PATRICE BOUGON, MARC DAMBRE (dir.) Henri Thomas : l’écriture du secret
L’œuvre de Henri Thomas ( 1912-1993 ), à peu près ignorée par l’Université, a toujours été admirée par des écrivains, dont André Gide, Paul Celan, Philippe Jaccottet et Pierre Bergounioux ; en témoigne ici même le texte d’ouverture signé Jean-Christophe Bailly.
Plus qu’un thème, le secret est bien plutôt la marque qui hante le récit, dans tous ses éléments : l’intrigue, les personnages, le narrateur, la composition, la phrase ; parfois le mot même fait événement par son caractère incongru, invitant le lecteur à chercher une motivation cachée, toujours partielle, relançant le mouvement infini de la lecture. Henri Thomas nous invite ainsi… (lire la suite)
LUC BOLTANSKI Déluge
Un avion écrasé dans la jungle sur une falaise, dans un monde perdu. Plus bas, l’eau monte, tout y passera. Un souverain déchu, entouré de monstres, un savant magicien, une pure jeune fille et sa nourrice, un financier chinois, une ethnologue américaine, un pilote égaré et un jeune premier, des enfants substitués, des sexes transformés, l’amour, des singes presque humains, des humains inhumains, des crimes, des coups de théâtre, et, pour faire bon compte, un dieu, un dirigeable, un baiser, une baleine, bref, vous avez compris, c’est un opéra : théologico bouffe, philosophico baroque, politico bédé, classique et actuel. Prenez, par exemple,… (lire la suite)
PHILIPPE BERTHIER François Augiéras
François Augiéras (1925-1971) est assurément l’une des figures les plus fascinantes qui se soient détachées en ce siècle sur l’horizon de la littérature. Après avoir en des livres inclassables fait entendre un ton tout à fait étranger à la littérature telle qu’elle se pratiquait autour de lui, Augiéras trouve aujourd’hui l’oreille d’un public de plus en plus sensible à son cheminement hors du commun, d’une totale authenticité, et aux thèmes fondateurs d’un univers singulier.… (lire la suite)
ARTHUR BERNARD Gaby et son maître
« C’est l’histoire d’un jeune homme qui poursuit son éducation à Paris. Son métro, c’est Glacière, sur la 6, une ligne aérienne. Une fois par semaine environ, pendant près d’une année, il rencontre dans les escaliers de la station l’homme qu’il admire le plus au monde. En lui-même, il l’appelle son Maître, son Instituteur, rapport aux mots, à la littérature qui ne sont pas, pour le disciple une mince affaire. C’est à ses yeux le plus grand écrivain du temps et il est bouleversé quand il le croise en personne. Pourtant il est incapable de lui adresser la moindre parole, ne serait-ce que pour lui demander l’heure.
Allez, cet Irlandais, on peut bien… (lire la suite)