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Collection RECUEIL
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L'extrait
benoît conort
cette vie est la nôtre
(pp. 13-15)
poasis poasis chante le fils de la psy
ça gueule fort sur lécran le vers vitaminé lévian de lenthousiasme
poasis poasis et des nixes nicettes au ventre plus plat quune chanson de sheila
se gondolent sous la douche se ripolinent le dos au rythme effréné de gym tonic haut bas haut seins fesses seins il faut que les yeux cliquent que le cur sarrête que ça bondisse que ça bouge
poasis poasis je veux de la poasis comme qui de leau dans un désert joli
un palmier vert un petit lac et que ça gicle dans le poème que ça mouille
la poasis est dans le sac laffaire rondement menée
on est plus léger après la digestion même parmi les huiles même chez les filles
de madame claude close ouverte close elle rit de lire là le désir le vénal le seul quon peut se payer et en avoir
pour son argent et pour le reste
quand on va voir les petites femmes à pigalle ou damsterdam dailleurs encore plus impressionnantes quon nimagine
si lon en croit les journaux bouffées de chaleurs
printanières mais si reposantes rengaines de fin dété
2
but crient-ils et cest vrai que dans le salon ça crie à qui mieux mieux ça se congratule ça meuble tout lespace
de poser ainsi le but en objectif comme ce qui gigote devant le photographe ces tas de chairs habillées fagotées qui voudraient bien mais nosent pas
demain elle enlève le bas
et elle pleure beaucoup comme quand la mama est morte ou quand au bois de fausse repose il la prise entre deux coquelicots en forçant justement mais un peu seulement son petit coquelicot
bien sûr il y a les jours de la semaine aussi le travail ordinaire
mais est-ce quon vit pour ça est-ce quon peut continuer comme ça les souvenirs des parents ne sont pas ceux des enfants quand on a dix-sept ans et tant de lampadaires sur les trottoirs de la cité à disputer aux chiens
on descend dans les caves les sous-sols cest plus frais lété quand la chaleur devient étouffante et quon ne sait plus très bien de quelle colère se saisir
de ne pouvoir jamais oser
on aimerait être tous ensemble mais cest dur les lendemains de fête déchantent
la gueule boit avant dêtre de bois on le sait bien au débotté du lit ce sont les déboires surtout qui reviennent à pleine vitesse
on ny croit plus beaucoup alors à toutes ces chansons sirupeuses à ces paroles acidulées on ny croit plus
comment faire autrement
3
la vie sans toi je sais pas ce soir
le bal a mal commencé on a entendu
dans la rue des enfants traînent leur ennui ils aiment
casser du bois et faire un feu
il faut apprendre les choses naturelles entre
un homme et une femme et la vie
sans toi ni jules ou jim je ne sais pas très bien où
jen suis sûr cest pas tous les jours quon aime
à perdre la tête les mains tremblantes la raison il y a longtemps quelle a fait long feu
pétard mouillé ramassé au fond dun caniveau on se rassemble autour dans une cave on partage jusquau corps
plus loin ça fait trop mal cest dangereux
rester à la surface
Éditions Champ Vallon
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