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Collection CHAMP POÉTIQUE

Olivier BARBARANT Louis Aragon:
la mémoire et l'excès

Concernant Aragon, l'homme et ses ambiguïtés éclipsent l'œuvre et ses réussites.Sa poésie souffre particulièrement d'un état de fait: trop connue, et donc méconnue, elle se voit réduite à quelques vers célèbres, quelques dates circonscrites, quelques légendes (Elsa, la résistance, l'Histoire...) jamais véritablement lues.Pour la première fois depuis la mort de l'auteur, le livre veut donc relire la totalité d'une trajectoire poétique qui ne se réduit ni à l'usage du vers, ni à l'imitation, ni à l'exploitation de quelques grands thèmes. De 1919 à 1982, Aragon débat plutôt avec les procédures poétiques, avec la mémoire d'un genre, avec la sienne, tentant à chaque livre de déplacer et de réinventer un nouveau lyrisme.Collage, montage, intertextualité, dérèglement de la syntaxe, réinvention de formes, la mémoire procure un matériau qu'une systématique et inquiétante pratique de l'excès tente à chaque fois de déborder. Libérée des faux savoirs, l'œuvre alors reprend cohérence: elle est la recherche incessante d'un placement de la voix qui n'a pas fini d'éblouir, ni de donner quelques leçons à la modernité.

un volume 15,5 x 21 de 256 pages,
ISBN 2.87673.226.2, 1997, 20 euros

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Dans d'autres collections

Collection RECUEIL
Les parquets du ciel
Poésie

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Douze lettres au soldat inconnu
Prose

Quoi de plus raide, et ennuyeux, qu’un mythe national? Le culte qu’on lui rend sert à fossiliser la mémoire: il fait écran à l’histoire, à ses drames, à la tragédie. Avant sa gloire — paradoxale puisqu’elle l’éclipse — le soldat inconnu était pourtant un homme. Cette évidence sert de point de départ à une correspondance imaginaire adressée par un jeune homme d’aujourd’hui à celui de jadis, pour tenter de redonner vie à celui qui a, donc, doublement disparu. L’entreprise, folle, de retrouver le poids de chair d’un cadavre enclenche alors une série de métaphores croisées: à sa guerre répondent d’autres malheurs, à sa mort d’autres morts, à son absence d’autres solitudes.

un volume 13 x 21 de 128 pages,
ISBN 2.87673.164.9, 1993, 12 ¤

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Quelques extraits de presse

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Temps mort:
journal imprécis

"A reprendre la première phrase de ce journal, en date de 1986, je ne perçois guère de changements en moi-même. Une plus grande simplicité peut-être (mais tout changement doit-il nécessairement relever du progrès" ? n'est-ce pas là une vaine consolation imaginaire, pour se féliciter d'avoir vieilli ? et la vie commune à présent avec une femme, qui m'épargne l'ancienne hystérie du désir - encore que. Davantage de bonheur, et surtout plus de capacité à s'extraire des ennuis quotidiens où je croyais alors trouver je ne sais quelle clé, quelle porte sur la pensée, confondant un peu trop peut-être mes états d'âme et les mystères du monde. Mais si la vie ordinaire m'est un peu plus aisée, je n'en sais pas plus qu'alors sur ce qui me fait exister, sur l'autre moitié, l'autre versant de mes jours, sur ce "temps mort" où vivre s'illumine. Il me faudrait me résoudre à accepter que je mourrai un jour sans avoir compris ce qu'il y a de si essentiel pour moi dans les fichus superposés du ciel, les gouttes de pluie sur les carreaux, les coups de fouet en pleine âme que nous font les chants des hommes,
et la lumière de leurs regards. "
O.B.

un volume 14 x 22 de 256 pages,
ISBN 2.87673.292.0, 1999, 20 ¤

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Essais de voix malgré le vent
journal imprécis

« Le vent ne m'est pas celui de l'esprit, dont chacun sait qu'il souffle où il veut – en tout cas pas chez moi. Il représente ici toutes les forces de dislocation s'exerçant sur l'âme, et par voie de conséquence sur le vers : la mort bien sûr (et comme toujours) mais aussi cette fois l'assez aberrant tintamarre de l'époque. J'ai tenté de coller l'oreille à cet étrange coquillage, et le moins qu'on puisse dire est qu'on n'y entend pas la mer. Malgré le vent donc, comme en dépit de l'éparpillement du langage, il arrive qu'ici ou là un murmure résiste, offre presque une consistance. L'un des poèmes éclaire alors le pari de ces diverses tentatives, lorsqu'il affirme (avec une assurance cependant que je me reproche déjà) : “J'aurai du moins fini dansant” ». O.B.

un volume 13 x 21 de 256 pages,
ISBN 2.87673.384.6, 2004, 13 euros

Éditions Champ Vallon
F 01420 Seyssel
Tél. 04 50 56 15 51 Fax 04 50 56 15 64