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DIANA K. DAVIS Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb

DIANA K. DAVIS Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb

(traduit de l'anglais par Grégory Quenet)

La thèse de ce livre est forte. La colonisation française de l’Afrique du nord, portée par un complexe unissant colons, politiques, administrateurs et savants, a donné naissance à partir des années 1860 à un grand récit du changement environnemental qui s’est révélé une arme aussi efficace que les lois et les rapports de force économique pour déposséder les indigènes algériens de leurs terres. Attribuant aux invasions arabes du XIIe siècle le déclin de ce qui aurait été le grenier à blé de l’Europe depuis l’Antiquité, les nomades musulmans furent rendus responsables du déboisement, causé par le bétail et les incendies, et par conséquent de la baisse des précipitations en Afrique du Nord. Fondé sur des données scientifiques contestables, ce mythe a pourtant eu une influence considérable, légitimant la politique coloniale d’expropriation de la population arabe et servant les intérêts du lobby colonial. La thèse a perduré sous d’autres formes aujourd’hui : le projet de ceinture verte contre le Sahara, la privatisation des propriétés collectives autochtones.
Écrivant la première histoire environnementale de la colonisation française, la géographe américaine Diana K. Davis ébranle de manière magistrale des certitudes bien acquises.

Cet ouvrage a reçu plusieurs prix aux Etats-Unis (de l’Association des géographes américains (AAG), de L’Association américaine d’histoire environnementale (ASEH)… ).

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Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb

PRÉFACE
Grégory Quenet

Chapitre I. Histoire coloniale
et preuves empiriques

Chapitre II. Nature, Empire
et naissance d’un récit, 1830-1848
La vision du Maghreb avant la conquête
Le commerce, la politique et l’histoire
Soigner la terre avec le feu:
nature et culture dans le maghreb précolonial 
La conquête, l’occupation et le récit colonial sur l’environnement

Chapitre III. Idéalisme, capitalisme et formation
des récits, 1848-1870
Révolution, désenchantement et «royaume arabe»
Un récit colonial et environnemental raffiné
émergence de l’environnementalisme et récit colonial 
La science de la sylviculture et son développement
en France et en Algérie 
Colonialisme, capitalisme et transformation
de l’environnement en Algérie

Chapitre IV. Le triomphe du récit, 1870-1918
La Troisième République, l’insurrection
et l’assimilation de l’Algérie
Puissance des colons, propriété privée 
et «fixation des nomades à la terre»
Essor et déclin des Eucalyptus
La sylviculture et le rôle de la Ligue du Reboisement
Un contre-récit botanique

Chapitre V. Récit, science, politique et pratiques,
de 1919 à l’Indépendance
La consolidation de la domination coloniale française
au Maghreb
Ressusciter la forêt:
le développement de la foresterie au Maroc
La phytogéographie française et son application
en Afrique du Nord
Cartographier le potentiel: l’écologie végétale française
et la déforestation en Afrique du Nord 
La restauration: récit, politique, pratiques

Chapitre VI. La décolonisation, le récit colonial
et la politique environnementale
aujourd’hui
Annexe
Une note sur la géographie
et l’écologie du Maghreb
NOTES

Revue de presse

La vie des idées — Claire Fredj — 20 septembre 2013

Mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb (Les) (Diana K. Davis – 2012)
Paru le 14 juin 2012
14 x 22 cm, 336 pages
ISBN 978.2.87673.531.6
17.99 € / 26 €

GUILLAUME DECOCQ, BERNARD KALAORA, CHLOÉ VLASSOPOULOS La forêt salvatrice

GUILLAUME DECOCQ, BERNARD KALAORA, CHLOÉ VLASSOPOULOS La forêt salvatrice

Reboisement, société et catastrophe au prisme de l'histoire

Au XIXe siècle, les Eaux et forêts et les Ponts et Chaussées rivalisent d’arguments pour faire valoir le rôle bénéfique des forêts sur l’environnement et le climat. Jouant sur la fibre émotionnelle de l’opinion, ils n’hésitent pas à prédire les pires catastrophes, associant le déboisement à la décadence et à l’effondrement de la société. Leur récit pourrait sembler faire écho au discours environnemental contemporain, alors qu’il est en réalité un plaidoyer pour la modernité et l’abolition de toutes les pratiques traditionnelles.
La relecture stimulante de cette controverse sur le rôle des forêts est une invite à débusquer, derrière les apparences, les intérêts en jeu de tout discours catastrophiste environnemental, les liens entre savoir et pouvoir, entre conservation et développement.

Revue de presse

Centre d'études et de prospective — par Bruno Hérault — 9 septembre 2016

FORET.NATURE, numéro 141, oct-dec 2016

Le Monde (03/06/2016)

La forêt salvatrice, Guillaume Decocq, Bernard Kalaora, Chloé Vlassopoulos, 2016, l'environnement a une histoire, éditions Champ Vallon
Paru le 04 mai 2016
14 x 22 cm, 285 pages
ISBN 979-10-267-0105-7
25 €

MICHAEL BESS La France vert clair

MICHAEL BESS La France vert clair

Écologie et modernité technologique en France, 1960-2000
(traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Jaquet)

L’interpénétration accélérée de la nature et de la culture est la principale caractéristique de l’ordre social « vert clair » apparu dans la France de l’après-guerre, affirme Michael Bess dans La France vert clair, qui nous offre un nouvel éclairage historique sur la France d’aujourd’hui. D’un côté, le souci de la qualité et de l’équilibre n’a cessé d’animer la vie économique et culturelle de ce pays ; de l’autre, les activités humaines n’ont cessé d’affecter, et de plus en plus, son environnement, que ce soit par l’intrusion de l’agriculture, de l’industrie et de la croissance urbaine, ou à travers les efforts moins visibles mais plus positifs de gestion écologique.
La France vert clair examine ces deux tendances sur les cinquante dernières années. L’essor de l’écologisme dans les années 1960 est né de la volonté de «sauver» ce qu’il y a de « sauvage » dans la nature, une nature conçue comme un domaine qualitativement distinct, totalement séparé des desseins et des entreprises des hommes. Et pourtant, montre Bess, après 40 ans d’agitation écologiste, qui n’a pas été sans réussir à atteindre ses objectifs, l’ancienne conception de la nature comme « sphère séparée » est devenue de plus en plus insoutenable. Dans la société vert clair, où l’écologie et la modernité technologique ne cessent de confluer, une nouvelle vision hybride du couple nature-culture a peu à peu émergé.

C’est le meilleur ouvrage sur l’impact de l’écologie sur la politique et la culture modernes. »
Donald Worster, University of Kansas
On a très peu écrit, sauf dans l’école des Annales, sur l’histoire de l’écologie en France. La Société vert clair est une analyse approfondie et passionnante des nombreux fronts sur lesquels l’écologie a porté le combat dans la société, la culture et la politique françaises. Bess nous offre une approche absolument nouvelle de cette histoire contemporaine. »
Gabrielle Hecht, University of Michigan
Ce livre original et passionnant montre comment le mouvement écologique s’est diffusé dans toutes les dimensions de la vie politique et industrielle française. La Société vert clair remet en cause les idées souvent fausses que l’on se fait de la France et ouvre un chapitre entièrement nouveau dans l’histoire de l’écologisme. »
Mark Cioc, University of California, Santa Cruz

Michael Bess est professeur d’histoire à la Vanderbilt University. Il est l’auteur de Realism, Utopia and the Mushroom Cloud : Activist Intellecutals and their Strategies for Peace, 1945-1989 [Le Réalisme, l’utopie et le nuage atomique : les intellectuels militants et leurs stratégies pour la paix] (University of Chicago Press).

Revue de presse

François Jarrige, « De l’écologie politique en France », La Vie des idées , 13 décembre 2011 (ISSN : 2105-3030)

La France vert clair, Michael Bess, Champ Vallon
Paru le 07 octobre 2011
14 x 22 cm, 356 pages
ISBN 978.2.87673.556.8
24,30 €