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Gérard | CHAZAL

Au terme de l’évolution animale, l’apparition de l’homme marque une rupture. Non seulement sa faiblesse l’oblige à recourir à divers artifices pour se vêtir, se protéger des intempéries et des fauves, chasser et se nourrir, mais, la rupture d’avec l’ordre naturel consommée, il entre dans un processus sans fin de développement d’un ordre proprement humain et artificiel, toujours plus éloigné de la nature, à laquelle il appartient mais de laquelle il ne cesse de s’échapper. Pour l’homme le monde est radicalement inachevé. Il vit en effet dans une permanente insatisfaction, moteur d’un procès d’humanisation qui creuse entre lui et le monde un abîme impossible à combler.
Cet ouvrage décrit cette dimension humaine en la déclinant selon quatre grands ordres.
L’ordre des bâtisseurs. Être fragile, l’homme a dû construire des abris, mais très vite il fut question de bien autre chose quand il éleva pour les dieux et pour les princes des bâtiments faits pour défier le temps. L’architecture raconte l’homme à travers l’espace et le temps. Il fallait en repérer les articulations.
L’ordre de la représentation. Musique, poésie, sculpture ou peinture, l’artifice est aussi l’image à travers laquelle nous nous arrachons à la nature première. Dans ce jeu de miroirs que les hommes ont instauré depuis les premières représentations sur les parois des grottes, nous ne cessons de conjuguer la rupture d’avec une immédiate présence à nous-mêmes.
L’ordre des techniques. S’il avait suffi de se doter des outils indispensables à notre survie, le développement technique aurait pu s’arrêter à l’aube du néolithique. Il n’en fut rien. Dans la frénésie technique il s’agit bien plutôt d’accomplir cette tâche d’humanisation à laquelle l’incomplétude du monde nous condamne.
L’ordre de l’information. Là encore l’humanité ne pouvait pas en rester au strict et nécessaire échange d’information tel que certains animaux sociaux le pratiquent. L’ordre humain, c’est aussi celui d’un échange créateur d’ordre, une manière symbolique d’organiser le monde.

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L’ordre humain
ou le déni de nature

Introduction
L’ORDRE DES BÂTISSEURS

Les fils rouges des bâtisseurs
Le problème des origines, le feu et l’abri
Le langage des formes architecturales
Dynamique des formes
L’architecture et l’utopie
Les techniques
L’inscription de la forme – l’exemple du musée de Bilbao
Pour conclure

INTERMÈDE 1
Dédale et le labyrinthe

L’ORDRE DE LA REPRÉSENTATION

La méprise de Platon
L’iconoclasme
De la Vierge symbole à la Vierge femme
L’illusion romantique
L’œuvre n’est jamais purement esthétique
L’œuvre est attachée à une communauté
La question de l’universel
L’approche de Freud
La représentation et le temps
Comment échapper au temps
Le temps pulvérulent
Pouvoir et représentation
L’image comme icône
La représentation et les techniques modernes de l’information
Une dématérialisation?
À nouveau sur le rapport au temps et à l’espace
L’esthétique de la programmation
Les objets et les opérateurs de la représentation
La symétrie et l’ordre
L’implication du corps
L’abstraction
Le retour aux choses

INTERMÈDE 2
Les héritiers de Pygmalion

L’ORDRE DES TECHNIQUES

Le monde inachevé
Le dualisme de la main et de l’esprit
Techniques et sciences
Technique et valeur du travail
La maîtrise de l’espace contre l’idéologie de l’enracinement
Entre la maîtrise de l’espace et celle du temps:
l’exemple de l’automobile comme interface technique
La maîtrise du temps: la technique et la mort
La mesure du temps
L’évolution technique
Les techniques mémorielles
Les techniques et les rêveries techniciennes
Esthétique des objets techniques, techniques des objets esthétiques
La question de l’automate

INTERMÈDE 3
Leibniz et le savoir des hommes

L’ORDRE DE L’INFORMATION

Ordre et information
La naissance des nombre
La naissance de l’écriture
Le poème et le chant
Les grands projets encyclopédiques
Les traitements informatiques développés par la modernité
Forme, information et problèmes
Le poids de l’information
L’absence d’information: désordre ou hasard?
L’information et le principe d’entropie
L’horizon informationnel et l’origine de l’information
Les figures de l’information
Les caractères du signe
La mémoire
Algorithmes et symboles
Le réseau
Communication et information: la rupture
L’information et la communauté des hommes
La dynamique de l’information
Le problème de la reconnaissance
La dynamique propre de l’information

INTERMÈDE 4
Éloge du binaire

Conclusion

Bibliographie

 

Après son livre consacré à la notion d’interface, c’est à une interface particulière que Gérard Chazal s’intéresse: les théories scientifiques étudiées comme intermédiaires entre nous et le monde, à travers lesquelles se construisent les savoirs qui nous permettent une emprise toujours plus puissante sur les choses.
Les philosophes ont parfois rejeté les conceptions du sens commun du côté de l’illusion, les théories scientifiques ayant alors pour fonction de les dissiper afin de nous conduire à la réalité cachée derrière les phénomènes. Parfois encore ils ont jugé toute tentative d’atteindre une quelconque réalité en soi comme vaine. Il n’y a alors de réalité que dans la théorie. La connaissance se replie sur elle-même, guettée aussi bien par le relativisme que par l’idéalisme. Enfin, les plus idéalistes n’ont vu dans l’ordre des choses qu’une projection de notre esprit et de ses propres structures.
On s’accordera cependant pour reconnaître que les théories scientifiques s’intercalent entre le monde et nous, et participent de la construction du savoir. Ce détachement de la connaissance par rapport à la perception immédiate entraîne une profonde dérive des concepts, la disparition de certains, la naissance de nouveaux.
C’est cette vie des interfaces théoriques que Gérard Chazal nous propose d’explorer à travers quatre grands domaines historiquement délimités: la géométrie, la physique, le calcul et les sciences de la vie et de la terre.

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Les médiations théoriques
Le sommaire

INTRODUCTION 9
GéOMÉTRIE
I. Prémices 9
1. Rationalisation des images oniriques 1
2. Quadriller – les arpenteurs égyptiens 12
3. Voyages et conquêtes: de Colomb à Mercator 15
4. Pour conclure sur ces prémisses 20

II. Géométrie ou Algèbre 24
1. La question de l’espace 24
2. Les victoires de l’analyse – le monde mathématisé 27
3. Réticences et résistances 30

III. Retour à l’espace 44
1. Riemann, la notion de variétés
et les fonctions de variables complexes 45
2. R. Thom: de l’étude des singularités des fonctions
différentiables et du cobordisme à la théorie des catastrophes 48
3. La représentation des systèmes dynamiques 52
4. La géométrie fractale 54

IV. Conclusion 57

PHYSIQUE 61

I. Sauver les phénomÈnes 62
1. La «révolution scientifique du xviie siècle 64
2. La construction des théories: le cas de l’électricité et de la thermodynamique 78

II. Théories et réalité 87
1. De l’énigme de la mesure à la question du réel 88
2. La question du réel 104
3. Les remaniements de l’interface 118

III. Conclusion:
La volonté d’universel et le pouvoir mathématique 128

CALCUL 132

I. De Leibniz et du calcul
comme métaphysique à la logique comme calcul 133
1. Logique extensionnelle et représentation graphique 138
2. Les circuits logiques ou la logique matérialisée 144

II. Buffon et le calcul du hasard 150
1. Le paradoxe de Saint Petersbourg 153
2. Le jeu de franc-carreau 155
3. En quoi l’arithmétique peut-elle être morale? 158

III. Les signes du calcul 159

IV. La maÎtrise du monde, calcul et technique 166
1. Techniques premières et calcul des proportions 168
2. La théorie réduite à la formule efficace 176

V. Les limites théoriques du calcul 179
1. Les limites internes des formalismes opératoires 180
2. Les limites externes du calcul en prise sur le monde 184

VI. Conclusion 187

SCIENCES DE LA VIE, SCIENCES DE LA TERRE 189

I. La notion de Nature: le ventre mou des théories 190

iI. De la classe à la forme 195
1. L’intelligence du cristal: R. J. Haüy 199
2. L’opérateur topologique, de Geoffroy Saint-Hilaire
à D’Arcy Thompson 205

III. La conquÊte de la dimension temporelle 212
1. Le temps géologique 212
2. Le temps de l’évolution 215

IV. La fonction expérimentale: l’exemple de la génération 221

V. Les tentatives de mathématisation 225
1. Les théories statistiques de l’hérédité 226
2. Singularités et bifurcations 230
3. Le modèle non métrique de l’approche topologique
de René Thom 234

VI. Détour par l’artifice 239

VII. Conclusion 248

CONCLUSION 251
BIBLIOGRAPHIE 257

Les objets que nous fabriquons, tout imprégnés de nos projets et de nos intentions, tirent de nous leur signification. Ainsi des plus complexes d’entre eux, les machines informatiques, capables de manipuler des symboles et des messages que nous savons lire et comprendre. L’enquête à la recherche du sens qui est l’objet de ce livre commencera donc par l’examen de l’univers de ces machines langagières et logiques, afin de déceler dans leur structure et leur usage les traces et les empreintes de la signification que nous y avons déposée. Si nous rejetons les conceptions spiritualistes du sens, c’est pour le rechercher dans l’ordre et la structure des choses, celles qui nous sont données comme celles que nous fabriquons. L’ordinateur miroir de notre activité mentale dispensatrice de sens, nous renvoie à notre propre organisation matérielle, celle de notre système nerveux. Déjà l’artefact — les réseaux de neurones formels, machines construites sur le modèle de notre système nerveux — nous y invitait. À l’écoute des apports récents des n€ciences, nous essayons de comprendre comment nous intériorisons le sens des choses et comment, en retour nous sommes aptes à donner du sens, à en créer. A la question: « comment représente-t-on l’ordre des choses dans une machine? « , succédera la question : « comment notre cerveau représente le monde et le milieu qui nous entourent? » qui nous mettra sur la voie d’un matérialisme plus cohérent.

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Interfaces:
enquêtes sur les mondes intermédiaires
Le sommaire

Introduction 9

1
le corps interface 15

Le corps peint, être et apparaître 17
L’art et le corps 28
Le corps et l’effort 43
Le corps instrumentalisé: le corps représenté,
miroir de l’être et de l’avoir 47
Le corps en morceaux 50
Une approche philosophique du corps interface:
l’œuvre de François Dagognet 57
Conclusion 61

2
Langage, symboles et signes 63

Le substrat biologique des signes 67
Les contraintes imposées par l’ordre objectif du monde 70
Le signe et son référent 80
Les systèmes de signes 89
Les porteurs de signes 97
L’intersubjectivité 107
3
De l’outil à la machine, l’interface technique 113

La question de l’origine 115
Qu’est-ce que l’habileté manuelle? 125
Relier: assemblages, clous, chevilles, vis, boulons et colles 132
L’animal, l’eau et le vent 135
La machine autonome 143
Les machines à information 152
4
Échanger, communiquer 161

Posséder et donner, le vecteur physique de l’échange 161
De la propriété comme interface à l’instrumentalisation
de l’autre 165
L’échange des marchandises, le troc et la monnaie 174
Les machines à communiquer 184
Travaux et paysages 185
De Gutenberg à Internet: la circulation du sens 189
Conclusion: tous témoins 212
5
Médiations culturelles 215

L’interface culturelle 216
Rites et institutions 220
L’exemple de la ville 223
Les systèmes éducatifs 226
L’interface idéologique 230
Inconscient collectif et archétypes (Jung) 239
L’interface littéraire: l’exemple de l’œuvre de Jules Verne 247
L’objet ou l’enracinement matériel de l’interface culturelle 261

Conclusion 267

Bibliographie 271

Les objets que nous fabriquons, tout imprégnés de nos projets et de nos intentions, tirent de nous leur signification. Ainsi des plus complexes d’entre eux, les machines informatiques, capables de manipuler des symboles et des messages que nous savons lire et comprendre. L’enquête à la recherche du sens qui est l’objet de ce livre commencera donc par l’examen de l’univers de ces machines langagières et logiques, afin de déceler dans leur structure et leur usage les traces et les empreintes de la signification que nous y avons déposée. Si nous rejetons les conceptions spiritualistes du sens, c’est pour le rechercher dans l’ordre et la structure des choses, celles qui nous sont données comme celles que nous fabriquons. L’ordinateur miroir de notre activité mentale dispensatrice de sens, nous renvoie à notre propre organisation matérielle, celle de notre système nerveux. Déjà l’artefact — les réseaux de neurones formels, machines construites sur le modèle de notre système nerveux — nous y invitait. À l’écoute des apports récents des n€ciences, nous essayons de comprendre comment nous intériorisons le sens des choses et comment, en retour nous sommes aptes à donner du sens, à en créer. A la question: « comment représente-t-on l’ordre des choses dans une machine? « , succédera la question : « comment notre cerveau représente le monde et le milieu qui nous entourent ? » qui nous mettra sur la voie d’un matérialisme plus cohérent.

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Les réseaux du sens:
De l’informatique aux n€ciences
Le sommaire

INTRODUCTION

Première partie
L’EXPÉRIENCE INFORMATIQUE ET LA QUESTION DU SENS

1. Sens et matière
Du dualisme du sens et de son support:
une approche spiritualiste du sens
Le fontionnalisme et la dématérialisation du sens
2. Sens et ordre
L’organisation physique des données
Arbres et réseaux
Ordre objectif, ordre conventionnel
Ordre et complexité
3. Le rapport au réel
L’expérience pédagogique
L’algorithme des tours de Hanoï
De l’image calculée aux mondes virtuels
Deuxième partie
LES FRONTIÈRES DE L’EXPÉRIENCE INFORMATIQUE

4. Retour aux auteurs
Aristote, Descartes: la question de la méthode
Leibniz: la puissance du signe
5. Philosophie de la logique et informatique
Ordre logique, ordre du monde
L’irruption du sujet dans le formalisme logique
Troisième partie
LE CORPS ETLES MODÈLES INFORMATIQUES DE L’ESPRIT

6. De l’automate aux n€ciences
7. Du modèle neurologique
à ses expressions empruntées aux sciences physiques
Les différents types de représentations réticulaires
Fonctions des réseaux neuromimétiques
Le Perceptron élémentaire de Rosenblatt
et la séparation linéaire
Réseaux de neurones formels et systèmes dynamiques
La fonction énergie
Réseaux de neurones formels et mécanique statistique
Mémoires associatives,
réseaux récurrents et modèle de Hopfield
Conclusion
8. Les apports des n€ciences
Sens, intentionnalité et système nerveux
L’organisation neuronale comme expression du sens
L’organisation cérébrale et le calcul de l’information
Comment le cerveau se représente le monde

CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE