Article(s) archivé(s) de la catégorie Collection époques

JEAN-CLAUDE CARON Simon Deutz, un Judas romantique

JEAN-CLAUDE CARON Simon Deutz, un Judas romantique

En révélant à Adolphe Thiers au printemps 1832 la cachette de la duchesse de Berry, clandestine depuis l’échec du soulèvement de la Vendée, Simon Deutz devient instantanément la réincarnation de Judas, « l’homme qui a livré une femme » que stigmatise Victor Hugo. Mais au moment de sa trahison, ce fils du grand-rabbin de France est catholique, depuis sa conversion à Rome en 1828. Devenu un paria dans son propre pays, il s’exile en 1842 à La Nouvelle-Orléans où il meurt sous le nom de Sylvain Delatour.

C’est l’histoire de ce parcours, qui commence en Allemagne en 1802 et s’achève en Louisiane en 1844, qu’on retrace ici : celle d’un homme aux identités multiples dans la France postrévolutionnaire. Incarnation du « traître juif » avant que Dreyfus ne le supplante, Deutz cristallise l’émergence d’un antijudaïsme multiforme et devient de son vivant l’objet d’une « légende noire ». En mobilisant la figure de Judas, les nombreux opposants à la monarchie de Juillet entendent aussi mettre en accusation ceux qui ont eu recours à la trahison de Deutz pour capturer la duchesse de Berry : Adolphe Thiers, ministre de l’Intérieur, et le roi Louis-Philippe.

Si ce nouveau juif errant meurt oublié en exil, la littérature perpétue sa mémoire en en faisant, sous son nom ou sous des noms d’emprunt, l’archétype du traître littéraire dont on souligne à l’envi la judéité.

Libération par Dominique Kalifa

Jean-Claude Caron est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Clermont-Auvergne. Ses nombreuses publications sont consacrées à l’histoire des violences socio-politique dans la France du XIXe siècle.

Couverture Simon Deutz
Avril 2019
15,5 x 24 cm, 320 pages
979-10-267-0795-0
24 €

SOPHIE ABDELA La prison parisienne au XVIIIe siècle

SOPHIE ABDELA La prison parisienne au XVIIIe siècle

Formes et réformes

On sait peu de chose sur la prison d’Ancien Régime. Les historiens, fascinés par le pénitencier, l’ont largement négligée. Ce livre comble cette lacune en explorant le monde carcéral parisien du XVIIIe siècle, et particulièrement la geôle ordinaire.
La prison doit être abordée comme un objet urbain parfaitement intégré dans les dynamiques et les trajectoires quotidiennes de la capitale. Elle est considérée aussi comme un objet économique, à la fois service essentiel qu’il faut financer et occasion d’affaires pour ceux qui la fournissent en marchandises et denrées de toutes sortes. Finalement, la prison est un objet social : les détenus comme le personnel y tissent des liens – de collaboration ou de concurrence, voire d’opposition – qui contribuent à façonner la prison et à la réformer.

 

Sophie Abdela

Sophie Abdela

Prix de thèse 2018 de la Société française d'histoire urbaine

Dans Libération par Jean-Yves Grenier

Sophie Abdela est professeure à l'Université de Sherbrooke (Québec).

Couv La prison parisienne
Avril 2019
15,5 x 24 cm, 320 pages
ISBN 979-10-267-0780-6
25 €

BERTRAND TILLIER L’artiste dans la cité 1871-1918

BERTRAND TILLIER L’artiste dans la cité 1871-1918

Rêver la société pour la changer en cité idéale et participer à l’avènement d’un monde nouveau. Ce fut le désir de nombreux artistes, qui ne furent pas tous des figures d’avant-garde. Cette ambition a parcouru tout le XIXe siècle, mais elle occupa une place singulière et méconnue sous la IIIe République, entre le souvenir de la Commune de Paris et l’Union sacrée de la Grande Guerre. Portrait collectif d’une génération de peintres et sculpteurs du Paris fin-de-siècle, le livre examine le rôle et la fonction d’artistes tels Rodin, Luce, Pissarro, Gallé, Gérôme, Toulouse-Lautrec, Signac, Prouvé ou Guitry. Convaincus de la performativité de leurs œuvres, ils s’érigèrent en bâtisseurs d’art et réinventeurs de l’histoire, en fondateurs d’un art social et combattants de la vérité.

Le Monde 22 février 2019 Pierre Karila Cohen

Bertrand Tillier est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur à l’IDHES, où il enseigne la culture visuelle et l’histoire des médias. Il a dirigé l’ouvrage: L’art du XIXe siècle, L’heure de la modernité (Citadelles & Mazenod, 2016) et publié notamment chez Champ Vallon La Commune de Paris, révolution sans images? Politique et représentations dans la France républicaine (1871-1914) (2004) et Les Artistes et l’affaire Dreyfus (1898-1908) (2009).

février 2019
15,5 x 25 cm, 272 pages
ISBN 979-10-267-0760-8
24 €

STÉPHANE GUERRE Nicolas Desmaretz (1648-1721)

STÉPHANE GUERRE Nicolas Desmaretz (1648-1721)

Le Colbert oublié du Roi Soleil
Préface de Joël Cornette

Neveu de Jean-Baptiste, Nicolas Desmaretz, le « Colbert oublié », héros de ce livre, n’a cessé d’arpenter les allées du pouvoir entre 1665 et sa mort, en mai 1721, au temps de la régence de Philippe d’Orléans : sa vie traverse une grande partie du long règne de Louis XIV. Il fut notamment contrôleur général des Finances de 1708 à 1715. À partir du 20 novembre 1708, promu ministre d’État, il eut l’honneur de participer au Conseil d’En Haut, le « saint des saints », le conseil présidé, plusieurs fois par semaine, par le Grand Roi.

Cette position centrale nous autorise, grâce à lui et avec lui, à pénétrer au cœur de l’État, ce cœur palpitant des Finances qui irrigue tout le corps de la monarchie et, au-delà, l’ensemble de la société. Il nous permet de mieux comprendre, de l’intérieur, l’État absolu, son organisation et son action. Qui prend les décisions ? À partir de quelles informations et selon quelle rationalité ? Quelles techniques sont mises en œuvre pour les rendre effectives et efficaces et, à l’échelle du royaume, les faire accepter des populations ? Comment évaluer la portée d’une décision ? Comment la rectifier si elle se révèle inopérante ?

À toutes ces questions, à l’aide d’archives le plus souvent inédites, Stéphane Guerre apporte des réponses, à la fois précises et argumentées, d’autant qu’il ne s’agit nullement d’une histoire désincarnée, qui serait simplement administrative et procédurière : dans cette nouvelle histoire du politique, l’originalité est de choisir le fil biographique pour démonter les pièces du mécanisme des institutions.

Ces  institutions « en action » font apparaître, au moment d’une des crises les plus profondes de l’Ancien Régime, la figure d’un « maître des subtilités financières », le prototype de l’administrateur technicien et du « ministre-expert ». Nicolas Desmaretz annonce un monde nouveau et son itinéraire rend compte d’un moment essentiel dans l’histoire de la monarchie : la transition du Grand Siècle aux Lumières.

Sur BFM Business (« La librairie de l’éco »), la lecture de Chistian Chavagneux et Jean-Marc Daniel

Stéphane Guerre, né en 1975, est professeur agrégé d’histoire, docteur en histoire moderne de l’université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis. Ses recherches portent sur l’histoire financière de la fin du règne de Louis XIV ainsi que sur la prise de décision politique et le fonctionnement réel de l’État absolu.

A paraître en janvier 2019
15,5 X 24 cm
ISBN 979-10-267-0755-4
27 €

PASCALE MORMICHE Le petit Louis XV

PASCALE MORMICHE Le petit Louis XV

enfance d'un prince, genèse d'un roi (1704-1725)

Septembre 1715 : Louis XIV est mort. Février 1723 : Louis XV est majeur.

Entre vie publique et vie privée, entre Versailles et Paris, grandit et se construit un roi-enfant pour lequel rien n’est laissé au hasard. L’ouvrage raconte cette dizaine d’années pendant lesquelles un jeune roi et le Régent ont rendu possible la mutation d’un absolutisme qu’il fallait réformer pour qu’il se poursuive.

En suivant au quotidien une enfance royale, on voit le nourrisson sortir des affres des maladies enfantines et subir les premiers soins pédiatriques, le garçonnet acquérir les premières connaissances et former son caractère tout en tenant sa cour, le jeune homme instruit affirmer ses préférences dans un contexte d’explosion des connaissances scientifiques et de renouveau des arts, jusqu’au moment où Louis XV est majeur, sacré et marié.

Cet ouvrage donne une nouvelle lecture à des évènements dotés d’une riche et ancienne historiographie. Remettant en cause l’idée d’une éducation bâclée, l’auteur insiste au contraire sur la qualité des éducatrices et précepteurs, sur la protection du Régent garant de la légitimité monarchique, face au duc du Maine surintendant de l’éducation du roi, sur l’originalité des savoirs et compétences enseignés à Louis XV qui développeront ses capacités d’innovation.

Plus qu’une rupture comme cela a été longtemps décrit, la Régence et l’éducation de Louis XV ont été une période de transition risquée certes, mais surtout la première régence sans trouble majeur, une période d’ouverture intellectuelle et de mutations profondes.

Il a fallu une dizaine d’années pour faire acquérir un comportement, une dimension politique, une culture royale à cet enfant très doué qui a rapidement compris ce que l’on attendait de lui : être un très grand roi.

Biographie

Pascale Mormiche est agrégée de l’Université et docteur en histoire moderne. Elle enseigne à l’Université de Cergy-Pontoise.
Spécialiste de l’éducation des princes et des élites, elle a publié Devenir Prince, l’école du pouvoir en France (XVIIe-XVIIIe siècles) Cnrs éditions (2009) et, avec Stanis Perez, Naissance et petite enfance à la cour de France, éditions du Septentrion (2016).

Paru en octobre 2018
15,5 x 24, 448 pages
ISBN 979-10-267-739-4
27 €

ANTON SERDECZNY Du tabac pour le mort

ANTON SERDECZNY Du tabac pour le mort

une histoire de la réanimation

Comment l’idée a-t-elle pu venir aux Lumières de souffler de la fumée de tabac dans le derrière des noyés pour les ramener à la vie ? Cette pratique à première vue grotesque est tout sauf un accident de parcours : considérée jusqu’à la mi-xixe siècle comme la meilleure méthode de réanimation, cette insufflation anale a bénéficié d’investissements savants et publics considérables – des boîtes contenant tout le nécessaire à sa mise en œuvre furent installées le long de la Seine, du Rhône et de la Saône, ou de la Tamise. Plus encore, les discours savants qui introduisirent la préoccupation, alors nouvelle, de la réanimation, regorgent de faits plus étranges les uns que les autres : aux histoires épouvantables d’enterrés vivants répondent des cas étudiés très sérieusement, jusque dans l’Encyclopédie, d’hirondelles ou de cigognes qui hibernent au fond des lacs ou des rivières, ou sur la lune. En remontant le fil de ces récits, Anton Serdeczny aboutit à une conclusion inattendue  : leur source est orale, et la science, même celle des Lumières, a pu y puiser pour alimenter de nouveaux champs – comme l’action médicale sur le corps mort.

Les motifs mis à contribution dans la réanimation des Lumières relèvent de systèmes de représentations orales parfaitement cohérents, et avant tout liés au carnaval. Cette clef anthropologique permet d’expliquer la pratique de l’insufflation de fumée de tabac. Adaptation improbable et involontaire d’un vieux geste carnavalesque, elle tirait son origine et sa puissance d’évocation de sa dimension symbolique : remettre l’âme à l’envers à celui qui est mort dans un monde inversé, sous la surface de l’eau.

Rarement la recherche des liens entre innovation scientifique et registres culturels a pu être poussée aussi loin, et c’est là tout l’intérêt de cet ouvrage : remettre en cause notre vision des Lumières, et plus encore de la science.

En attendant Nadeau:
«Morts confirmés ou en attente»

Le Monde des livres 20 septembre 2018
De quoi réveiller un mort par Antoine de Baecque

Biographie

Docteur en histoire de l’EPHE, Anton Serdeczny enseigne l’histoire moderne à l’Université d’Aix-Marseille.
Spécialisé dans les rapports entre science, religions et cultures, il a notamment travaillé sur les liens entre mariologie, traditions et sciences, et sur les conséquences scientifiques de la Réforme. Ses recherches portent avant tout sur l’utilisation des sources savantes dans la reconstruction de la culture orale et rituelle de l’Europe, via la microhistoire et l’anthropologie historique.

Anton Serdeczny Du tabac pour le mort
Paru en septembre 2018
15,5 x 24, 400 pages
ISBN 979-10-267-0729-5
25 €

NONFICTION – Géographies par Léonard Dauphant

NONFICTION – Géographies par Léonard Dauphant

Nonfiction.fr, « La France est une campagne losange », par Florian Besson, à propos du livre de Léonard Dauphant :

Géographies Dauphant

 

Dauphant

Dauphant

 

Leonard Dauphant Geographies



CATHERINE KIKUCHI La Venise des livres

CATHERINE KIKUCHI La Venise des livres

1469-1530

Après la publication de son premier imprimé en 1469, Venise devient en quelques années la première productrice de livres en Europe. Il s’agit d’un métier neuf qui se développe hors des cadres institutionnels des corporations. Les livres produits se retrouvent dans toutes les bibliothèques d’Europe. Ces imprimeurs qui ont fait le succès de Venise sont pour la plupart d’origine étrangère. Ils sont Allemands d’abord, avant l’arrivée d’autres communautés dans cette industrie. Ce sont des marchands et des artisans en provenance de toute l’Europe et d’une partie de la Méditerranée orientale. Au-delà des échecs, beaucoup se sont intégrés dans la ville, sa géographie, sa sociabilité, et ont construit une nouvelle industrie du livre au cœur de l’Europe.

Libération du 18 août 2018

Biographie

Catherine Kikuchi est membre de l’École française de Rome depuis septembre 2017. Elle a enseigné à l’université de Versailles Saint-Quentin. Elle est co-fondatrice d’un projet international de mise en relation des jeunes chercheurs sur le livre, Early Modern Book Project.

Catherine KIKUCHI La Venise des livres
Paru le 7 juin 2018
15,5 x 24, 360 pages
979-10-267-0702-8
26 €

GEORGES MINOIS La Cabale des dévots

GEORGES MINOIS La Cabale des dévots

Société secrète et lobby intégriste sous Louis XV

La Cabale des dévots est l’expression qui désigne la lutte menée par la Société secrète du Saint-Sacrement, organisation clandestine de catholiques intransigeants, pour faire interdire le Tartuffe, comédie de Molière jugée blasphématoire. Obsédée par le secret, elle mène des actions charitables aussi bien que des opérations d’espionnage, de délation, de pressions diverses, qui font d’elle un véritable lobby au sens moderne du terme. L’histoire de cet épisode est replacée dans son contexte de luttes politico-religieuses, qui n’est pas sans évoquer des problèmes actuels.

Le livre retrace plus largement la tentative du parti dévot pour imposer à la société française du XVIIe siècle un ordre moral austère, en contrôlant tous les aspects de la vie publique et de la vie privée.

Revue de presse

Le Canard Enchaîné — Faces de carême, par Frédéric Pagès, 9 mai 2018

Biographie

Normalien, agrégé et docteur en histoire et docteur ès-lettres, Georges Minois est l'auteur d'une œuvre qui comporte une soixantaine de titres. Parmi les plus récents figurent Histoire de la célébrité (Perrin, 2012), Histoire de la solitude et des solitaires (Fayard, 2013), Philippe le Bel (Perrin, 2014), Charles le Téméraire (Perrin, 2015), Histoire du Moyen Âge (Perrin, 2016), Richard Cœur de Lion (Perrin, 2017).
Plusieurs de ces ouvrages sont traduits, au total en vingt-deux langues.

Georges Minois La Cabale des Devots
Paru le 24 mai 2018
15,5 x 24, 352 pages
979-10-267-0697-7
25 €

STÉPHANE GAL Histoires verticales

STÉPHANE GAL Histoires verticales

Les usages politiques de la montagne (XIVe-XVIIIe siècles)

La montagne fut longtemps perçue comme un univers inquiétant et retardé. Pourtant, elle connut une fréquentation sans précédent à partir de la fin du XVe siècle, favorisée par le magnétisme exercé par l’Italie et la conquête du nouveau monde. Dans les Alpes ou les Andes ils firent entrer des armées fantastiques promises à des conquêtes que l’on rêvait à la hauteur de celles d’Alexandre et d’Hannibal. Cette expérience participa de l’élan qui caractérise la Renaissance et cette pénétration dans l’univers de la montagne, par ascension, franchissement, contemplation et glissade, fut aussi l’apprentissage, par l’œil et par l’esprit, d’une troisième dimension, celle de la verticalité, qui façonna les imaginaires, les pratiques et les cultures politiques de l’Europe moderne.

Revue de presse

Revue d’histoire moderne & contemporaine 2019/1 (n° 66-1)

Télérama — N° 3571, 21 JUIN 2018

Biographie

Stéphane Gal, maître de conférences HDR en histoire moderne à l’université Grenoble Alpes, est spécialiste du XVIe siècle, notamment des sociétés confrontées aux situations de guerre et de crise. Il s’intéresse particulièrement à l’espace alpin.

Stephane Gal Histoires verticales
Paru le 1er mars 2018
15,5 x 24, 456 pages
979-10-267-0686-1
29 €