Article(s) archivé(s) de la catégorie Collection la chose publique

KARINE SALOMÉ Vitriol

KARINE SALOMÉ Vitriol

Les agressions à l'acide du XIXe siècle à nos jours

Entre 1870 et 1930, les agressions à l’acide se multiplient en France. Majoritairement accomplies par des femmes issues des classes populaires, qui entendent se venger de leur ancien compagnon ou de leur rivale en leur projetant de l’acide au visage, elles sont considérées, de manière réductrice, comme des crimes passionnels. Reléguées dans la rubrique des faits divers, elles suscitent toutefois des peurs et des fantasmes, alimentent les débats sur les droits des femmes et les relations entre les sexes. La vitrioleuse devient une figure criminelle qui incarne la cruauté féminine et conduit à la défiguration de sa victime dont elle annihile les traits et l’identité. Loin d’avoir disparu de nos jours, ces agressions, bien souvent masculines, sont désormais interprétées comme des crimes d’honneur.

Docteure en histoire, Karine Salomé enseigne dans le secondaire. Elle a notamment publié Les îles bretonnes. Une image en construction (1750-1914) (Presses universitaires de Rennes, 2003), L’ouragan homicide. L’attentat politique en France au XIXe siècle (Champ Vallon, 2010) et Je prie pour Carnot qui va être assassiné ce soir. Un attentat contre la République, 24 juin 1894 (Vendémiaire, 2012).

Couv Vitriol
Mars 2020
14 x 22 cm, 288 pages
ISBN 979-10-267-0868-1
21 €

RAFE BLAUFARB L’invention de la propriété privée

RAFE BLAUFARB L’invention de la propriété privée

Une autre histoire de la Révolution
Traduit de l'anglais (USA) par Christophe Jaquet

Que signifie posséder quelque chose ? Quelles sortes de choses peuvent être possédées ?  Comment renonce-t-on à sa propriété ? Quelles sont les frontières entre propriété privée et propriété publique ?
En l’espace de dix ans, la Révolution française s’est efforcée de répondre à toutes ces questions. Comme Rafe Blaubarb le montre dans ce livre ambitieux, elle a refondé le système de propriété existant jusqu’en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. Les révolutionnaires les ont réalisés en abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l’office public vénal, et en démantelant le domaine de la Couronne, faisant ainsi de l’Etat une pure souveraineté.
Ce fut une grande démarcation, c’est-à-dire une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d’où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l’Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Le processus détruisit le fondement conceptuel de l’Ancien Régime, posa les fondations du nouvel ordre constitutionnel de la France, cristallisa toutes les manières de penser l’Etat et la société modernes et créa une nouvelle réalité juridique et institutionnelle. La Grande Démarcation montre dans quelle mesure la transformation révolutionnaire de la propriété d’Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.

La propriété privée est née en 1789
L'OBS par Antoine Lilti

Rafe Blaufarb est professeur d’histoire française à la Florida State University, où il dirige l’Institut sur Napoléon et la Révolution Française.

Couv L'invention de la propriété privée
Septembre 2019
14 x 22 cm, 352 pages
ISBN 979-10-267-0837-7
27 €

SYLVAIN DUFRAISSE Les héros du sport

SYLVAIN DUFRAISSE Les héros du sport

Une histoire des champions soviétiques (années 1930-années 1980)

Athlète d’État, dopage omniprésent, tutelle pesante du KGB… La liste des croyances collectives sur le sport soviétique est bien ancrée dans les mémoires.
Cet ouvrage, le premier en français sur ce sujet, éclaire à partir de sources inédites le processus de fabrique des champions en URSS et leurs conditions sociales d’existence. Les « héros du sport », incarnations du régime dans les stades au moment de la Guerre froide, ont été pour les Soviétiques des figures qui ont donné corps à la patrie et à ses succès. Ils eurent à démontrer par leurs performances la capacité à « rattraper et dépasser » les États capitalistes et à réaliser des « hommes nouveaux ». Loin d’une seule machine à broyer les vies, le sport s’est avéré aussi un moyen de faire partie des promus du régime.

L'Histoire Juin 2019

France Inter L'œil du tigre Le Champion soviétique Dimanche 10 mars 2019

Le Monde du 21 03 2019

Sylvain Dufraisse, agrégé d’histoire, est maître de conférences à l’UFR STAPS de l’université de Nantes. Il est docteur en histoire contemporaine de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il s’intéresse en particulier à l’histoire des corps, des pratiques physiques, sportives et de loisirs.

Mars 2019
14 x 22 cm, 328 pages
ISBN 979-10-267-0775-2
25 €

MATHILDE ROSSIGNEUX-MEHEUST Vies d’hospice

MATHILDE ROSSIGNEUX-MEHEUST Vies d’hospice

Vieillir et mourir en institution au XIXe siècle

Alors que persiste aujourd’hui encore l’image de « l’hospice mouroir », le développement d’établissements pour la vieillesse au XIXe siècle témoigne au contraire d’une préoccupation nouvelle dans la société française : comment prendre soin des vieux ?

A Paris, en amont des grandes lois républicaines du XXe siècle, un vaste dispositif d’assistance se met en place pour nourrir et loger à vie des milliers de vieux indigents. Pour les classes populaires, vivre et mourir en institution devient une expérience ordinaire de la fin de vie. L’analyse de la vie privée des hospices et des maisons de retraite révèle la place ambiguë que la France post-révolutionnaire réserve à ses aînés, entre rejet et bienveillance, protection et surveillance.

Libération. 3 janvier 2019 par Dominique Kalifa

Le Monde. 20 décembre 2018 par Pierre Karila-Cohen

L'Histoire. Décembre 2018. Le coup de cœur de Jean-Pierre Rioux

Biographie

Mathilde Rossigneux-Méheust est chercheuse au laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes et maîtresse de conférences à l’Université Lumière Lyon 2.

Paru en novembre 2018
14 x 22, 392 pages
ISBN 979-10-267-0744-8
25 €

CLYDE PLUMAUZILLE Prostitution et Révolution

CLYDE PLUMAUZILLE Prostitution et Révolution

Les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804)

Voici la première enquête historique jamais réalisée sur la prostitution à l’heure de la Révolution française, une période clé pour comprendre la place des prostituées dans notre République. A travers cette histoire des femmes publiques en Révolution, ce sont les origines des politiques contemporaines de la prostitution qui se dévoilent.
La Révolution française marque en effet un tournant inédit dans l’appréhension de la prostitution. En dépénalisant cette activité tout en maintenant un contrôle policier sur les femmes qui l’exercent, elle fait des prostituées, « femmes infâmes » de l’Ancien Régime, des citoyennes diminuées de la République.
Dans cette riche enquête historique où se côtoient femmes publiques, bons bourgeois, policiers et hommes de loi, la prostitution vient révéler les frontières morales du projet révolutionnaire et proposer une histoire de la sexualité sous la Révolution française.
Alors que sonne le glas des grands bordels de l’Ancien Régime, que fut la prostitution au tournant des XVIIIe et XIXe siècles ? Le commerce du sexe a-t-il constitué un enjeu pour les révolutionnaires qui mettent alors la régénération morale à l’ordre du jour ? Spécialiste de l’histoire révolutionnaire et de l’histoire des femmes et du genre, l’auteur dévoile et les transformations et les paradoxes d’une période charnière.
À la croisée de l’histoire des femmes et du genre, de l’histoire de la Révolution française mais également des apports de la sociologie et des sciences politiques, cet ouvrage revient sur les fantasmes et les préjugés qui trop souvent résument l’histoire de la prostitution révolutionnaire, enquête empirique à l’appui.

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INTRODUCTION :
LA PROSTITUTION EN REVOLUTION, UN « NON-LIEU D’HISTOIRE»

De l’histoire de la prostitution à l’histoire de la Révolution : un rendez-vous possible et nécessaire

Sources et méthodes : « traquer les prostituées »

A – Les « papiers » des commissaires : archives de la pratique policière de la prostitution
B – Les hospices-prisons de la Révolution
C – Les archives de la surveillance : l’administration de papier de la prostitution
D – Listes et lettres de prostituées : d’autres regards sur la prostitution

Penser le droit à la cité des prostituées dans la société régénérée

CHAPITRE LIMINAIRE : TROUBLE DANS LES MŒURS

A – Dire et faire dire la sexualité prostitutionnelle
B – Le « fléau de la prostitution »
C – Du « grand renfermement » à la « petite clôture » : règlementer pour contrôler

PARTIE I

I. Profil et itinéraire d’une population de « filles » construite par l’action policière
A – Qui sont les « femmes publiques » du Paris révolutionnaire ?
B – « Journalières » de la sexualité
C – L’économie morale de la prostitution

II. Un sens aigu du placement : le territoire parisien de la prostitution à la fin du XVIIIe siècle

A – Paris, capitale de la prostitution
B – Le « marché aux putains » du Palais-Royal

III. La sous-culture de la prostitution révolutionnaire

A – Entourages et partenaires de la prostitution
B – Les arts de faire de la prostitution
C – « Les filles paraissent donc devoir être ma dernière ressource » : Alexandre Brongniart et la prostitution du Paris révolutionnaire

PARTIE II .

IV – Murmures du peuple, silence des lois. La dépénalisation de la prostitution et la démission du pouvoir législatif (1789-1792)

A – La police des mœurs au XVIIIe siècle : retour sur une « équivoque manière de tolérer et de proscrire »
B – Les cahiers de doléances : sondage d’un horizon d’attente sur la prostitution en 1789
C – De la dépénalisation silencieuse à l’intolérance tacite, 1789-1792

V – Une dépénalisation manquée. La mise en administration de la prostitution (1793-1799)

A -1793 : le « retour du refoulé » de la prostitution à la barre de l’Assemblée
B – Le tournant de l’an II : l’arrêté de la Commune contre les « femmes de mauvaise vie » du 4 octobre 1793, la mise en œuvre d’une nouvelle « rationalité incriminatrice » de la prostitution
C – La République directoriale, laboratoire d’une administration des mauvaises mœurs

PARTIE III

VI – Policer les mœurs, réguler le scandale : la communauté des « honnêtes citoyens » contre la prostitution

A – L’Affirmation d’une police de la prostitution
B – L’action du commissaire de la Butte des moulins : une action plus régulatrice que répressive.
C – Les « entrepreneurs de morale » du quartier de la Butte des moulins

VII – « Arrêtée comme femme publique » : retour sur la stigmatisation

A – L’étiquetage d’un gibier de police
B – L’appel à la justice des femmes enfermées pour prostitution : la mobilisation d’une puissance d’agir citoyenne

CONCLUSION

Revue de presse

LECTURES.REVUES.ORG — « Clyde Plumauzille, Prostitution et révolution. Les femmes publiques dans
la cité républicaine (1789-1804) », par Lilain Mathieu, 5 décembre 2016.

H-France Review — par Jennifer Heuer, vol. 17, N°107, 2017

REVUE HISTORIQUE DE DROIT FRANÇAIS ET ETRANGER — par André Cabanis, avril-juin 2017

LIBERATION — « Femmes publiques en République » par Yannick Ripa, 18 janvier 2017

EN ATTENDANT NADEAU N°24 — « Un tabou de la République » par Vincent Milliot, 18 janvier 2017

Population — par Jean-Marc Rohrbasser, vol. 22, 2017/2

Les Cahiers de science et vie — par Hélène Colau, septembre 2016

L'Histoire — N° 433, mars 2017

FRANCE CULTURE — La Fabrique de l'histoire, 20 janvier 2017

Biographie

Docteure en histoire de l’Université Paris 1, Clyde Plumauzille est chercheuse au Centre de Recherches Historiques de l'École des Hautes Études de Sciences Sociales.
Ses recherches portent sur la prostitution urbaine à l’époque moderne et au début de l’époque contemporaine, et se situent à la croisée de l’histoire des femmes et du genre, de l’étude des politiques publiques de la prostitution et de l’histoire sociale et culturelle de Paris.

Prostitution et révolution – Clyde Plumauzille 2016
Paru le 17 novembre 2016
14 x 22 cm, 400 pages
ISBN 979-10-267-0066-1
28 €

ANNE VERJUS, DENISE DAVIDSON Le roman conjugal

ANNE VERJUS, DENISE DAVIDSON Le roman conjugal

Chroniques de la vie familiale à l'époque de la Révolution et de l'Empire

À l’époque révolutionnaire, la famille est souvent présentée comme l’unité élémentaire de la Nation et le creuset de la citoyenneté. La Révolution et l’Empire en ont fait le jouet de lois tour à tour progressistes et réactionnaires, instaurant par exemple le divorce tout en négligeant de supprimer l’autorité maritale.
Sous l’empire de ces lois, des couples ont vécu. Dans une société qui connut, en l’espace d’une génération, des bouleversements sans précédent, des femmes et des hommes se sont mariés, ont découvert l’intimité de la vie conjugale, la force des désirs et des sentiments; ces époux ont partagé un quotidien fait de tranquillité et de banalité mais aussi, en ces temps troublés, d’extraordinaires menaces, craintes et souffrances. Bien des épouses ont appris, en l’absence des hommes, à endosser de nouvelles responsabilités; et les époux, à connaître leur femme sous un nouveau jour. Des pères et des mères ont choisi d’éduquer leurs enfants selon Rousseau, tout en cédant à la mode du mérite et de la concurrence. Tous ont dû apprendre le nouveau catéchisme des droits et devoirs conjugaux, mais tous n’en ont pas fait une religion.
Parmi ces couples de l’époque révolutionnaire, deux d’entre eux nous ont laissé une correspondance exceptionnelle. Le premier, lyonnais, est celui d’Antoine Morand de Jouffrey et Magdeleine Guilloud, mariés en 1785. Le second, parisien, est celui de Pierre Vitet et Amélie Arnaud-Tizon, mariés en 1801. À partir des 1500 lettres que forment leurs échanges épistolaires, Anne Verjus et Denise Davidson retracent les étapes, les aléas et les normes de ces vies conjugales dont on ignorait, pour cette période si peu banale, à peu près tout.

Revue de presse

La correspondance d'Antoine Morand de Jouffrey, sur le site de l'Ens de Lyon

Biographies

Denise Davidson est professeur d’histoire à Georgia State University aux Etats-Unis. Elle a publié France after Revolution : Urban life, Gender, and the New Social Order (Harvard University Press, 2007).

Anne Verjus est chercheur au CNRS, membre du laboratoire Triangle à l’ENS de Lyon. Elle a publié Le Cens de la Famille. Les femmes et le vote, 1789-1848 (Belin, 2002, préf. de M. Ozouf), ainsi que Le Bon mari. Une histoire politique des hommes et des femmes à l’époque révolutionnaire (Fayard, 2010).

Roman conjugal (Le) – Anne Verjus Denise Davidson 2011
Paru le 10 mars 2011
14 x 22 cm, 352 pages
ISBN 978-2-87673-546-0
26.50 €

PIERRE SERNA (dir.) La politique du rire

PIERRE SERNA (dir.) La politique du rire

Satires, caricatures et blasphèmes. XVIe-XXIe siècles

Les historiens vivent, travaillent et pensent dans la cité. Un mois après le massacre de la rédaction de Charlie, des historiens se réunissent à l’École Normale de la rue d’Ulm, pour penser ensemble comment depuis le XVIe siècle le rire a été une puissante arme politique, utilisée sous diverses formes, de la dérision subtile au rire féroce, en passant par la franche moquerie de l’adversaire. Il est un marqueur d’intelligence, de culture et s’inscrit durant les périodes de violence tel un processus de civilisation, forme de continuation d’une lutte sans effusion de sang… jusqu’à ce que les censeurs et les ignorants tentent de l’interdire ou le tuent, réellement, avant qu’il ne reparaisse, toujours… Tenter d’expliquer les rapports conflictuels entre l’invention du rire et la construction de la politique depuis Machiavel et Rabelais permettrait ainsi d’éclairer les ruptures actuelles d’un monde globalisé où la question du rire politique repose tout simplement celle de la liberté d’expression et de conscience, au cœur d’une cité républicaine meurtrie et à repenser.

Textes de L. Bihl, I. Brian, H. Drévillon, A. de Baecque, A. Cabantous, L. Villiaume, I. Pantin, P. Serna, J.-M. Le Gall, P. Verschueren.

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La politique du rire:
satires, caricatures et blasphèmes. XVIe-XXIe siècles

Le sommaire

INTRODUCTION

Ou, morts … d’en rire !
Pierre Serna

PREMIERE PARTIE
Rires modernes et subversifs de Rabelais à Voltaire

Rabelais et ses papimanes:
outrance comique et signification politique
Isabelle Pantin

Rires et violences religieuses à la Renaissance
Jean-Marie Le Gall

Le rire du sergent :
rire, violence et sociabilité dans le monde militaire
sous le règne de Louis XIV
Hervé Drévillon

Le rire du prédicateur :
de Tallemant des Réaux aux Predicatoriana de Gabriel Peignot
Isabelle Brian

DEUXIEME PARTIE
Rires contemporains, révoltés et libres,
de bergson à la place tahrir au Caire

Rires contemporains, révoltés et libres :
de Bergson à la place Tahrir
Antoine de Baecque

Pince ou pique-sans-rire
Le vieux loufoque est-il comique ?
Laurent Bihl

Le rire de la vieille dame :
humours, sciences et politiques rue d’Ulm de 1945 à 1971
Pierre Verschueren

Street art et révolution en Égypte :
le rire au bout de la Révolution
Leslie Vuillaume

EPILOGUE
La fin du rire… ou le rire de fin…

Le rire et le basphème :
remarques sur un couple improbable
Alain Cabantous

Revue de presse

RHMC, par Jean Ruhlmann, N°641, 2017/1.

Le Canard Enchaîné — On ne badine pas avec l'humour, par Frédéric Pagès, 9/9/2015

Marianne — Politiques de l'hilarité, par Alexandre Gefen, 8/10/2015

LE Monde — par Pierre Karila-Cohen, 26/11/2015

LA Vie des idées — Mourir de rire, par Annie Duprat, 19/11/2015

H-france Review — par Sara Beam, N°203, septembre 2016

L'HUMANITE — Le rire politique, subversif, thermomètre démocratique, par Nicolas Mathey, 01/2016

Les Rendez-vous de l'histoire de Blois, octobre 2015, par la Librairie Mollat

Politique du rire serna
Paru le 21 août 2015
14 x 22 cm, 288 pages
ISBN 979-10-267-0073-9
24 €

PIERRE SERNA La république des girouettes

PIERRE SERNA La république des girouettes

1795-1815 et au delà
Une anomalie française: la république de l’extrême-centre

La vie politique fourmille de personnages changeant au gré des majorités qui se font et se défont. Mais comment la girouette est-elle née dans la culture politique française? De quelle façon réapparaît-elle lors de chaque crise et de quelle manière désorganise-t-elle la vie parlementaire?
La littérature pourrait donner un début de réponse. Un personnage de fiction surgit au xixe siècle: le transfuge, qui, sous le visage de l’arriviste cynique, contribue au façonnement de l’archétype du «Judas politique» moderne. Pourtant tout n’est pas sorti de l’imagination des romanciers. Le transformisme idéologique provient de l’expérience traumatisante que les Français ont connue entre 1814 et 1816, lorsque se succèdent à une cadence soutenue Napoléon et Louis XVIII, lorsque les serments de fidélité ne durent que quelques semaines… Ce n’est pas la première fois que la France voit ses élites renoncer à leurs paroles. La monarchie puis la Révolution ont déjà été confrontées, de façon conflictuelle parfois, à la question de la fidélité religieuse d’abord, politique ensuite. Ce ne sera pas non plus la dernière fois, comme les événements de 1940 le montreront.
La girouette en soi vaut surtout par ce qu’elle révèle: la construction d’un pouvoir exécutif qui ne peut plus s’appuyer sur un pouvoir d’origine divine. Le personnage-caméléon incarne alors un technicien de la politique ou un professionnel de l’administration dont la vocation consiste à faire marcher la chose publique au-delà des opinions ou des contingences idéologiques. Pour cela, mieux vaut se trouver en un centre politique, mieux vaut être capable de s’adapter et de saisir rapidement les leviers du pouvoir en toutes occasions, afin de rejeter à la périphérie les radicaux et les perturbateurs de l’ordre public. L’authentique anomalie de la vie politique française ne serait pas cette lutte entre «blancs» et «rouges» depuis deux siècles, mais l’émergence d’un centre invisible et pourtant omniprésent.
Qui mieux que le général accomplissant le coup d’Etat du 19 brumaire a perçu cet «extrême centre» lorsqu’il résumait ainsi son programme politique: «Ni talons rouge, ni bonnet rouge»? Ce livre interroge finalement, de façon dérangeante mais nécessaire, la place de Bonaparte, éminent politique, au cœur de la construction républicaine française depuis deux cents ans.

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La république des girouettes
1795-1815 et au delà
une anomalie française: la république de l’extrême-centre

Le sommaire

Du mont des Oliviers
à la caverne de Jotapata
préhistoire de la trahison

PREMIERE PARTIE
Le Transfuge,
figure romanesque et personnage historique
ou… les liaisons dangereuses de l’Histoire
et de la littérature au xixe siècle

Chapitre I: La girouette: figure réelle et anti-héros de papier
I. L’histoire d’un siècle caméléon
II. Mémoires de Girouettes:
naissance d’une figure médiocre dans un genre mineur.
III. «Des Machiavel sans qualités»
IV. La vie de bureau est un vrai roman…
ou les français mythomanes
III. Histoire d’une conversion

Chapitre III: Grands écrivains et petites créatures
I. Balzac, ou… la comédie des girouettes trop humaines
II. Stendhal… ou autant en emporte Lewen

Chapitre III: Quinet… ou l’historien bouleversé
I. Confession d’un doute
II. La Révolution trahie
III. Mirabeau, au tribunal du juge historien
IV. Le vrai Machiavel ou la vertu calomniée
Épilogue: France… 1945: Jules Isaac,
un juste au pays des francisques en poche
et des vestes retournées

SECONDE PARTIE
Naissance d’une figure politique française:
la girouette

Chapitre IV: 1814-1816, météo politique instable:
régimes à tous vents
I. Avril 1814: les «Judas» entrent en scène
II. La drôle de Restauration
III. Les Cent-Jours
IV. Fiction ou réalité d’un Empire libéral?
V. Juillet 1815… Le retour du roi, «quand même»…

Chapitre V: La girouette
Quand Le Nain Jaune et sa cohorte
tiennent 1814-1816, météo politique instable
sur les fonts baptismaux…
I. Une bataille de… «Nains» pour une controverse géante
II. Le Nain Vert et la farce féroce:
ou, à droite, rira bien qui rira le dernier…
III. Le Dictionnaire des Girouettes
IV. La queue de la girouette

Chapitre VI: Contre-figures de la girouette
Nouveaux travestissements
ou visages adultes de la politique…
I. Épurer?… Épurons!
II. Les «contre-girouettes»… ou les sauveurs de l’État
III. Les braves à l’assaut…
IV. Antonelle le précurseur et Jullien le conciliateur
ou… un nouveau jacobinisme
en accord avec la société civile
V. Où il est question, encore, et non pour la dernière fois,
des «Modérés» et du Centre
Épilogue: la girouette ou la modernité empoisonnée
«Néo-caméléons» Ultras, censeurs, homes du juste milieu

Troisième partie
De Thermidor à L’Empire,
le compromis dans l’intransigeance?…
ou la République de l’Extrême-Centre
et l’origine de l’anomalie française

Chapitre VII: Brèves histoires des girouettes
Des guerres civiles de religion
à la guerre civile de la Terreur
I. La girouette au temps des rois
II. La Révolution ou l’entrée en scène du Janus bifrons

Chapitre VIII L’an III ou la République recentrée
Des transfuges aux honnêtes gens…
ou comment passer de la République
des renoncements à la Cité de l’ordre public
I. Où les historiens de l’an III
s’accordent sur la présence des girouettes…
et s’opposent sur la direction des vents dominants!
II. À qui sommes nous?…
III. Ferme opinion du peuple
contre versatile opinion publique
IV. Germinal an III: Un honnête homme
contre des honnêtes gens,
ou Carnot face à Siéyès et consorts…

Chapitre IX: Du Directoire au Consulat:
Un laboratoire pour une idéologie de l’extrême centre
I. Il est temps de s’expliquer sur l’«extrême centre»
II. La controverse Adrien Lezay Marnésia-
Benjamin Constant
III. Inventer le Centre
IV. Bonaparte ou la quintessence d’une République du centre,
contre les bonnets rouges et les talons rouges
Conclusion: La République toujours plus au centre…
jusqu’à sa perte?

Chapitre X: L’empire du milieu
I. Une résistante: Madame de Staël
et ses considérations sur la Révolution Française
II. Thibaudeau… ou le préfet de Marseille,
en «jacobin poudré» impérial
III. Fiévée, penseur de l’Empire des intérêts…
contre la Révolution des opinions
IV. Constant… «et vogue la galère»…
V Napoléon-Bonaparte…
ou le mémorial de l’Empereur Janus

Épilogue
Variations dramatiques sur un même sujet
Les girouettes d’une épuration à l’autre….

Conclusion
La girouette, une figure du passé… jamais dépassée

Bibliographie


Revue de presse

     Le Monde du vendredi 27 mai 2005

Vents changeants
Le « centre », de la Révolution à la Restauration

Pierre Serna ouvre de façon originale et convaincante les voies à l’explication d’une culture politique à la française submergée par les extrêmes, de droite comme de gauche, au point d’avoir laissé peu de place dans la mémoire collective aux partisans de ce qu’il appelle le  » centre « , à ceux d’un parti  » médian « ,  » mixte « , d’une troisième force dont la marque de fabrique serait celle de la raison et de la modération.
La figure allégorique qui dans l’histoire a largement contribué à cette occultation est celle de la girouette. L’homme-girouette est le traître par excellence, le corrompu, le transfuge de toutes les causes, une sorte de sangsue du pouvoir qui s’épanouirait sur le cadavre de l’intérêt général. Si le motif de la girouette apparaît en 1815 avec le dictionnaire du même nom publié en juillet par le publiciste Alexis Eymery, à l’issue des convulsions politiques inhérentes à la succession rapide des régimes – quatre en un peu plus d’un an, et autant de serments – celui-ci traverse toute notre histoire politique et sociale. Autour de l’image polémique de la girouette – et du vent toujours changeant qui l’accompagne – s’agrègent comme à un aimant autant de questions qui sont celles d’un XIXe siècle lent à terminer la Révolution : celle des rapports de l’éthique à la politique, de la meilleure république possible et de la meilleure façon de la servir.
La rupture de 1789, la transformation d’une société d’ordres et de corps en autant d’individus citoyens isolés, la désagrégation des anciennes valeurs engendrent de l’inquiétude, et de cette inquiétude naît la controverse.

Contre-figures

En remontant le cours de l’histoire, de la Restauration au Directoire, en entrecroisant ses sources – littéraires et politiques – en convoquant une foule de textes peu connus voire méconnus, Serna nous invite à saisir tous les enjeux d’une histoire culturelle du politique à partir d’une simple figure de combat. Celle-ci, comme en une efflorescence, engendre autant de contre-figures qui toutes apportent des éléments de réponses à la question centrale de la construction de l’Etat comme de l’inclusion du social au politique. De ces contre-figures restées dans l’ombre, Serna exhume l’histoire enfouie de la conversion face à la trahison, de la transition face à la rupture, de la modération face à la violence, en esquissant une lecture fine, neuve et convaincante d’une écriture politique précisément marquée au fer rouge du chiffre de nos antagonismes, de nos clivages et de notre dualité. Ce nouvel opus du biographe d’Antonelle (éd. du Félin, 1997) vaut mieux que son sous-titre. Derrière la notion d' » extrême centre « , paradoxale et volontairement provocatrice, on trouvera des trésors de science et de subtilité.

Emmanuel de WARESQUIEL

Biographie

Pierre Serna est maître de conférences à l’Université Paris-I. Il a publié Antonelle, aristocrate révolutionnaire (1747-1817) (Félin, 1997) et avec Pascal Brioist et Hervé Drévillon, Croiser le fer. Violence et culture de l’épée dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle) (Champ Vallon, 2002).

République des girouettes (La) – Pierre Serna 2005
Paru le 15 mars 2005
14 x 22 cm, 574 pages
ISBN 2.87673.413.3
29 €

GUILLAUME MAZEAU Le bain de l’histoire

GUILLAUME MAZEAU Le bain de l’histoire

Charlotte Corday et l'attentat contre Marat (1793-2009)
Préface de Jean-Clément Martin

Marat a-t-il été assassiné par Charlotte Corday, ou par les historiens eux-mêmes ? L’événement, pris dans les tourbillons de la mémoire depuis le 13 juillet 1793 et longtemps rejeté par les historiens universitaires, ne fut très vite ressenti qu’à travers la figure de Corday et a fini par s’échouer sur les rives incertaines du patrimoine antirépublicain. Ce sont les pilleurs qui semblent aujourd’hui avoir gagné la bataille du passé, bradant les restes aux mieux-disants : Marat est mort une seconde fois, noyé sous le charisme encore exercé par Corday, transformée en énième figure de la société compassionnelle. Prendre parti au sein des débats mémoriels, ce n’est pas seulement retrouver les sources politiques du fameux attentat. C’est aussi inviter le lecteur à remonter le cours de la mémoire et accepter de plonger, avec Corday, Marat et leurs historiens, dans le grand bain du passé.

Revue de presse

Jacques Guilhaumou, « Guillaume Mazeau, Le bain de l’histoire. Charlotte Corday et l’attentat contre Marat (1793-2009) », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne], 30 | 2009, mis en ligne le 01 février 2010, consulté le 22 août 2016.

Emmanuel Fureix, « Bain en eau trouble », La Vie des idées , 30 septembre 2009. ISSN : 2105-3030

LE MONDE DES LIVRES — Thomas Wieder — 16 juillet 2009

Biographie

Docteur en histoire, ancien élève de l’ENS-Lyon, Guillaume Mazeau enseigne à Lens. Il a publié Charlotte Corday et la Révolution française en 30 Questions (Geste). Il est commissaire de l’exposition Corday/Marat. Les discordes de l’histoire, qui se tiendra au Musée de la Révolution française de Vizille (Isère) du 26 juin au 26 septembre 2009.

Bain de l'histoire (Le) – Guillaume Mazeau 2009
Parule 29 mai 2009
14 x 22 cm, 464 pages
ISBN 978-2-87673-501-9
29 €

ARNAUD GUINIER L’honneur du soldat

ARNAUD GUINIER L’honneur du soldat

Éthique martiale et discipline guerrière dans la France des Lumières (1748-1789)

Au lendemain de la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), la France s’engage dans une réforme de son appareil militaire que les défaites de la guerre de Sept ans viennent accélérer et qui se poursuit jusqu’à la Révolution. Dominées par la volonté d’améliorer l’efficacité de l’armée française, ces transformations aboutissent à une emprise sans précédent sur les corps des soldats, plus que jamais réduits au rang d’automates. Cette évolution favorise par contrecoup une réflexion nouvelle, menée en particulier par les officiers français, afin de substituer à la seule contrainte mécanique le principe d’une discipline consentie fondée en particulier sur la mobilisation d’un sens de l’honneur reconnu au soldat. À travers la mobilisation des corps, c’est ainsi le statut moral et politique de l’homme du rang qui est finalement repensé.

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L’honneur du soldat: éthique martiale et discipline guerrière dans la France des Lumières (1748-1789)

Le sommaire

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE
Ordre tactique ou tactique de l’ordre ?

Chapitre 1. Cohésion et mouvement : une difficile conciliation

1. De l’art des dispositions
2. En avant, marche…
3. Régler le tir
4. La vitesse : paradoxe d’un nouveau paradigme

Chapitre 2 : La tactique, une science exacte ?

1. « Une démonstration de géométrie »
2. Les aléas de la pensée mécaniste
3. Expérience et mathématisation empirique
3. Insuffler le courage ou maîtriser la peur ?

Chapitre 3 : Tactique et culture

1. Theatrum belli
2. L’idéal du « paraître discipliné »
3. L’économie du risque

Chapitre 4 : Du primat de l’ordre à celui du mouvement : une mutation paradigmatique à la veille de la Révolution

1. Une question d’échelle
2. L’ambition d’une guerre de mouvement
3. Tactique régulière et petite guerre :
des influences croisées
4. Le sentiment du fer
5. Au-delà de la tactique : le poids nouveau des passions

DEUXIÈME PARTIE
Dresser les corps

Chapitre 5 : Modeler les corps au gré des exigences tactiques

1. Disposer les corps
2. Manier son arme
3. Apprendre à marcher

Chapitre 6 : Dynamiser les corps

1. La raideur ou la grâce
2. Corps naturel, corps dynamique ?
3. De la belle posture à la bonne position : spécificité du corps cavalier
4. Développer les compétences individuelles
5. Endurcir les corps

Chapitre 7 : Du dire au faire :
l’enjeu des modalités pratiques de l’exercice

1. Cadre, rythme et acteurs
Organiser l’apprentissage
Le pain quotidien du soldat
De l’importance des instructeurs
2. Le poids des contraintes matérielles
S’exercer sans poudre ni balles
Salles d’exercice et manège : des infrastructures inégales
Des exigences foncières grandissantes
Au-delà des contraintes matérielles, le poids des stratégies individuelles
3. L’inlassable quête de l’uniformité
Du règlement à la pratique : une affaire d’interprétation
La tentation d’une formation centralisée
L’avenir est dans les camps

Chapitre 8 : Vers un nouvel idéal pédagogique

1. Du bon usage des automatismes
2. La recherche d’une emprise indirecte
3. Pouvoir de la norme et exercices joyeux

TROISIÈME PARTIE
Repenser l’obéissance

Chapitre 9 : L’ambition d’une discipline morale

1. Le rejet de l’universalisme disciplinaire
2. Concilier honneur et discipline
3. La part la plus vile de la nation : la question du recrutement
4. La discipline comme projet d’éducation
Le siècle du sensualisme
De la possibilité de nécessiter le soldat aux actions héroïques
Le rêve d’une éducation précoce et étatique
Un matérialisme moins philosophique que pragmatique

Chapitre 10 : Un nouveau droit de punir

1. L’arbitraire, instrument d’une justice circonstanciée
Le flou juridictionnel
Le poids des châtiments extra-judiciaires
Une pédagogie de l’exemple
2. La défense d’un nouveau régime de juridicité
De la loi des despotes au despotisme de la loi
De l’arbitraire confisqué à l’arbitraire contesté : action et limite de la politique royale
3. Repenser l’infamie : la matrice de la désertion
La punition des déserteurs en débat : critiques et projets de réforme
Nommer l’infâme : un enjeu politique
4. De la punition corporelle à la peine d’opinion :
l’enjeu des sanctions disciplinaires
Honneur et punitions corporelles  une impossible conciliation ?
De la privation de liberté aux peines d’opinion, la recherche de sanctions disciplinaires alternatives

Chapitre 11 : Du contrôle à l’émulation  :
repenser le lien communautaire

1. Un individu isolé
Livrer le soldat à toute la sévérité des lois
Cloisonner les corps, contrôler les flux
De l’identification à l’individuation
2. Entre esprit de corps et insertion nationale :
l’idéal d’un contrôle intériorisé
Ne faire qu’un des volontés individuelles : l’enjeu de l’esprit de corps
Du cloisonnement à l’insertion : le nouvel idéal du soldat-citoyen
3. Une nouvelle communauté morale
L’impossible résurrection de la foi
La virilité comme injonction
Amour de la gloire et esprit de sacrifice

Chapitre 12 : Les ressorts de l’émulation :

1. Réhabiliter le militaire
Améliorer les conditions du service
Récompenser l’ancienneté
Naissance des héros subalternes
2. La récompense comme facteur de mobilisation individuelle
Se distinguer en temps de paix
Se distinguer en temps de guerre
Valoriser le sacrifice anonyme : poids des blessures et récompenses collectives
3. L’avancement, une forme possible d’émulation ?
Le soldat juge de ses pairs : la question de l’élection
Une ouverture en trompe-l’œil : l’accès à l’épaulette

CONCLUSION
De l’honneur du rang au citoyen-soldat

ÉPILOGUE
Du citoyen-soldat au soldat-citoyen :
retour aux Lumières ?


Revue de presse

L’honneur du soldat: éthique martiale et discipline guerrière dans la France des Lumières (1748-1789)

L’Histoire avril 2012

Soldat-citoyen

C’est de la construction de l’individu moderne, sujet situé dans un équilibre fragile entre contrainte et liberté, qu’Arnaud Guinier traite dans ce travail qui innove en réintroduisant un paradigme militaire qui faisait jusqu’ici cruellement défaut à ce sujet profondément politique. Sous la plume des officiers de la France des Lumières, la critique de l’idéal triomphant d’une armée-machine faite de soldats-automates aux corps dressés et à l’obéissance passive, inspiré d’un modèle prussien mythifié, donna naissance à une nouvelle conception disciplinaire, fondée sur une formation morale du soldat, d’où découlerait son adhésion volontaire aux impératifs disciplinaires nécessaires à un ordre tactique renouant avec la vitesse et le mouvement. La confrontation de ces deux modèles résultant de nouvelles préoccupations tactiques façonne alors l’idéal d’un soldat-citoyen, dont l’honneur constitue le nouveau fondement.
En montrant que ce modèle fut une des conditions de la rupture révolutionnaire qui forgea à son tour le nouvel idéal de citoyen-soldat, dont l’enjeu était désormais de contraindre un individu souverain, ce travail remarquable met en lumière les origines militaires de la Révolution française.

Biographie

Agrégé d’histoire et ancien élève de l’École Normale Supérieure, Arnaud Guinier est actuellement pensionnaire à la Fondation Thiers et rattaché à l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine.

Honneur du soladt (L') – Arnaud Guinier 2014
Paru le 20 novembre 2014
14 x 22 cm, 320 pages
ISBN 978-2-87673-992-5
28 €