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Collection RECUEIL
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Le Magazine littéraire (mars 2002)
Jean Roudaut
Corinne BAYLE
Rouges Roses de l'oubli
L'impression de calme que ressent le lecteur, malgré les douleurs qui foudroyent la narratrice, les élans de révolte qu'elle ressent à l'égard de ceux qui, en mourant, abandonnent les vivants, est due à la façon dont le livre est écrit et dont il est composé. La phrase lie naturellement les citations d'Emily Dickinson aux évocations d'Emily Brontë, les musiques de Pachelbel à la voix de la Callas ; elle les tresse, comme on confectionnait des guirlandes dans le Valois. Surpris par la diversité des motifs, le lecteur est retenu par l'extrême cohérence d'un livre, dont chaque partie s'apparente au poème en prose, ou au récitatif d'opéra. La simplicité mélodique est conquise sur l'abandon au cri. Elle est un signe de résurrection.
Le voyage raconté dans ce livre a trois aspects : il se déroule dans les livres, feuilletés avec les précaution que l'on a pour les choses fragiles ; mène le lecteur dans le monde sensible des fleurs, de la "Rosa amorosa" à la "Rosa fabulosa" ; le reconduit à la clarté depuis son propre monde des ombres, le faisant traverser deux fois l'Achéron, l'une dans la douleur de l'accompagnement, l'autre par l'effort littéraire qui dissout le rêve.
Ai-je dit que ce livre est habité par l'attachement au monde sensible, et que tous les chapitres, dans leur diversité, sont vifs comme des matins?
Éditions Champ Vallon
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