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Julien (dir.) | MILLY

Pour Michel de M’Uzan, l’activité créatrice ne procède pas seulement de la gestation du pulsionnel-sexuel, objet de la sublimation, mais engage un autre questionnement fondamental, celui de la problématique identitaire. Sa pensée bouscule les belles différences, les belles distinctions entre le sujet et l’objet, le dehors et le dedans, le rêve et la réalité. Avec elle, les notions familières de beauté, de laideur, de sublime dialoguent avec la puissance de l’aléatoire, du flou, du nocturne. Ces dernières vues sont au cœur des notions avancées par M. de M’Uzan jusque dans le domaine clinique : chimère psychologique, système fondamental et jumeau paraphrénique…

Cet ouvrage collectif rend hommage à une pensée méditante, toujours en éveil et en acte, qui prône constamment le mouvement et dans laquelle « le dérangement est assurément le maître-mot, un maître-mot fécondant » (M. Gagnebin).

Textes de L. Aubry, O. Beuvelet, J. Bloch, C. Burgelin, C. Croce, L. Danon-Boileau, M. de M’Uzan, F. Dosi, F. Duparc , V. Foloppe, M. Gagnebin, E. Grossmann, G. Guetemme, B. Ithier, P. Lombardo, J. Milly, D. Scarfone, F. Villa, D. Widlöcher.

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Michel de M’Uzan ou le saisissement créateur
Le sommaire
Introduction
Une série de chiasmes fertiles chez Michel De M’Uzan
par Murielle Gagnebin
I
La créativité saisie pas la chimère

Le saisissement créateur
par Michel De M’Uzan

Entre possession et saisissement
par Daniel Widlöcher

Moments de grâce:
présence et élaboration de l’«impassé»
par Dominique Scarfone

Pouvoirs de transformation de la clinique
par François Villa

II
La poésie extrême

L’infra-monde chez Michel de M’Uzan
par Évelyne Grossman

Dans les yeux de ta jumelle
par Virginie Foloppe

L’artiste et son double
par Julien Milly

III
Les frontières disloquées

Alphabet des confins
par Béatrice Ithier

Comme une fiction:
empathie et expérience de pensée
par Patrizia Lombardo

La création de la chimère,
entre création et déconstruction
par François Duparc

IV
Every man’s littéraire

Le son, l’os et la charpente.
Figures de l’habitat dans les premières nouvelles
de Michel de M’Uzan
par Olivier Beuvelet

Alix Cléo Roubaud et le «jumeau paraphrénique»
de Michel De M’Uzan
par Geneviève Guétemme

Mon double, cet esclave
(De la vertu thérapeutique de l’essai de Michel de M’Uzan
«Les esclaves de la quantité»)
par Jérôme Bloch

Derrière l’âme de Vulcain
par Cécile Croce

Du Chef d’œuvre inconnu à La belle Noiseuse.
Le saisissement créateur et la fécondité inaccessible chez Rivette
par Francesca Dosi

V
Fiction inédite
et Bibliographie raisonnée de Michel de M’uzan

Le corps du délit
par Michel de M’Uzan

Bibliographie raisonnée de Michel de M’Uzan
par Murielle Gagnebin

Notices sur les auteurs

Tout affrontement ne procéderait-il pas d’un malentendu ? Celui-ci ne résiderait-il pas dans le sujet lui-même, dans ses drames intérieurs? La notion d’affrontement est très loin de pouvoir être ramenée à la seule mise en face à face de sujets, d’entités, de pensées, d’idéologies. Cette notion complexe englobe tout spécialement la jalousie, en réservant une place à l’incertitude : sujet/objet, dedans/dehors, aujourd’hui/autrefois. Cela se vérifie dans le champ des images aussi bien picturales, théâtrales, cinématographiques, musicales que verbales.

Cette problématique s’observe dans les œuvres de créateurs que rapproche un regard animé par une cruauté provocante. Se trouvent ainsi réunis des artistes allant de Villon ou de Shakespeare à Godard, en passant, entre autres, par Gustave Moreau, Welles, Verdi, Antonioni, Georges Bataille, Pasolini, Wim Wenders, Kieslowski, Elfriede Jelinek et Abramovic-Ulay.
Des images de l’affrontement à l’affrontement des images, tel est le cheminement, à la fois esthétique, philosophique et psychanalytique, de ce livre. Dès lors, les termes de déconstruction, de démembrement, de démantèlement, élevés au rang d’instruments, et s’exerçant dans le champ strict de l’image, engagent une fécondité révolutionnaire.

Textes de de A. Beetschen, R. Bénard, O. Beuvelet, G. Bonnet, M.-C. Bouchindomme, J.-B. Chantoiseau, M.-H. Cordié-Levy, C. Croce, G. Didi-Huberman, V. Foloppe, M. Gagnebin, G. Gomot, Y. Hoffmann, D. Lengyel, J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, C. Louis-Combet, J. Milly, N. Minazio, A. Minazzoli, G. Nivat, C. Rondeau, C. Simma, Y. P. Zinchenko.

Les images limites gagnent une importance cruciale dans les différents domaines de l’art (littérature, poésie, peinture, théâtre, cinéma, vidéo, etc.) chaque fois que s’y affirment les problématiques du seuil, de l’entre-deux, de la béance, du manque, de la disparition comme de la butée. De surcroît, camper sur les limites est aussi l’occasion de vertiges, parfois inquiétants. Sont interrogés l’originel (nuit utérine, scène primitive), propre à conférer sa temporalité à l’image des tout débuts, et l’originaire qui en marque le fondement structural. Les bornes de l’image, lieux tantôt de néo-création, tantôt épreuves du désert, retiendront l’attention.

Les sciences humaines telle l’épistémologie, la psychanalyse, l’esthétique, la philosophie, la sociologie, la traductologie, apportent rigueur et lumière à ces études saisissantes sur Lars von Trier, Resnais, Suwa, Guy Debord, ou Flaubert, Jabès, Claude Simon, ou encore Böcklin, Robson, le bio-art, etc.
En effet, le liminal semble bien distiller à même ses envoûtements un venin subtil.

Textes de Bérénice Bonhomme, Marie-Camille Bouchindomme, Yaël Cange, Jean, Louis Déotte, François Duparc, Virginie Foloppe, Murielle Gagnebin, Georges-Arthur Goldschmidt, Tristan Grünberg, Ophir Levy, Suzanne Liandrat-Guigues, Corinne Maury, Julien Milly, Agnès Minazzoli, Béatrice Picon-Vallin, Pascal Quignard, Corinne Rondeau, Claudia Simma, Gwenaël Tison.

Il y a des images propres à représenter la honte et, à côté, des images éhontées, enfin des images qui éprouvent, en leurs plis, la honte. Dira-t-on que notre culture se plaît à jouer avec l’impudeur, l’opprobre, l’abjection? Cherche-t-elle à les piéger ou à les exalter? Que signifie la tentation du snuff movie: ces films «interdits» qui veulent capter le travail du trépas sur les visages ou dans les postures ultimes, et ainsi porter atteinte à ce qui est au plus profond de l’être, à l’identitaire ?

C’est de «la gale de la psyché», de l’esthétique du laid devenu «trash», «destroy», apologie de l’immonde qu’il est ici question. «Rougir de honte» est devenu désuet, quand, aujourd’hui, on peut «mourir de honte» à force d’humiliations ou d’affronts existentiels. La «machine à faire la merde» de Delvoye, les anatomies falsifiées de condamnés à mort dues à G. von Hagens mettent en scène l’homme-détritus, alors que d’autres artistes, se confrontant à la terreur de la psychose ou aux images du Goulag, voire d’Auschwitz, «cet anus du monde», parviennent, quant à eux, à sublimer le sordide en tragique. Sont étudiées ainsi parmi beaucoup d’autres les œuvres de plasticiens (Zoran Musicˇ, David Nebreda), d’écrivains (Chalamov, Tisma), de cinéastes (Bela Tarr, Fassbinder, Haneke, etc.).
Aux multiples domaines de l’art s’appliquent les diverses interrogations propres aux sciences humaines: histoire des mentalités, esthétique, psychanalyse. Les réponses semblent contrastées: perte des repères, absence d’idéal, violence contenue dans l’acte de voir, déni de la honte, valorisation du passage à l’acte, transparence de l’intime. En définitive, y aurait-il une émotion spécifique aux images honteuses? Quels en seraient alors le destin et la fonction ?
M.G.

Textes de Bruno-Nassim Aboudrar, Paul Ardenne, Claude Balier, Georges Banu, Gérard Bonnet, Marie-Camille Bouchindomme, Baptiste Debicki, Paul Denis, Martine Edrosa, Virginie Foloppe, Murielle Gagnebin, Cécile Giraud, Tristan Grünberg, Gladys Jarreau, Isabelle Kamieniak, Jean-Pierre Kamieniak, David Lengyel, Jean-Louis Leutrat, Ophir Levy, Corinne Maury, Julien Milly, Georges Nivat, Guivaine Rochedy, Corinne Rondeau, Gwenaël Tison, Corinne de Thoury, Gérard Wajcman.