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Pascale | BOUHÉNIC

Fred Astaire, fils d’émigrés autrichiens, incarne le rêve américain. D’abord Adèle, sa sœur, et lui, Fred, dansent pour devenir célèbres. Ils y parviennent. Surtout lui, grâce à la machine Hollywood. Et grâce à ses jambes. Comme les héros de l’Antiquité par exemple, il devient célèbre par ses exploits physiques et pour l’Amérique.
A cette dimension épique s’ajoute une dimension morale. On le décrit souvent comme un personnage lisse, un sourire permanent. C’est en effet une surface sur laquelle glisser, patiner, sans essayer de creuser, c’est-à-dire d’accéder à une idée de profondeur. Fred Astaire serait le produit d’une action (danse) et d’un jeu (cinéma). Est-il plus ? sans doute un peu, mais peut-être pas beaucoup.
Fred Astaire, héros romantique, plus que tous, mérite un portrait fragmenté. Un portrait fait de différentes danses et de multiples regards.
Comment d’ailleurs capter l’homme autrement que par le détail, l’insignifiant, le mine de rien ? Le fragment, c’est la possibilité d’introduire le mouvement dans le portrait, car il y a peut-être à l’origine de ce texte le rêve de pouvoir associer l’écriture à la mobilité. Décrire le mouvement dans l’espoir de le transférer à la main qui écrit, et aux yeux qui lisent. On lit et Fred Astaire se met en mouvement, il commence à danser, on le suit dans sa danse, bien obligé.