Article(s) archivé(s) de la catégorie Galerie_environnement_a_une_histoire

PIERRE SERNA, MALIK MELLA, VÉRONIQUE LE RU, BENEDETTA PIAZZESI (DIR.) Dictionnaire d’histoire critique des animaux

Il n’existe pas de dictionnaire faisant la somme des connaissances sur les champs des études animalières en pleine expansion dans les domaines des savoirs des sciences humaines ou dures.  Résultat de quatre ans de séminaire à la Maison des Sciences de l’Homme, ce dictionnaire réunit quatre-vingts historiens et historiennes, historiens et historiennes de l’art, philosophes, anthropologues, juristes, vétérinaires, scientifiques qui font  le point en 120 notices sur une dimension désormais vitale de notre survie dans l’anthropocène : de quels savoirs disposons-nous sur le monde animal pour envisager un futur avec lui, avec tous les animaux pour former, dans la multitude des approches du savoir une communauté de vivants ensemble. Ce dictionnaire de façon non exhaustive mais de manière ciblée, propose une somme de savoirs à ce jour non réalisée, et permet, par un jeu de renvois dans les notices et de construction d’arborescences, de se transporter dans l’ouvrage selon un chemin intellectuel qui propose un parcours assumé, éclairé et citoyen dans la masse des savoirs présentés sur et avec les animaux.

 

Pierre Serna enseigne l’histoire moderne à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Malik Mellah est professeur agrégé dans le secondaire. Véronique Le Ru est professeure à l’Université de Reims. Benedetta est doctorante de l’Ecole normale de Pise.

JEAN-PHILIPPE MARTIN Des paysans écologistes

JEAN-PHILIPPE MARTIN Des paysans écologistes

Politique agricole, environnement et société depuis les années 1960

Cet ouvrage est centré sur les paysans qui, depuis les années 1960, ont tracé des voies alternatives à la modernisation telle qu’elle a été portée par les tenants de la « révolution silencieuse ». Depuis cette date, le nombre des producteurs qui ont expérimenté d’autres façons de produire s’est accru d’abord lentement puis de manière plus rapide. Pionniers du bio, de la biodynamie, partisans de l’agriculture paysanne ou durable, défenseurs de l’agroécologie constituent de nos jours une part importante des agriculteurs.

Ces paysans écologistes expérimentent et tracent des voies différentes mais ont en commun un certain nombre de refus, de pratiques et de valeurs. Ils refusent le recours massif aux pesticides et aux engrais chimiques et tentent de supprimer ou de diminuer leur utilisation. Ils s’opposent souvent à la spécialisation des exploitations et recherchent les complémentarités.  Ils veulent aussi être autonomes vis-à-vis des firmes, préserver l’environnement et la biodiversité, adapter les productions aux conditions locales, entretenir les paysages et assurer une alimentation de qualité…

Comment et pourquoi une frange du monde paysan s’est interrogée sur les pratiques agricoles et le modèle « moderniste » ? Quel rôle ont joué les attentes des consommateurs envers leur alimentation ? Comment ont évolué les discours et les décisions des pouvoirs publics sur la dimension environnementale des politiques agricoles ? C’est à ces questions que le propos chronologique permet ici de répondre.

 

Jean-Philippe Martin, agrégé et docteur en histoire, a étudié l’histoire de la Confédération paysanne et des courants qui sont à son origine. Il a notamment publié :  Histoire de la nouvelle gauche paysanne. Des contestations des années 1960 à la Confédération paysanne, La Découverte, Paris, 2005.

PaysansMartin
Mai 2023
14 x 22 cm, 224 pages

ISBN 979-10-267-1183-4, 23 €

HÉLÈNE BLAIS L’empire de la nature

HÉLÈNE BLAIS L’empire de la nature

Une histoire des jardins botaniques coloniaux (Fin XVIIIe siècle – années 1930)

L’empire de la nature retrace l’histoire des jardins botaniques coloniaux entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle. En partant de ces sites spécifiques, enclaves de nature ordonnée créées dans les capitales ou à proximité des lieux de pouvoir, il analyse la manière dont est instituée une forme de domination coloniale liée à la maîtrise du monde naturel.

Lieux de diffusion des connaissances botaniques, sites de vente, espaces de sociabilité, les jardins botaniques permettent ainsi d’examiner les rapports entre savoirs, pouvoirs et constructions sociales en situation coloniale. Articulé autour des lieux et de leurs usages, mais aussi des acteurs qui y travaillent, l’ouvrage montre la dimension savante globale des jardins, leur fonction politique et leurs usages économiques.

 

Hélène Blais est professeure d’histoire contemporaine à l’École normale Supérieure (ENS-PSL), et membre de l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine (IHMC). Spécialiste de l’histoire des savoirs en situation coloniale, elle a publié Voyages au grand océan. Géographies du Pacifique et colonisation(CTHS, 2005), Mirages de la carte. L’invention de l’Algérie coloniale (Fayard, 2014) et co-édité de nombreux ouvrages,dontUne autre histoire de l’exploration du monde(Le Seuil, 2019).

«L'empire de la nature», la loi du plus flore, dans Libération, 15 juin 2023.Par Sylvain Venayre

Dans Le Monde du 17 mai 2023, par Stéphane Van Damme

Dans L'HISTOIRE mai 2023: L'histoire coloniale, côté jardin

Blais L'empire
Mars 2023
14 x 22, 380 pages
ISBN 979-10-267-1148-3
29 €

STEVE HAGIMONT Pyrénées

STEVE HAGIMONT Pyrénées

Une histoire environnementale du tourisme

L’esthétique des paysages, la diversité de la faune et de la flore, l’ampleur des panoramas, la sévérité des cimes et des parois, le calme des lacs et la vigueur des torrents, les bienfaits des eaux, du climat et de la lumière, l’éveil sensoriel et intellectuel suscité par l’effort dans l’ascension, par la contemplation et par la vitesse dans les descentes neigeuses, l’« authenticité » des rencontres ; voilà autant de raretés désirables que des franges croissantes de la population sont venues consommer en montagne depuis le XVIIIe siècle. La montagne, offrant de communier avec la « nature », présente dès lors une somme de ressources économiques que les promoteurs du tourisme s’attachent à faire fructifier. Ils étendent ainsi la marchandisation du monde aux espaces mêmes qui permettent d’y échapper. Le tourisme, dont l’importance culturelle, économique et politique est souvent négligée, éclaire l’attitude ambivalente des sociétés contemporaines face aux autres qu’humains, entre fascination quasi religieuse et appropriation commerciale. Suivons dès lors, sur le temps long, la transformation en produits touristiques des eaux, des paysages, du vivant, de la neige et des imaginaires, dans un espace pionnier du tourisme mondial : les Pyrénées.

 

Steve Hagimont, docteur en histoire, est maître de conférences en histoire contemporaine au sein de l’Université Paris Saclay.

La Cliothèque Mai 2022

Couv Pyrénées
Mars 2022
14 x 22 cm, 376 pages
ISBN 979-10-267-1050-9
26 €

JAN SYNOWIECKI Paris en ses jardins

JAN SYNOWIECKI Paris en ses jardins

Nature et culture urbaine au XVIIIe siècle

Royaux ou princiers, les jardins de Paris au XVIIIe siècle devaient offrir à la population urbaine des îlots salvateurs face aux exhalaisons et aux miasmes de la ville. Loin d’être figés dans un écrin de verdure et de représenter des enclaves champêtres au cœur de la ville, ces espaces étaient fermement insérés dans le tissu urbain. Ce livre propose ainsi une véritable microphysique de la nature parisienne, des dégâts causés par les taupes à l’élagage des arbres. L’histoire matérielle et vivante des jardins parisiens du XVIIIe siècle permet ainsi de restituer avec le plus de fidélité possible un monde composé de micropartages faisant la part belle aux conflits entre juridictions, aux régulations policières ainsi qu’aux tensions entre les différents usages sociaux de l’espace du jardin.

Prix Augustin Thierry de la Ville de Paris 2022

«Les Natures du Paris des Lumières», Nonfiction.fr

«Nature urbaine» dans L'Histoire de septembre 2021

Vivants jardins du XVIIIe siècle. Le Monde du 8 juillet 2021 par Antoine de Baecque

Les jardins de Paris au XVIIIe siècle. Entretien de Jan Synowiecki avec André Loez

Ancien étudiant de l’ENS Ulm, agrégé et docteur en histoire de l’EHESS, Jan Synowiecki est Attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.

Couv PAris en ses jardins
6 mai 2021
14 x 22, 456 pages dont 16 en couleurs
ISBN: 979-10-267-0968-8
27 €

NICOLAS LYON-CAEN, RAPHAËL MORERA À vos poubelles citoyens!

NICOLAS LYON-CAEN, RAPHAËL MORERA À vos poubelles citoyens!

Environnement urbain, salubrité publique et investissement civique
(Paris, XVIe-XVIIIe siècle)

Les sociétés contemporaines produisent une quantité extraordinaire de déchets, nécessitant une organisation spécifique pour les évacuer et les recycler. Comment procédait-on avant le triomphe de l’industrie, avec des volumes bien moindres mais des moyens techniques plus limités? Ce livre s’intéresse à la manière dont le Paris d’Ancien Régime, monstre démographique, les a relevés. L’investissement direct des Parisiens et de leurs édiles est fondamental : les citadins ont longtemps pris eux-mêmes en charge l’organisation et le paiement du nettoiement des rues réalisé par des paysans de banlieue et de multiples travailleurs. Confrontant ses rêves de grandeur à la matérialité des défis logistiques et financiers, la monarchie a cependant peu à peu accru son emprise sur cette activité.

Il y a 300 ans, la propreté de Paris était déjà source de tensions. Dans Slate.fr

Dans les fanges du Paris moderne. Justine Tentoni dans Non Fiction

Nicolas Lyon-Caen est chercheur au CNRS. Il a notamment publié La Boîte à Perrette. Le jansénisme parisien au XVIIIe siècle aux éditions Albin Michel en 2010.

Raphaël Morera est chercheur au CNRS. Spécialisé en histoire environnementale, il travaille sur la gestion de l’eau à l’époque moderne. Aux Presses universitaires de Rennes, il a notamment publié L’assèchement des marais en France au XVIIe siècle en 2011.

22 octobre 2020
14 x 22, 232 pages + 8 pages d'illustrations en couleurs
ISBN 979-10-267-0928-2
22 €

FABIEN LOCHER (DIR.) La nature en communs

FABIEN LOCHER (DIR.) La nature en communs

Ressources, environnement et communautés (France et Empire français XVIIe-XXIe siècle)

Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd’hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l’aune d’un usage et d’un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d’irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l’espoir d’un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d’une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l’État et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d’une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d’historiens présente ici leurs résultats d’enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l’histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.

Fabien Locher est historien au CNRS, spécialiste de l’histoire environnementale des mondes contemporains.

Fabien Locher est historien au CNRS. Il travaille sur l’histoire environnementale des mondes contemporains, et notamment sur l’histoire longue du changement climatique, sur les liens entre écologie et propriété et sur l’exploitation des océans. Il a récemment publié Posséder la nature. Environnement et propriété dans l’histoire (2018) (avec F. Graber) et il prépare un livre à paraître au Seuil sous le titre Les révoltes du ciel. Une autre histoire du changement climatique (avec J.B. Fressoz).

Locher (dir.) Couv
30 juin 2020
14 x 22
ISBN 979-10-267-0873-5
25 €

YANNICK RUMPALA Hors des décombres du monde

YANNICK RUMPALA Hors des décombres du monde

Écologie, science-fiction et éthique du futur

L’humanité doit-elle se préparer à vivre sur une planète de moins en moins habitable ? Comment adapter l’équipement intellectuel collectif pour éviter cette situation ? Et pourquoi pas en recourant à la science-fiction et à son potentiel imaginaire ? Dans la masse de récits et de représentations qu’elle offre, on peut trouver des ouvertures inspirantes, aidant à réfléchir, éthiquement et politiquement, sur les manières pour une collectivité de prendre en charge les défis écologiques. La science-fiction, au-delà du découragement ou du sursaut de conscience qu’elle est censée susciter, offre à la réflexion, en plus d’un réservoir imaginaire, un support de connaissance qui est susceptible de nous aider à habiter les mondes en préparation. Et à avancer vers une autre éthique du futur…

« La science-fiction expérimente les conditions de la vie en commun »
Entretien avec Yannick Rumpala dans USBEK & RICA

Biographie

Yannick Rumpala, maître de conférences (HDR) à l’Université de Nice, est membre de l’Equipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés (ERMES). Il appartient au comité scientifique de Res Futurae, revue d’études sur la science-fiction.
Il a publié notamment Développement durable ou le gouvernement du changement total, Le Bord de l’eau (2010). Il est l’auteur de nombreux articles et a participé à plusieurs ouvrages collectifs.

Yannick Rumpala Hors des décombres du monde 2018
Paru en août 2018
14 x 22, 288 pages
ISBN 979-10-267-0724-0
23 €

CHARLES-FRANÇOIS MATHIS, EMILIE-ANNE PEPY La ville végétale

CHARLES-FRANÇOIS MATHIS, EMILIE-ANNE PEPY La ville végétale

lUne histoire de la nature en milieu urbain, France, XVIIe-XXIe siècle

Cette vaste synthèse étudie l’occupation urbaine depuis le XVIIe siècle par les plantes, parcs et jardins, mais aussi plantes « hors-sol » qui circulent dans l’espace urbain (fruits et légumes, fleurs coupées, déchets végétaux, etc.). Il s’agit de montrer que loin d’être un espace absolument artificialisé, non « naturel », la ville a constamment été imprégnée de végétaux, mais que cette présence a fluctué au fil des siècles. Sont interrogés les raisons, les acteurs et les défis de la végétalisation urbaine qui repose sur des motivations nombreuses, esthétiques, sanitaires, écologiques. De même, la végétalisation a sans cesse été soutenue par ceux que nous appelons les mains vertes, qui sont tout aussi bien des particuliers, des professionnels que les pouvoirs publics. Mais étendre ou maintenir la présence végétale en ville impose de relever de multiples défis (fonciers, financiers, esthétiques, biologiques…) qui ont pu varier au cours des siècles.

Ce livre propose aussi une réflexion neuve sur les usages qui ont été faits de la nature en ville, paradoxalement instrument d’urbanité, de sociabilité et donc d’affirmation sociale, mais aussi inversement jungle, ferment de discorde et d’ensauvagement, objet d’affrontements politiques. On peut également faire usage du végétal pour bien être et bien vivre, accompagner les plaisirs, exercer les corps ou cultiver les esprits. Plus prosaïquement, la ville est aussi, tout au long de ces quatre siècles, un lieu de production et de consommation important de végétal. Enfin, c’est aussi en ville qu’une science botaniste et un savoir sur les plantes se développent.

Ce tableau général, inédit, permet ainsi de voir la ville autrement et d’offrir des pistes de réflexion sur la nature en milieu urbain aujourd’hui.

Biographie

Normalien, agrégé et docteur en histoire, Charles-François Mathis est Maître de Conférences en histoire contemporaine à l’Université Bordeaux Montaigne. Spécialiste d’histoire environnementale et britannique, il est notamment l’auteur de In Nature We Trust. Les paysages anglais à l’ère industrielle (PUPS, 2010) et a dirigé, avec Jean-François Mouhot, Une protection de l’environnement à la française (XIXe-XXe siècles) ? (Champ Vallon, 2013). Il préside le Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale (RUCHE).

Normalienne, agrégée et docteure en histoire, Émilie-Anne Pépy est Maître de Conférences en histoire moderne à l’Université Savoie Mont Blanc. Spécialiste d’histoire environnementale, particulièrement des environnements montagnards, et de la constitution et de la circulation des savoirs naturalistes, elle est notamment l’auteure de Montagne sacrée, montagne profane. Le territoire de la Grande Chartreuse, XVIe - XVIIIe siècles (PUG, 2011) et a co-dirigé plusieurs ouvrages.

La ville végétale – Charles-François Mathis et Émilie-Anne Pépy 2017
Paru le 16 novembre 2017
14 x 22, 360 pages
979-10-267-0633-5
25 €

GRÉGORY QUENET Qu’est-ce que l’histoire environnementale ?

GRÉGORY QUENET Qu’est-ce que l’histoire environnementale ?

Ce livre se propose d’introduire dans le débat intellectuel français l’un des champs de recherche les plus novateurs de ces dernières années : l’histoire environnementale, dont la portée dépasse largement les frontières de la discipline historique, pour s’adresser à l’ensemble des sciences sociales et humaines, mais aussi des sciences de la nature, des sciences de la vie et des sciences exactes.

Les défis environnementaux qui engagent le futur de nos sociétés ont contribué à décloisonner cette discipline, dont les approches ne sont plus aujourd’hui l’apanage des seuls historiens mais des questions partagées par tous : comment en sommes-nous arrivés là et de quelle manière les différentes sociétés humaines sont-elles caractérisées ?

Lire le sommaire

Qu’est-ce que l’histoire environnementale?

Avant-propos
Première partie
Théories et structuration du champ

Chapitre 1
LE CREUSET ÉTATS-UNIEN, 1970-1990

L’acte de naissance, entre Earth day et New Left History
Des débuts difficiles, la structuration d’un nouveau
champ de recherche
L’écologie, un modèle et ses limites
L’américanisation de l’histoire environnementale

Chapitre 2
INTERNATIONALLISATION ET RECOMPOSITIONS : DES ENVIIRONNEMENTS ET DES HISTOIRES

L’histoire environnementale face au tournant culturel
Pour en finir avec la wilderness
Le décentrement de l’histoire environnementale
Environment and History et la géographie historique
Une seule planète, des environnements multiples
Fragmentation théorique et nouveaux enjeux

Chapitre 3
LES HISTORIENS FRANÇAIS ET L’ENVIRONNEMENT

Les Annales et la structuration de l’histoire environnementale
Les malentendus d’une proto-histoire
de l’histoire environnementale8
Les historiens face à l’institutionnalisation
de l’environnement
Le tournant non historien de l’histoire écologique
Le temps des malentendus
La naissance de l’histoire environnementale en France
Revenir aux Annales ?
Deuxième partie
Chantiers de l’histoire environnementale

Chapitre 4
HISTOIRE ENVIRONNEMENTALE DE L’URBAIN

Histoire de l’environnement urbain : contexte et émergence
Définition, concepts, méthodes
L’impact des villes sur l’environnement naturel
L’impact de l’environnement naturel sur les villes
Les réponses urbaines aux problèmes environnementaux
Les relations environnementales entre les villes
et leur hinterland
Inégalités et enjeux environnementaux urbains
Éco-biographies de villes

Chapitre 5
HISTOIRE DE LA COLONISATION ET DE L’IMPÉRIALISME

École tragique et colonisation
Destructions écologiques et développement
Des subaltern studies à l’histoire environnementale
Les colonies, un laboratoire environnemental
Histoire coloniale de l’Amérique du Nord
L’histoire des politiques de conservation
Catastrophes coloniales

Chapitre 6
HISTOIRE DES CHANGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX

Histoire de la prise de conscience environnementale
Changement économique, social et environnemental
L’histoire sociale en question
Environnement et inégalités de race, classe, genre
Conservation et luttes sociales
La privatisation des communs
Histoire des ressources
Les racines de la crise environnementale

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE
INDEX

Revue de presse

NONFICTION
(4 mai 2014)

Par un juste retour des choses, il était indispensable que le premier livre entièrement dédié à l’histoire environnementale soit publié chez l’éditeur qui, le premier, a ouvert une collection réservée aux publications relevant de ce champ, en contribuant ainsi à la diffusion de ces travaux dans le milieu de la recherche en France. Par un juste retour des choses, il était indispensable que ce livre soit signé par l’auteur qui, le premier, a créé un enseignement en histoire environnementale à Sciences Po en 2008, et qui a lui-même joué un rôle actif dans l’introduction de ce domaine de recherche, ne serait-ce qu’en assumant les fonctions de directeur de la remarquable collection « L’environnement a une histoire » aux éditions Champ Vallon, dans laquelle ont déjà été publiés les excellents ouvrages de John McNeill, Du nouveau sous le soleil, et de Michael Bess, La France vert clair.

Voilà qui est donc chose faite avec la parution ces jours-ci de Qu’est-ce que l’histoire environnementale ? par Grégory Quénet. Qu’on ne s’y trompe pas : contrairement à ce que suggère le titre trop modeste, l’ouvrage propose bien plus qu’une simple synthèse ou qu’une simple introduction à l’histoire environnementale. Le lecteur y trouvera certes une présentation et une discussion critique des principales contributions faites à ce jour en histoire environnementale – dont chacun a plus ou moins entendu parler dans la mesure où plusieurs best-sellers lui ont permis d’atteindre un assez large public –, mais il y trouvera aussi une histoire intellectuelle et contextualisée des travaux publiés dans le domaine au cours des trois ou quatre dernières décennies, une histoire de l’histoire environnementale depuis la formation de ce courant de pensée au début des années 1970 dans les pays anglo-saxons, une sociologie de la structuration de ce champ disciplinaire et des modalités de son internationalisation, une étude comparative de l’histoire de l’environnement telle qu’elle s’est développée en France après la Seconde Guerre mondiale (sous l’influence de l’Ecole des Annales et notamment de Fernand Braudel) et de l’histoire environnementale anglo-américaine initiée par Roderick Nash et Donald Worster, une interrogation sur les réquisits épistémologiques d’une « histoire totale » qui se voit contrainte de mobiliser des concepts et des méthodes pourtant incommensurables les uns aux autres (ceux des sciences de la nature, d’une part, et ceux des sciences sociales et des humanités, d’autre part), et, last but not least, une réflexion prospective sur une thématique émergente – celle des humanités environnementales – qui, selon l’auteur, « est potentiellement capable de réorganiser les études sur les sociétés et leur environnement et de prendre sous son aile, non seulement l’histoire environnementale, mais aussi toute les disciplines qui font les humanités : le droit, la littérature, l’histoire de l’art, l’anthropologie, la sociologie, la science politique et la philosophie » .

L’ouvrage, on l’aura compris, est d’une exceptionnelle richesse et se lit en outre très agréablement d’un bout à l’autre, étant servi par un style fluide que n’encombrent pas les inévitables et érudites notes de bas de page, ici réduites au strict minimum. Divisé en deux parties comportant chacune trois chapitres, il propose en un premier temps une étude de la formation de l’histoire environnementale comme champ de recherche et de sa lente démarcation par rapport aux domaines connexes de la géographie historique et de l’anthropologie culturelle. Le premier chapitre avance les éléments généraux de définition permettant de fixer à titre provisoire l’identité disciplinaire de l’histoire environnementale. Le second examine les conditions de l’internationalisation de ce courant intellectuel et son éclatement actuel. Le troisième met au centre de son attention le « cas français » – particulièrement digne d’intérêt en ce que, après avoir été l’un des derniers pays à avoir accueilli l’histoire environnementale dans ses programmes des recherche, la France se distingue aujourd’hui comme l’un des lieux les plus dynamiques en Europe . La seconde partie de l’ouvrage présente trois études monographiques, organisées autour des trois thématiques majeures de la recherche en histoire environnementale, à savoir la thématique de l’urbain (dans laquelle se sont illustrés des auteurs comme Martin Melosi, William Cronon et Mike Davis), la thématique de l’impérialisme colonial (qui a fortement contribué au succès de l’histoire environnementale aux Etats-Unis : que l’on songe aux travaux fondamentaux d’Alfred Crosby, repris et développés par Jared Diamond, mais aussi aux travaux de Ramachandra Guha, de Richard Grove et de Mike Davis),et la thématique des changements environnementaux (l’ouvrage pionnier demeurant, ici, celui de Donald Worster sur le Dust Bowl, bientôt suivis par ceux de Richard White, John McNeill et Carolyn Merchant).

Hicham-Stéphane Afeissa

Biographie

GREGORY QUENET est agrégé, professeur en histoire moderne à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il est aussi membre de l’Institut Universitaire de France et consultant sur la sismicité historique et la vulnérabilité aux tremblements de terre pour l’industrie et les installations nucléaires en France. Il a publié Les Tremblements de terre aux XVIIe et XVIIIe siècles (Champ Vallon, 2005).par un certain type de relation à ce qui les entoure ?

Qu'est-ce que l'histoire environnementale ? Grégory Quenet 2014
Paru le 7 mai 2014
14 x 22 cm, 304 pages
ISBN 978.2.87673.958.1
23 €