ARTHUR BERNARD Ça va
«Ça va. On pourrait s’arrêter là. Tout y est. Ou bien continuer. Jusqu’à la fin. C’est quoi la fin? Ça ne nous regarde pas, au fond. Ça nous échappe. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai continué. Ça ne veut pas dire que j’ai fini. Que je suis fini. On verra bien. On ne verra rien. Je ne verrai rien. Ça va. Qu’est-ce que ça cache ? Ce mensonge, rituel de silence sous le bavardage. Ça va !, qui est le titre d’un beau poème de Vladimir Maïakovski, exaltation de l’avenir, de la révolution. Loin de la politesse convenue dans l’expression, camouflant l’indifférence à autrui … (lire la suite)
PAULINE FERRIER-VIAUD Épouses de ministres
Colbert, Louvois ou Pontchartrain : les noms des plus proches conseillers de Louis XIV sont bien connus, autant que leurs personnalités et leurs œuvres politiques. Cependant, leur histoire conjugale et familiale comporte de larges parts d’ombre.
Pour combler ce vide, Pauline Ferrier-Viaud propose un portrait dynamique des femmes qui ont épousé un ministre sous le règne personnel du Roi-Soleil entre 1661 et 1715, en envisageant leur place dans leur couple, dans leur famille, dans l’entourage du roi et dans la société française du XVIIe siècle.
Elle convoque à la fois l’histoire des femmes, du couple, du mariage, de la maternité, de … (lire la suite)
AMAURY LORIN Paul Doumer
Il y a quatre-vingt-dix ans, Paul Doumer, fils de cheminot né à Aurillac, était élu président de la République. Audace d’un régime, la IIIe République, qui consacre l’ascension méritocratique par l’école comme une possibilité de justice sociale. Audace d’un homme incarnant ce fondement par l’exemple de son parcours : placé à 14 ans comme apprenti par sa mère veuve, le jeune Auvergnat passe son bac en blouse d’ouvrier. Inclassable politiquement, Doumer participe au régime pendant près de cinquante ans (1887-1932), au carrefour de la droite et de la gauche, à la jonction de la politique, de l’industrie, de la finance, de la diplomatie. … (lire la suite)
JEAN-PAUL GOUX Tableau d’hiver
«De telles pensées, ces pensées vivantes de votre absence, je devais apprendre à vivre avec elles, comme j’apprenais à vivre seul avec votre maison. ». Le roman de Jean-Paul Goux s’écrit avec délicatesse autour de la mort de Claire, compagne de Thibaud le narrateur, et artiste qui dessinait au crayon et au fusain des nuages et des arbres contemplés par la fenêtre de leur appartement parisien, mais surtout de sa maison Au milieu des bois. Une maison dans laquelle Thibaud veut peu à peu réapprendre à « habiter le temps ». Or, cette maison offre un espace dans lequel s’est déposé et se dépose le temps, temps passé avec Claire, temps présent … (lire la suite)