DANIEL FLEURY Carnets de l’écrivain inexistant

Daniel Fleury aimait citer ces phrases de Kafka : « je ne suis rien d’autre que littérature ». « Tout ce qui ne concerne pas la littérature, je le hais ». Or, la littérature, idole faillible, ne manque pas de tromper son dévot d’une manière incompréhensible avec le tout-venant de ses adorateurs : il en ressent de l’amertume. Quant à son « église », il la juge, à bon droit, plutôt désespérante : ses prêtres (les éditeurs), ses théologiens (les théoriciens, les critiques), ses fidèles (les lecteurs, les amis même), n’ont de cesse de vous faire diversement sentir que vous êtes inexistant.
En 2015, ce sentiment de déréliction fut assez … (lire la suite)
STENDHAL Chroniques inédites du Journal de Paris

«B. L.» : ces initiales sont celles d’un feuilletoniste du Journal de Paris. C’est sous ce masque qu’Henry Beyle, autrement dit Stendhal, déploya son inventivité journalistique. Les œuvres de pure imagination côtoient, dans ces chroniques, de piquants comptes rendus, les critiques littéraires de fausses lettres de lecteur…
Le célèbre écrivain travaillait alors pour Joseph Lingay, le rédacteur en chef et conseiller du président du Conseil. Jusqu’en 1827, date de leur interruption, ces articles formaient comme un terrain de jeu littéraire, l’occasion de croquer la vie mondaine et de peindre les infortunes… (lire la suite)
SOPHIE-VALENTINE BORLOZ, MARTA CARAION, JUDITH LYON-CAEN (DIR.) Ecrire les choses

Ce volume propose une enquête collective sur l’élaboration d’une pensée de la culture matérielle par la littérature, depuis les années 1830, lorsque l’avènement conjoint du réalisme et de la révolution industrielle fait des choses des entités littéraires à part entière, jusqu’à la période contemporaine. Plus de quarante spécialistes signent les trente-six chapitres et quatre-vingts encarts de vulgarisation de ce panorama du monde littéraire des objets. On y trouvera des objets rares et des objets de grande consommation, des objets précieux et des objets pauvres, des machines et des reliques, des bijoux et des pots de chambre, des… (lire la suite)
FRANÇOIS SOUVAY Lettres modernes

Sur un paisible campus de province, au milieu des années 1980, des étudiants en Lettres découvrent la littérature de la fin du siècle précédent et le roman policier, montent des ciné-clubs et écoutent du rock branché. Comme dans un film d’Éric Rohmer, mais par le détour de leur correspondance, ces jeunes gens modernes pratiquent l’art de la conversation, de l’éducation sentimentale ou des projets de livres, voire de bandes dessinées (en ligne claire). Au fil de leurs lettres, ils citent Jean de Tinan, Oscar Wilde et Richard Brautigan, mais aussi les chansons d’Elli et Jacno. Le roman épistolaire se mue doucement en roman d’apprentissage,… (lire la suite)