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SYLVAIN DUFRAISSE Les héros du sport

SYLVAIN DUFRAISSE Les héros du sport

Une histoire des champions soviétiques (années 1930-années 1980)

Athlète d’État, dopage omniprésent, tutelle pesante du KGB… La liste des croyances collectives sur le sport soviétique est bien ancrée dans les mémoires.
Cet ouvrage, le premier en français sur ce sujet, éclaire à partir de sources inédites le processus de fabrique des champions en URSS et leurs conditions sociales d’existence. Les « héros du sport », incarnations du régime dans les stades au moment de la Guerre froide, ont été pour les Soviétiques des figures qui ont donné corps à la patrie et à ses succès. Ils eurent à démontrer par leurs performances la capacité à « rattraper et dépasser » les États capitalistes et à réaliser des « hommes nouveaux ». Loin d’une seule machine à broyer les vies, le sport s’est avéré aussi un moyen de faire partie des promus du régime.

Sylvain Dufraisse, agrégé d’histoire, est maître de conférences à l’UFR STAPS de l’université de Nantes. Il est docteur en histoire contemporaine de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il s’intéresse en particulier à l’histoire des corps, des pratiques physiques, sportives et de loisirs.

Mars 2019
14 x 22 cm, 328 pages
ISBN 979-10-267-0775-2
25 €

MATHILDE ROSSIGNEUX-MEHEUST Vies d’hospice

MATHILDE ROSSIGNEUX-MEHEUST Vies d’hospice

Vieillir et mourir en institution au XIXe siècle

À rebours de l’association persistante entre hospice et mouroir, le développement d’établissements pour la vieillesse au XIXe siècle témoigne d’un souci nouveau dans la société française, celui de prendre soin de ses vieux. A Paris particulièrement, en amont des grandes lois républicaines, un vaste dispositif d’assistance nourrit et loge à vie des milliers de vieux résidents. Vivre et mourir à l’hospice ou en maison de retraite devient une expérience ordinaire de la fin de vie. Révélant la place ambiguë que la société française post-révolutionnaire réserve à ses aînés, faite de rejet et de bienveillance, l’analyse de la vie privée des hospices permet d’avoir accès au regard des premières générations d’assistés sur l’aide sociale en France au XIXe siècle.

Biographie

Mathilde Rossigneux-Méheust est chercheuse au laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes et maîtresse de conférences à l’Université Lumière Lyon 2.

À paraître le 8 novembre 2018
14 x 22, 392 pages
ISBN 979-10-267-0744-8
25 €

GILLES MAYNE En finir avec Michel Onfray

GILLES MAYNE En finir avec Michel Onfray

du déni de Bataille à la boboïsation ambiante

Le « problème » d’Onfray, son immense déficit philosophique par rapport à Georges Bataille, et à tout ce que la philosophie et la psychanalyse modernes ont pu avoir d’innovant et de prégnant depuis l’après-guerre, est qu’à aucun moment il n’éprouve le besoin de s’astreindre à une réflexion de fond sur le sens, c’est-à-dire les limites de son propre discours. C’est faute de vouloir ou de pouvoir le faire, et afin de sécuriser par tous les moyens cet hédonisme qui lui a tant donné, que la politique d’écriture d’Onfray a depuis longtemps cédé aux pires compromissions. Cet éternel rétropédalage discursif n’est qu’une somme de truismes, de concepts frelatés, d’inversions, de contre-vérités ; un kitsch verbal à la limite de l’ésotérisme et de la science-fiction où les accumulations succèdent aux excommunications ciblées d’un nombre toujours croissant d’auteurs et de philosophes. Car avec Bataille, ce sont rien moins que Kant, Hegel, les Lumières, Sade, Freud, Lacan, les structuralistes, qui sont jetés avec l’eau du bain ! Sans parler d’Artaud, de Blanchot et Levinas. Onfray ose tout, il n’a pas de limites, et c’est dans la mesure où il n’en a pas qu’il précipite la pensée française (européenne? occidentale ?) dans une ornière dont, si elle ne se reprend pas rapidement, elle aura énormément de mal à se sortir.

Cet essai montre ainsi à quel point la responsabilité de la novlangue d’Onfray dans la « médiocratisation » générale est écrasante. Il fait le lien entre celle-ci et le politiquement correct français, sorte de record dans le genre. Il démontre les côtés caméléon de quelqu’un qui s’adapte en permanence, et n’a cure de retourner sa veste, intellectuellement et politiquement parlant. Il s’appuie principalement sur divers textes d’Ortega y Gasset, Roland Barthes, Philip Roth, Shmuel Trigano et sur les analyses prémonitoires de Jean-Michel Heimonet, pour tenter de trouver des remèdes à la boboïsation en cours.

Revue de presse

Radio Judaïca — "Brouillon de culture" par Micheline Weinstock, 12 juin 2018

Biographie

Gilles Mayné, né en octobre 1952 à Pau, est actuellement Professeur de Littérature américaine à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.
Il a auparavant enseigné aux Etats-Unis et à Toulouse comme Maître de Conférences. Il obtient en 1989 un doctorat en Littérature comparée de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (USA). Durant ces années, il subit une double influence, à la fois phénoménologique et déconstructionniste. Assez tôt, il s’intéresse à Georges Bataille et à la littérature érotique. Cette réflexion s’est matérialisée par des articles sur Henry Miller, Samuel Beckett, Edith Wharton, Baudrillard, Barthes, Derrida ou Deleuze, Ortega y Gasset, Richard Ford ou Philip Roth. Il a publié notamment Pornographie, violence obscène, érotisme (Descartes et Cie, 2001) et Georges Bataille, l'érotisme et l'écriture, Applications au domaine anglo-saxon (Descartes et Cie, 2003).

Gilles Mayne En finir avec Onfray
Paru le 1er février 2018
14 x 20, 384 pages
979-10-267-0665-6
22€

CLYDE PLUMAUZILLE Prostitution et Révolution

CLYDE PLUMAUZILLE Prostitution et Révolution

Les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804)

Voici la première enquête historique jamais réalisée sur la prostitution à l’heure de la Révolution française, une période clé pour comprendre la place des prostituées dans notre République. A travers cette histoire des femmes publiques en Révolution, ce sont les origines des politiques contemporaines de la prostitution qui se dévoilent.
La Révolution française marque en effet un tournant inédit dans l’appréhension de la prostitution. En dépénalisant cette activité tout en maintenant un contrôle policier sur les femmes qui l’exercent, elle fait des prostituées, « femmes infâmes » de l’Ancien Régime, des citoyennes diminuées de la République.
Dans cette riche enquête historique où se côtoient femmes publiques, bons bourgeois, policiers et hommes de loi, la prostitution vient révéler les frontières morales du projet révolutionnaire et proposer une histoire de la sexualité sous la Révolution française.
Alors que sonne le glas des grands bordels de l’Ancien Régime, que fut la prostitution au tournant des XVIIIe et XIXe siècles ? Le commerce du sexe a-t-il constitué un enjeu pour les révolutionnaires qui mettent alors la régénération morale à l’ordre du jour ? Spécialiste de l’histoire révolutionnaire et de l’histoire des femmes et du genre, l’auteur dévoile et les transformations et les paradoxes d’une période charnière.
À la croisée de l’histoire des femmes et du genre, de l’histoire de la Révolution française mais également des apports de la sociologie et des sciences politiques, cet ouvrage revient sur les fantasmes et les préjugés qui trop souvent résument l’histoire de la prostitution révolutionnaire, enquête empirique à l’appui.

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INTRODUCTION :
LA PROSTITUTION EN REVOLUTION, UN « NON-LIEU D’HISTOIRE»

De l’histoire de la prostitution à l’histoire de la Révolution : un rendez-vous possible et nécessaire

Sources et méthodes : « traquer les prostituées »

A – Les « papiers » des commissaires : archives de la pratique policière de la prostitution
B – Les hospices-prisons de la Révolution
C – Les archives de la surveillance : l’administration de papier de la prostitution
D – Listes et lettres de prostituées : d’autres regards sur la prostitution

Penser le droit à la cité des prostituées dans la société régénérée

CHAPITRE LIMINAIRE : TROUBLE DANS LES MŒURS

A – Dire et faire dire la sexualité prostitutionnelle
B – Le « fléau de la prostitution »
C – Du « grand renfermement » à la « petite clôture » : règlementer pour contrôler

PARTIE I

I. Profil et itinéraire d’une population de « filles » construite par l’action policière
A – Qui sont les « femmes publiques » du Paris révolutionnaire ?
B – « Journalières » de la sexualité
C – L’économie morale de la prostitution

II. Un sens aigu du placement : le territoire parisien de la prostitution à la fin du XVIIIe siècle

A – Paris, capitale de la prostitution
B – Le « marché aux putains » du Palais-Royal

III. La sous-culture de la prostitution révolutionnaire

A – Entourages et partenaires de la prostitution
B – Les arts de faire de la prostitution
C – « Les filles paraissent donc devoir être ma dernière ressource » : Alexandre Brongniart et la prostitution du Paris révolutionnaire

PARTIE II .

IV – Murmures du peuple, silence des lois. La dépénalisation de la prostitution et la démission du pouvoir législatif (1789-1792)

A – La police des mœurs au XVIIIe siècle : retour sur une « équivoque manière de tolérer et de proscrire »
B – Les cahiers de doléances : sondage d’un horizon d’attente sur la prostitution en 1789
C – De la dépénalisation silencieuse à l’intolérance tacite, 1789-1792

V – Une dépénalisation manquée. La mise en administration de la prostitution (1793-1799)

A -1793 : le « retour du refoulé » de la prostitution à la barre de l’Assemblée
B – Le tournant de l’an II : l’arrêté de la Commune contre les « femmes de mauvaise vie » du 4 octobre 1793, la mise en œuvre d’une nouvelle « rationalité incriminatrice » de la prostitution
C – La République directoriale, laboratoire d’une administration des mauvaises mœurs

PARTIE III

VI – Policer les mœurs, réguler le scandale : la communauté des « honnêtes citoyens » contre la prostitution

A – L’Affirmation d’une police de la prostitution
B – L’action du commissaire de la Butte des moulins : une action plus régulatrice que répressive.
C – Les « entrepreneurs de morale » du quartier de la Butte des moulins

VII – « Arrêtée comme femme publique » : retour sur la stigmatisation

A – L’étiquetage d’un gibier de police
B – L’appel à la justice des femmes enfermées pour prostitution : la mobilisation d’une puissance d’agir citoyenne

CONCLUSION

Revue de presse

LECTURES.REVUES.ORG — « Clyde Plumauzille, Prostitution et révolution. Les femmes publiques dans
la cité républicaine (1789-1804) », par Lilain Mathieu, 5 décembre 2016.

H-France Review — par Jennifer Heuer, vol. 17, N°107, 2017

REVUE HISTORIQUE DE DROIT FRANÇAIS ET ETRANGER — par André Cabanis, avril-juin 2017

LIBERATION — « Femmes publiques en République » par Yannick Ripa, 18 janvier 2017

EN ATTENDANT NADEAU N°24 — « Un tabou de la République » par Vincent Milliot, 18 janvier 2017

Population — par Jean-Marc Rohrbasser, vol. 22, 2017/2

Les Cahiers de science et vie — par Hélène Colau, septembre 2016

L'Histoire — N° 433, mars 2017

FRANCE CULTURE — La Fabrique de l'histoire, 20 janvier 2017

Biographie

Docteure en histoire de l’Université Paris 1, Clyde Plumauzille est chercheuse au Centre de Recherches Historiques de l'École des Hautes Études de Sciences Sociales.
Ses recherches portent sur la prostitution urbaine à l’époque moderne et au début de l’époque contemporaine, et se situent à la croisée de l’histoire des femmes et du genre, de l’étude des politiques publiques de la prostitution et de l’histoire sociale et culturelle de Paris.

Prostitution et révolution – Clyde Plumauzille 2016
Paru le 17 novembre 2016
14 x 22 cm, 400 pages
ISBN 979-10-267-0066-1
28 €

PIERRE SERNA (dir.) La politique du rire

PIERRE SERNA (dir.) La politique du rire

Satires, caricatures et blasphèmes. XVIe-XXIe siècles

Les historiens vivent, travaillent et pensent dans la cité. Un mois après le massacre de la rédaction de Charlie, des historiens se réunissent à l’École Normale de la rue d’Ulm, pour penser ensemble comment depuis le XVIe siècle le rire a été une puissante arme politique, utilisée sous diverses formes, de la dérision subtile au rire féroce, en passant par la franche moquerie de l’adversaire. Il est un marqueur d’intelligence, de culture et s’inscrit durant les périodes de violence tel un processus de civilisation, forme de continuation d’une lutte sans effusion de sang… jusqu’à ce que les censeurs et les ignorants tentent de l’interdire ou le tuent, réellement, avant qu’il ne reparaisse, toujours… Tenter d’expliquer les rapports conflictuels entre l’invention du rire et la construction de la politique depuis Machiavel et Rabelais permettrait ainsi d’éclairer les ruptures actuelles d’un monde globalisé où la question du rire politique repose tout simplement celle de la liberté d’expression et de conscience, au cœur d’une cité républicaine meurtrie et à repenser.

Textes de L. Bihl, I. Brian, H. Drévillon, A. de Baecque, A. Cabantous, L. Villiaume, I. Pantin, P. Serna, J.-M. Le Gall, P. Verschueren.

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La politique du rire:
satires, caricatures et blasphèmes. XVIe-XXIe siècles

Le sommaire

INTRODUCTION

Ou, morts … d’en rire !
Pierre Serna

PREMIERE PARTIE
Rires modernes et subversifs de Rabelais à Voltaire

Rabelais et ses papimanes:
outrance comique et signification politique
Isabelle Pantin

Rires et violences religieuses à la Renaissance
Jean-Marie Le Gall

Le rire du sergent :
rire, violence et sociabilité dans le monde militaire
sous le règne de Louis XIV
Hervé Drévillon

Le rire du prédicateur :
de Tallemant des Réaux aux Predicatoriana de Gabriel Peignot
Isabelle Brian

DEUXIEME PARTIE
Rires contemporains, révoltés et libres,
de bergson à la place tahrir au Caire

Rires contemporains, révoltés et libres :
de Bergson à la place Tahrir
Antoine de Baecque

Pince ou pique-sans-rire
Le vieux loufoque est-il comique ?
Laurent Bihl

Le rire de la vieille dame :
humours, sciences et politiques rue d’Ulm de 1945 à 1971
Pierre Verschueren

Street art et révolution en Égypte :
le rire au bout de la Révolution
Leslie Vuillaume

EPILOGUE
La fin du rire… ou le rire de fin…

Le rire et le basphème :
remarques sur un couple improbable
Alain Cabantous

Revue de presse

RHMC, par Jean Ruhlmann, N°641, 2017/1.

Le Canard Enchaîné — On ne badine pas avec l'humour, par Frédéric Pagès, 9/9/2015

Marianne — Politiques de l'hilarité, par Alexandre Gefen, 8/10/2015

LE Monde — par Pierre Karila-Cohen, 26/11/2015

LA Vie des idées — Mourir de rire, par Annie Duprat, 19/11/2015

H-france Review — par Sara Beam, N°203, septembre 2016

L'HUMANITE — Le rire politique, subversif, thermomètre démocratique, par Nicolas Mathey, 01/2016

Les Rendez-vous de l'histoire de Blois, octobre 2015, par la Librairie Mollat

Politique du rire serna
Paru le 21 août 2015
14 x 22 cm, 288 pages
ISBN 979-10-267-0073-9
24 €

DÉBORAH COHEN La nature du peuple

DÉBORAH COHEN La nature du peuple

Les formes de l'imaginaire social (XVIIIe, XXIe siècles)

Grâce au vivant fourmillement des archives judiciaires, l’auteur étudie comment les catégories populaires du XVIIIe siècle français se sont pensées elles-mêmes comme groupes et comment les individus jusque dans leur rapport le plus intime à leur corps ont construit une image d’eux-mêmes. Mais la manière dont les classes populaires se pensent et se vivent dépend de la manière dont elles sont pensées et parlées par ceux qui ont le pouvoir de définir les places et les parts, par les élites.
La Nature du peuple est donc également une histoire intellectuelle des types de discours (académiques, moralisants, discours de l’économie politique naissante…) et des types de porteurs du discours sur les catégories sociales.

Revue de presse

Libération — Que demande le peuple, par Jean-Yves Grenier, 3/6/2010

La Vie des idées — Le peuple et son miroir, par Raphaël Barat, 6/10/2010

Annales historiques de la Révolution française — par Jean-Pierre Jessenne, avril/juin 2012

La Revue Historique — par Sarah Maza, 2011/4

Le Matricule des anges — par Gilles Magniont, 07/2010

Biographie

Ancienne élève de l’ENS, agrégée et docteur en histoire, Deborah Cohen est maître de conférence à l’Université de Provence. Elle travaille sur la question du peuple, de l’identité, de la parole populaire au XVIIIe siècle essentiellement.

Nature du peuple (La) – Déborah Cohen 2010
Paru le 25 mars 2010
14 x 22 cm, 448 pages
ISBN 978-2-87673-526-2
27 €

ANNE CAROL L’embaumement, une passion romantique

ANNE CAROL L’embaumement, une passion romantique

(France, XIXe siècle)

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’embaumement des cadavres était réservé à une élite du sang et de la fortune soucieuse d’échapper à la dissolution. Aujourd’hui en France, plus de la moitié des corps reçoivent des soins de conservation dispensés par des professionnels de la thanatopraxie. Ces soins sont destinés à retarder la décomposition et à permettre aux proches d’organiser sereinement les funérailles. Ils ne visent pas à conserver les corps indéfiniment, ce que la loi ne permet d’ailleurs pas.
Entre ces deux régimes de conservation, le XIXe siècle offre une parenthèse singulière. C’est dans sa première moitié que naît et s’affirme l’embaumement romantique : un désir éperdu  de préserver des corps éternellement intacts, revendiqué comme un aspect légitime du culte des morts et inséparable de l’apparition du cimetière moderne et de ses concessions perpétuelles.  L’embaumement connaît alors une vogue aussi extraordinaire que brève, et amorce une diffusion sociale dans la bourgeoisie urbaine. Mais cet engouement suscite aussi une concurrence féroce entre médecins et non-médecins qui se disputent le marché du corps des défunts dans une guerre à la fois technique, commerciale, socioprofessionnelle et déontologique.
C’est l’histoire de cette passion mortuaire, de sa naissance, de son épanouissement et de son déclin que l’ouvrage d’Anne Carol entend restituer sous un angle social et culturel, et en la replaçant dans l’histoire plus large des sensibilités collectives face à la mort et au cadavre.

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L’embaumement:
une passion romantique (France, XIXe siècle)

Le sommaire

Introduction

Préambule
L’embaumement traditionnel
au XVIIIe siècle

Conservation et pratiques funéraires
Une pratique limitée aux élites
Une signification complexe ?
Techniques et embaumeurs
Des opérations mutilante
Les résultats
Une pratique professionnelle flottante ?

Chapitre 1
Nouvelles demandes,
anciennes pratiques (1790-1837)

La gloire et l’affection
La Révolution et le culte des grands hommes
La persistance d’un usage traditionnel
Une nouvelle demande privée
Une offre inadaptée
Des innovations aux marges
Des résultats décevants ?
Des gestes insupportables

Chapitre 2
Gannal et la naissance
de l’embaumement moderne


L’inventeur et l’invention
Portrait d’un autodidacte
De la conservation des matières animales
à la conservation anatomique
De l’anatomie au funéraire
Breveter
Faire connaître
Faire voir
Une rupture technique ?
« Un nouveau système »
Une supériorité… relative

Chapitre 3
La guerre au monopole 

Une politique commerciale agressive
Contrôler et démarcher
Revendiquer
Polémiquer
La contre-offensive médicale : le terrain du droit et de l’éthique
La formation d’un front médical
Le procès et le jugement
Une profession avortée ?

Chapitre 4
La diversification de l’offre


Duel à l’Académie
Un duel par cadavres interposés
Le triomphe de Sucquet
Une offre inégale
La suprématie de l’injection 
Méthodes alternatives,
projets extravagants, voies sans issue

Chapitre 5
Le marché de l’embaumement

Le cadre réglementaire
Sociologie et économie de l’embaumement
Les embaumés
Les embaumeurs
Une affaire rentable ?
Les ressorts de la concurrence
L’effervescence publicitaire
Techniques de vente et arguments commerciaux

Chapitre 6
L’embaumement et le culte des morts

Conserver
L’invention d’une tradition
Conservation éternelle et
transformations du cimetière
Respecter
Ritualités et convenances
Éthique et esthétique de l’embaumement
La réalité : un corps à corps éprouvant

Chapitre 7
Le désenchantement d’une pratique ?

Évaluer la déprise
Réalités et perceptions
La dégradation des compétences ?
Transformations et désenchantement
Un repli social ?
La banalisation de l’embaumement pragmatique
Le désenchantement 

Épilogue
De l’embaumement à la thanatopraxie

Sources et bibliographie

Revue de presse

La Revue d'histoire du XIXeme siècle — Guillaume Cuchet, 2016

Le Monde des livres — Pierre Karila-Cohen — 17 décembre 2015

Libération — Dominique Kalifa — 1er janvier 2016

Biographie

Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, agrégée et docteur en histoire, Anne Carol est professeur d’histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille I.
Elle a publié entre autres une Histoire de l’eugénisme en France. Les médecins et la procréation XIXe-XXe siècles (Seuil, 1995), Les Médecins et la mort, XIXe – XXe siècles (Aubier, 2004, Prix de la Société Française d’Histoire de la Médecine) et Physiologie de la veuve. Une histoire médicale de la guillotine (Champ Vallon, 2012) pour lequel elle a obtenu le premier Prix du livre Mauvais Genres France Culture/Le Nouvel Observateur en 2012.

Embaumement une passion romantique (L') – Anne Carol 2015
Paru le 21 octobre 2015
14 x 22 cm, 280 pages
ISBN 979-10-267-0059-3
24 €

ANNE CAROL Physiologie de la Veuve

ANNE CAROL Physiologie de la Veuve

Une histoire médicale de la guillotine

Conçue par un médecin et par un chirurgien, la guillotine succède aux supplices d’Ancien régime  et invente la mort pénale idéale : prompte et douce. Mais des doutes surgissent très vite sur son instantanéité. Comment concevoir qu’une tête séparée en une fraction de seconde du corps soit immédiatement et totalement privée de vie, de conscience, de sensation ? Cette effrayante possibilité envahit l’imaginaire et les débats autour de la peine de mort tout au long du XIXe siècle. Mais la guillotine offre aussi aux médecins des conditions d’expérimentation proches de la vivisection, qu’il s’agisse de vérifier la survie éventuelle ou de tenter de transfuser les têtes exsangues. Se pose alors la question du corps du condamné, de ses usages, de sa dignité au regard de la médecine et de la société.

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Physiologie de la Veuve: une histoire médicale de la guillotine

Le sommaire

INTRODUCTION

Première partie
LA MÉDECINE AU SERVICE DE LA JUSTICE:
L’invention de la guillotine
(1789-1792)

Chapitre 1. La mort, les Lumières et la médecine

La mort pénale au XVIIIe siècle:
une mort lente, douloureuse et contingente
La contestation de la peine de mort et du spectacle
de la souffrance
Les nouveaux savoirs sur la mort

Chapitre 2. Refonder la mort pénale
sur des bases médicales

L’apport conceptuel: Guillotin
La rédaction du Code pénal et le choix de la décapitation
L’apport technique: l’expertise d’Antoine Louis
Un héritage encombrant?

Deuxième partie
UNE MORT PROMPTE ET DOUCE?
La médecine en proie au doute
(1792-1820)

Chapitre 3. Naissance d’un doute:
rumeurs et controverses

Au pied de la guillotine: les anecdotes de la Terreur
La controverse scientifique (1795)

Chapitre 4. La fièvre galvanique

Le galvanisme et les recherches sur la vie et la mort
Démonstrations, expérimentations et résurrections
Enjeux et ambiguïtés des expériences

Troisième partie
LA SURVIE REDOUTÉE?
La mise en scène et l’observation des têtes coupées
(1820-1880)

Chapitre 5. La résurrection politique et scientifique
du décapité

Remous et résurgences
Le retour du trouble chez les médecins

Chapitre 6. La prolifération des représentations

Le triomphe littéraire des têtes coupées
Cimaises et entresorts

Chapitre 7. Observer, expérimenter:
percer «le secret de l’échafaud»

Observer, expérimenter
Une question sociale? La presse, le médecin, la guillotine

Quatrième partie
LA SURVIE RECHERCHÉE?
Technique, éthique, et expertise médicales
(1870-1914)

Chapitre 8. La tentation de la ressuscitation

La transfusion, nouvel outil de réanimation?
La transfusion des têtes coupées

Chapitre 9. La contre-offensive médicale
et la mutation des peurs

La contre-offensive médicale: mettre un terme et rassurer
Retour ou mutation des peurs?

Chapitre 10. Améliorer, comparer:
les alternatives à la guillotine

Traditions
Modernités

Cinquième partie
La guillotine au service de la médecine?
statut et usages du guillotiné
(1800-1914)

Chapitre 11. Permanences de l’infamie
De l’ancien au nouveau régime des corps

Les usages traditionnels
Un corps toujours débiteur?

Chapitre 12: L’émergence des droits du condamné

Le contexte: des corps plus précieux?
Défendre son corps, se défendre par son corps

Épilogue:
Guillotine et médecine au XXe siècle

Sources

Bibliographie

Prix du Livre Mauvais genres France-Culture/
Le Nouvel Observateur 2012

Revue de presse

Libération — Dominique Kalifa — 20 juin 2012

Nouvel Observateur — Laurent Lemire — 13 juin 2012

Livres-hebdo — Daniel Garcia — 6 avril 2012

Biographie

Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, agrégée et docteur en histoire, Anne Carol est professeur d’histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille I.
Elle a publié entre autres une Histoire de l’eugénisme en France. Les médecins et la procréation XIXe-XXe siècles (Seuil, 1995), Les Médecins et la mort, XIXe – XXe siècles (Aubier, 2004, Prix de la Société Française d’Histoire de la Médecine) et L'embaumement, une passion romantique (Champ Vallon, 2015).

Physiologie de la veuve – Anne Carol 2012
Paru le 20 avril 2012
14 x 22 cm, 320 pages
ISBN 978-2-87673-582-8
27 €

CARL BOUCHARD Cher Monsieur le Président

CARL BOUCHARD Cher Monsieur le Président

Quand les Français écrivaient à WoodrowWilson (1918-1919)

Dans les jours et les mois qui suivent la signature de l’Armistice de novembre 1918, des milliers de Français et de Françaises, jeunes gens, personnes âgées, poilus anonymes et personnalités politiques, écrivent au président américain Woodrow Wilson : témoignages de reconnaissance, hommages, pièces musicales, poèmes, suggestions, requêtes. Pourquoi un tel geste à l’endroit d’un chef d’État étranger ? Que racontent ces hommes et ses femmes au président de la grande nation américaine, qui a contribué à vaincre l’Allemagne et qui est devenu au fil de la guerre la figure emblématique d’un nouveau monde débarrassé du spectre de la guerre ?
Grâce à cette source remarquable et inédite que sont des milliers de lettres envoyées entre novembre 1918 et juin 1919, ce livre dévoile, à travers l’image fantasmée de Woodrow Wilson, le quotidien et les espoirs des Français au terme de la Grande Guerre. Car Wilson a non seulement répondu à l’appel des Français et des Britanniques en engageant son pays dans le conflit en avril 1917, mais il a aussi, par ses fameux Quatorze Points de janvier 1918, jeté les bases de l’après-guerre. Sur lui repose en grande partie la colossale responsabilité de « faire la paix ». Mais la vision qu’a Wilson de la paix n’est pas celle que défend l’autre grande figure politique du moment, Georges Clemenceau. Elle est d’un type nouveau, à la mesure de l’exceptionnel conflit qui vient de s’achever, et elle porte en elle un immense espoir pour les peuples qui ont souffert depuis cinq ans.

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Cher Monsieur le Président:
quand les Français écrivaient à Woodrow Wilson (1918-1919)

Le sommaire

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE
Wilson, entre neutralité, guerre et paix

De Wilson au wilsonisme

Chapitre 1 : Un neutre prend la parole

10 mai 1915 : Expliquer la neutralité américaine
27 mai 1916 : Fonder le droit et l’ordre de l’après-guerre
22 janvier 1917 : Une paix sans victoire
Conclusion

Chapitre 2 : 1917-1918 : Devenir le héraut de la paix

Soutenir par les mots l’entrée en guerre
Les discours du 4 décembre 1917 et du 8 janvier 1918 : les buts d’une nation en guerre
27 septembre 1918 : Wilson, la voix des peuples au seuil de la paix
Conclusion

DEUXIÈME PARTIE
Motivations, mise en scène de soi et stratégies d’écriture
Chapitre 3 : Poser le geste d’écriture

Écrire aux puissants, entre tradition et singularité

Des catégories de scripteurs
L’idole et ses admirateurs : une relation parasociale

Les premiers envois

Une reconnaissance qui précède l’armistice
L’immédiat après-guerre : une premier merci des poilus
Après le 13 décembre 1918 : une masse de courrier à traiter

L’école des fans
Conclusion

Chapitre 4 : Actions d’écriture

Introduction – Des astuces et de la stratégie dans les lettres
La communion physique

Le besoin de voir le président
Ecce homo

La communion spirituelle

« Monsieur Wilson, vous qui sauvez notre patrie, me feriez-vous l’honneur d’être Parrain d’un orphelin français ? »
Histoires de parrainage (1) : Wilson, un nom, un prénom
Histoires de parrainage (2) : l’honneur
Histoires de parrainage (3) : la détresse

Conclusion

Chapitre 5 : Besoin d’aide : requête, supplique et mise en scène

Introduction
Se présenter au tout-puissant

L’archétype de la requête
L’expression du rapport hiérarchique

Récits d’infortune

À la recherche des disparus
Se loger
Un emploi, ici ou ailleurs
De l’intercession…
… à la fonction régalienne

Conclusion

TROISIÈME PARTIE
Sauveur, apôtre, messie, martyr

Chapitre 6 – Justice et paix

Et si la France avait perdu la guerre ?
« Le justicier venu pour châtier le criminel »
Des citoyens écrivent
Les attentes
Conclusion

Chapitre 7 – De Moïse au Christ

La puissance d’un prophète
Un homme trahi
Wilson, éphémère homme providentiel ?

ÉPILOGUE
Écrire au président, aujourd’hui

Revue de presse

Libération — Dominique Kalifa — 15 janvier 2016

Cher monsieur le président – Carl Bouchard 2015
Paru le 20 novembre 2015
14 x 22 cm, 304 pages
ISBN 979-10-267-0056-2
25 €

JEAN-CLAUDE CARON Frères de sang

JEAN-CLAUDE CARON Frères de sang

La guerre civile en France au XIXe siècle

Héritière de la Révolution de 1789, la France du XIXe siècle se déchire à intervalles réguliers, accréditant l’image d’une nation vouée à la guerre civile. L’insurrection de juin 1848 et la Commune de Paris (1871) sont les pics de ces affrontements révélateurs de profondes divergences idéologiques.
Ce livre explore la façon dont cette lutte fratricide alimente la vie politique française, interroge la société sur sa capacité à dépasser ses divisions, suscite des peurs, instrumentalisées pour discréditer l’adversaire. On réactive des événements (guerres de Religion, Terreur) qui inscrivent la guerre civile dans un registre archaïque, ce qui permet au vainqueur d’user de violences extrêmes envers le vaincu.
Mais une question reste en suspens : le « (re)vivre ensemble » est-il possible au terme de l’affrontement ?

Revue de presse

Le Monde — Rhétorique de la discorde, par Thomas Wieder, 22/10/2009

Page des libraires — par Valérie Wosinski, 10/2009

La Cliothèque — par Yann Coz, 25/11/2009

La vie des idées — Au commencement était la guerre civile, par Stéphane Gacon, 16/11/2009

English Historical Review — par Christopher Guyver

Biographie

Docteur en histoire, Jean-Claude Caron est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Il a notamment publié L’Eté rouge. Chronique de la révolte populaire en France (1841) (Aubier), Les Feux de la discorde. Conflit et incendie dans la France du XIXe siècle (Hachette), Les Deux vies du Général Foy (1775-1825) (Champ Vallon), Paris, l'insurrection capitale (sous la direction de) (Champ Vallon) et La Liberté guidant les peuples (avec Sylvie Aprile et Emmanuel Fureix) (Champ Vallon).

Frères de sang (Jean-Claude Caron – 2009)
Paru le 25 septembre 2009
14 x 22 cm, 320 pages
ISBN 978-2-87673-514-9
25 €