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Éric | FOURNIER

Au XIXe siècle, les révolutionnaires français mobilisent des spectres, de plus en plus nombreux, de plus en plus gothiques, mais toujours porteurs d’une vive modernité politique.  Cet imaginaire révolutionnaire accompagne deux phénomènes majeurs : l’entrée des masses en politique et la violence croissante des massacres fondateurs des régimes successifs. Cette spectralité peut même être portée par des vivants, et Louise Michel de proclamer : « nous reviendrons, spectres vengeurs sortant de l’ombre ! ». En luttant contre les effacements, en renouant les fils brisés, ces revenants soulignent avec force la première leçon de l’Histoire : rien n’est joué d’avance, rien n’est définitivement joué. Les spectres révolutionnaires du XIXe siècle se sont révélés de puissants antidotes à la résignation.

 

Éric Fournier, né en 1975, est spécialiste de la Commune de Paris  et de son enjeu mémoriel, de  l’imaginaire social et révolutionnaire du XXe siècle. Il est maître de conférences de l’université Paris1 Panthéon-Sorbonne et membre du Centre de recherche d’histoire du XIXe siècle

Créée par le romantisme, puis investie des attentes fin de siècle, encore présente lors de la Shoah, la « belle Juive » – une invention d’hommes non juifs – est une figure porteuse d’altérités enchevêtrées : l’Orient, les Juifs, les femmes. Fascinante et mouvante, elle est autant un archétype partagé qu’un champ d’affrontement capable d’exprimer tant une féminité sublime ou les tensions entre genres qu’un antisémitisme fanatique ou un philosémitisme ambigu.
La « belle Juive » est avant tout une figure imaginaire mais elle peut agir sur des êtres de chair. Quelle est son influence sur les Juives de France, de la prostituée anonyme aux Stars d’exception, telle Sarah Bernhardt ? Cette figure dit la beauté du monde et la violence du temps ; la quête d’un idéal esthétique et les épreuves vécues par des femmes.