Foloppe, Murielle Gagnebin, Georges-Arthur Goldschmidt, Tristan Grünberg, Ophir Levy
Suzanne Liandrat-Guigues, Corinne Maury, Julien Milly, Agnès Minazzoli, Béatrice Picon-Vallin, Pascal Quignard, Corinne Rondeau, Claudia Simma, Gwenaël Tison
ISBN 978-2-87673-484-5, 2008, 24 euros
Cette problématique s’observe dans les œuvres de créateurs que rapproche un regard animé par une cruauté provocante. Se trouvent ainsi réunis des artistes allant de Villon ou de Shakespeare à Godard, en passant, entre autres, par Gustave Moreau, Welles, Verdi, Antonioni, Georges Bataille, Pasolini, Wim Wenders, Kieslowski, Elfriede Jelinek et Abramovic-Ulay.
Des images de l’affrontement à l’affrontement des images, tel est le cheminement, à la fois esthétique, philosophique et psychanalytique, de ce livre. Dès lors, les termes de déconstruction, de démembrement, de démantèlement, élevés au rang d’instruments, et s’exerçant dans le champ strict de l’image, engagent une fécondité révolutionnaire.
ISBN 978-2-87673-519-4, 2008, 29,50 euros
Éditions Champ Vallon
F 01420 Seyssel
Tél. 04 50 56 15 51 Fax 04 50 56 15 64