Article(s) archivé(s) de la catégorie Collection époques

FLAVIE LEROUX Les maîtresses du roi

FLAVIE LEROUX Les maîtresses du roi

Volontiers qualifiées de « favorite », de « presque reine » et même parfois de « sultane », les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l’Ancien régime. Si leur succès est certain auprès du public, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, cet ouvrage se propose de considérer la maîtresse et les siens dans leur réalité sociale. Filles, sœurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d’affaires et protectrices : autant de visages à étudier pour mettre au jour la capacité d’action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en regardant fonctionner le pouvoir royal, à l’aube de l’absolutisme.

Diplômée en 2017 d’un doctorat en Histoire et civilisations de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), Flavie Leroux a consacré sa thèse aux maîtresses royales des premiers rois Bourbons. Elle est actuellement coordinatrice de recherche au Centre de recherche du château de Versailles pour le programme « Identités curiales et le mythe de Versailles en Europe : perceptions, adhésions et rejets (XVIIIe-XIXe siècles) ».

Flavie Leroux Couv
Mai 2020
15,5 x 24, 424 pages
ISBN 979-10-267-0852
26 €

JÉRÔME SELLA Tenir le loup par les oreilles

JÉRÔME SELLA Tenir le loup par les oreilles

Prendre le pouvoir et le conserver dans la Rome impériale des premiers siècles: d'Auguste aux Sévère

Ce livre se propose de revisiter l’histoire de la Rome impériale sous l’angle du contrôle du pouvoir : comment il s’acquiert et comment il se conserve. Pour cela, une lecture précise des sources de toute nature tente de dégager des logiques et des modes de fonctionnement, afin d’affiner notre connaissance des faits, au-delà de la litanie des assassinats d’empereurs ou de sénateurs. Il en ressort un portrait d’un pouvoir impérial soucieux de maintenir le consensus le plus large et de préserver sa légitimité, que ce soit par la bonne volonté – quand cela est possible – ou par l’élimination brutale de toute contradiction. Ce maintien du consensus est le fruit d’une pratique s’appuyant sur des exempla, ou modèles de comportement, légués par des prédécesseurs, depuis Auguste jusqu’à Caracalla.

Agrégé, docteur en histoire ancienne et chercheur associé à l'Halma (UMR 8164), Jérôme Sella allie actuellement enseignement dans le secondaire et charge de TD à l'université de la Sorbonne (Paris IV). Ses sujets de recherche concernent l'histoire politique, les mentalités, la numismatique.
Tenir le loup couv
Avril 2020
15,5 x 24, 600 pages
ISBN 979-10-267-0898-8
31 €

SYLVIE DAUBRESSE Conjurer la dissension religieuse

SYLVIE DAUBRESSE Conjurer la dissension religieuse

La justice du roi face à la Réforme (1555-1563)

Les années de la fin du règne de Henri II jusqu’à la fin de la première guerre de religion en mars 1563 voient s’accélérer la rupture religieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. L’activité criminelle d’une haute cour de justice montre qu’en matière de religion, la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu’elle finit par se heurter à l’opposition des sujets, laquelle entraîne l’inapplication des lois et le développement de la violence. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé le royaume de France ainsi que la monarchie.

Archiviste paléographe, Sylvie Daubresse est ingénieur de recherche CNRS au Centre Roland Mousnier (UMR 8596), Sorbonne Université. Ses travaux portent sur l’histoire politique et judiciaire du XVIe siècle. Elle a publié Le parlement de Paris ou la voix de la Raison (Droz, 2005), collaboré à un ouvrage collectif sur Le Parlement en exil (H. Champion, 2007), et édité un recueil de textes sur la période de la Ligue (H. Champion, 2012). Le présent ouvrage est le mémoire inédit de son habilitation à diriger les recherches.

Conjurer COuv
Mars 2020
15,5 x 24, 464 pages
ISBN 979-10-267-0888-9
29 €

YANN RODIER Les raisons de la haine

YANN RODIER Les raisons de la haine

Histoire d'une passion dans la France du premier XVIIe siècle (1610-1659)

Diagnostiquer, décrypter et domestiquer les passions de l’âme, ce fut l’obsession des médecins, des lettrés, des théologiens, des hommes d’Eglise et d’Etat en ce premier XVIIe siècle. La hantise d’une reprise des guerres civiles, après un demi-siècle de déchirements, explique la naissance d’une science et d’une anthropologie nouvelles des passions. La haine est identifiée comme l’origine de la violence fratricide dans la cité. Capables de générer une émotion voire une haine publique, telle la xénophobie, les médias constituent un nouvel outil politique redoutable et redouté. Les Raisons de la haine examinent les sciences mécaniques et politiques des passions, leur usage, leur instrumentalisation et leur domestication et éclairent les rouages de cette fabrique publique de la haine.

Couv LEs raisons de la haine
Janvier 2020
15,5 x 24 cm, 496 pages
ISBN 979-10-267-0847-6
28 €

VIRGILE CIREFICE, GRÉGOIRE LE QUANG, CHARLES RIONDET (DIR.) La part de l’ombre

VIRGILE CIREFICE, GRÉGOIRE LE QUANG, CHARLES RIONDET (DIR.) La part de l’ombre

Histoire de la clandestinité politique au XXe siècle
Préface de Donatella Della Porta

L’histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d’ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu’une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ?
Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l’affirmative, en retraçant la trajectoire d’un groupe politique, d’un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l’illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d’en brosser une histoire incarnée, une histoire de l’intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement.
Il s’agit là d’une conviction partagée par les auteurs : la compréhension de la clandestinité en politique se doit d’articuler, d’une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l’expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d’autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l’extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux.
À travers l’exploration de la clandestinité comme modalité d’action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d’ordinaire trop peu – anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux – en montrant l’existence de problématiques communes malgré les différents contextes, mais ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.

Virgile Cirefice est ancien élève de l’ENS de Lyon, agrégé et docteur en histoire (Université Paris 8 – Université de Bologne). ATER à l’Université Lyon 3 et chercheur associé à l’IHTP, ses recherches portent sur l’histoire culturelle du politique, sur le socialisme français et italien et sur la sortie de guerre dans les deux pays.
Grégoire Le Quang est docteur en histoire contemporaine. Actuellement ATER à l’ENS, il poursuit ses recherches sur la thématique des violences politiques et des terrorismes en Italie, de leur impact dans la société et de leur mémoire.
Charles Riondet est docteur en Histoire et ingénieur de recherches au sein de l’équipe ALMAnaCH (Inria-EPHE). Ses recherches portent sur la Résistance et la Libération en région parisienne et les écrits personnels en temps de guerre.

Virgile Crirefice
Novembre 2019
15,5 x 24, 320 pages
ISBN 979-10-267-0832-2
25 €

SÉVERIN DUC La guerre de Milan

SÉVERIN DUC La guerre de Milan

Conquérir, gouverner, résister dans l'Europe de la Renaissance
Préface de Denis Crouzet

Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d’un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre qui s’ensuivit fut destructrice et indécise, c’est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d’une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l’Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.

 

«…ce serait une illusion de croire que la vaste fresque peinte touche après touche par Séverin Duc ne concerne que ce qui serait une séquence marginale et secondaire de l’histoire de l’Italie … ce qui advient en Milanais dans un paroxysme de violences et dans une révolution de la domination politique est historiquement capital. Ne sont concernés dans ce tournant géopolitique pas seulement l’Italie du Nord et la Lombardie, pas seulement le roi de France et l’Empereur. Ce qui se joue au terme d’une quinzaine d’années sur l’incident en apparence dérisoire d’un cri, « Italia Italia », et d’un assassinat, serait une part du devenir, désormais en gestation pour un temps long, de l’Europe moderne. » (Denis Crouzet)

Séverin Duc, agrégé et docteur en Histoire, est membre de l’École française de Rome et chercheur associé au Centre Roland Mousnier. Il obtenu, pour la thèse dont ce livre est issu, le prix Aguirre-Basualdo de la Chancellerie des Universités de Paris. Actuellement, il s’intéresse à l’histoire sociale et familiale des pouvoirs en France et en Italie.

Couv Séverin Duc
Octobre 2019
15,5 x 24, 360 pages dont un cahier de 8 pages d'illustrations en couleur
ISBN 979-10-267-0842-1,
28 €

DENIS CROUZET ÉLISABETH CROUZET-PAVAN PHILIPPE DESAN CLÉMENCE REVEST (sous la direction) L’humanisme à l’épreuve de l’Europe

DENIS CROUZET ÉLISABETH CROUZET-PAVAN PHILIPPE DESAN CLÉMENCE REVEST (sous la direction) L’humanisme à l’épreuve de l’Europe

XVe-XVIe siècle
Histoire d'une transmutation culturelle

L’Europe des XVe et XVe siècles voit émerger puis triompher le mouvement humaniste. Comment l’humanisme, né comme une contre culture et diffusé par des réseaux intellectuels italiens épris de la redécouverte des classiques, s’impose-t-il aussi vite comme un modèle dominant ? A cette question classique, ce livre apporte des réponses nouvelles. Il montre que l’humanisme triomphe à travers l’Europe selon des formes, des expressions et des degrés variables selon les espaces, les publics et les écosystèmes socio-politiques et socio-intellectuels. Il évoque les résistances parfois farouches que ce système d’interprétation du monde rencontra. Il brosse, en laissant toute leur place aux multiples capacités d’adaptation de cette culture, le tableau bigarré des humanismes européens.

Denis Crouzet est professeur d’histoire moderne à Sorbonne Université. Ses travaux portent sur l’Europe du XVIe siècle et les imaginaires politiques et religieux.
Elisabeth Crouzet-Pavan est professeur d’histoire du Moyen Âge à Sorbonne Université et spécialiste de l’Italie du Moyen Âge.
Philippe Desan, de l’Université de Chicago, est spécialiste de l’histoire des idées à la Renaissance.
Clémence Revest, chargée de recherches au CNRS, est spécialisée dans l’histoire de l’Humanisme italien.

Couverture L'humanisme
Juin 2019
15,5 x 24 cm, 384 pages
ISBN 979-10-267-0810-0
26 €

EMMANUEL FUREIX L’œil blessé

EMMANUEL FUREIX L’œil blessé

Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française

Après la Révolution française, le « vandalisme » est répudié et la « guerre aux démolisseurs » lancée avec emphase. Pourtant, au fil d’un xixe siècle convulsif, des statues sont bel et bien déboulonnées, des bustes brisés, des emblèmes martelés, des drapeaux brûlés, des cocardes arrachées et piétinées. L’iconoclasme est certes miniaturisé et négocié, mais il se répète avec insistance. De la Restauration à la Commune de Paris, la destruction des signes de l’adversaire devient le lot commun de la politique.

Que détruisent, alors, ces « iconoclastes modernes » ? Avec quels gestes s’attaquent-ils aux images et aux signes visuels ? Que visent-ils à travers eux ? Quelle puissance et quelle vitalité attribuent-ils aux images ? Quels effets croient-ils produire sur le monde social et sur les rapports de pouvoir ?

Toutes ces questions prennent une singulière acuité au xixe siècle : la fragilité des pouvoirs, les profondes poussées démocratiques, la transformation du rapport au passé, la laïcisation graduelle de la société, la reproductibilité technique des images dessinent un nouvel iconoclasme.

Nourri d’archives vivantes et sensibles, l’ouvrage ne se contente pas d’exhumer des gestes oubliés ou effacés de l’histoire. Il définit le paysage des signes conflictuels et les regards portés sur eux. Il construit, surtout, une grammaire de l’iconoclasme qui résonne fortement avec notre présent. Dans des conjonctures fluides où la souveraineté paraît disponible, les iconoclastes s’attaquent aux signes qui la rendent visible et s’affirment eux-mêmes comme souverains. Ils épurent aussi les images du passé lorsqu’elles infligent une « blessure » morale à l’œil du regardeur. À d’autres moments, ils cherchent plus simplement à entrer par effraction dans l’espace public, sans autre espoir que de prendre la parole en s’attaquant à des signes intolérables.

L'Oeil blessé dans Libération par Dominique Kalifa

L'Œil blessé= Télérama par Gilles Heuré

Paroles d'histoire
Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

Emmanuel Fureix est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université Paris-Est Créteil, ancien membre de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié La France des larmes. Deuils politiques à l’âge romantique (Champ Vallon, Prix Chateaubriand 2009), Le Siècle des possibles. 1814-1914 (PUF, 2014), et, avec François Jarrige, La Modernité désenchantée. Relire l’histoire du XIXe siècle français (La Découverte, 2015).

Couv_Lœil blessé
Mai 2019
15,5 x 24 cm, 392 pages (dont un cahier iconographique de 8 pages)
ISBN 979 10 267 0815 5
27 €

JEAN-CLAUDE CARON Simon Deutz, un Judas romantique

JEAN-CLAUDE CARON Simon Deutz, un Judas romantique

En révélant à Adolphe Thiers au printemps 1832 la cachette de la duchesse de Berry, clandestine depuis l’échec du soulèvement de la Vendée, Simon Deutz devient instantanément la réincarnation de Judas, « l’homme qui a livré une femme » que stigmatise Victor Hugo. Mais au moment de sa trahison, ce fils du grand-rabbin de France est catholique, depuis sa conversion à Rome en 1828. Devenu un paria dans son propre pays, il s’exile en 1842 à La Nouvelle-Orléans où il meurt sous le nom de Sylvain Delatour.

C’est l’histoire de ce parcours, qui commence en Allemagne en 1802 et s’achève en Louisiane en 1844, qu’on retrace ici : celle d’un homme aux identités multiples dans la France postrévolutionnaire. Incarnation du « traître juif » avant que Dreyfus ne le supplante, Deutz cristallise l’émergence d’un antijudaïsme multiforme et devient de son vivant l’objet d’une « légende noire ». En mobilisant la figure de Judas, les nombreux opposants à la monarchie de Juillet entendent aussi mettre en accusation ceux qui ont eu recours à la trahison de Deutz pour capturer la duchesse de Berry : Adolphe Thiers, ministre de l’Intérieur, et le roi Louis-Philippe.

Si ce nouveau juif errant meurt oublié en exil, la littérature perpétue sa mémoire en en faisant, sous son nom ou sous des noms d’emprunt, l’archétype du traître littéraire dont on souligne à l’envi la judéité.

Libération par Dominique Kalifa

Jean-Claude Caron est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Clermont-Auvergne. Ses nombreuses publications sont consacrées à l’histoire des violences socio-politique dans la France du XIXe siècle.

Couverture Simon Deutz
Avril 2019
15,5 x 24 cm, 320 pages
979-10-267-0795-0
24 €

SOPHIE ABDELA La prison parisienne au XVIIIe siècle

SOPHIE ABDELA La prison parisienne au XVIIIe siècle

Formes et réformes

On sait peu de chose sur la prison d’Ancien Régime. Les historiens, fascinés par le pénitencier, l’ont largement négligée. Ce livre comble cette lacune en explorant le monde carcéral parisien du XVIIIe siècle, et particulièrement la geôle ordinaire.
La prison doit être abordée comme un objet urbain parfaitement intégré dans les dynamiques et les trajectoires quotidiennes de la capitale. Elle est considérée aussi comme un objet économique, à la fois service essentiel qu’il faut financer et occasion d’affaires pour ceux qui la fournissent en marchandises et denrées de toutes sortes. Finalement, la prison est un objet social : les détenus comme le personnel y tissent des liens – de collaboration ou de concurrence, voire d’opposition – qui contribuent à façonner la prison et à la réformer.

 

Sophie Abdela

Sophie Abdela

Prix de thèse 2018 de la Société française d'histoire urbaine

Dans Libération par Jean-Yves Grenier

Sophie Abdela est professeure à l'Université de Sherbrooke (Québec).

Couv La prison parisienne
Avril 2019
15,5 x 24 cm, 320 pages
ISBN 979-10-267-0780-6
25 €