ANTON SERDECZNY Du tabac pour le mort

une histoire de la réanimation

À partir de 1733, la réanimation médicale, auparavant anecdotique, devint incontournable dans l’univers des Lumières. Ce développement débuta avec les noyés, et s’incarna à travers une pratique énigmatique : l’insufflation anale de fumée de tabac. Pour comprendre ce changement d’attitude face à la mort, il faut retracer le discours qui le porta, notamment l’apport inédit de savants protestants fascinés par les états entre nature et miracle, mort et vie.
Mais expliquer la pratique étonnante promue par les Lumières requiert d’aller plus loin : le geste de souffler au cul pour redonner la vie provient des contes et des rites, principalement du carnaval. C’est ainsi qu’involontairement les Lumières ont puisé dans la culture le matériau étrange qui permit d’étendre le geste médical à la mort.

Biographie

Docteur en histoire de l’EPHE, Anton Serdeczny enseigne l’histoire moderne à l’Université d’Aix-Marseille.
Spécialisé dans les rapports entre science, religions et cultures, il a notamment travaillé sur les liens entre mariologie, traditions et sciences, et sur les conséquences scientifiques de la Réforme. Ses recherches portent avant tout sur l’utilisation des sources savantes dans la reconstruction de la culture orale et rituelle de l’Europe, via la microhistoire et l’anthropologie historique.

Du tabac pour le mort
A paraître le 6 septembre 2018
15,5 x 24, 400 pages
ISBN 979-10-267-0729-5
25 €