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Collection ÉPOQUES

Diane ROUSSEL Violences et passions dans le Paris de la Renaissance
Préface de Robert Muchembled


Capitale politique du royaume de France, monstre démographique et chaudron social sans cesse bouillonnant, Paris est-elle également la capitale du crime ?
Cela ne fait aucun doute pour les chroniqueurs bourgeois de la Renaissance, persuadés de voir proliférer le crime organisé à l’intérieur des murailles de la ville, réactivant ainsi, à la faveur des grandes crises du siècle, les stéréotypes de l’insécurité urbaine. C’est également le discours que tient la Couronne, pour laquelle dénoncer l’insuffisance de la police parisienne permet de faire progresser la tutelle royale au détriment des autonomies anciennes de la bonne ville.
Les sources de la pratique judiciaire livrent pourtant une tout autre image de la criminalité parisienne au XVIe siècle. Fréquente et ritualisée, la violence ordinaire est d’abord le fait d’une jeunesse masculine en mal d’intégration professionnelle et matrimoniale. Mais si l’engouement pour le duel à l’épée modèle l’homicide parisien, la capitale ne semble pas connaître d’explosion sanglante hors du commun. Les instruments traditionnels de la régulation sociale – police en immersion dans la rue, justice conciliatrice plus que coercitive et surtout contrôle communautaire étroit – résistent encore aux mutations profondes de l’organisme urbain, assurent une relative modération de la violence et engagent la société parisienne sur le chemin du désarmement. Analysés au ras de la rue, les conflits ordinaires permettent aussi de restituer l’intensité de la vie sociale dans la plus grande ville d’Occident, où la conduite et la renommée de chacun sont soumises au regard de tous et aux normes communes. Plutôt que naturellement « pousse-au-crime », Paris apparaît au contraire comme un modèle original de moralisation et d’encadrement des comportements à l’aube des Temps modernes.

Un ouvrage 15,5 x 24 de 394 pages
ISBN 978.2.87673.603.0, 2012. 28 euros

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