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La conception d'une littérature engagée n'est pas propre au XXe siècle: elle remonte déjà aux prophètes du XIXe siècle (Lamartine, Hugo, Zola
). À quoi s'opposèrent, surtout dans la deuxième moitié du siècle, un certain nombre d'écrivains qui se replièrent sur des valeurs plus esthétiques et formelles. Ce mouvement de dépolitisation de la littérature et ce repliement sur l'Art comme "finalité sans fin", ce refus de la subordination de la littérature à l'action ou à la morale, ce refus de l'utilitarisme dans l'art, cette revendication d'un art autonome et indépendant sont connus sous le nom de l'art pour l'art.C'est Flaubert, mais ce sont aussi Gautier, les Goncourt, Leconte de Lisle, parfois Baudelaire, et quelques autres. Il fallait en reconnaître les origines, en retracer les développements, en rassembler le corpus, en connaître les héros, en expliciter les thèses et l'idéologie, et peut-être en souligner les contradictions. C'est à la réalisation de ce projet tout neuf que s'est attelé au début du XXe siècle un jeune normalien. Quatre-vingt-dix ans plus tard, cet ouvrage magistral n'a pas pris une ride.C'est un modèle d'histoire des idées littéraires, une somme de savoir, de citations et d'analyses, qui constitue comme une archéologie de nos idées modernes sur la littérature.
un volume 14 x 22 de 432 pages,
ISBN 2.87673.231.9, 1997, 28 euros
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