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Un monde existe est une tentative dautobiographie poétique, ou plutôt dautoportrait poétique. Cest aussi une réflexion sur la notion didentité : le narrateur sinterroge sur la place quil occupe dans le monde, sur ce que le mot «Je» recouvre. Quel est son vrai visage, son vrai nom, sa vraie langue?
Ce mouvement réflexif est fait de quatre parties :
Beaucoup de gens est composée de paragraphes de prose rédigés à la troisième personne, qui racontent la vie de quelquun. De cette évocation du nom des autres naît un nom que le «Je» contenait en lui mais quil avait refoulé. Un autre nom qui lui vient de son passé denfant né de père inconnu, de son histoire.
Vie de chaque jour est fait de poèmes brefs à vers très courts rendant compte de micro-événements de la vie quotidienne: un jour de ménage, un voyage en train, une promenade à Lisbonne. Ce quotidien, lugubre à force de répétitions, cache lidentité profonde, empêche daccéder au vrai soi.
La partie centrale, Narrations américaines, est la plus importante. Les poèmes sallongent, les vers aussi. Le narrateur raconte son voyage aux Etats-Unis à la recherche de lautre nom, enfoui, et de lautre langue, celle de son père. Un récit se dessine où il est question de filiation, dabsence, de peur, de deuil et de quête. Le «Je» se brise et laisse surgir en lui celui qui se taisait depuis longtemps. Au cur de ces narrations américaines, six poèmes en anglais signent la conquête, mais difficile, de létranger en soi.
Enfin, Ce qui demeure, la dernière partie, est un retour à la vie quotidienne et au poème court. Sil a progressé dans lexploration de soi, le narrateur constate quil est toujours étranger aux autres, et que le temps accroît cette distance, rend presque impossible la circulation des désirs.
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