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Collection RECUEIL
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L'extrait
Un soir et ce sera comme tout autre soir Un soir et les nuées poseront des galons aux carrures des astres Il ne sera pas nécessaire de convoquer lordinaire attirail nocturne Un soir où pourquoi pas nous aurions décidé de sortir Un soir où tu mettras un peu de rouge à lèvres Et ce sera lentrée le gros Cerbère que lon sait Avec ce dindon courroucé dans la foule on compte dautres volatiles Un soir et ce sera notre tour La musique toujours bien mieux que lombre maura saisi Pendant cette tempête on ne pense pas et les corps enfin tiennent lieu de monde Un soir et ce sera encore un soir de fausse extase et de bière trop vite bue Un soir comme tous les autres soirs un soir peut-être proche Un soir donc et jen rêve parfois Jaurai du moins fini dansant.
Olivier BARBARANT
Essais de voix malgré le vent
Un soir où voir comme toujours le beffroi de bronze et le bref Manet du drapeau
Sur la mairie en face avec loblique de ses ogives dans la lumière déjà brillant
Malgré le reste de clarté qui traîne en mare sur la place
La nuit bientôt comme une épaule entre les deux boutons dargent
Un soir qui met son uniforme lentement
Un soir comme un battement de portes dans un univers bondé dâmes
Un soir de branches prolongées
La mascarade du malheur les loups posés au visage des choses
Ce soir-là simplement la lumière paraîtrait plus fragile que dautres fois
Un soir aux vitres des maisons posant le début dun silence
Un chant de chiffons déchirés
Avec lhabituelle cérémonie des vêtements ôtés
Essayés remisés toute lorgie des tissus sur le lit quand on part sans être sûrs davoir trouvé
Lefficace panoplie et finalement peu importe
Puisque lins et cotons répandus nous attendent faisant miroir de nos étreintes
Avec tes robes qui se froissent dans les manches de mes chemises
Le chat sinuera dans mes jambes je tattendrai il y aura
La dernière flamme du jour léchant les lames du parquet
Puis très vite la nuit définitive
En voiture à deux parmi les champs de betterave
La recherche dautres lueurs
Dont lattention depuis longtemps nous fait sourire il ne te quitte pas des yeux
À quel point on peut rien quen marchant faire rouler tous les muscles quand on y pense
Le tout pour le regard que tu noffriras pas
Étranges sous les soleils des spots
Et les jeunes sagitant seuls semblent à chaque coup de reins saccoupler à leur propre nuit
Quand la musique défait lespace et quil ny a plus sur la piste
Quun peu de feu aux miroirs mis et puis lenfer de la fumée
Tout ce bruit quon appelle fête faute sans doute dun peu mieux
À nous les grands pas vides parmi les ombres dautres damnés
Dans le déchaînement du son et la foule sentant la sueur
Je naurai douïe que pour le bruit le sang du bruit tapant tout son cur au-dehors
Je naurai dyeux que pour la débauche des lumières barattées
Et nai eu Dieu jamais quà ce que lheure affolée crie grâce sous les coups de tambour et mes coups de talon
Pour que tombe aussi jusquau fond de soi la pensée enfin décoiffée
Que tout sévanouisse et prenne alors allure de braise
Le moindre geste étant théâtre sous la grêle de voix déchirées
Si bien que musique et miracle ce soir-là comme tous les soirs installeront leur frénésie
Livresse à tant tourner que le temps aboli nest plus quun vague ressac du vertige
Où lentement très lentement tandis quen souriant je tenterai de suivre la tourmente
Comme la folie dun vent dans des feuilles tout un printemps de bras agités
La rose aux tempes avec le rythme ira croissant
Ce ne sera pas le goût de tes lèvres aussitôt le bruit retombé
Ou le geste appris de lépaule à te reprendre dans mes bras
Mais un léger trébuchement rien quune erreur des jambes désaccordées
Et les cuisses gansées non plus simplement de fatigue
Mais du raisin noir de la nuit
Lexcès irait jusquà son terme
Parmi les lèvres des ténèbres et les songes éparpillés
Un soir où sous les velours pailletés sans un cri ni même un soupir
Cheveux collés le front luisant comme un blé tombé sous la faux de la fête
Éditions Champ Vallon
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