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Anne |CAROL

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’embaumement des cadavres était réservé à une élite du sang et de la fortune soucieuse d’échapper à la dissolution. Aujourd’hui en France, plus de la moitié des corps reçoivent des soins de conservation dispensés par des professionnels de la thanatopraxie. Ces soins sont destinés à retarder la décomposition et à permettre aux proches d’organiser sereinement les funérailles. Ils ne visent pas à conserver les corps indéfiniment, ce que la loi ne permet d’ailleurs pas.
Entre ces deux régimes de conservation, le XIXe siècle offre une parenthèse singulière. C’est dans sa première moitié que naît et s’affirme l’embaumement romantique : un désir éperdu  de préserver des corps éternellement intacts, revendiqué comme un aspect légitime du culte des morts et inséparable de l’apparition du cimetière moderne et de ses concessions perpétuelles.  L’embaumement connaît alors une vogue aussi extraordinaire que brève, et amorce une diffusion sociale dans la bourgeoisie urbaine. Mais cet engouement suscite aussi une concurrence féroce entre médecins et non-médecins qui se disputent le marché du corps des défunts dans une guerre à la fois technique, commerciale, socioprofessionnelle et déontologique.
C’est l’histoire de cette passion mortuaire, de sa naissance, de son épanouissement et de son déclin que l’ouvrage d’Anne Carol entend restituer sous un angle social et culturel, et en la replaçant dans l’histoire plus large des sensibilités collectives face à la mort et au cadavre.

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L’embaumement:
une passion romantique (France, XIXe siècle)

Le sommaire

Introduction

Préambule
L’embaumement traditionnel
au XVIIIe siècle

Conservation et pratiques funéraires
Une pratique limitée aux élites
Une signification complexe ?
Techniques et embaumeurs
Des opérations mutilante
Les résultats
Une pratique professionnelle flottante ?

Chapitre 1
Nouvelles demandes,
anciennes pratiques (1790-1837)

La gloire et l’affection
La Révolution et le culte des grands hommes
La persistance d’un usage traditionnel
Une nouvelle demande privée
Une offre inadaptée
Des innovations aux marges
Des résultats décevants ?
Des gestes insupportables

Chapitre 2
Gannal et la naissance
de l’embaumement moderne


L’inventeur et l’invention
Portrait d’un autodidacte
De la conservation des matières animales
à la conservation anatomique
De l’anatomie au funéraire
Breveter
Faire connaître
Faire voir
Une rupture technique ?
« Un nouveau système »
Une supériorité… relative

Chapitre 3
La guerre au monopole 

Une politique commerciale agressive
Contrôler et démarcher
Revendiquer
Polémiquer
La contre-offensive médicale : le terrain du droit et de l’éthique
La formation d’un front médical
Le procès et le jugement
Une profession avortée ?

Chapitre 4
La diversification de l’offre


Duel à l’Académie
Un duel par cadavres interposés
Le triomphe de Sucquet
Une offre inégale
La suprématie de l’injection 
Méthodes alternatives,
projets extravagants, voies sans issue

Chapitre 5
Le marché de l’embaumement

Le cadre réglementaire
Sociologie et économie de l’embaumement
Les embaumés
Les embaumeurs
Une affaire rentable ?
Les ressorts de la concurrence
L’effervescence publicitaire
Techniques de vente et arguments commerciaux

Chapitre 6
L’embaumement et le culte des morts

Conserver
L’invention d’une tradition
Conservation éternelle et
transformations du cimetière
Respecter
Ritualités et convenances
Éthique et esthétique de l’embaumement
La réalité : un corps à corps éprouvant

Chapitre 7
Le désenchantement d’une pratique ?

Évaluer la déprise
Réalités et perceptions
La dégradation des compétences ?
Transformations et désenchantement
Un repli social ?
La banalisation de l’embaumement pragmatique
Le désenchantement 

Épilogue
De l’embaumement à la thanatopraxie

Sources et bibliographie