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Karine | SALOMÉ

Entre 1870 et 1930, les agressions à l’acide se multiplient en France. Majoritairement accomplies par des femmes issues des classes populaires, qui entendent se venger de leur ancien compagnon ou de leur rivale en leur projetant de l’acide au visage, elles sont considérées, de manière réductrice, comme des crimes passionnels. Reléguées dans la rubrique des faits divers, elles suscitent toutefois des peurs et des fantasmes, alimentent les débats sur les droits des femmes et les relations entre les sexes. La vitrioleuse devient une figure criminelle qui incarne la cruauté féminine et conduit à la défiguration de sa victime dont elle annihile les traits et l’identité. Loin d’avoir disparu de nos jours, ces agressions, bien souvent masculines, sont désormais interprétées comme des crimes d’honneur.

De la machine infernale de la rue Saint-Nicaise à l’assassinat du président Sadi Carnot, le xixe siècle est marqué en France par de nombreux attentats, qui à l’aide de poignards, de pistolets et de fusils, de machines infernales et de bombes, visent les chefs d’État, les lieux de pouvoir, comme l’Assemblée nationale, les sièges des compagnies minières, les domiciles de certains magistrats ou encore les restaurants et les cafés. Attribués souvent à des fanatiques, animés d’une volonté destructrice, ces attentats n’en recèlent pas moins une dimension profondément politique.
Pour autant, la finalité de ces actes interroge. S’agit-il uniquement de frapper des individus clairement désignés? Le but est-il de déstabiliser, d’impressionner, d’intimider? Peut-on parler de terrorisme pour cette violence politique qui revêt parfois des formes spectaculaires et suscite, chez les contemporains, des émotions intenses? Si les attentats commis par les anarchistes sont souvent présentés comme les premiers actes relevant du terrorisme, frappant de manière aveugle, suscitant l’angoisse et la peur, ils s’inscrivent néanmoins dans la continuité de bien des attentats précédents, à l’exemple de ceux de Fieschi et d’Orsini, qui visent moins à mettre à mort une personne donnée qu’à bouleverser, troubler, voire effrayer.
C’est cette violence, qualifiée par le chef de la police de sûreté sous le Second Empire d’«ouragan homicide», que la presse périodique, les rapports des autorités administratives, les correspondances et les mémoires des contemporains, les archives judiciares ainsi que les documents iconographiques permettent ici d’approcher.