Article(s) archivé(s) de la catégorie Collection époques

GOULVEN KÉRIEN Pour l’honneur des familles

GOULVEN KÉRIEN Pour l’honneur des familles

Les enfermements par lettres de cachet à Paris au XVIIIe siècle
Préface de Vincent Milliot

La lettre de cachet, symbole du pouvoir absolu de l’Ancien Régime, a été massivement utilisée par les familles, et singulièrement, à Paris, par celles des milieux populaires, pour faire enfermer leurs parents indociles. Le roi, soucieux de défendre l’ordre des familles, a mis à leur disposition cet instrument de son pouvoir. Les archives de la police, dites de la Bastille, regorgent de ces dossiers qui révèlent, à travers les placets de demandes d’enfermement et les enquêtes menées par la police dans le quartier, tous les aspects de ces conflits familiaux. Elles montrent, par ailleurs, combien ce système, devenu au XVIIIe siècle un des piliers de la politique paternaliste de la monarchie et des relations nouées entre la police et la population, joue un rôle primordial dans les régulations sociales de la capitale.

Ancien professeur d’histoire dans le secondaire, Goulven Kérien est aujourd’hui retraité. Il s’est pris de passion pour la recherche et a brillamment soutenu sa thèse sous la direction de Vincent Milliot.

Couv L'honneur des familles
Novembre 2023
15,5 x 24, 408 pages

26 €

MIREILLE TOUZERY Payer pour le roi

MIREILLE TOUZERY Payer pour le roi

La fiscalité monarchique 1302-1792

Cet ouvrage aborde une question clé pour l’histoire de l’Etat, au cœur de la singularité politique française jusqu’à ce jour, celle de la fiscalité, vue non du centre mais des payeurs. Pourquoi les habitants contribuent-ils de leur argent au fonctionnement du royaume ? Certes pas par la force. Comment le roi les convainc-t-il ? On montre ici comment se construit un système sur mesure pour chaque région, intégrant géographie, histoire et politique. Au-delà de l’image du pouvoir absolu que veut projeter Louis XIV, l’Etat monarchique fonctionne dans son rapport au territoire de façon étonnament segmentée (frontières intérieures) et adaptable (privilèges). Dès lors le fait remarquable est la réclamation et la mise en oeuvre de l’égalité territoriale par la Révolution dès ses premiers jours, une fois l’égalité des individus acquise. Incarnée par le découpage départemental qui réagence un puzzle administratif aux origines romaines, voire gauloises, cette égalité fait, fiscalement, des gagnants (Alsaciens) et des perdants (Bretons) dont la réaction à la Révolution diverge alors.

C’est la première fois que la fiscalité royale est traitée dans son ensemble (directe et indirecte), sur toute la durée de son existence (1302-1792) et pour la totalité des pays du royaume, des plus petits (Pays de Gex) aux plus récemment rattachés (Corse).

 

Mireille Touzery est professeure d’histoire moderne à l’université Paris-Est-Créteil. Elle est spécialiste de la fiscalité d’Ancien Régime.

Couv Touzery
Octobre 2023
16,5 x 24, 1350 pages en 4 couleurs. 107 illustrations en couleur, 214 tableaux et graphiques
ISBN 979-10-267-1178-0
41 €

JÉRÔME KENNEDY Une res publica impériale en mutation

JÉRÔME  KENNEDY Une res publica impériale en mutation

Penser et pratiquer le pouvoir personnel à Rome, de Sylla à Trajan

L’histoire de la Rome des premiers siècles avant et après Jésus-Christ est communément pensée comme un temps de rupture politique, marqué par le remplacement d’une République mise à mal par l’expansion territoriale de la cité de Romulus au profit d’un Empire. Cette mutation de long cours est souvent assimilée aux démarches de quelques figures de premier plan, à l’instar de Sylla, Jules César, Marc-Antoine, Auguste, Néron ou encore Trajan.

Cette période n’est toutefois pas celle d’un inéluctable basculement vers un pouvoir personnel de nature monarchique. En étudiant d’abord les mots puis les actions des principaux acteurs politiques de l’époque, ce livre propose une relecture originale, à la fois chronologique et thématique, de la recomposition du politique à Rome.

Le concept de res publica impériale permet en effet de proposer une archéologie du pouvoir des empereurs en explorant ses multiples éléments de continuité et de dissociation avec la Rome « républicaine » de Cicéron. Il offre en outre la possibilité de montrer que le pouvoir personnel, loin de se résumer à une seule et unique pratique en contexte romain, renvoie à une grande variété d’efforts de théorisation, mais aussi d’entreprises individuelles comme collectives, au risque de la confusion, de l’incertitude, voire de la contradiction. De cette pluralité découle une réécriture d’un moment charnière de l’histoire de la Rome antique, déliée de toute forme de linéarité ou de téléologie.

 

Docteur en histoire romaine de l’université de Lille, Jérôme Kennedy est professeur agrégé d’histoire et chargé de cours pour le compte des universités de Valenciennes et de Lille.

Juin 2023
15,5 x 24, 384 pages

QUENTIN DELUERMOZ, EMMANUEL FUREIX, CLÉMENT THIBAUD (DIR.) Les mondes de 1848

QUENTIN DELUERMOZ, EMMANUEL FUREIX, CLÉMENT THIBAUD (DIR.) Les mondes de 1848

Au-delà du printemps des peuples

1848 signe bien sûr le « printemps des peuples », soit une révolution très largement européenne, nationalitaire et démocratique. Et s’il manquait, dans ce récit dominant, certaines pièces du puzzle? Les révolutions de 1848 sont aussi inscrites dans une histoire plus large, atlantique et impériale sinon mondiale, que cet ouvrage se propose d’exhumer. Il restitue la pluralité des « mondes de 1848 », au plus près des expériences vécues. Il fait ainsi se côtoyer au fil des pages des révolutionnaires traversant l’atlantique, des exilés et utopistes en quête de nouvelles « colonies agricoles », des féministes réunies à Seneca Falls (Etats-Unis), et des esclaves aspirant à l’émancipation après la deuxième abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Il montre les multiples réverbérations de 1848 dans des espaces lointains.

 

Emmanuel Fureix est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Est Créteil. Ses recherches portent sur l’histoire sociale, culturelle et politique de la France au XIXe siècle. Il a notamment publié La France des larmes. Deuils politiques à l’âge romantique (Champ Vallon, 2009, Prix Chateaubriand).

Quentin Deluermoz est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris. Il a notamment publié :Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle (Paris, Seuil, 2020). 

Clément Thibaud est directeur d’études à l’EHESS et directeur du laboratoire américanistes Mondes Américains (CNRS-EHESS-Paris-Nanterre-Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Il a publié Libérer le nouveau monde. La création des premières républiques du monde hispanique (Les Perséides, 2017) et L’Esclavage (Les Arènes, 2019, avec A. de Almeida Mendes).

Deluermoz1848
Mai 2023
15,5 x 24 cm, 416 pages
ISBN 979-10-267-1069-1
28 €

FRANÇOIS PLOUX Bruit public

FRANÇOIS PLOUX Bruit public

Rumeurs et charisme napoléonien 1814-1823

La prolifération des rumeurs fut l’un des plus curieux symptômes de l’état de fermentation que connut la France entre le rétablissement des Bourbons en avril 1814 et la fin de l’automne 1816. Pendant plus de deux ans, l’espace public fut sans discontinuer parcouru en tous sens par des « fausses nouvelles » à caractère politique. Dans cette phase de transition chaotique, l’incertitude s’était installée : elle explique en partie le bourgeonnement des informations alternatives. Mais la particularité de cette séquence fut l’extraordinaire déferlement des nouvelles annonçant le retour de Napoléon en France. Cet ouvrage étudie comment le culte populaire du héros charismatique s’est forgé, dans ce contexte de multiplication des bruits politiques, comme une attente à caractère messianique.

Couv F PLoux
Avril 2023
15,5 x 24 cm, 272 pages
ISBN 979-10-267-1095-0
25 €

LANA MARTYSHEVA Henri IV Roi

LANA MARTYSHEVA Henri IV Roi

Le pari de l'hérétique

C’est un nouveau regard sur la sortie des guerres de Religion que ce livre propose : au lieu de redire les hauts faits d’Henri IV, comme maintes biographies les répètent à l’identique, il fait ressortir la grande incertitude liée à l’avènement d’un protestant pour révéler les mécanismes qui ont permis à la monarchie de se réinventer au moment où elle fut confrontée à une crise sans précédent. Ainsi, par le biais des acteurs de l’ombre, des hommes d’Église aux côtés d’Henri, il est possible de se détacher de la figure figée du roi vainqueur, et de redonner leur dimension problématique à des événements comme le sacre royal. L’étude du travail de légitimation du premier Bourbon permet alors d’appréhender la monarchie en tant qu’œuvre collective d’acteurs travaillant à assurer sa survie.

 

Lana Martysheva est docteure en histoire moderne (thèse soutenue à Sorbonne Université, sous la direction de Denis Crouzet), spécialiste de l’histoire culturelle, religieuse et politique européenne (particulièrement, France et Italie). Elle a enseigné à la Sorbonne et à Aix-Marseille Université et a été Max Weber fellow à l’Institut universitaire européen de Florence. Actuellement, elle est membre de l’École française de Rome.

Couv Lana Martysheva
Février 2023
15,5 x 24 cm, 344 pages
ISBN 979-10-267-1105-6
27 €

CAROLINE CALLARD, TATIANA DEBBAGI BARANOVA, NICOLAS LE ROUX (DIR.) Un tragique XVIe siècle

CAROLINE CALLARD, TATIANA DEBBAGI BARANOVA, NICOLAS LE ROUX (DIR.) Un tragique XVIe siècle

Mélanges offerts à Denis Crouzet

Ce volume est un hommage au grand historien Denis Crouzet, professeur à l’université Lyon III (1989-1994), puis à Sorbonne Université (1994-2021), qui a pris sa retraite en 2021.
Il a été composé par les très nombreux amis et élèves de Denis Crouzet. Celui-ci est sans contestation possible l’historien moderniste qui a le plus marqué les années 1990-2020 et qui a eu le plus grand nombre de disciples. Sa thèse monumentale, Les guerriers de Dieu. La violence au temps des troubles de religion, publiée chez Champ Vallon en 1990, a entièrement renouvelé la compréhension de la Réforme et des guerres de Religion.
Ce livre porte sur l’histoire du XVIe siècle européen et propose un panorama sans équivalent des principaux thèmes sur lesquels Denis Crouzet a travaillé : la violence, les pouvoirs, les croyances, les conflits interconfessionnels. Il se penche particulièrement sur quelques personnages à propos desquels Denis Crouzet a proposé des études extrêmement originales (Charles Quint, Catherine de Médicis).
Il propose aussi des analyses, jusque-là jamais réalisées, de quelques points centraux de la pensée de Denis Crouzet – la question de la psychanalyse en histoire, la réflexion sur le statut des acteurs –, mais aussi de la réception de son œuvre, en particulier dans le monde anglo-saxon.
Tout comme l’œuvre de Denis Crouzet, complexe mais fascinante, ce livre marquera une étape importante dans l’historiographie des Temps dits modernes, dont on sait aujourd’hui qu’ils ont été traversés par des angoisses et des tensions d’une violence inouïe.

 

Octobre 2022
15,5 X 24 cm, 432 pages
ISBN 979-10-267-1100-1
28 €

VINCENT DENIS Policiers de Paris

VINCENT DENIS Policiers de Paris

Les commissaires de police en Révolution (1789-1799)

De 1790 à 1794, les Parisiens ont pu choisir leurs commissaires de police, remplaçant les policiers professionnels de l’Ancien Régime par des citoyens élus. Pour la première fois, un livre se penche sur ces personnages méconnus, chargés de la tâche difficile de maintenir l’ordre public au jour le jour dans une capitale immense. Revenant sur les circonstances et les limites de cette révolution policière qui commence avec la prise de la Bastille, Vincent Denis retrace les itinéraires, les travaux et les peines de ces hommes ordinaires propulsés aux destinées de l’ordre de leur quartier à la faveur des bouleversements révolutionnaires.

Que peut signifier alors faire la police d’une capitale en révolution ? Quels visages les commissaires ont-ils donnés à la police « révolutionnaire » ? Fondé sur l’exploitation de très riches archives inédites de la police parisienne, l’ouvrage plonge le lecteur dans le quotidien des Parisiens pendant la Révolution française, au cœur des conflits, des émotions et des luttes qu’ont vécus les habitants de la capitale. Il nous offre ainsi un éclairage original sur la vie à Paris pendant la Révolution et sur la façon dont celle-ci a transformé la ville et ses habitants. Revenant sur cette expérience unique où les Parisiens faisaient leur propre police, l’ouvrage analyse les raisons de son abandon sous le Directoire et son rôle dans la genèse d’une police moderne professionnelle en France.

 

Vincent Denis est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheur à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine. Spécialiste de l’histoire des polices, il est co-auteur de l’Histoire des polices en France des guerres de Religion à nos jours (avec Vincent Milliot, Emmanuel Blanchard et Arnaud Houte, Belin, 2020). 

Policiers de Paris
Octobre 2022
15,5 x 24 cm, 384 pages
ISBN 979-10-267-1090-5
27 €

JÉRÉMIE FERRER-BARTOMEU L’État à la lettre

JÉRÉMIE FERRER-BARTOMEU L’État à la lettre

Écrit politique et société administrative en France
au temps des guerres de religion (vers 1560 - vers 1620)

Comment une institution prend-elle son essor en période de guerre civile, de conflit politique et religieux ? Comment l’information politique et diplomatique circule-t-elle dans le champ de force des relations internationales de l’Europe de la première modernité ? Quelles techniques administratives nouvelles les souverains mobilisent-ils pour faire face aux contestations radicales et violentes de leur légitimité ? Quel rôle, enfin, l’administration joue-t-elle dans la mise en ordre politique d’une réalité rétive et oppositionnelle ? 

Jérémie Ferrer-Bartomeu pose ces questions à la foisonnante production écrite des hommes de plume de la monarchie des derniers Valois et du premier Bourbon et relit l’histoire politique de la première modernité. Il montre comment ce conflit civil puis européen devint le creuset d’une nouvelle gouvernementalité. Au bruit des armes s’ajouta progressivement le crissement de mille plumes au renfort de la gloire du roi, participant ainsi à la réduction à l’obéissance et à la pacification d’un royaume déchiré par la guerre. Secrétaires de la main, des commandements, clercs du secret et du conseil privé, espions, transfuges et grands officiers allaient former le socle de l’État.

Temps de chaos et de confrontation politique et religieuse, le second xvie siècle est ici relu comme une séquence d’innovations administratives majeures. Les professionnels de l’écrit forment la pointe avancée de la société politique. Ils contribuent à l’élargissement des domaines d’intervention de l’État et assurent, concrètement et quotidiennement, l’exercice de l’autorité. Cette république européenne des bureaux en formation traduit la mise en circulation transnationale de savoirs administratifs et le transfert de modèles de gouvernement entre puissances adverses et alliées. 

Jérémie Ferrer-Bartomeu est docteur en histoire moderne de l’École nationale des chartes et ancien membre de la Casa de Velázquez. Il est actuellement chargé de recherches du F.R.S.-FNRS à l’université de Liège (UR Transitions) et à l’université catholique de Louvain (GEMCA). 

Le Monde Novembre 2022

L'Histoire octobre 2022

6 octobre 2022
15,5 x 24 cm, 368 pages
ISBN 979-10-267-1085-1
28 €

ANNE BONZON La paix au village

ANNE BONZON La paix au village

Clergé paroissial et règlement des conflits dans la France d’Ancien Régime

Dans un contexte où les politiques publiques cherchent à désengorger les tribunaux, et où de multiples réticences s’expriment face à des instances judiciaires à la fois très critiquées et très sollicitées, les formes alternatives de règlement des conflits suscitent aujourd’hui un intérêt renouvelé. Ce livre examine sous un angle inédit les origines de ces transactions situées en amont ou en marge de la justice institutionnelle : arbitrage, conciliation, médiation, arrangements à l’amiable.

Au croisement de l’histoire judiciaire et de l’histoire religieuse, l’auteure éclaire un aspect de l’action des curés qui n’a jamais été étudié pour lui-même : l’apaisement des différends. Les conflits et leur résolution nous plongent au cœur de la vie quotidienne des villageois sous l’Ancien Régime à une époque où la Réforme catholique modifie profondément les rapports entre les curés et leurs paroissiens. 

Une enquête menée à partir de sources multiples a permis d’observer à différentes échelles le déroulement de ces arrangements dans la France du XVIIe siècle, et d’analyser le contexte qui les a favorisés, qu’il s’agisse des missions intérieures auxquelles les curés sont associés, des grandes ordonnances de réforme de la justice, de la lutte contre les duels ou de l’action des réseaux dévots.

Ainsi, l’étude de ces modestes « artisans de paix » éclaire d’un jour nouveau l’histoire de la médiation et de ces formes alternatives de règlement que l’on redécouvre aujourd’hui.

Agrégée d’histoire et ancienne élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Anne Bonzon est professeure d’histoire moderne à l’université Paris 8 – Vincennes – Saint-Denis et co-directrice du Centre d’histoire des Sociétés Médiévales et Modernes (U. R. MéMo).

Jean-Yves Grenier dans Libération 23 septembre 2022

Chemin d'histoire, un podcast de Luc Daireaux

Couv Bonzon
Mai 2022
15,5 x 24 cm, 352 pages
ISBN 979-10-267-1070-7
25 €