Les Éditions Champ Vallon, fondées à Seyssel, sur le Rhône en 1980, sont installées depuis 2014 à Ceyzérieu dans l'Ain.
Elles sont animées par Myriam Monteiro-Braz et Patrick Beaune.
Elles publient chaque année une vingtaine de titres nouveaux dans les domaines des sciences humaines,
de l'histoire, de la littérature française et étrangère, et de la critique littéraire.
Ils se répartissent dans dix collections.
Les livres sont diffusés et distribués en France par Harmonia Mundi.
(par Caravelle en Belgique, par Zoé en Suisse et Dimédia au Canada).


les collections

[sciences humaines]
collection « Milieux »
philosophie, histoire des techniques, paysage, urbanisme…
Christian Godin / La Totalité
philosophie
collection « L’Esprit libre »
philosophie, essais littéraires
collection « Pays / Paysages »
paysage
collection « La compagnie du paysage »
paysage
collection « L'environnement a une histoire »
histoire environnement
collection « Époques »
histoire
collection «La chose publique»
histoire
collection «L’Or d’Atalante»
psychanalyse, esthétique
collection «Les classiques»
ouvrages en format semi-poche

[littérature]
collection « Détours »
essais littéraires, romans, récits…
collection « Recueil »
littérature française
collection « Des Villes »
littérature
collection « Champ poétique»
critique littéraire
collection « Dix-neuvième »
littrature, histoire littéraire
divers
revue « Le Nouveau Recueil »
revue littéraire trimestrielle
revue « Le Magasin du XIX»
revue littéraire annuelle

les index

 

 

DERNIÈRES PARUTIONS

 

Christian Godin, La démoralisation (la morale et la crise) («L'esprit libre», essai)
Jacques Géraud, Photoroman en 47 légendes («Détours», littérature)
Nicolas Le Roux: Le crépuscule de la chevalerie («Epoques», histoire)
Philippe Agard: Plomb des grives («Recueil», poésie)
Giovanni Lista:Le futurisme. Textes et manifestes (1909-1944) («Les classiques», essai, histoire, art)
Jean-Benoît Puech: Fonds de miroirs («Détours», littérature)
Robert Damien: Eutopiques («Milieux», philosophie)

Guy Goffette: Eloge pour une cusine de province (Nouvelle édition, «Recueil», poésie)
Marion Brétéché: Les compagnons de Mercure («Epoques», histoire)


et aussi

LA LITTÉRATURE



Joseph Cheneraille: La Bête ravissante en forme de loup («Recueil», littérature)
Maxime Decout: Ecrire la judéité (enquête sur un malaise dans la littérature française) («Détours», essai)

 

L'HISTOIRE

Jean-Claude Caron: Les deux vies du général Foix ( «Epoques», histoire)
Joël Coste: Les écrits de la souffrance («Epoques», histoire)
Audrey Provost: Le luxe, les Lumières et la Révolution («Epoques», histoire)
Emmanuel Fureix (sous la dir.): Iconoclasme et révolutions («Epoques», histoire)

Arnaud Guinier, L'honneur du soldat («La chose publique», histoire)
Jean-Claude Caron (sous la dir.):Paris, l'insurrection capitale («Epoques», histoire)

 

Le Magasin du dix-neuvième N° 4: «Sexorama»

 

RAPPEL


UN DOCUMENT EXCEPTIONNEL


LE RAPPORT PILECKI
DÉPORTÉ VOLONTAIRE À AUSCHWITZ: 1940-1943

 

les parutions à venir

rappel des parutions récentes

les rencontres à venir

quelques échos dans la presse

et une avant-critique dans Livres Hebdo (par Jean-Claude Perrier) + une critique dans le Matricule des ANges (Eric Dussert) de

PHOTOROMAN EN 47 LEGENDES
de
JACQUES GÉRAUD

 

Boîte à malices


C'est un peu comme ces boîtes à gâteaux en fer où les enfants conservaient les images qui leur tombaient sous la main. Comme s'il se lançait à la recherche de ce temps perdu, le proustologue Jacques Géraud a ouvert sa boîte à malices personnelle. La collection Géraud comprend 47 documents, photographies, portraits d'hommes célèbres ou reproductions de tableaux, surtout des détails signifiants. Chacun, soigneusement détourné de sa signification d'origine — ainsi, un célèbre cliché de Kafka songeur coiffé d'un chapeau melon transformé en l'histoire d'un essayeur de chapeaux trop petits pour sa tête —, constitue le prétexte pour l'auteur à inventer une microfiction, surréalisante, voire carrément loufoque. Deux thématiques majeures se dégagent de cette entreprise réjouissante : les scènes religieuses montrant le Christ portant sa croix — le voici décrit en surfeur tandis que son illustre Père joue au bilboquet, faisant couler le vin à flots, ou encore en constructeur d'un bungalow suisse en kit ; et les femmes dévêtues : renversée sur une table de repassage, s'exhibant (de dos et en imperméable) à deux vieux messieurs dans un jardin public, ou encore, carrément nue devant un corner nude stand. On imagine l'émoi du seul gars présent dans les parages et celui de l'auteur, qui achève son livre sur une évocation du septième ciel. Il y a, parfois, sous la plume de Géraud, des envolées métaphysiques, comme pour sortir de ce labyrinthe de mots où sa phrase, proustienne, « méandrine », dit-il, nous entraîne.
Irrévérencieux mais jamais blasphémateur, drôle et érudit, Jacques Géraud se moque aussi au passage de quelques vaches  littéraires sacrées : Kafka, on l'a vu, son cher Proust, Hugo, Sartre devenu un clone de E.T. à qui une houri pompe toute l'énergie vitale, ou encore Duras en manteau typographique, un régal.

Jean.-Claude Perrier

Fables à repasser
 

Jacques Géraud appartient à cette catégorie d'auteurs qui a compris que le siècle XXI, et depuis quelques décennies (sic), n'est pas celui du gros roman qui fâche. Avec les fragmenteurs, les collagistes et les aphoristiciens, il tente d'autres voies, et en particulier celles, multiples, du détournement, en dérapage contrôlé, et, dans une saine irrévérence, du plasticage des statues. Semblables aux fruits de son blog « Géronimots », ses écrits corroborent l'idée que le billet de blog produit des livres fameux. Pour peu qu'on investisse dans les coffres, les tables à repasser ou les voitures et que l'on dispose de quelques femmes nues.
Dans son Photoroman, et un peu à la manière du gourmand Pierre Desproges légendant sans fin une même scène, Jacques Géraud a choisi quarante-sept images — photographies et reproductions d'œuvres — qui lui ont inspiré autant d'historiettes plaisantes. Un certain auteur de la maison Harlequin, qui ressemble à s'y méprendre à Faulkner, s'y noie dans un bain de sang pour avoir laissé la bride sur le cou à sa perversité, Sartre y est conduit au mariage avec la Beauvoir — et accessoirement à remplir à la perfection son rôle de patron de café —, le christ y porte sa croix pour rejoindre le spot où il pourra surfer et Kafka y occupe un poste d'essayeur de melons. Quant à la Duras... Comment pourra-t-on jamais entraver sa multiplication nocturne ? se demande Jacques Géraud... Remarquez ce que la question a de grave. L'un des textes les plus réussis étant probablement celui, sarcastique, où il peint MM. Gérard et Georges, employés de la grande maison d'édition, dans l'enthousiasme de leur tri d'auteur destinés à la « rentrée littéraire ». Le monde littéraire est l'une des cibles de prédilection de Jacques Géraud, qui se surpasse lorsqu'il est question de papier broché ou relié. Naturellement, ce Photoroman en 47 légendes nous offre une excursion en terre de malice. Une escapade délicieuse où les finesses et dérèglements de Géraud procurent une vraie joie, et ses longues phrases au loufoque un pur délassement. Qui oserait encore nous bassiner avec un roman à thèse/à l'eau de rose/à l'américaine après ça


Eric Dussert

Éditions Champ Vallon
F 01350 Ceyzérieu
Tél. 04 79 81 47 66
courriel: info@champ-vallon.com