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Vincent | DENIS

De 1790 à 1794, les Parisiens ont pu choisir leurs commissaires de police, remplaçant les policiers professionnels de l’Ancien Régime par des citoyens élus. Pour la première fois, un livre se penche sur ces personnages méconnus, chargés de la tâche difficile de maintenir l’ordre public au jour le jour dans une capitale immense. Revenant sur les circonstances et les limites de cette révolution policière qui commence avec la prise de la Bastille, Vincent Denis retrace les itinéraires, les travaux et les peines de ces hommes ordinaires propulsés aux destinées de l’ordre de leur quartier à la faveur des bouleversements révolutionnaires.

Que peut signifier alors faire la police d’une capitale en révolution ? Quels visages les commissaires ont-ils donnés à la police « révolutionnaire » ? Fondé sur l’exploitation de très riches archives inédites de la police parisienne, l’ouvrage plonge le lecteur dans le quotidien des Parisiens pendant la Révolution française, au cœur des conflits, des émotions et des luttes qu’ont vécus les habitants de la capitale. Il nous offre ainsi un éclairage original sur la vie à Paris pendant la Révolution et sur la façon dont celle-ci a transformé la ville et ses habitants. Revenant sur cette expérience unique où les Parisiens faisaient leur propre police, l’ouvrage analyse les raisons de son abandon sous le Directoire et son rôle dans la genèse d’une police moderne professionnelle en France.

 

Vincent Denis est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheur à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine. Spécialiste de l’histoire des polices, il est co-auteur de l’Histoire des polices en France des guerres de Religion à nos jours (avec Vincent Milliot, Emmanuel Blanchard et Arnaud Houte, Belin, 2020). 

Comment établir l’identité d’une personne à une époque où n’existe ni photographie, ni empreinte digitale, ni même état civil fiable? Entre la Régence et la Restauration, la France a été le siège d’une révolution silencieuse d’une ampleur jusqu’à présent insoupçonnée: la naissance de l’identité individuelle, une «identité de papier» fondée sur le registre, le certificat, le passeport: les soldats, les mendiants, les vagabonds, les criminels furent les premiers à être «fichés». Avant que l’ensemble de la société ne soit, à son tour, «identifiée».
Quels sont les instruments de cette identification de la personne? Les techniques et les procédures de signalement? Les acteurs? Comment la société a-t-elle réagi à ce processus de fichage?
Ce livre retrace pour la première fois l’histoire de l’identité individuelle: en s’imposant dans la vie de tous les Français sous l’influence de l’État, par le travail et le savoir des agents de la machine administrative de l’Ancien Régime, de la Révolution et de l’Empire, et par les enquêtes de la police, les «papiers» ont fondamentalement modifié l’histoire de l’individu.
La genèse des techniques et des pratiques de l’identification jette un éclairage nouveau sur l’histoire de notre modernité «démocratique», qui s’enracine dans des pratiques inventées par l’Ancien Régime, au temps des rois absolus.

Vincent Denis, ancien élève de l’École normale supérieure, ancien Procter Fellow à l’Université de Princeton, est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Il a reçu en 2004 le prix Albert-Mathiez de la Société des Études Robespierristes pour la thèse dont est issu ce livre.