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EX MADAME PAUL VERLAINE Mémoires de ma vie

EX MADAME PAUL VERLAINE Mémoires de ma vie

Préface et appareil critique de Michaël Pakenham

En juin 1869, Verlaine fait la connaissance de Mathilde Mauté de Fleurville qu’il épouse un an plus tard. Le mariage de Mathilde avec Verlaine amorce la chronique aigre-douce d’une période où la relation intime du couple se mêle aux événements qui traversent le monde littéraire et artistique dont le poète est l’une des figures de proue.
D’un style alerte, naïvement frais et non dépourvus d’humour parfois, ces souvenirs racontent la vie tumultueuse du ménage Verlaine et sa lente dérive, qui conduira Mathilde à demander le divorce après avoir vainement tenté d’arracher son mari au jeune Rimbaud.
Source incomparable de documentation sur la personnalité et les relations littéraires du Verlaine des années 1870, ces Mémoires ont force de document dans l’histoire littéraire.

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Préface / 5
par Michaël Pakenham

Note sur l’établissement du texte
et genèse de la publication / 22

Mémoires de ma vie / 27
de Ex-Madame Paul Verlaine

Préface / 29
I Ma première rencontre avec Paul Verlaine / 30
II Enfance / 34
Mes aïeules — Mes Parents — Petites amies — Education — Vie de château — 1867-1868 — Poètes
III Fiançailles / 62
IV En ménage pendant la guerre / 99
V Pendant la Commune / 122
VI Depuis l’arrivée de Rimbaud à Paris jusqu’au départ de Verlaine avec Rimbaud / 139
VIII Depuis le départ de Verlaine avec Rimbaud jusqu’au procès en séparation / 162
VIII Depuis la séparation jusqu’à la mort de Verlaine / 178
IX Après la mort de Verlaine / 202

Appendices / 223

I Contrat de mariage de Verlaine, juin 1870 / 223
II Lettre et épithalame de Lepelletier, 2 septembre 1870 / 231
III Rapport de Police, 4 juillet 1871 / 233
IV Liste des objets laissés rue Nicolet par Verlaine en 1872 / 235
V Articulets de la séparation / 237
VI Jugement du 14avril 1874 / 240
VII Lettres de Mathilde Delporte et de Georges Verlaine au sujet de la mort du poète / 241
Bibliographie / 244
Notes / 247

Mémoires de ma vie – Ex-madame Paul Verlaine 1992
Paru en 1992, réimprimé en 2014
12 x 19 cm, 256 pages
ISBN 2.87673.134.7
12 €

LEOPOLD VON SACHER-MASOCH La pêcheuse d’âmes

LEOPOLD VON SACHER-MASOCH La pêcheuse d’âmes

Préface et bio-bibliographie de Jean-Paul Corsetti

Dans une intrigue à la fois policière et mystique, on voit une secte mystico-politique prête à tout — y compris à la torture et au meurtre — pour conquérir son idéal. Son instrument privilégié est la belle Dragomira, cruelle et fanatique, qui entreprend de séduire, de convertir et de trucider les pêcheurs.Dans le décor agité de l’Empire austro-hongrois secoué par les multiples conflits des minorités, deux jeunes amoureux tentent d’échapper à l’acharnement et à la jalousie de Dragomira.naire si singuliers de ce grand écrivain slave.

Pecheuse d'âme (La) – Léopold von Sacher-Masoch 1991
Paru en 1991
12 x 19 cm, 400 pages
ISBN 2.87673.127.4
22.50 €

LEOPOLD VON SACHER-MASOCH La mère de Dieu

LEOPOLD VON SACHER-MASOCH La mère de Dieu

Préface et bio-bibliographie de Jean-Paul Corsetti

Dans le décor typique du monde rural de la plaine galicienne, se noue une histoire d’amour tragique entre Sabadil, un jeune paysan, et Mardonna, la «mère de Dieu» à la tête d’une secte adamique, sorte de sainte à travers laquelle peut s’opérer la rédemption.Ce récit initiatique où l’amour pour devenir salvateur devra être sublimé dans la mort du jeune paysan, appartient au dernier cycle, celui de la Mort, du Legs de Caïn, sorte de Comédie humaine à laquelle Sacher-Masoch travailla sa vie durant. On y retrouve la figure emblématique de la femme souveraine et despotique, les thèmes récurrents de la Passion, du sacrifice et du salut, et surtout l’univers et l’imaginaire si singuliers de ce grand écrivain slave.

Mère de Dieu (La) – Leopold von Sacher-Masoch 1991
Paru en 1991
12 x 19 cm, 256 pages
ISBN 2.87673.126.6
17 €

JEAN RICHEPIN Les étapes d’un réfractaire : Jules Vallès

JEAN RICHEPIN Les étapes d’un réfractaire : Jules Vallès

Préface de Steve Murphy

À la fin de mai 1871, Paris est en flammes et la Commune agonise; la majorité des écrivains se range du côté des armées victorieuses de Versailles mais, dans la jeune génération, quelques voix marginales expriment une autre conception des responsabilités et des crimes de cette guerre civile. Deux mois après la Semaine sanglante, le poète bohémien Jean Richepin, futur auteur de La Chanson des gueux, publie en feuilleton cette brillante et virulente biographie de l’écrivain le mieux connu de la Commune: Jules Vallès, qui est aussi une critique sociale acerbe et une dénonciation retentissante de l’égoïsme des riches.

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Les étapes d’un réfractaire: Jules Vallès
Le sommaire
Introduction /
Richepin lecteur de Vallès
par Steve Murphy

I. Du feuilleton au livre: étapes des Étapes d’un réfractaire
II. Le portrait d’un réfractaire
La physionomie de Vallès
Violences et douceurs
L’argent
Vallès nihiliste?
Femmes, vin, paresse : l’Orgie parisienne
Communard, mais surtout réfractaire
Les menaces d’un épilogue
III. «L’Affaire Gill»
L’Égalité des opportunités
La folie de Gill
Psychopathologie de Vallès
Conclusion
Les étapes d’un réfractaire/
de Jean Richepin

Prologue. Les déclassés
I. Enfance. – En province.
II. 1848. – La foi.
III. Paris. – Le doute.
IV. 1852. – L’avenir fermé.
V. L’argent.
VI. Le réfractaire.
VII. Épanouissement.
VIII. La rue.
IX. Le ruisseau.
X. Le chemin de la Commune.
XI. La Commune.
Épilogue. – A qui la faute?

Documents
Richepin contre Vallès /

I. Jean Richepin, compte rendu du Bachelier de Vallès,
1er juin 1881.
II. Jules Vallès, « André Gill », 23 octobre 1881.
III. Jules Vallès, « Chronique », 31 octobre 1881.
IV. Jean Richepin, « Pour André Gill », 2 novembre 1881.
V. Jules Vallès, « Chronique », 4 novembre 1881.
VI. Jean Richepin, « Chronique », 5 novembre 1881.
VII. Jules Vallès, La Glu, 29 janvier 1883.
VIII. André Gill, « Jules Vallès », 1884 (publication posthume).
IX. Jean Richepin, « Vallès », 1924.

Étapes d'un réfractaire (Les) – Jean Richepin 1993
Paru en 1993
12 x 19 cm, 208 pages
ISBN 2.87673.156.8
17 €

CATULLE MENDÈS La maison de la Vieille

CATULLE MENDÈS La maison de la Vieille

Roman contemporain
Préface de Jean-Jacques Lefrère, Michaël Pakenham, Jean-Didier Wagneur

La Maison de la vieille, paru en 1894, s’inscrit dans le genre, très populaire au cours des dernières années du XIXe siècle, du Roman contemporain ou du Roman parisien, qui est le plus souvent à clefs. Dans ce livre cruel, Mendès dépeint le milieu littéraire et artistique qui gravita pendant deux décennies chez une jeune mondaine nommée Nina de Villard. Muse de Charles Cros et Dame aux éventails de Manet, elle accueillit dans son salon, à toute heure du jour ou de la nuit, artistes et écrivains connus ou en passe de le devenir. Cros, Villiers de l’Isle-Adam, Richepin, Ponchon, Nouveau, Coppée et bien d’autres sont, sous des noms fictifs, les protagonistes de ce récit satirique et impitoyable qui révèle quelques aspects ignorés de la vie littéraire des années 1860-1880. Tout ce qui comptait dans le milieu littéraire et artistique du Paris des dernières années du Second Empire et des premières années de la Troisième République est passé par le salon de Nina de Villard, plaque tournante du Parnasse, du Symbolisme, du Naturalisme, de l’Impressionnisme.

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Préface 5
Jean-Jacques Lefrère
Michaël Pakenham
Jean-Didier Wagneur

Personnages d’identification certaine ou probable 99
personnages non identifiés 101
La maison de la vieille
Catulle Mendès 103

Livre premier 107
Livre deuxième 147
Livre troisième 247
Livre quatrième 305
Livre cinquième 407
Livre sixième 455

Notes sur le roman 503
L’album de Nina de Villard 35

Personnalités dont la présence
a été signalée chez Nina de Villard 588
Bibliographie sommaire 593
Remerciements 591
Index des noms de personnages réels 596
Index des noms de personnages de fiction 604

La maison de la vieille – Catulle Mendès 2000
Paru le 20 janvier 2000
14 x 22 cm, 608 pages
ISBN 2.87673.286-6
26 €

JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT Oeuvres complètes

JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT Oeuvres complètes

Introduction et présentation de Michel Suffran
Avant-propos de François Maurac

Fils rebelle mais impeccable de la bourgeoisie bordelaise, Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914) fascina Mauriac dont il fut camarade au long d’une adolescence rêveuse.Avec Péguy, Pergaud, Alain-Fournier, il s’inscrit à l’avant-garde des sacrifiés au matin de la grande tuerie de 14. Suicide d’une génération ou mort d’une espérance qui, paradoxalement, ne peut se préserver intacte qu’en s’immolant, en se donnant tout entière sans céder une parcelle de son absolu? Sont rassemblés ici les poèmes inédits de la prime jeunesse, jalons d’une insaisissable vie, ceux plus affirmés de L’Horizon chimérique, mis en musique par Fauré, les Contes nonchalants et corrosifs, le fulgurant constat d’irréalité des Dimanches de Jean Désert, le pointillé des ultimes Lettres à sa famille, où percent , sous une stricte « retenue », la prescience, le vertige et presque le désir d’une issue appelée autant que redoutée…

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Introduction / 5
Jean Dézert de La Ville ou la vie écrite
par Michel Suffran

Quand revient le temps de Noël / 51
par François Mauriac

Note sur la présente édition / 55
Remerciements / 56

Œuvres / 57
de Jean de La Ville de Mirmont
I. Conquête de l’horizon (1903-1912)

Premiers essais poétiques (1903-1906) / 61
Lettres — 1906 / 64
Lettres — 1907 / 67
Lettres — 1908 / 71
Poèmes — 1908 / 73
Lettres — 1908-1909 / 76
Poèmes — 1909-1910 / 82
Lettres — 1909-1910 / 84
Poèmes — 1910 / 92
Lettres — 1910 / 95
Poèmes — 1911 / 102
Lettres — 1911 / 107
Poèmes marins — 1911 / 112

L’Horizon chimérique (1911-1912) / 115
L’Horizon chimérique / 115
Jeux / 129
Attitudes / 138
Chansons sentimentales / 148
Confidences / 156
II. Le Désenchanté (1912)

Lettres — 1912 / 163

Contes / 168
City of Benares / 168
Les pétrels / 171
La mort de Sancho / 174
Le piano droit / 177
Les matelots de la «Belle-Julie» / 180
Entretien avec le diable / 183
L’orage / 187
Mon ami le prophète / 191
III. «Ce jeune homme, appelons-le Jean Dézert…»
(1912-1914)

Lettres — 1912-1913 / 213
Poèmes inédits — 1912-1913 / 225
Lettres — 1914 / 231

Les Dimanches de Jean Dézert / 237
Définition de Jean Dézert / 239
Journées / 243
L’aventure / 263
Après tout / 287
IV. La tranchée, dernier sillage (1914)

Le grand voyage / 295
Lettres de Guerre / 296
Bibliographie / 347

Table des illustrations

Manuscrit du poème d’«ouverture» de L’Horizon chimérique (I) / 4
Jean de La Ville posant en «Dormeur du Val» / 6
Jean de La Ville et sa mère / 50
Manuscrit du poème V de L’Horizon chimérique / 58
L’écolier / 60
Manuscrit du poème «La porte vitrée» / 74
Jean de La Ville pendant son service militaire / 162
Quelques lignes du manuscrit des Dimanches de Jean Dézert / 210
Portrait de Jean de La Ville par Jacobi / 212
Dédicace autographe et page de titre de l’édition originale des
Dimanches de Jean Dézert / 238
Jean de La Ville dans son appartement de l’île Saint-Louis / 294

Lire la préface de François Mauriac

Quand revient le temps de Noël…*

Quand revient le temps de Noël, un vieil homme remonte le cours du fleuve qu’il descend depuis plus de quatre-vingts années. Il marche sans se confier à personne, tout à l’amer plaisir de se replonger seul dans ce magique Bordeaux de quand il était petit, dans l’odeur des trottoirs mouillés et de l’acétylène des boutiques en plein vent. Ce Bordeaux avait la voix grondante du bourdon de la tour Pey-Berland les soirs de Noël et sa plainte était celle des sirènes de bateaux dans la brume.
Cette année, je n’aurai pas fait seul cette remontée: Jean de La Ville de Mirmont m’accompagne, grâce à Michel Suffran qui le fait revivre, pour ma joie et pour ma douleur, et qui va republier chez Seghers L’Horizon chimérique, mais aussi des poèmes oubliés, dispersés dans des revues. Etrange épreuve que d’apprendre sur un ami qu’on a aimé, qu’on a cru aimer, cinquante ans après qu’un obus l’a enterré vivant, des choses de sa vie qu’il ne nous avait pas confiées ou, ce qui est pis, que nous avons peu à peu oubliées, comme s’il ne s’était jamais interrompu de mourir en nous durant ce demi-siècle. Je ne savais pas, ou je ne savais plus, qu’enfant Jean de La Ville avait perdu plusieurs frères et sœurs, qu’il avait tenté de se suicider en buvant de l’encre.
J’ai dû lire, il y a bien des années, ce que sa mère qu’il adorait a écrit de lui après sa mort… Mais tout cela a disparu, roulé par l’immense fleuve dont parle Renan, qui nous entraîne dans un gouffre sans nom. Michel Suffran, son frère d’aujourd’hui, plus fidèle que je n’ai su l’être, prend Jean de La Ville entre ses bras avant que l’abîme l’ait aspiré, le ramène sur la rive et l’étend à mes pieds, ce grand garçon sombre qui trouva pour moi le nom de mon premier recueil: Les Mains jointes. Le 3 mars 1909, il écrivait à notre ami Louis Piéchaud: « J’ai refait connaissance ces temps derniers avec Mauriac. Tâchez de le rencontrer pendant les quelques jours qu’il passera à Bordeaux. Il vous racontera nos promenades nocturnes dans Paris, jusque vers trois heures du matin, nos causeries auprès de son feu, nos projets insensés et nos enthousiasmes ridicules.»
Ces mots perçus à travers un gouffre de cinquante-huit années, ce qu’ils éveillent dans le vieil homme d’aujourd’hui, je ne chercherai pas à l’exprimer. La vieillesse est le contraire du dessèchement, c’est le désespoir dominé et vaincu mais qui renaît d’un seul coup, d’une phrase comme celle-là ou comme celle qu’un an plus tard Jean m’écrivit après avoir lu dans L’Echo de Paris l’article de Barrès sur Les Mains jointes: «L’homme dédaigneux t’a compris, mais, sans vanterie, je crois te comprendre encore mieux que lui parce que je ne me demande pas: “Qu’adviendra-t-il de la charmante source?” Je sais où conduit le pli de terrain, bien que la source me suffise. Barrès compte sur ton bon sens, ta raison, pour moi je compte encore sur autre chose. D’ailleurs, quoi qu’il espère de tes “quatre saisons”, quoi que nous espérions tous, il me semble que je n’aimerai jamais rien de toi davantage que ces Mains jointes que j’ai vues s’unir dans notre obscure amitié et que ces vers que tu m’as lus pour la première fois dans une chambre d’hôtel…»
A quoi je ne puis rien ajouter aujourd’hui que deux vers du Grand Testament de Villon:

En escrivant ceste parolle
A peu que le cuer ne me fend.

Mais quoi! De La Ville de Mirmont et de Jacques Rivière et d’André Lafon à Jean Cayrol et à Michel Suffran, et à ce poète bordelais Louis Emié qui vient de mourir et auquel nous n’avons pas su rendre une suffisante justice, il reste que notre ville continue de sécréter une certaine race qui a survécu aux deux séismes des grandes guerres et que l’ère atomique, l’ère du yé-yé, n’a pas mordu sur elle. Michel Suffran ne paraît pas avoir conscience de ce qu’a d’anachronique ce vers de Jean de La Ville en qui tient toute l’inspiration de L’Horizon chimérique:

Et j’ai de grands départs inassouvis en moi.

De grands départs inassouvis… Cela ferait sourire aujourd’hui nos enfants qui atteignent New York en moins d’heures qu’il ne leur en faut pour aller à Bordeaux. Si Jean de La Ville avait vécu, j’imagine que sa nostalgie se serait transposée et que ce «départ inassouvi» lui eût été inspiré non par le port déserté où nous avons rêvé tous les deux, mais par l’époque dont l’atmosphère est devenue irrespirable et où on dirait que Michel Suffran circule grâce à un scaphandre. Il habite au fond d’un océan où la terrasse du Jardin Public de Bordeaux, sa primatiale merveilleuse, qui n’a pas rang parmi les cathédrales de France, et cette façade illustre sur le fleuve courbe, déshonorée par la crasse des siècles, où toute la ville bien-aimée n’est plus telle qu’elle subsiste encore aujourd’hui, mais telle qu’elle se reflète dans ce que j’ai écrit, dans les poèmes et dans les romans de Jean Cayrol, dans le cœur de Michel Suffran. Les villes ne survivent que grâce aux poètes qu’elles ont enfantés et dont elles demeurent le secret refuge.
Un refuge… Bordeaux le fût-il resté pour Jean de La Ville? Le livre de Michel Suffran m’oblige à prendre conscience de cette vérité amère qu’en fait notre amitié, à Jean et à moi, n’a duré que deux années: 1909-1910. Puis il fut reçu aux examens de la préfecture de la Seine et il réalisa son rêve: il quitta ce logis bas où il vivait rue du Bac, en face des magasins du Petit Saint-Thomas, et alla habiter l’île Saint-Louis, un rez-de-chaussée (heureusement un rez-de-chaussée! s’il est vrai, comme je crois m’en souvenir, mais peut-être l’ai-je rêvé? que ce doux jeta un jour sa maîtresse par la fenêtre). Dès que nous ne fûmes plus voisins, je ne le vis guère. Le rond-de-cuir dont il avait horreur était entré dans sa vie. Il s’éloigna de moi, qui étais au moment de me marier. A la veille de la guerre, il vint pourtant déjeuner chez nous. On jura de se revoir. Qu’en eût-il été? Moi j’étais déjà à mon affaire, comme on dit. Lui, il n’eût jamais été à la sienne. Un léger vent gonflait déjà ma voile. Nous attendions un premier enfant, nous espérions un premier succès. Lui, dans son bureau à la préfecture de la Seine, il s’occupait de l’assistance aux vieillards, espèce à laquelle il n’appartiendrait jamais et dont il parle sans s’attendrir.
S’il avait vécu, que serions-nous l’un pour l’autre aujourd’hui? Aurait-il eu un destin littéraire? Pour lui qui avait vingt-cinq ans, comme pour Charles Péguy qui en avait quarante, c’est un fait que la guerre fut une délivrance. Oui, ce qu’il y a de plus horrible au monde, des millions de jeunes hommes qui s’entretuent, il dut y voir le point final mis par le destin à une vie besogneuse et sans issue et qui lui donnait tout à coup une signification héroïque. Les vers retrouvés par sa mère sur sa table de travail sont tout frémissants d’une immense et vague espérance:

Cette fois, mon cœur, c’est le grand voyage,
Nous ne savons pas quand nous reviendrons.
Serons-nous plus fiers, plus fous ou plus sages?
Qu’importe, mon cœur, puisque nous partons!

La mort qu’il ne nomme pas, il se doute bien qu’elle est déjà là; et moi, après tant d’années, je songe que c’est elle, la mort, qui me l’a rendu, lui et tant d’autres que, s’ils étaient devenus des vieillards aujourd’hui, je ne connaîtrais peut-être plus ou dont je redouterais la visite. Tous ces morts qui auront à jamais vingt ans au-dedans de moi, ce Philippe, ce Raymond à qui j’ai dédié Les Mains jointes, ce Robert qui était l’oncle de François Mitterrand, et tous ceux de la guerre (tous les saints du calendrier y passeraient si je les nommais). Ils sont demeurés pris au-dedans de moi comme ces cadavres d’alpinistes qu’on découvre intacts dans la glace après des années. Michel Suffran les a retrouvés et me les rend, et il me ressuscite du même coup, tel que ces amis m’ont connu.
Notre chance, à nous les vieux survivants et les jeunes morts d’autrefois, c’est d’être encore aimés comme Michel Suffran nous aime. Il avance entouré de ces ombres peut-être suppliantes: Jacques Rivière, Jean de La Ville, André Lafon, il réveille une à une leurs voix étouffées. L’Horizon chimérique, la musique de Fauré l’aurait empêché de disparaître tout à fait; mais cet admirable poème La Maison pauvre, d’André Lafon, que Michel Suffran va rééditer aussi, a besoin de silence pour être entendu — de ce silence intérieur contre lequel tout se ligue aujourd’hui. Ces poètes que Suffran nous ramène, puissent-ils nous rendre le goût de ce silence qui fut leur état habituel, et dans lequel ils ont vécu, souffert, rêvé leur vie avant de la donner.

François Mauriac
de l’Académie française.

Oeuvres complètes – Jean de La Ville de Mirmont 1992
Paru en 1992
14 x 22 cm, 352 pages
ISBN 2.87673.150.9
22 €

ÉMILE GOUDEAU Dix ans de bohème

ÉMILE GOUDEAU Dix ans de bohème

Suivi de Les Hirsutes de Léo Trézenik
Introduction, notes et documents de Michel Golfier et Jean-Didier Wagneur
avec la collaboration de Patrick Ramseyer

Président des Hydropathes puis des Hirsutes, cercles littéraires et artistiques de la fin du siècle dernier, Émile Goudeau laissa en 1888 ses mémoires: Dix ans de bohème. Inédit depuis cette date, ce volume reste l’un des grands classiques de la vie littéraire des années 1875-1885. Du quartier latin au cabaret le Chat Noir à Montmartre, entre poésie et fumisme, Parnasse et symbolisme, ce livre rapporte aussi l’histoire d’une génération perdue, partagée entre le rire et le désespoir.

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Introduction 5

Dix ans de Bohème 77
Émile Goudeau

Chapitre I. Moi, l’auteur, je ou nous. – L’hôtel aux fausses truffes. – Les finances de l’État. – Francisque Sarcey. – Le café-forum. – La Renaissance d’Émile Blémont. – La poésie de Paris. 81
Chapitre II. Projet de journal pour les jeunes. – Les autographes de V. Hugo. – Adelphe Froger, la République des Lettres. – Le Sherry-Cobbler. – Quelques chansons. – Les Vivants. 93
Chapitre III. Maurice Bouchor: les Chansons joyeuses. – Jean Richepin: la Chanson des Gueux. – Le Restaurant turco-grec – Paul Bourget: la Vie inquiète, Edel. – Les Haïtiens, Raoul Ponchon, l’illustre Sapeck. 106
Chapitre IV. Émile Zola, l’Assommoir et le substitut. – Une lecture chez Mounet-Sully. – Le compatriote Saint-Germain. – Brasserie Racine. – Le modèle de Cabanel. – Georges Lorin et Maurice Rollinat. – Le scénario d’un drame. – Le jeu, les grecs. – Une affaire diplomatique arrangée. 131
Chapitre V. Le désert. – Fumisme et ministère. – Le sourd par persuasion. – Éloge de la blague. – Thamar. – Guy Tomel. – La fête de Nina. – Article nécrologique. – Souvenirs de la rue des Moines: les drames comiques de Villiers de l’Isle-Adam. 147
Chapitre VI. Charles Cros: Le Coffret de Santal. – L’inventeur. – Les monologues. – André Gill: la Muse à Bibi. – La recherche de l’éditeur. – Les Fleurs du Bitume. 166
Chapitre VII. L’inspiratrice musique. – Le concert Besselièvre: Hydropathen-valsh de Gungl’. – Un surnom tenace. – Explication canadienne. – La Rive gauche. – 5octobre 1878. – 11 octobre 1878. – Les hydropathes. – Les séances. – La colère des buveurs. – La police: quarts-d’œil et quarts d’oreille. – M. Andrieux, préfet de police. – Des femmes artistes. 181
Chapitre VIII. Les séances des Hydropathes. – Les poètes diseurs. – Les jeunes acteurs. – Dénombrement quasi homérique. – À moi le Bottin! – Hydropathesques chansons. – Les chants populaires. – Proclamons les principes de l’art! 197
Chapitre IX. Oh! l’argent! – Francisque Sarcey et Jules Claretie. – L’Étudiant de F.Champsaur. – Les Écoles. – Le Molière de Georges Berry. – Un enterrement d’huissier – La Revue moderne et naturaliste: Harry Alis et Guy Tomel. – Débuts variés. – L’Hydropathe: Paul Vivien. – Binettes et sonnets. – Tout-Paris. – Une soirée qui ne ressemble pas au supplice du pal. 220
Chapitre X. Le journal le Globe. – La Revanche des Bêtes. – Le Figaro. – La Société protectrice des animaux. – Les conférences. – Le phalanstère. – Les imprécations de Camille. – Le duel à l’iodure de liquidium. – Fête à Bois-Colombes. – La rencontre de Rodolphe Salis. 248
Chapitre XI. Le peintre Salis. – La parole d’un père. – Fondation du cabaret du Chat noir. – Description de l’ancien cabaret du boulevard Rochechouart. – Le journal le Chat noir – Le voyageur A’Kempis. – Clément Privé, et le sonnet Parce que. – Willette. – L’Institut. – Les séances. – Le tumulte. – Parce Domine. – La Mort. – Maurice Rollinat. – Le faux enterrement de Salis. – Roi de Montmartre. 255
Chapitre XII. Jean Moréas. – Les débutants nouveaux. – Lutèce. – Décadents, instrumentistes, symbolistes. – Coup d’œil d’ensemble. – Le Courrier français. – Le nouveau Chat noir. – Les ombres chinoises. – Berger à Asnières. 265

Documents

I «Histoire de Famille»: la généalogie d’Émile Goudeau 276
II. Les sources de Dix ans de bohème 285
Les articles de La Presse 285
Les annonces de l’Intermédiaire des chercheurs et curieux 302
III. Dossier de presse: quelques échos 306
IV. Émile Goudeau «homme du jour» 312
V. Les Hydropathes (octobre 1878-juin 1880) 323
Les Hydropathes en séance, chronologie du mouvement 323
La réception du cercle des Hydropathes 342
Les Hydropathes «pour mémoire» 356
VI. Les Hirsutes (septembre 1881-avril 1883) et le retour des Hydropathes 372
Léo Trézenik, Les Hirsutes, Vanier, 1884 373
Les Hirsutes dans la presse 397
Disparition des Hirsutes 400
Les «Samedis» des Jemenfoutistes. 405
Les Hydropathes, le retour 409
Dans le sillage des Hydropathes et des Hirsutes: «les Jeunes» 415
VII. Fumisme et mystifications 419
VIII. Le Chat Noir, Les Cabarets… Montmartre 435
IX. Émile Goudeau, journaliste et chroniqueur 446
X. Tables de L’Hydropathe et du Tout-Paris 462
XI. Notices biographiques des auteurs cités 485

Bibliographie 547
Remerciements 555
Index 557

 

 

Dix ans de bohême – Émile Goudeau 1996
Paru en 1996
14 x 22 cm, 576 pages
ISBN 2.87673.287.4
28.50 €

ANDRÉ GILL Correspondance et mémoires d’un caricaturiste

ANDRÉ GILL Correspondance et mémoires d’un caricaturiste

Edition et présentation de Bertrand Tillier

À la suite d’Honoré Daumier, André Gill (1840-1885) fut sans conteste le caricaturiste le plus fécond du XIXe siècle, actif des dernières années du second Empire aux débuts de la Troisième République. On lui doit une œuvre riche de plusieurs milliers de dessins, parus dans Le Hanneton, La Lune, L’Éclipse ou La Parodie, dont certains resteront associés aux combats menés pour l’instauration de la République.
Haute figure de la bohème du Quartier Latin et de Montmartre, rapin excentrique proche de Vallès et Courbet, délégué de la Commune au musée du Luxembourg pendant le printemps 1871, membre des Hydropathes d’Émile Goudeau et du Chat noir de Rodolphe Salis, André Gill était lié au Tout-Paris des décennies 1860 et 1870, dont il a raillé sans relâche le monde des arts, des lettres et de la politique, de même que le demi-monde, dans des charges féroces ou admiratives. Patron de presse, illustrateur de romans (notamment pour Zola), homme de théâtre (avec Jean Richepin, il signa des actes en vers), poète et chansonnier, il fut aussi le parodiste, le peintre, le panoramiste… que les dernières années de sa vie, hantées par la possession du « Million » et marquées par des crises de folie, conduiront à l’asile d’aliénés de Charenton où il mourra, interné et oublié, sauf de quelques proches.
Le présent volume reprend les souvenirs d’André Gill, Vingt années de Paris, parus en 1883 chez Marpon et Flammarion et publiés à l’initiative d’Alphonse Daudet qui les préfaça. À ces mémoires qui n’avaient jamais été réédités est adjointe la correspondance de Gill, réunissant plus de 150 lettres retrouvées et généralement inédites, issues de collections privées et publiques, françaises ou étrangères. Adressées à sa famille, ses collaborateurs ou ses proches (Nadar, Vallès, Courbet, Hugo, Zola…), à ses modèles ou ses confrères, ces lettres viennent compléter l’autobiographie de Gill et parfois en contredire les inévitables arrangements. Échelonnées tout au long de sa vie et de sa carrière, elles éclairent aussi la personnalité et les multiples activités professionnelles de Gill, tout en offrant la possibilité de mieux pénétrer les nébuleuses de la bohème et de la petite presse parisienne, leurs figures, leurs pratiques et leurs projets, leurs démêlés et leurs échecs.
Introduit par Bertrand Tillier qui restitue avec vivacité et brio le parcours et la postérité de Gill, le volume est enrichi d’un appareil de notes et d’annexes comprenant des documents complémentaires, un index des correspondants, une chronologie ainsi qu’une passionnante sélection iconographique.

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TABLE DES MATIÈRES

Présentation
par Bertrand Tillier

Entre bohème et politique:
portrait d’André Gill en caricaturiste insaisissable
I. Correspondance

avertissement

lettres
à Mme de Guines, sa grand-mère paternelle, [octobre 1851]
à «Manine», 20 octobre 1851
À Mme de Guines, sa grand-mère paternelle, 18 novembre 1851
À sa famille paternelle [4 décembre 1851]
À Mme de Guines, sa grand-mère paternelle 8 décembre 1851
À M. de Guines, son grand-père paternel, 30 avril 1852
À M. de Guines, son grand-père paternel, 14 [mai 1852]
À M. de Guines, son grand-père paternel, [23 décembre 1852]
À Rosalie de Guines, sa tante, [22 janvier 1854]
À Rosalie de Guines, sa tante, [23 mars 1854]
À M. de Guines, son grand-père paternel, 2 janvier 1860
À Rouquette, 13 mars 1863
À Nadar, [juin 1866]
À Rosalie de Guines, sa tante, [décembre 1866]
À Gustave Courbet, [début juin 1867]
À une maîtresse, [15 août 1867]
À Léonor Havin directeur du Siècle, [25 août 1867]
À François Polo [septembre 1867]
À Maillard, 19 décembre 1867
À M. Serret, [1868]
À Rosalie de Guines, sa tante, 1868
À sa maîtresse Z. H., [avril 1868]
Au 5e Bureau de la presse, ministère de l’Intérieur, [3 mai 1868]
La rédaction de L’Éclipse à Napoléon III, [mi-juin 1868]
aux lecteurs de L’Éclipse, juillet 1868
À un destinataire inconnu, [1869]
À Victor Hugo, 29 mai [18]69
À Jules Vallès, [fin mai-début juin 1869]
À François Polo, [juillet 1869]
Au directeur d’un théâtre, 29 septembre 1869
À Pierre-Jules Hetzel, [décembre 1869]
À Louis Ulbach, [fin juin 1870]
À Rosalie de Guines, sa tante, [juillet 1870]
À Ottin fils, [27 novembre 1870]
À Pierre Beauvallet, [janvier 1871]
À Rosalie de Guines sa tante, [février 1871]
À Hyppolite de Villemessant, directeur du Figaro, [7 juin 1871]
À Félix Régamey, [novembre 1871]
À Rosalie de Guines sa tante, [1872-1874]
À un destinataire inconnu, [1872-1874]
À Jules Vallès, [fin 1871-début 1872]
À Jules Vallès, [début 1872]
À Jules Vallès, [début 1872]
À Jules Vallès, [début 1872]
À Jules Vallès, [début 1872]
À Jules Vallès, [printemps 1872]
À Jules Vallès, [printemps 1872]
À Jules Vallès, [printemps 1872]
À Jules Vallès, 26 M[ars 1872]
À Jules Vallès, [printemps 1872]
À Jules Vallès, 10 avril [18]72
À Jules Vallès, [avril 1872]
À Jules Vallès, [1872]
À Jules Vallès, [vers le 15 juin 1872]
À Jules Vallès, [mi-juin 1872]
À Victor Hugo, 16 juin [18]72
À Jules Vallès, [fin juin 1872]
À Jules Vallès, [fin juin 1872]
À Jules Vallès, [juillet-août 1872]
À Jules Vallès, [août 1872]
À Jules Vallès, [après le 22 août 1872]
À Rosalie de Guines, sa tante, 24 août [1872]
Au journal La Scie, 3 septembre [1872]
À Jules Vallès, [septembre 1872]
À Jules Vallès, [septembre-octobre 1872]
À Rosalie de Guines, sa tante, [vers 1872-1873]
À Rosalie de Guines, sa tante, [Nancy, vers 1872-1873]
À Rosalie de Guines, sa tante, [printemps 1873]
À Émile Zola, 12 août [18]73
À Émile Zola, [courant août 1873]
À son «cher maître», 28 août [1873 (?)]
À Jules Vallès [octobre 1873]
À Rosalie de Guines, sa tante, [automne 1873]
À Germain Nouveau, [mars-avril 1874]
À un critique d’art, [mai 1874]
À Jules Vallès, [juillet (?) 1874]
À Rosalie de Guines, sa tante, [13 juillet 1874]
À Rosalie de Guines, sa tante, [juillet 1874]
À Rosalie de Guines, sa tante, Jeudi, 16 juillet [18]74
À Rosalie de Guines, sa tante, [juillet 1874]
À Rosalie de Guines, sa tante, [20 juillet 1874]
À Rosalie de Guines, sa tante, 23 juillet 18[74]
À Victor Hugo, [septembre-octobre 1874]
À Rosalie de Guines, sa tante, [vers mai-juin 1875]
À Rosalie de Guines, sa tante, [1875]
À Rosalie de Guines, sa tante, [vers mai-juin 1875]
À Jules Claretie, [juin 1875]
À Jules Levallois, 5 juin [1875]
À George Sand, [printemps 1875]
À Rosalie de Guines, sa tante, [vers 1876 (?)]
À Philippe Gille, [printemps 1876]
À Philippe Gille, 28 avril [18]76
À Philippe Gille, 1er mai [1876]
À Hector de Callias, 20 juin [1876]
À Jules Vallès, [août 1876]
À Philippe Gille, [9 octobre 1876]
À Philippe Gille, [automne 1876]
À Philippe Gille, [automne 1876]
À Philippe Gille, [automne 1876?]
À Philippe Gille, 23 octobre [1876]
À Jules Vallès, [début novembre 1876]
À Philippe Gille, 29 [novembre 1876]
À Philippe Gille, [début décembre 1876]
À Ernest d’Hervilly, [décembre 1876]
À Jules Vallès, [29 décembre 1876]
À Paul Parfait, [fin 1876]
À Philippe Gille, [entre décembre 1876 et décembre 1879]
À un destinataire inconnu, [entre décembre 1876 et décembre 1879]
À Hector France, [1876-1879]
À Jules Vallès, [début janvier 1877]
À Jules Vallès, [mi-janvier 1877]
À un destinataire inconnu, [mars 1877]
À un destinataire inconnu, Vendredi 13 avril [1877]
À Nadar [?], [1878]
À Anna Judic, [février 1878]
À Émile Zola, [mai 1878]
À Félicien Champsaur, 4 août 1878
À un destinataire inconnu, 20 août [18]78
À Sarah Bernhardt, [septembre-octobre 1878]
À Jules Vallès, [octobre-novembre 1878]
À Émile de Girardin, [novembre 1878]
À Jules Vallès, 21 novembre [1878]
À Jules Vallès, [fin 1878]
À son éditeur Cinqualbre, [vers 1878]
À son éditeur [Cinqualbre?], [vers 1878-1879]
À son éditeur [Cinqualbre?], [vers 1878-1879]
À Clèves, 8 fév[rier 18]79
À Émile Zola, [fin mars-début avril 1879]
À Jules Vallès, [septembre-octobre 1879]
À un destinataire inconnu, [novembre 1879]
À Philippe Gille, [vers 1879]
À Achille Mélandri, [vers 1880]
Au président de la République Jules Grévy, [vers 1880]
À Jules Vallès, [début janvier 1880]
À Jules Vallès, [entre le 15 et le 22 février 1880]
À Émile Zola, 20 mars [18]80
À Émile Zola, 23 mars [1880]
À Émile Zola, 26 avril [18]80
À Félicien Champsaur, 25 mai [18]80
À Jules Vallès, [mai-juin 1880]
À un destinataire inconnu, [8 décembre 1880]
À un directeur de théâtre, [1880]
À Paul Leroy, 30 janvier 1881
À Félicien Champsaur, [été 1881]
À un destinataire inconnu, 30 août [1881]
À un journaliste, [septembre 1881]
À un journaliste, [entre le 25 octobre 1881 et le 28 janvier 1882]
À S. Heymann, [décembre 1881]
À S. Heymann [?], [décembre 1881]
À S. Heymann, [décembre 1881]
À un destinataire inconnu, 23 décembre 1881
À Émile Cohl, [1882]
À Philippe Cattelain, [janvier 1882]
Au docteur Christian, 10 janvier 1882
À Félix [Régamey?], 29 Janv[ier 18]82
À Émile Cohl, février 1882
À Fortunio, [février-mars 1882]
À un(e) destinataire inconnu(e), 15 mars 1882
À Achille Mélandri, [5 mai 1882]
À Jules Vallès, [après le 13 mai 1882]
À Émile Cohl, [mai 1883]
À Molin, 20 septembre 1883
À Émile Cohl, 23 septembre 1883
À Émile Cohl, 26 avril 1884
Au docteur Christian, [début 1885]
Au docteur Christian, [début 1885]
Au docteur Christian, [début 1885]
Au docteur Christian, [début 1885]

lettres non classées
À un ami journaliste
À un ami
À un fournisseur
À Nadar

II. Vingt années de Paris

Préface d’Alphonse Daudet
Histoire d’un melon
Le Musée du Luxembourg
Jules Vallès
Feu le bœuf gras
Actes en vers
Pauvres censeurs
L’inflexible Piétri
Sermon de carême
Clément Thomas
Le Modèle
À l’École des Beaux-Arts
Le Tableau de Marcel
Le Chauffeur
Gustave Courbet
Le Vol
Portraits après décès
Charenton
Eugène Vermersch
Le Nain. Souvenir du pavé latin
La Charge de M. Thiers
Lettre de Populot à son cousin Bibi
L’Ouvrier boulanger

III. Supplément

Notes d’un caricaturiste
Souvenirs historiques – Victor noir
Le Boulevard d’Enfer

IV. Documents annexes

Index des correspondants
Index des noms cités
Chronologie
Bibliographie

Revue de presse

Libération — "LE CRAYON À GILL" Par Jean-Didier Wagneur — 23 novembre 2006

Correspondance et mémoires d'un caricaturiste – André Gill 2006
Paru le 15 septembre 2006
14 x 22 cm, 416 pages
ISBN 2.87673.445.1
27 €