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Michel | DEGUY

Tout est abrégé — et déposé, ici: brevets. Ce sont six livrets en brochure. Le premier esquisse l’autoportrait, avec quelques pages des carnets où l’auteur poursuit une poétique. Le deuxième parle de musique, de photo, de cinéma, de rhétorique, de traités d’anatomie… Dans le troisième, on se mêle des questions dites culturelles. Le quatrième rassemble quelques interviews, plus ou moins réelles. Le journal de la grande peur, cinquième livret, recompose des pages publiés dans Traverse. Enfin le dispositif annonce et énonce une disposition inquiète et positive de « poète sans état » à l’égard des temps qui courent.

Pourquoi diable cet éditeur a-t-il en novembre 1986 mis fin à une collaboration de vingt-cinq ans en son fameux Comité? Enquêtant sur les raisons qui ont conduit Gallimard à l’abdiquer (en latin: «exclure de la famille»), il arrive à l’auteur perplexe d’esquisser par le bout de sa lorgnette une histoire de cette institution, «la NRF», et de l’institution censée la répliquer au-dedans: le «Comité» — qui ne la réplique pas. Trois filons entrelacés, avec des mèches qui s’échappent de partout, font la tresse: d’une autobiographie littéraire; d’une chronique de quelques faits gallimardiens; d’une diatribe à généralisations et à moralités, sans compter le quatrième, qui renoue et se noue avec des passages de Tristam Shandy, de Thomas Mann, des poèmes, des philosophèmes…