SÉVERIN DUC La guerre de Milan
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d’un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre qui s’ensuivit fut destructrice et indécise, c’est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d’une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation… (lire la suite)
ARTHUR BERNARD Aux captifs, aux vaincus
«On arrive à Paris à vingt ans, sans penser qu’un jour, plus d’un demi-siècle après, on devra rendre le bonjour et adresser ses adieux. Nous y sommes, enfin le narrateur, lui y est. Il a fait son temps. Sous l’horloge sinistre de la Gare de Lyon, qui lui donna l’heure, les heures de la Ville, pour toujours et dès la première fois, reconnaissant tout ce qu’il voyait sans jamais avoir rien vu avant, grâce aux livres, aux films, leurs correspondances avec la réalité. Maintenant, il convient de saluer cet Hier, sans même avoir à le quitter. Celui qui narre aura vécu, regardé autant que lu, cohabité avec les mots, les images, les photographies, les films,… (lire la suite)
RAFE BLAUFARB L’invention de la propriété privée
Que signifie posséder quelque chose ? Quelles sortes de choses peuvent être possédées ? Comment renonce-t-on à sa propriété ? Quelles sont les frontières entre propriété privée et propriété publique ?
En l’espace de dix ans, la Révolution française s’est efforcée de répondre à toutes ces questions. Comme Rafe Blaubarb le montre dans ce livre ambitieux, elle a refondé le système de propriété existant jusqu’en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. Les révolutionnaires les ont réalisés en abolissant les formes… (lire la suite)
MARTINE BOYER-WEINMANN, DENIS REYNAUD Vestiaire de la littérature
Quel écrivain conçoit l’écriture d’un roman comme un strip-tease à l’envers ? Quel confrère voulut bâtir son œuvre comme une robe, au motif qu’une nouvelle mode de Worth avait autant d’importance que la guerre de 70 ? Lequel soutient que nous ne changeons pas plus d’opinions et de maîtres que de chaussettes ? Quelle créature souhaita que fût chiffonnée la robe qu’elle avait voulue et cousue point par point ? Quel poète aurait préféré être renversé et dardé par l’éblouissement d’une jupe relevée plutôt que par un garçonnier pantalon? Quel personnage célèbre ne porta jamais de bonnet de nuit, ni de robe de chambre, ni de peignoir, ni de pantoufles … (lire la suite)