Champ Vallon

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Parutions à venir

Mars 2024

Cet ouvrage aborde une question clé pour l’histoire de l’Etat, au cœur de la singularité politique française jusqu’à ce jour, celle de la fiscalité, vue non du centre mais des payeurs. Pourquoi les habitants contribuent-ils de leur argent au fonctionnement du royaume ? Certes pas par la force. Comment le roi les convainc-t-il ? On montre ici comment se construit un système sur mesure pour chaque région, intégrant géographie, histoire et politique. Au-delà de l’image du pouvoir absolu que veut projeter Louis XIV, l’Etat monarchique fonctionne dans son rapport au territoire de façon étonnament segmentée (frontières intérieures) et adaptable (privilèges). Dès lors le fait remarquable est la réclamation et la mise en oeuvre de l’égalité territoriale par la Révolution dès ses premiers jours, une fois l’égalité des individus acquise. Incarnée par le découpage départemental qui réagence un puzzle administratif aux origines romaines, voire gauloises, cette égalité fait, fiscalement, des gagnants (Alsaciens) et des perdants (Bretons) dont la réaction à la Révolution diverge alors.

C’est la première fois que la fiscalité royale est traitée dans son ensemble (directe et indirecte), sur toute la durée de son existence (1302-1792) et pour la totalité des pays du royaume, des plus petits (Pays de Gex) aux plus récemment rattachés (Corse).

 

Mireille Touzery est professeure d’histoire moderne à l’université Paris-Est-Créteil. Elle est spécialiste de la fiscalité d’Ancien Régime.

Mars 2024

Une puissante liberté de ton et d’invention caractérise l’œuvre de Sophie Loizeau, tournée vers la vie de la psyché en même temps qu’enchantée par la présence de la nature et des animaux. Elle s’essaie ici à traduire To Kirsikka, poète, grande femmelle misanthrope et sauvage. D’Helsinki parvint à l’autrice ce manuscrit autographe récupéré in extremis dans les cartons d’un vide-grenier. Elle fut tout de suite séduite par ces paysages, îles, jardins, parcs, lacs, mer, étangs, forêts et apparitions, par tout ce légendaire qui faisait écho à son propre légendaire mais comme déplacé, et durci par une vie d’errance. Squatteuse de cabanes dans la forêt, seule habitante d’une île en mer Baltique, confrontée à la violence du monde et contrainte à la marginalisation pour survivre, qui mieux que To aurait pu porter ces poèmes du déracinement ?

Finalement L’Ile du renard polaire de To Kirsikka est moins un essai de traduction fictive qu’une translation véritable — c’est-à-dire qu’en déplaçant le poème du côté de l’altérité, l’écriture de Sophie Loizeau opère un changement d’état.

 

Dans les livres de Sophie Loizeau s’impose la présence de la nature, du fantastique et du mythologique. Elle y bouleverse les conventions, tâchant « de récupérer ce qui a sombré dans le grand tout masculin » et  tente de donner une visibilité du féminin dans la langue. Son recueil Ma maîtresse forme (Champ Vallon, 2017) a fait partie de la sélection du prix des Découvreurs en 2018.

Avril 2024

Il n’existe pas de dictionnaire faisant la somme des connaissances sur les champs des études animalières en pleine expansion dans les domaines des savoirs des sciences humaines ou dures.  Résultat de quatre ans de séminaire à la Maison des Sciences de l’Homme, ce dictionnaire réunit quatre-vingts historiens et historiennes, historiens et historiennes de l’art, philosophes, anthropologues, juristes, vétérinaires, scientifiques qui font  le point en 120 notices sur une dimension désormais vitale de notre survie dans l’anthropocène : de quels savoirs disposons-nous sur le monde animal pour envisager un futur avec lui, avec tous les animaux pour former, dans la multitude des approches du savoir une communauté de vivants ensemble. Ce dictionnaire de façon non exhaustive mais de manière ciblée, propose une somme de savoirs à ce jour non réalisée, et permet, par un jeu de renvois dans les notices et de construction d’arborescences, de se transporter dans l’ouvrage selon un chemin intellectuel qui propose un parcours assumé, éclairé et citoyen dans la masse des savoirs présentés sur et avec les animaux.

 

Pierre Serna enseigne l’histoire moderne à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Malik Mellah est docteur en histoire. Véronique Le Ru est professeure à l’Université de Reims. Benedetta est docteur en philosophie.

Mai 2024

Louis XIV, que l’on disait « arbitre de l’Europe », s’est-il, ou a-t-il été, imaginé dans une position plus éminente encore, à la tête du continent par exemple ? Les arts sont plus instructifs que les textes à ce sujet. Ils ont encore beaucoup à nous apprendre sur le Roi-Soleil à propos duquel on pourrait penser, à tort, que tout a déjà été dit et écrit. Ainsi, Louis XIV et l’Europe, souvent représentée sous la forme allégorique d’une reine, formèrent-ils dans les arts un duo symbolique particulièrement expressif. Cette association permit une mise en majesté de Louis XIV comme aucun autre monarque, de sa naissance à sa mort, dans ses palais comme dans les images populaires, de Marseille à Versailles, révélant finalement la figure d’un « Louis XIV européen » surpuissant, en images.

 

Sylvain-Karl Gosselet, diplômé d’histoire de l’art, docteur en histoire, est ingénieur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique à l’Université Paris Cité.

Mai 2024

Et si la Commune de 1871 n’avait été ni socialiste, ni blanquiste, ni proudhonienne, mais hugolienne ? Au moins aussi hugolienne que Mai 68 a été sartrien ?

Il est rare que l’Histoire nous donne à assister à la rencontre entre un écrivain aussi considérable que Victor Hugo et un événement aussi fort que la Commune. Certes, les réserves que Hugo exprima durant l’Événement sont importantes, mais le soutien qu’il apporta aux Communards pourchassés et condamnés s’avéra sans faille, au point qu’il était considéré comme leur porte-parole tant par les antirépublicains de l’époque que par les républicains modérés.

Qui sait que la femme que Hugo a le plus admirée durant sa longue existence, fut Louise Michel, dont il fut l’ami, et que la légende a comparée à Jeanne d’Arc ?

Cette étude comble un vide : il n’y avait pas de grand ouvrage de synthèse sur les relations entre l’un de nos plus grands écrivains et l’un des plus grands événements de l’histoire de France.

 

Christian Godin, philosophe, est l’auteur d’une soixantaine d’ouvrages, parmi lesquels plusieurs dictionnaires et encyclopédies, une somme philosophique intitulée La Totalité (6 volumes, Champ Vallon, 1997-2003) ainsi que plusieurs essais consacrés au monde contemporain.

Juin 2024

À partir de l’étude des gants, des éventails et des perruques, cet ouvrage articule l’histoire de la parure du corps et celle de l’artisanat, afin d’éclairer le socle technique de la « culture des apparences » des XVIIe et XVIIIe siècles. Grâce à l’exploitation d’un corpus d’archives manuscrites et d’objets de collection, la diversité matérielle des articles et celle de leurs appropriations sociales sont dévoilées, portées par l’inventivité des artisans. Loin d’être exclusivement des travailleurs manuels, ces derniers développent une pensée abstraite des produits et sont aussi des entrepreneurs. En amont de la révolution industrielle, ils promeuvent ainsi une organisation séquencée, segmentée et délocalisée de la production, qui repose largement sur le recours à une main d’œuvre féminine.

 

Catherine Lanoë est maître de conférences à l’université d’Orléans depuis 2005. Sa thèse, consacrée à l’histoire des cosmétiques à l’époque moderne, a été récompensée par le prix de la Société française d’histoire des sciences et des techniques en 2004 et publiée aux éditions Champ Vallon, en 2008, sous le titre La Poudre et le fard. Une histoire des cosmétiques de la Renaissance aux Lumières(rééd. 2022).

Août 2024

L’image de Marseille est en pleine mutation depuis la requalification du quartier du port, dont le Mucem est le plus connu des emblèmes. Mais dans le même temps persiste sa représentation en ville dangereuse et violente, bastion du crime organisé. L’actualité sans cesse renouvelée des trafics et des règlements de comptes maintient vivace une réputation d’exception criminelle qui a une histoire. C’est le but de ce livre que de la retrouver. En remontant à la première moitié du XIXe siècle, il est rappelé que cette réputation n’est pas un invariant, car alors elle n’existait pas. Celle-ci s’est construite entre les années 1880 et 1930, à la rencontre des transformations de l’économie criminelle et des recompositions tant de l’imaginaire criminel que de celui de la nation.

Laurence Montel est Maîtresse de conférences à l’Université de Poitiers.

Août 2024

C’est à Kum-Bum, ville religieuse du Tibet, dans les années trente. Venu de Senlis, un couple se déchire. Lui, Grégoire, est un nain. Il est riche. À ses heures, il est également peintre. L’image d’une adolescente, Zulma, l’obsède. Elle, Adinolfa, ancienne femme légère, est devenue obèse. Elle est en mal d’enfant, et se trouve au Tibet pour prendre livraison d’un garçonnet dont elle a passé commande. Or, celui-ci, après une brève rencontre, disparaît. L’extravagante Adinolfa le retrouvera-t-elle ? Telle est l’affaire : elle est à rebondissements. Un voyage commence vers la Mongolie. Poursuite (mais qui est devant qui ?), bataille, enlèvement, évasion. Spécialités érotiques et jalousie éternelle. Un zeppelin, à l’équipage exclusivement féminin, surplombe le théâtre de ces intrigues : il arrive qu’il les dénoue, provisoirement. Le roman est échevelé, souvent burlesque, parfois inquiétant. Il est aussi lucide et ironique : un narrateur, fréquemment, nous fait part de ses doutes stylistiques, de ses opinions sur ses personnages et, même, de ses incertitudes sur leur devenir, lesquelles constituent, d’ailleurs, une manière d’ultime rebondissement.

COMME SON TITRE NE L’INDIQUE PAS, CE ROMAN EST UN WESTERN TIBÉTAIN

 

Daniel Fleury est l’auteur d’un ouvrage poético-romanesque Prospectus (Flammarion) et de La Poursuite en péniche du lac migrateur (Champ Vallon, 2019).