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DAVID GARRIOCH Les huguenots de Paris et l’avènement de la liberté religieuse

DAVID GARRIOCH Les huguenots de Paris et l’avènement de la liberté religieuse

1685-1789

Comment les huguenots ont-ils survécu, vécu et même prospéré dans le Paris du dix-huitième siècle, alors que la majorité de la population catholique était notoirement hostile au protestantisme? Pourquoi, à la fin de l’Ancien Régime, l’opinion publique était-elle très majoritairement favorable à l’octroi de droits plus grands aux protestants? Cet ouvrage étudie l’essor de la tolérance religieuse à Paris et retrace l’histoire des huguenots parisiens après la révocation de l’édit de Nantes en 1685 – une des décisions de Louis XIV sans doute les plus lourdes de conséquences pour la France. David Garrioch trouve les racines de cette transformation des attitudes à l’endroit de la minorité huguenote à la fois dans la manière dont elle sut résister à la persécution et dans le pragmatisme avec lequel le gouvernement décida d’y réagir, surtout après la mort de Louis XIV, mais aussi dans l’environnement tout à fait particulier qu’était alors la capitale française par rapport au reste du royaume. Ce livre permet surtout de comprendre l’évolution extraordinaire de la culture catholique qui se produisit au cours du siècle, dans le cadre de la transformation culturelle et intellectuelle que nous appelons les Lumières et qui bouleversa la France et l’Europe.

David Garrioch, historien, est professeur à Monash University (Melbourne, Australie). Les Editions La Découverte ont publié son premier livre traduit en français: La Fabrique du Paris révolutionnaire.

Garrioch Couverture
3 juin 2011
15,5 x 24, 320 pages
ISBN 979-10-267-0988-6
25 €

PAULINE VALADE Le goût de la joie

PAULINE VALADE Le goût de la joie

Réjouissances monarchiques et joie publique à Paris au XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, Paris célébrait chaque événement heureux pour la Couronne. La Maison du Roi, le Bureau de la Ville et le Châtelet de Paris organisaient les réjouissances. Les manifestations de joie étaient donc contrôlées par les autorités qui y voyaient les signes tangibles d’une communion avec les sentiments du souverain. Pour autant, l’expérience de la joie publique n’était pas celle d’une obéissance passive. Les Parisiens s’appropriaient les réjouissances aussi bien en participant qu’en détournant certaines normes de réjouissances. Ils fabriquaient leur propre culture de l’approbation, empreinte d’une critique à peine voilée. Dès 1770, les gestes traditionnels des réjouissances furent progressivement détournés pour faire valoir un droit de se réjouir indépendamment de la Couronne.

 

Pauline Valade est agrégée et docteure en Histoire moderne.

Couverture Valade
6 mai 2021
15,5 x 24 cm, 424 pages
ISBN: 979-10-267-0978-7
26 €

PIERRE KARILA-COHEN Monsieur le Préfet

PIERRE KARILA-COHEN Monsieur le Préfet

Incarner l’État dans la France du XIXe siècle

L’image de l’autorité préfectorale au XIXe siècle est celle d’une autorité martiale exercée par un haut fonctionnaire aux immenses pouvoirs. En réalité, construire une autorité considérée comme légitime par la population a nécessité un travail institutionnel et individuel permanent. Dans ce siècle de révolutions, préfets et sous-préfets se sont situés aux avant-postes de la conquête morale du territoire afin d’enraciner le régime et faire accepter l’État. Ce livre entend analyser ce travail de représentation et de séduction négligé par l’historiographie. Il restitue la construction de ce charisme de fonction à partir de terrains originaux, notamment le corps physique du préfet, vecteur d’une incarnation de l’État, ou encore le bal de la préfecture, véritable outil de gouvernement.

Pierre Karila-Cohen est professeur d’histoire contemporaine à l’université Rennes 2. Il a publié en 2008 L’État des esprits. L’invention de l’enquête politique en France (1814-1848). Il collabore régulièrement au Monde des livres.

Karila COuverture
8 avril 2021
15,5 x 24, 368 pages
ISBN: 979-10-267-0973-2
24 €

MATHIEU MARRAUD Le pouvoir marchand

MATHIEU MARRAUD Le pouvoir marchand

Corps et corporatisme à Paris sous l’Ancien Régime

Comment dépeindre le corporatisme d’Ancien Régime ? Le terme de « corporation » est-il approprié ? Depuis les métiers qui, à Paris, se parent des titres de « corps » et de « marchand », apparaît le refus pour les acteurs du temps de se ranger derrière de mêmes droits, de mêmes statuts. C’est toute la nature conflictuelle de l’économie qui ressurgit. La diversité sociale et politique des métiers, dans une immense ville comme la capitale, donne en effet son dynamisme au commerce. Métiers, institutions royales et groupes sociaux y rivalisent pour le contrôle de marchandises qui ne sont jamais évaluées par leur seul profit, mais aussi par le monde social et par les vues gouvernementales où elles s’inscrivent. D’un lien fort entre le roi, la cité, le privilège, le commerce, les notables, on s’achemine alors vers une crise qui prépare, au sein de la société comme de la monarchie, la disparition du corporatisme sous Turgot en 1776.

Revue de presse

Les six corps des marchands LE MONDE 7 01 2021

Mathieu Marraud, chargé de recherche CNRS, a notamment publié La noblesse de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Univers historique », 2000 et De la Ville à l’État. La bourgeoisie parisienne XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Albin Michel. Il est membre du Comité de rédaction de la revue Histoire & Mesure.

Mathieu Marraud Le pouvoir marchand
7 janvier 2021
15,5 x 24, 520 pages
ISBN: 979-10-267-0948-0
30 €

SIMON PEREGO Pleurons-les

SIMON PEREGO Pleurons-les

Les Juifs de Paris et la commémoration de la Shoah
(1944-1967)
Préface de Claire Andrieu

« On n’en parlait pas », se souviennent de nombreuses personnes ayant grandi dans la France de l’après-Seconde Guerre mondiale au sein de foyers intimement marqués par les persécutions antisémites et la destruction des Juifs d’Europe. Cette difficile transmission intrafamiliale des épreuves endurées sous l’Occupation a cependant cohabité après la guerre avec un large éventail d’initiatives prises dans le monde juif pour commémorer ce que l’on n’appelait pas encore la Shoah. Et parmi ces initiatives figuraient en bonne place les cérémonies du souvenir qu’organisèrent notamment, dès l’automne 1944, des associations juives établies dans la capitale.

C’est l’histoire de ces commémorations – entre la Libération et la Guerre des Six Jours – que retrace ce livre. Se déployant dans tous les secteurs de la judaïcité parisienne et plébiscités par un public souvent nombreux, les rassemblements dédiés à la mémoire tant des victimes du génocide que des résistants et soldats juifs engagés dans la lutte contre l’Allemagne nazie constituaient un rituel sociopolitique, un vecteur de mémoire et une ressource identitaire de première importance pour les organisations qui les mettaient en œuvre et pour les personnes qui y assistaient.

Les commémorations participèrent ainsi pleinement à la reconstruction de la collectivité juive, aux évolutions qu’elle connut dans différents domaines et aux conflits qui la divisèrent sur fond de Guerre froide. C’est autour de ses morts que « l’archipel juif de Paris » revint à la vie au lendemain de la Shoah.

QUELQUES ARTICLES

Le Monde 27 11 2020

Simon Perego est agrégé et docteur en histoire. Soutenue en 2016 à Sciences Po Paris, sa thèse de doctorat – dont est issu cet ouvrage – a été distinguée par le Prix de thèse francophone en études juives 2017 et par le Prix Henri Hertz 2018 de la Chancellerie des Universités de Paris.

Paru le 22 octobre 2020
15,5 x 24 cm, 392 pages
ISBN 979-10-267-0933-6
26 €

PHILIPPE KERRAND L’étrange colonel Rémy

PHILIPPE KERRAND L’étrange colonel Rémy

 

Engagé dans la Résistance, aux côtés du général de Gaulle, dès l’été 1940, Gilbert Renault, dit « Rémy », demeurera dans l’Histoire comme l’un des plus célèbres agents secrets de la Seconde Guerre mondiale. Le conflit terminé, durant quarante ans, il édifiera sa propre légende, revivant inlassablement chacune des pages de cette grande épopée.

Depuis, les acteurs et témoins de l’époque ont eux-mêmes livré leurs souvenirs. De nombreuses archives privées et publiques sont devenues accessibles. Ces sources diverses (dont la plupart sont inédites) ont contribué à éclairer d’un jour nouveau l’image du grand résistant.

Sa biographie révèle des pans entiers d’une existence dont lui-même n’a jamais souhaité faire étalage (le différend qui l’opposa à Pierre Brossolette) ou qu’il aurait voulu faire oublier (sa haine de Pétain durant la guerre transformée après celle-ci en une dévotion quasi mystique, sa défense du milicien Touvier voire son admiration pour les Français de la Waffen SS). Il fut également un militant très actif du gaullisme politique au sein du Rassemblement du peuple français. (RPF).

Portrait sans concession et sans parti pris d’un homme de son temps, tiraillé par d’imprévisibles contradictions.

 

« Oui, consent-il… Rémy est un homme étrange, c’est un caractère étrange. » Claude Guy, En écoutant de Gaulle, Bernard Grasset, 1996.

L'Histoire Janvier 2020: RÉMY LA LÉGENDE ÉCORNÉE

ENTRETIEN AVEC PHILIPPE KERRAND

Philippe Kerrand a publié une histoire du domaine de Pontcallec et un ouvrage de référence sur les Bretons dans la guerre de 1870, Le camp de Conlie (Prix de l'Académie du Maine).

Paru le 17 septembre 2020
15,5 x 24 cm, 558 pages + 8 pages d'illustrations
ISBN 979-10-267-0923-7
29 €

FLAVIE LEROUX Les maîtresses du roi

FLAVIE LEROUX Les maîtresses du roi

De Henri IV à Louis XIV

Volontiers qualifiées de « favorites », de « presque reines » et même parfois de « sultanes », les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l’Ancien régime. Si leur succès est certain auprès du public, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, cet ouvrage se propose de considérer la maîtresse et les siens dans leur réalité sociale. Filles, sœurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d’affaires et protectrices : autant de visages à étudier pour mettre au jour la capacité d’action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en regardant fonctionner le pouvoir royal, à l’aube de l’absolutisme.

Diplômée en 2017 d’un doctorat en Histoire et civilisations de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), Flavie Leroux a consacré sa thèse aux maîtresses royales des premiers rois Bourbons. Elle est actuellement coordinatrice de recherche au Centre de recherche du château de Versailles pour le programme « Identités curiales et le mythe de Versailles en Europe : perceptions, adhésions et rejets (XVIIIe-XIXe siècles) ».

Flavie Leroux Couv
18 juin 2020
15,5 x 24, 424 pages
ISBN 979-10-267-0852-0
27 €

SYLVIE DAUBRESSE Conjurer la dissension religieuse

SYLVIE DAUBRESSE Conjurer la dissension religieuse

La justice du roi face à la Réforme (1555-1563)

Les années de la fin du règne de Henri II jusqu’à la fin de la première guerre de religion en mars 1563 voient s’accélérer la rupture religieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. L’activité criminelle d’une haute cour de justice montre qu’en matière de religion, la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu’elle finit par se heurter à l’opposition des sujets, laquelle entraîne l’inapplication des lois et le développement de la violence. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé le royaume de France ainsi que la monarchie.

Archiviste paléographe, Sylvie Daubresse est ingénieur de recherche CNRS au Centre Roland Mousnier (UMR 8596), Sorbonne Université. Ses travaux portent sur l’histoire politique et judiciaire du XVIe siècle. Elle a publié Le parlement de Paris ou la voix de la Raison (Droz, 2005), collaboré à un ouvrage collectif sur Le Parlement en exil (H. Champion, 2007), et édité un recueil de textes sur la période de la Ligue (H. Champion, 2012). Le présent ouvrage est le mémoire inédit de son habilitation à diriger les recherches.

Conjurer COuv
Mars 2020
15,5 x 24, 464 pages
ISBN 979-10-267-0888-9
29 €

YANN RODIER Les raisons de la haine

YANN RODIER Les raisons de la haine

Histoire d'une passion dans la France du premier XVIIe siècle (1610-1659)

Diagnostiquer, décrypter et domestiquer les passions de l’âme : telle est l’obsession des médecins, des lettrés, des théologiens, des ambassadeurs, des hommes d’Église et d’État du premier XVIIe siècle (1610-1659). La hantise d’une reprise des guerres civiles, après un demi-siècle de déchirements, explique la naissance d’une science et d’une anthropologie nouvelles des passions.
Dans ce contexte d’après-guerre, un véritable langage des passions se développe dans ce premier XVIIe siècle pour penser et panser la violence. La haine est identifiée comme l’origine de la violence fratricide dans la cité. De la régence de Marie de Médicis aux ministériats cardinaux de Richelieu puis de Mazarin, une science politique des passions justifie un nouvel art de gouverner, celui d’un Prince de raison capable de canaliser les passions populaires.
Une passion d’État s’affirme également à travers les régimes émotionnels impulsés par les campagnes de presse contre les étrangers – Italiens, Anglais, Turcs ou Espagnols – assimilés à des ennemis d’État. Capables de générer une émotion voire une haine publique, telle la xénophobie, les médias constituent un nouvel outil politique, redoutable et redouté. La question du contrôle de l’émotion publique, plus que de l’opinion publique, occupe de fait une place de plus en plus stratégique dans l’État moderne.
Les Raisons de la haine examinent les sciences mécaniques et politiques des passions, leur usage, leur instrumentalisation et leur domestication. Tout l’enjeu est d’éclairer les rouages de cette fabrique publique de la haine et de cette communauté émotionnelle de l’odieux dans la société du xviie siècle. Une invitation, finalement, à regarder autrement l’emprise et l’empire des passions dans notre représentation souvent déformée et stéréotypée de l’autre.

Agrégé et docteur en histoire, Yann Rodier est Assistant Professor et directeur du département d’histoire à l’Université Sorbonne Abu Dhabi. Ses recherches portent sur l’histoire des sciences des passions, l’histoire des émotions, l’histoire des stéréotypes et des préjugés contre les étrangers.

Prix XVIIe siècle 2020

L'Obs par Laurent Lemire

ILS EN ONT BAVÉ
Le Canard enchaîné le 16 Janvier 2020 par Frédéric Pagès

LA BILE FRANÇAISE
Le Monde 2 janvier 2020 par Florent Georgesco

Couv LEs raisons de la haine
Janvier 2020
15,5 x 24 cm, 496 pages
ISBN 979-10-267-0847-6
30 €

VIRGILE CIREFICE, GRÉGOIRE LE QUANG, CHARLES RIONDET (DIR.) La part de l’ombre

VIRGILE CIREFICE, GRÉGOIRE LE QUANG, CHARLES RIONDET (DIR.) La part de l’ombre

Histoire de la clandestinité politique au XXe siècle
Préface de Donatella Della Porta

L’histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d’ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu’une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ?
Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l’affirmative, en retraçant la trajectoire d’un groupe politique, d’un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l’illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d’en brosser une histoire incarnée, une histoire de l’intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement.
Il s’agit là d’une conviction partagée par les auteurs : la compréhension de la clandestinité en politique se doit d’articuler, d’une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l’expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d’autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l’extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux.
À travers l’exploration de la clandestinité comme modalité d’action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d’ordinaire trop peu – anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux – en montrant l’existence de problématiques communes malgré les différents contextes, mais ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.

Virgile Cirefice est ancien élève de l’ENS de Lyon, agrégé et docteur en histoire (Université Paris 8 – Université de Bologne). ATER à l’Université Lyon 3 et chercheur associé à l’IHTP, ses recherches portent sur l’histoire culturelle du politique, sur le socialisme français et italien et sur la sortie de guerre dans les deux pays.
Grégoire Le Quang est docteur en histoire contemporaine. Actuellement ATER à l’ENS, il poursuit ses recherches sur la thématique des violences politiques et des terrorismes en Italie, de leur impact dans la société et de leur mémoire.
Charles Riondet est docteur en Histoire et ingénieur de recherches au sein de l’équipe ALMAnaCH (Inria-EPHE). Ses recherches portent sur la Résistance et la Libération en région parisienne et les écrits personnels en temps de guerre.

Virgile Crirefice
Novembre 2019
15,5 x 24, 320 pages
ISBN 979-10-267-0832-2
27 €