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Yvon | LE SCANFF

Dans la première moitié du XIXe siècle, le paysage sublime est le lieu commun du paysage romantique. Dans sa redéfinition du sublime comme expérience, le romantisme va davantage développer une esthétique du paysage qu’une topique de la puissance naturelle (le volcan, la cataracte, l’orage ou la tempête) ou de la représentation de l’infini (Dieu, la mer, la montagne). Cette poétique du paysage peut s’interpréter dans le sens d’une révélation du Chaos: magnifique confusion et profusion de l’existant, mais aussi radicale négativité de l’être. C’est ainsi que le paysage sublime ouvre sur une philosophie de la nature qui en révèle la fondamentale indétermination ontologique.
La composition du paysage trouve ainsi son écho dans la construction du personnage, et notamment dans la figure du héros romantique, taraudé par une indétermination native, hanté par une liberté inconditionnelle et radicale. Pour le romantisme, le paysage naturel n’est donc pas étranger à l’investissement éthique ou à la contemplation métaphysique, c’est même au sein de cette grande nature correspondant à sa démesure que l’homme romantique va définir son projet: élan génial et enthousiaste, révolte ou renoncement ?

Né en 1968, Yvon Le Scanff enseigne la langue et la littérature françaises à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle.

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Le paysage romantique et l’expérience du sublime
Le sommaire
Introduction
Le sublime sombre

Du lieu d’horreur au paysage terrible
La découverte de la Grande Nature
Esthétique du sublime sombre
Les paysages du sublime sombre

Première partie
Esthétique du paysage sublime

I. Le sentiment du sublime
L’idéalisation
L’élévation
La régénération
L’exaltation

II. Le sublime de puissance : le dynamisme chaotique de la nature (50)
Le volcan
La cataracte
L’orage
La tempête

III. De l’infini sublime à l’indéfini romantique
La nature sublime : Le paysage apologétique
L’océan : l’infini
La montagne : le colossal

Deuxième partie
Poétique du sublime romantique

I. Le paysage romantique
La magnificence
La négativité

II. Métaphysique de la nature

L’apocalypse romantique
La lumière impossible : le fantastique
La lumière du possible : le nocturne
La lumière critique : l’expérience des limites du paysage

La connaissance sublime de la nature
Au-delà du principe de représentation: l’indétermination
Au-delà du principe d’individuation: l’indistinction
Au-delà du principe de non-contradiction: le paradoxe sublime

Les métamorphoses du sublime naturel
Senancour : de la sensation au sens
Michelet : de la terreur à l’extase
Hugo : un sublime panique

III. Poétique romantique du sublime

Ecriture de l’indétermination
Stylistique de l’oxymore
Rhétorique de l’ineffable
Expression et impression : l’indéterminé

Poétique de la description
La description : simplicité ou grandeur ?
La transfiguration du paysage : de l’apparence à l’apparition
La subversion de la représentation : débordement et désorientation

Poétique du personnage : le héros romantique et le paysage sublime
La nature enthousiaste du génie
Le paysage de la révolte
L’espace du renoncement

Conclusion

Bibliographie

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