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Jean-Claude | BEAUNE

Après les Engrenages mais en miroir, les Machinations explorent la représentation humaine des milieux techniques, les qualifications de la machine quand sa réalité, sa fabrication, son usage, ses retombées impliquent des apparences, des imaginaires, des utopies. Peut-on parler d’invention technique ? Que dire du mythe, du métier, du savoir selon ces images? Le travail impitoyable, les médias omniprésents, le recyclage universel  sont-ils un gage d’ignorance ? Peut-on rêver à l’artefact dans le milieu de l’automatisme, de la ville, de la littérature ? Le Système accepte-t-il une part de contingence et de hasard ? Connaissons-nous réellement les machines sinon par leurs effets et leurs reflets ? Le nouvel « homme-machine » doit-il, comme Ulysse, sans cesse « ruser » pour survivre ?

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INTRODUCTION
Chapitre 1
Histoire et savoirs

A RÉALITÉ TECHNIQUE
La question des milieux techniques
La matière et son double
L’objet et le sujet techniques
La matière et l’ordre natureL
La «chose technique» actuelle
La «matière molle»
LA CONNAISSANCE ET LE DISCOURS DE L’OBJET
Un tableau pré-industriel
Le vocabulaire et le livre techniques
Dessein et dessin industriels
L’épisode de la cinématique
Penser le progrès
LE MÉTIER ET L’INITIATIVE
L’histoire crtique des compétences
L’homo faber au travail
La définition encyclopédique du métier
La manufacture et l’expérience
L’ingénieur en son cadre
STRATÉGIES ET INERTIE
Difficultés de l’innovation
La découverte et l’invention
De l’invention au bricolage
Bricolage et chômage
Bricolage et débrouille
Exemple: Pollutions, recyclages et prévisions

Chapitre 2
Théorie et pratique des machines

EXPRESSION PHILOSOPHIQUE
Bergson et le cinéma
L’individuation de la machine
La philosophie classique des techniques
Un destin technologique politique
L’obstacle épistémo-technique
STRATÉGIES ET COMPENSATION
Aperçu sur l’enseignement technique et professionnel
La décréation de l’homo faber
Stratégie platonicienne
Paradoxes et fictions selon Borges
Exemple: la notion orientale de «stratégie» et d’immanence

Chapitre 3
Panoptique et utopie des machines

LA FORCE DE L’INFORMATION
La technique du «Non-agir» et ses images occidentales
L’information technique et la langue des médias190
La machine à décerveler
Le rôle de l’opinion publique
MACHINATIONS ET HABITATIONS
L’utopie et la ville
Genèses de stratégies urbaines
La machinerie sociale
Systèmes techno-urbains
Exemple: Le gothul et la «ville – univers»: l’interface de la machine

Chapitre 4
Contingence et nécessités du langage technique

LES LEÇONS DE LA TECHNOSCIENCE
La méthode de Bacon et la technoscience
Fonctions de la machine anatomique
L’hypothèse du «sujet technique»
MACHINATIONS ET MACHINERIES
Le temps de l’automate
L’imprécision de l’horloge
Machine et machination: la Grande Roue
La physique aristotélicienne et l’ordre du hasard
Antinature et dénaturation selon C. Rosset
L’arbitraire et la raison
L’arbitrage du stratégique
HASARD ET MACHINATIONS
Le hasard en son histoire
Jeux de pouvoir et d’images
La violence du pari
Faire parler le sujet perdu?
Exemple: les machines et l’art: design, littérature et cinéma

CONCLUSION

 

L’image de l’engrenage implique des ensembles cohérents de mécanismes reliés à l’homme de manière matérielle, artificielle, sociale, symbolique et qui conditionnent notre espace et notre temps de vie. Avons-nous oublié les pratiques artisanales, manufacturières ?  Dépendons-nous toujours du progrès industriel ? L’écologie, la sécurisation, l’informatique, les technologies du vivant vont-elles vers une redéfinition politique de la nature et de la liberté ? L’analyse de milieux techniques particuliers sur des cas exemplaires (mythes, histoire, économie, communication, jeux, travail..) conduit à cette question : l’automatisme actuel crée-t-il ou non un nouvel « homme-machine », peut-être un « post-humain » ?

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INTRODUCTION
Chapitre 1
REPÈRES HISTORIQUES ET STRUCTURELS

ARCHÉOLOGIE
Le corps d’abord
Ferments mythiques de l’action
Permissivité économique par autorisation spéciale
La difficulté historique d’une assise
L’homme-machine enfin seul
DU PROGRES TECHNIQUE
La percée du progrès technique. Illustration: la «science du froid»
Progrès et promesse: le grand âge du positivisme
L’anthropocentrisme techno-esthétique
Milieux techniques
Tentatives d’unification du domaine technique
UNE PHILOSOPHIE ANTHROPOLOGIQUE DES TECHNIQUES
Une mutation politique et culturelle contemporaine?
La rupture technique décisive: la raison industrielle et l’impulsion de la chimie

Exemple d’un milieu matériel-industriel; un cas de
manipulation matérielle en son milieu technique:
le travail du caoutchouc

Chapitre 2
L’ARGENT DES MACHINES ENTRE FONCTION ET FICTION

LA RÉALITÉ DU BÉNÉFICE TECHNIQUE ET COMMERCIAL
Mécanique des milieux industriels
Crises et remèdes en toute liberalité
UTOPIES ET RÉALITÉS TECHNO-ÉCONOMIQUES
Histoire progressive de sous et de dessous
La nature du vrai «bien»
UNE ANTHROPOLOGIE PHILOSOPHIQUE EXEMPLAIRE
Kant, le cosmopolitisme et le mondialisme médiatique

Chapitre 3
LES MACHINES À COMMUNIQUER

ETAT DES LIEUX
Perspectives croisées sur le «système technique» et son milieu
Retour à la case «progrès»
PREMIERES VUES SUR LES MACHINES À COMMUNIQUER
Généalogie des techniques de communication
La communication technologiquement correcte
La mémoire automatisée et l’obstacle de la télé-communication sociale La communication difficile, entre l’utile et l’irrationnel
La machine automatique du renseignement social
INFORMATION ET COMMUNICATION CONTEMPORAINE
Variations sur l’imitation de l’eprit et l’interface
Une nouvelle machine universelle?
L’automate obstiné en son nouveau costume
L’imitation et la reproduction du vivant
au crible de notre double technique
La robomanie active: un nouvel art de vivre?

Exemple d’un milieu fonctionnel-commercial: l’automobile

Chapitre 4
ON NE TRAVAILLE PAS ASSEZ. MÉTIERS, TRAVAIL, CHOMAGE

LA RECONNAISSANCE DE L’ILLUSOIRE
Le milieu industriel humain-inhumain:
l’exemple incontournable de la mine
Milieux historiques de pauvre travail et de factice liberté
La reconnaissance compromise du petit homme
L’industrialisation en sa version ergologique
LE TRAVAIL IGNORÉ ET PERDU
La fin du travail, utopie d’un autre âge?
Déshumanisation et engagement
Un souffle d’existentialisme industriel
Le travailleur en miettes
La condition de travail de la masse informe: la peur endémique

Exemple de travail du rêve et du deuil: l’esprit hégelien
et le «syndrôme d’ulysse»

CONCLUSION
Vanités du «post-humain»

Parmi les machines que l’homme a créées pour son bonheur et pour sa ruine, il en est une qui possède une puissance propre : c’est l’horloge dont le vieux balancier n’en finit pas de battre comme un cœur à son rythme, dans le souvenir d’une enfance perdue.
Ce balancier scande l’éternité des mondes et des atomes, depuis l’éternel des Anciens jusqu’à la vertu des matières et des signes dégagée par la technologie moderne et contemporaine. Il amène alors la raison à imposer à ses normes des mesures, des cadences et des obligations que l’industrie exploite et met en œuvre. Il conduit ainsi l’homme pris à son rêve d’immortalité mais victime de l’utopie de la science, de l’art, du travail ou du profit, étranger parfois aux objets qu’il a lui-même fabriqués, à se doter de jeunesses artificielles, répétitives et qui ne lui laissent en fin de compte que le destin de sa mort inéluctable.
Le balancier du temps et du monde est le point central où se rejoignent ces trois lignes de forces issues de la matière, la machine et la mort, qui constituent le cadre de notre condition arbitraire et nécessaire à la fois. On y discerne enfin l’ombre portée, la face cachée, le dernier sourire de l’automate.

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Introduction

1. Le triangle et son centre
2. Précisions et intentions
3. Images romanesques
4. La leçon d’Ulysse
Chapitre 1
Les temps anciens

1. La genèse et le hasard
2. Le temps et ses matières
3. Les apories de Zénon
4. L’horloge d’Aristote
5. Mécaniciens et esthètes antiques
Chapitre 2
L’ordre des mondes

1. La mobile éternité et ses mécanismes
2. Le nouveau monde
3. La poétique du dévoilement
4. Un temps synoptique et continu
5. Un temps théâtral et mortel
6. Le grand midi de Zarathoustra
7. L’atmosphère de l’éternité
8. Les puissances de la matière
9. Temps de la vie, du monde et de l’indifférence
10. De bas en haut: la sainte parole de la matière
Chapitre 3
La mesure du temps

1. L’origine du temps et le temps du vivant
2. La machine à mesurer le temps et les premiers automates
3. Le temps des consciences et des métiers. Quelques perspectives.
4. La naissance de l’horloge monumentale
5. Quelques dilemmes de cette raison technique
6. L’horloge universelle et la mécanicité singulière
7. Le métier à tisser et la langue universelle
8. Anciennes et nouvelles machines en leur matière active
9. La dimension spatiale de la raison technique
10. Les limites du dualisme cartésien
11. Le double jeu de la totalité
Chapitre 4
Les limites de l’horloge industrielle

1. L’énergétisme: un monde perdu d’avance?
2. Le temple du haut-fourneau et la toile d’araignée électrique
3. Les rêves industriels: une nouvelle dose d’éternité
4. Le pathologique industriel
5. L’automate et la mort
6. La loi de la relaxation
7. La pasteurisation permanente
8. La technique historique est autre
Chapitre 5
La revanche de la matière et de l’objet

1. La matière première ou dernière
2. Ambiguïté métaphysique de l’objet ordinaire
3. Ambiguïté logique de l’objet quelconque
4. Ambiguïté esthétique des objets de tous les jours
5. Ambiguïté sémantique de la matière et de l’objet ordinaires
6. La pensée que l’on croit sauvage
7. La résurrection technique du dinosaure
Chapitre 6
L’ancien et le nouveau monde

1. Le retour à l’origine: la machine cosmique et humaine
2. La question du virtuel
3. Approches de quelques ambiguïtés
4. Un retour du côté d’Aristote
5. Les questions de l’inactuel
6. Le retour de Zénon
7. Le temps sublimé et la matière indécise
Conclusion

1. La rythmanalyse
2. La faute d’Épiméthée
3. Fragilité de la mémoire technique
4. Rappel d’une rupture nécessaire
5. Les questions de la frontière
6. Le dédoublement

Bibliographie générale

Il est beaucoup question dans ce livre de techniques, de technologie, de machines, d’outils, d’objets conçus et fabriqués, d’artifices, d’automates. Autant d’optiques qui se recouvrent en partie, mais laissent, à travers cette pluralité revendiquée, entrevoir un point commun: un objet technique n’a pas de sens par lui-même mais par le fait qu’autour de lui se met en place un milieu de travail, de valeurs, d’images et de raisons. Chaque objet est ainsi porteur de cette qualité expressive dont la synthèse désigne « la technicité », sous ses formes multiples: du compagnonnage aux systèmes informatiques en passant par la manufacture, l’usine – sans oublier le musée et l’école car l’art et l’information sont également concernés par cette organisation –, ce sont des milieux qui tissent le cadre historique, social, politique et symbolique de notre existence. C’est la philosophie, associée à l’histoire, à la science, aux mécanismes de conception, de classification, de constitution du monde sensible, qui nous propose quelques chances d’expérimenter à travers ces milieux, certaines de ses propres questions fondamentales qui sont aussi celles que la technique est amenée
à prendre en compte: l’être et l’existence, l’un et le multiple, le même et l’autre, l’esprit et le corps, le naturel et le culturel, le normal et le pathologique, la vie et la mort.