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MÉLANIE TRAVERSIER Le journal d’une reine

MÉLANIE TRAVERSIER Le journal d’une reine

Marie-Caroline de Naples dans l'Italie des Lumières

L’histoire commence par une découverte documentaire, surprenante et fortuite. En 2012, Mélanie Traversier retrouve chez un collectionneur privé américain un manuscrit décrivant le voyage d’une reine en Italie de mai à septembre 1785. Elle en reconnaît aussitôt l’écriture : c’est la pièce manquante d’un document exceptionnel qu’elle étudie depuis huit ans, le journal que Marie-Caroline de Habsbourg-Lorraine, petite sœur de Marie-Antoinette et reine de Naples, a tenu de 1781 à 1785. L’archive est désormais complète, la trouvaille archivistique venant combler une lacune dans le diaire conservé aux archives de Naples. Mélanie Traversier en propose donc une édition critique, précédée d’un volumineux essai introductif. Car ce document exceptionnel permet de surprendre la reine au travail de la discipline de ses affects. S’imposant l’exercice quotidien de ses « écritures », s’exerçant à cette langue française qui est celle de l’aristocratie européenne et qu’elle accommode à sa manière de quelques libertés stylistiques, elle offre aux amateurs d’histoire un témoignage d’une richesse exceptionnelle. La reine ne se confine pas aux obligations et aux divertissements utiles de son sexe : elle observe, décrit, compare — et notamment lors de son voyage d’Italie, sorte de tournée d’inspection des expériences politiques du réformisme des Lumières — pour se préparer à agir. Dès lors, au-delà de la chronique routinière de la vie de cour, le lecteur est convié au surgissement d’un moi souverain mais aussi, tout simplement, en ses années pré-révolutionnaires, du souffle de l’histoire.

Revue de presse

L'Histoire — "La reine qui voulait gouverner", par Matthieu Lahaye, mai 2017

Le Monde des livres — "Marie-Caroline sans larmoiements", par Antoine de Baecque, 21 avril 2017

Biographie

Ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, professeur agrégée d’histoire, Mélanie Traversier est actuellement maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université de Lille III et membre de l’Institut universitaire de France. Depuis sa thèse consacrée à Gouverner l’opéra. Une histoire politique de l’opéra à Naples (1767-1815) (Rome, EFR, 2009), elle a consacré de nombreux travaux à l’histoire politique et culturelle de l’Italie des Lumières, avec une attention toute particulière à l’étude des circulations musicales, des sensibilités et du genre. Elle a notamment édité et préfacé les Mémoires de Vittorio Alfieri (Ma Vie, Mercure de France, 2012). Elle est également comédienne et a donné lors du dernier Festival de Grignan (juillet 2016) une adaptation théâtrale de la correspondance entre Rousseau et Henriette.

Le journal d'une reine - Mélanie Traversier 2017
Paru le 20 avril 2017
13 x 20 cm, 624 pages
ISBN 979-10-267-0501-7
28 €

GIOVANNI LISTA Le futurisme

GIOVANNI LISTA Le futurisme

Textes et manifestes (1909-1944)

Premier mouvement global, préconisant le dépassement révolutionnaire du musée et du système bourgeois de l’art séparé de la vie, le Futurisme a été le modèle de toutes les avant-gardes qui ont scandé la vie artistique et culturelle du XX<sup>e</sup> siècle, qu’il s’agisse du Dadaïsme, du Constructivisme ou du Surréalisme. Annexant au domaine de la création artistique les méthodes les plus modernes de la propagande publicitaire, exaltant la culture de l’éphémère et du changement permanent, il a anticipé maintes expériences de l’art moderne et contemporain.

Fondé par l’écrivain F.T. Marinetti, à Milan, en 1909, le Futurisme investit jusqu’en 1944, sans aucune distinction hiérarchique, tous les domaines de la création humaine (poésie, littérature, musique, peinture, sculpture, architecture, photographie, cinéma, théâtre, danse, scénographie, récitation poétique, typographie, radiophonie, urbanisme, mode, sports, cuisine, science, arts décoratifs, érotisme, etc.), mais aussi les modèles du comportement social et, d’une manière plus hasardeuse, l’engagement politique.
Un siècle après la naissance du Futurisme, ce livre fait le bilan de ce mouvement révolutionnaire animé par des poètes et des artistes. Mais il reconstitue aussi la complexité et la multiplicité des positions politiques qui se sont exprimées au sein même du mouvement futuriste en réponse à sa tension utopique vers l’avenir. Il se penche sur la question maintes fois posée des origines et des déviations dans la trajectoire des choix idéologiques qui ont façonné et lourdement marqué l’histoire du XX<sup>e</sup> siècle.

Lire le sommaire

Introduction
LA RÉVOLUTION FUTURISTE
par Giovanni Lista
Le contexte italien
La fondation d’une avant-garde
La fin de l’aura
L’antitradition
L’art-action
L’art total
L’éphémère et le devenir
Une vision du monde
Une multiplicité dialectique
Vitesse et matière
Kinesis et dynamis
La machine comme modèle
Les choix politiques et la guerre
Les artistes au pouvoir
Vers le post-futurisme
L’art mécanique
L’aéroart
Le futurisme de guerre
La fortuna critica

DIAGRAMMES DU FUTURISME ITALIEN

LE FUTURISME, TEXTES ET MANIFESTES (1909-1944)

1909
F.T. Marinetti, Fondation et Manifeste du Futurisme
F.T. Marinetti, «Lettre circulaire»
F.T. Marinetti, Manifeste du futurisme
F.T. Marinetti, Trieste, poudrière d’Italie
F.T. Marinetti, Manifeste du Futurisme
Manifeste de l’Énerguménisme
F.T. Marinetti, Électeurs futuristes!
Touny-Lérys, Marc Dhano,George Gaudion, Manifeste du Primitivisme
F.T. Marinetti, Trieste, notre belle poudrière
La Cocherie, Le Futurisme – Interview de Marinetti
F.T. Marinetti, Contre les ennemis du futurisme
F.T. Marinetti, La Divine Comédie est une charogne qui grouille de glossateurs
F.T. Marinetti, Antonio Fogazzaro, le poète des imbéciles
F.T Marinetti, Contre les nécrophores de la poésie 49
F.T. Marinetti, D’Annunzio futuriste et le «mépris de la femme»
Emilio Settimelli, Contre la «poésie» de D’Annunzio
Emilio Settimelli, Virgilio Scattolini, Le nouveau système critique
F.T. Marinetti, Préface futuriste

1910
F.T. Marinetti, Grands poètes incendiaires!
F.T. Marinetti, Le discours futuriste de Mafarka
F.T. Marinetti, Le vol de Gazurmah, fils ailé de Mafarka
F.T. Marinetti, Le triomphe des futuristes à Trieste
F.T. Marinetti, Qu’est-ce que le futurisme?
Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Luigi Russolo, Aroldo Bonzagni, Romolo Romani,
[Premier] Manifeste des Peintres futuristes
F.T. Marinetti, Marinetti et les futuristes arrêtés à Milan
F.T. Marinetti, Les sports et le futurisme
F.T. Marinetti, Les Poètes et les peintres futuristes livrent bataille dans les grands théâtres italiens
F.T. Marinetti, La victoire des futuristes à Turin
F.T. Marinetti, Rapport sur la victoire futuriste de Trieste
F.T. Marinetti, L’Incendiaire
Arnaldo Ginna, Bruno Corra, Art de l’avenir
F.T. Marinetti, Nos ennemis communs
Maria Rygier, Futurisme politique
F.T. Marinetti, Mafarka le futuriste mis sous séquestre
Roland Dorgelès, Manifeste de l’Excessivisme
Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Luigi Russolo, Gino Severini, Giacomo Balla,
Manifeste des Peintres futuristes
F.T. Marinetti, Vincenzo Gemito défend le Futurisme
F.T. Marinetti, Venise futuriste
F.T. Marinetti, Venise futuriste
F.T. Marinetti, Roi Bombance jugé par Il Corriere della Sera
F.T. Marinetti, L’Homme multiplié et le règne de la machine
F.T. Marinetti, Naissance d’une esthétique futuriste
F.T. Marinetti, Ce qui nous sépare de Nietzsche
F.T. Marinetti, Nous renions nos maîtres les symbolistes, derniers amants de la lune
Ramon Gomez de la Serna, Proclamation futuriste aux Espagnols
F.T. Marinetti, Proclamation futuriste aux Espagnols
Anonyme, Capuana défend le futurisme
F.T. Marinetti, La Nécessité de la violence
Mafarka le futuriste glorifié par Rachilde dans le Mercure de France
Collectif, Nous, les Peintres futuristes
F.T. Marinetti Discours futuriste aux Vénitiens
F.T. Marinetti, Le procès Marinetti
Interrogatoire de F.T. Marinetti
F.T. Marinetti, L’éclatant acquittement de Marinetti
F.T. Marinetti, Mafarka le futuriste devant les juges
Anonyme, Le poète futuriste Cavacchioli porté aux nues par La Nuova Antologia
Balilla Pratella, [Premier] Manifeste des musiciens futuristes
Mario Carli, Thèse pour un nouvel art
F.T. Marinetti, Discours futuriste aux Anglais
Margaret Wynne Nevinson, Le Futurisme et la femme
F.T. Marinetti, Jarro pour le futurisme
F.T. Marinetti, Manifeste des Auteurs dramatiques futuristes

1911
Anonyme, Le Futurisme triomphe à Londres
Anonyme, Une préface irrédentiste de F.T. Marinetti mise sous séquestre à Trente
Anonyme, Un procès contre le futurisme – Le Poète Marinetti condamné à deux ans de prison
Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Alessandro Mazzucotelli, Guido Mazzocchi,
Ugo Nebbia, Giovanni Rocco, Lettre-invitation à l’Exposition d’Art libre
Anonyme, Le futurisme triomphe à Parme
Balilla Pratella, Nous futuristes
Jules Bois, Le futurisme et son prophète
F.T. Marinetti, Le Code de Péréla – roman futuriste
F.T. Marinetti, Le compositeur futuriste Balilla Pratella
F.T. Marinetti, Lettre futuriste aux citoyens de Parme
Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Luigi Russolo, Citoyens
Carlo D. Carrà, Luigi Russolo, Umberto Boccioni, Un tableau futuriste lacéré par des passéistes
Balilla Pratella, Manifeste des Musiciens futuristes
Umberto Boccioni, La Peinture futuriste
Ginó Severini, Quelques notes sur le cubisme
F.T. Marinetti, Les premières batailles
F.T. Marinetti, Le compositeur futuriste Balilla Pratella triomphe à Pesaro
F.T. Marinetti, Gifles, coups de poing et tableaux futuristes
Leda Rafanelli, Futuristes
F.T. Marinetti, Pour la guerre, seule hygiène du monde
Camille Mauclair, Le Futurisme et la Jeune Italie
Jean Azaïs, Vers l’avenir
Guillaume Apollinaire, Peintres futuristes
Ardengo Soffici, Une lettre de M. Ardengo Soffici
Ardengo Soffici, Bergson et les cubistes

1912
Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Luigi Russolo, Giacomo Balla, Gino Severini,
Les Exposants aux public
F.T. Marinetti, La Peinture futuriste
F.T. Marinetti, Réponse à une «enquête sur le cubisme»
Valentine de Saint-Point, Manifeste de la Femme futuriste
Anonyme, La peinture futuriste triomphe à Paris et à Londres
Umberto Boccioni, Manifeste technique de la Sculpture futuriste
F.T. Marinetti, Manifeste technique de la Littérature futuriste
Arthur Maquaire, Enharmonisme et futurisme
Renzo Provinciali, Futurisme et Anarchie
Bruno Corra, Musique chromatique
Anonyme, 40000 lires de ventes dans les Expositions futuristes
Ray Nyst, La Peinture futuriste en Belgique
Auguste Joly, Le Futurisme et la Philosophie
Balilla Pratella, La Destruction de la carrure
Anonyme, Le poète futuriste Luciano Folgore
F.T. Marinetti, Discours de F.T. Marinetti au Banquet de Paul Fort
F.T. Marinetti, Réponses à une enquête sur une « École de critique »
F.T. Marinetti, Supplément au Manifeste technique de la Littérature futuriste
Enrico Cardile, Le nouveau manifeste des futuristes
Bruno Corra, Le Libérisme
David Bourliouk, Alexandre Kroutchenykh, Vladimir Maïakoski, Viktor Khlebnikov,
Gifle au goût du public

1913
Valentine de Saint-Point, Manifeste futuriste de la Luxure
Italo Tavolato, Contre la morale sexuelle
Giovanni Papini, Contre Rome et contre Benedetto Croce
Collectif, Le vivier des juges
Valentine de Saint-Point, Le théâtre de la femme
Luigi Russolo, L’Art des Bruits – Manifeste futuriste
Anonyme, Paolo Buzzi dans toute sa gloire lors la bataille de Rome et lors du Banquet
en l’honneur des futuristes
Carlo D. Carrà, Les Plans plastiques comme expansion sphérique dans l’espace
Umberto Boccioni, Fondement plastique de la sculpture et de la peinture futuristes
Italo Tavolato, Glose sur le Manifeste futuriste de la luxure
Gino Severini, Mes Dernières œuvres futuristes
Umberto Boccioni, Les Futuristes plagiés en France
Gino Severini, Notes à propos de l’orphisme
Anton Giulio Bragaglia, La Photographie du mouvement
Bruno Corra, Emilio Settimelli, Notre Programme
Gian Pietro Lucini, Comment j’ai dépassé le futurisme
Bruno Corra, Le Passéisme dans le futurisme
Aimé Felix Mac Delmarle, La Peinture futuriste
Ardengo Soffici, Théorie du mouvement dans l’art plastique futuriste
F.T. Marinetti, Le Poète futuriste Aldo Palazzeschi
Italo Tavolato, Éloge de la prostitution
F.T. Marinetti, L’imagination sans fils et les mots en liberté – Manifeste futuriste
Carlo D. Carrà, De Cézanne à nous les futuristes
Antonio Gramsci, Les Futuristes
Anton Giulio Bragaglia, Dans la cinématographie et dans la chronophotographie
Umberto Boccioni, Première Exposition de Sculpture futuriste
Gino Severini, La Sculpture futuriste de Boccioni
F.T. Marinetti, Réponse à une «Enquête sur le Tango»
Guillaume Apollinaire, L’Antitradition futuriste – Manifeste – Synthèse
Luigi Russolo, Les Bruiteurs futuristes
Aimé-Félix Mac Delmarle, Manifeste futuriste à Montmartre
Gino Severini, Lettre «Montmartre»
Gino Severini, Lettre «Une excommunication – La discorde au camp des Futuristes»
G. Guinchard, Communiqué «Futuristeries – Mise au point»
Gino Severini et Aimé-Félix Mac Delmarle, Lettres «Les Futuristes se mangent entre eux»
F.T. Marinetti, Lettre ouverte au futuriste Mac Delmarle
Collectif, Manifeste des Rayonnistes et Aveniriens
Anonyme, Premier concert de Bruiteurs futuristes
Umberto Boccioni, Le Dynamisme futuriste et la peinture française
Alexis Mérodack-Jeaneau, Bombe, éléphant, carafe !
Blaise Cendrars, La tradition futuriste
Stanislav K. Neumann, Les fenêtres ouvertes
Umberto Boccioni, Pour l’ignorance italienne: syllabaire pictural
Carlo D. Carrà, La Peinture des Sons, des bruits et des Odeurs – Manifeste futuriste
Enrico Prampolini, La Couleur des sons
Gino Severini, Art du fantastique dans le sacré
Jules Maincave, Manifeste de la cuisine futuriste
Umberto Boccioni, Contre la lâcheté artistique italienne
F.T. Marinetti, Le Music-Hall – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Luigi Russolo,
Programme politique futuriste
Giovanni Papini, Apostille
Gino Severini, Les analogies dans le dynamisme plastique – Manifeste futuriste
Luigi Russolo, Conquête totale de l’enharmonisme grâce aux bruiteurs futuristes
F.T. Marinetti, Après le vers libre les mots en liberté
Anonyme, Les Triomphes du futurisme
Giovanni Papini, Pourquoi je suis futuriste
Umberto Boccioni, Simultanéité futuriste
Umberto Boccioni, Architecture futuriste – Manifeste
Ardengo Soffici, La Peinture futuriste
Umberto Boccioni, Dynamisme plastique
Carlo D. Carrà, Contre la critique
Valentine de Saint-Point, Mes danses «Idéistes»
Ugo Tommei, Soirée futuriste
Ugo Giannattasio, À la recherche de l’absolu
Ilia Zdanevitch, Mikhaïl Larionov, Pourquoi nous nous peinturlurons – Manifeste des futuristes
Valentine de Saint-Point, Mes débuts chorégraphiques
Valentine de Saint-Point, La Métachorie
F.T. Marinetti, Réponse à Maïakovski

1914
Aldo Palazzeschi, La Contredouleur – Manifeste futuriste
Ardengo Soffici, Le Sujet dans la peinture futuriste
Luciano Folgore, Lyrisme synthétique et sensation physique
F.T. Marinetti, À bas le Tango et Parsifal!
Valentine de Saint-Point, La Métachorie
Giovanni Papini, Le Passé n’existe pas
Umberto Boccioni, Le Dynamisme plastique
Carlo Carrà, Synthèse théorique du futurisme plastique
Luigi Russolo, L’Art des bruits
Enrico Prampolini, L’«Atmosphère-structure» – Bases pour une architecture futuriste
Duilio Remondino, Le futurisme ne peut pas être nationaliste
Aimé-Félix Mac Delmarle, Quelques notes sur la simultanéité en peinture
Giacomo Balla, Action des couleurs
Giovanni Papini, Le Futurisme
Carlo D. Carrà, Construction spatiale – Simultanéité de rythmes – Déformation dynamique
Ugo Tommei, Liberté!
Valentine de Saint-Point, Lettre sur «Métachorie et Cérébrisme»
Giovanni Papini, Le Cercle se referme
Umberto Boccioni, Le Cercle ne se ferme pas!
Giovanni Papini, Cercles ouverts
Auro D’Alba, Le Pur lyrisme dans la sensibilité futuriste
Luigi Russolo, Graphie enharmonique pour les bruiteurs futuristes
Carlo D. Carrà, Giovanni Papini, Ardengo Soffici, Une Querelle artistique
Bruno Corra, Emilio Settimelli, Poids, mesures et prix du génie artistique –
Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, La Splendeur géométrique et mécanique – Manifeste futuriste
Paolo Buzzi, Marinetti en Russie
F.T. Marinetti, Les exploiteurs du futurisme
Giacomo Balla, Manifeste futuriste du vêtement masculin
Aimé-Félix Mac Delmarle, Cubisme – orphisme – futurisme
Collectif, Première Exposition du groupe «Nuove Tendenze»
Leonardo Dudreville, Nouvelles tendances
Achille Funi, Sur ma peinture
Antonio Sant’Elia, Message
Giacomo Balla, Le Vêtement masculin futuriste – Manifeste
Carlo D. Carrà, Vie moderne et art populaire
Vicente Huidobro, Non serviam
F.T. Marinetti, Christopher Richard Wynne Nevinson, Contre l’art anglais
Mina Loy, Aphorismes sur le Futurisme
Collectif, Manifeste vorticiste
Ezra Pound, Vortex. Pound
Antonio Sant’Elia, L’Architecture futuriste – Manifest
Lionello Fiumi, Appel néo-vers-libriste
Gino Severini, Idéographie futuriste
Aimé-Félix Mac Delmarle, Le Futurisme (Dynamisme, Émotion, Synthèse)
F.T. Marinetti, Umberto Boccioni, Carlo D. Carrà, Luigi Russolo, Ugo Piatti,
Synthèse futuriste de la guerre
Giacomo Balla, Le Vêtement anti-neutraliste
Gino Severini, Toujours à propos de la peinture futuriste
Ugo Tommei, Ou la guerre ou la Révolution
F.T. Marinetti, En cette année futuriste
Mina Loy, Manifeste Féministe
Giovanni Papini, Ardengo Soffici,Lacerba futuriste
Fortunato Depero, Complexité plastique – jeu libre futuriste – l’être vivant artificiel

1915
Enrico Prampolini, La Peinture pure – Réponse à Kandinsky
F.T. Marinetti, Emilio Settimelli, Bruno Corra, Le Théâtre futuriste synthétique
Gherardo Marone, Manifeste des Audacieux
Carlo Albertini, À propos de futurisme
F.T. Marinetti, Mots consonnes voyelles nombres en liberté
Aldo Palazzeschi, Giovanni Papini, Ardengo Soffici, Futurisme e Marinettisme
F.T. Marinetti, La valeur futuriste de la guerre
Giacomo Balla, Fortunato Depero, Reconstruction futuriste de l’univers
Guglielmo Jannelli, Ma nouvelle recherche futuriste: voyelle-ambiance en liberté
Umberto Boccioni, La guerre et l’italianité dans l’Art
Carlo D. Carrà, La guerre et son influence dans l’Art
F.T. Marinetti, Les premières batailles futuristes
Carlo D. Carrà, Guerre ou révolution purificatrices, rajeunissantes
Ardengo Soffici, Adampétonisme
Ardengo Soffici, Art et guerre
Enrico Prampolini, Construction absolue de mouvement-bruit
Ennio Valentinelli, L’Art des odeurs – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, Aux Étudiants futuristes
Enrico Prampolini, Scénographie futuriste – Manifeste
Serge Basset, Le futurisme et la guerre
Carlo D. Carrà, L’Art de demain
F.T. Marinetti, L’unique solution aux problèmes financiers italiens
Francesco Balilla Pratella, Le Futurisme et la Guerre
F.T. Marinetti, Umberto Boccioni, Luigi Russolo, Antonio Sant’Elia, Mario Sironi,
Ugo Piatti, L’Orgueil italien
Giacomo Balla, Feu Balla – Balla futuriste
Fortunato Depero, Vêtement à apparitions

1916
Enrico Prampolini, Sculpture des couleurs et sculpture totale
Gino Severini, Symbolisme plastique et symbolisme littéraire
Umberto Boccioni, Manifeste futuriste aux peintres méridionaux
Luigi Russolo, L’Art des Bruits: nouvelle volupté artistique
Pierre Albert-Birot, Le Nunisme
Georges Palante, Nostalgie et futurisme
Francesco Meriano, Très cher Marinetti
Fortunato Depero, Exposition futuriste Depero
Fortunato Depero, L’onomalangue, verbalisation abstraite – création Depero
F.T. Marinetti, La nouvelle religion-morale de la vitesse – Manifeste futuriste
Bruno Corra, Il faut repeindre tout de suite le mond
Bruno Corra, Arnaldo Ginanni, Remo Chiti, Emilio Settimelli, Mario Carli,
Oscar Mara, Neri Nannetti, La science futuriste
Francesco Meriano, De l’idéogramme au symbole, et au-delà
Bruno Corra, Du Christ à Petrolini
Balilla Pratella, Le nouveau poème dramatique pour la musique
F.T. Marinetti, Contre Vienne et contre Berlin
Bruno Corra, Emilio Settimelli, Cette guerre
F.T. Marinetti, Bruno Corra, Emilio Settimelli, Arnaldo Ginna, Giacomo Balla,
Remo Chiti, La Cinématographie futuriste
Adolfo Cotronei, Antonio Giovesi, La mort glorieuse du futuriste Sant’Elia
Luigi Russolo, Les bruits du langage (les consonnes)
Pasquale Marica, Multiplions les Sardes: premier matériel de guerre
Guglielmo Jannelli, Luciano Nicastro, Le carnaval futuriste du monde
Jacques Bainville, La guerre et l’Italie
José de Almada-Negreiros, Manifeste Anti-Dantas en toutes lettres

1917
Collectif, Marcher ne pas s’enliser
Bruno Corra, La suprématie artistique italienne
F.T. Marinetti, La guerre complément logique de la Nature
Emilio Settimelli, Les fameuses contradictions de Marinetti
Luciano Folgore, Le Futurisme
Gino Severini, La peinture d’avant-garde
Irma Valeria, Occultisme et nouvel art
Ugo Tommei, Pour des lendemains frénétiques
F.T. Marinetti, Bruno Corra, Imbéciles!
Julius Evola, Ouverture à la peinture de la forme nouvelle
Filippo Cifariello, Abolissez les académies, renouvelez les écoles artistiques et industrielles,
ostracisme aux exploiteurs et aux faux prote’cteurs des arts
Bruno Corra, L’éclat de rire italien, de Petrolini, Cangiullo, Balla, Bruno Corra
Arnaldo Ginna, Peinture de l’avenir
F.T. Marinetti, Manifeste de la danse futuriste
Bruno Corra, Conseils futuristes aux comédiens: le maquillag
Bruno Corra, Pour les acteurs
Emilio Settimelli, Le Futurisme est
Emilio Notte, Lucio Venna, Fondement linéaire géométrique
Francesco Cangiullo, Les «Lettres humanisées»
Volt, Décalogue de l’architecture futuriste
Raul Leal, L’Abstractionnisme futuriste
Joaquin Torres García, Art-Évolution (à la manière d’un manifeste)
Primo Conti, À bas l’éternité!
Daniel Bourchenin, Le Futurisme

1918
Volt, Du Funambulisme obligatoire ou Abolissons les étages des maisons
Ardengo Soffici, Principes d’une esthétique futuriste: Acrobatisme clownisme
Enrico Prampolini, Bombardons les académies et industrialisons l’art
Anonyme, Synthèse de la guerre mondiale
F.T. Marinetti, Manifeste du Parti Politique Futuriste italien
Antonio Gramsci, Cavour et Marinetti
Volt, Nationalisme révolutionnaire
Mario Carli, Flammes noires avec moi !
Mario Sironi, Enrico Beltrami, Synthèse de la guerre mondiale
Emilio Settimelli, Le Parti futuriste
Giacomo Balla, Manifeste de la couleur
F.T. Marinetti, L’Alphabet à surprise – Manifeste futuriste
Giacomo Balla, Univers futuriste

1919
F.T. Marinetti, Emilio Settimelli, Mario Carli, Qu’est-ce que le futurisme?
Notions élémentaires
F.T. Marinetti, Le Futurisme avant, pendant, après la guerre
F.T. Marinetti, Grande Exposition Nationale Futuriste
F.T. Marinetti, Planches Motlibristes
Kasimir Malevitch, Aux artistes d’avant-garde d’Italie
F.T. Marinetti, Définition du futurisme
Fedele Azari, Le Théâtre aérien futuriste
Ferruccio Vecchi, F.T. Marinetti, Italiens!
Fortunato Depero, Théâtre plastique
F.T. Marinetti, Le Prolétariat des génies
F.T. Marinetti, Patriotisme futuriste
Fortunato Depero, Le Complexe plastico-cinétique
Virgilio Marchi, Manifeste de l’architecture futuriste dynamique, d’état d’âme, dramatique
Isaac Vando-Villar, Manifeste ultraïste
F.T. Marinetti, Directions du futurisme
Mario Carli, L’Ardito-Futurista – Manifeste
Lajos Kassák, Appel pour l’art
F.T. Marinetti, Futurisme est
F.T. Marinetti, Discours au Congrès des Faisceaux de Combat à Florence
Giuseppe Bottai, Futurisme contre socialisme

1920
Mauro Montalti, Pour un théâtre électro-vibro-lumineux
Valère Bernard, Le Clavecin des couleurs
Leonardo Dudreville, Achille Funi, Luigi Russolo, Mario Sironi,
Contre tous les retours en peinture – Manifeste futuriste
Francesco Cangiullo, Le Mobilier futuriste
Volt, Manifeste de la mode féminine futuriste
Gino Cantarelli, La Pyrotechnie comme moyen artistique
F.T. Marinetti, Contre le luxe féminin – Manifeste futuriste
Ferruccio Vecchi, L’Arditisme n’est pas le Futurisme
Marcello Sammarco, Arditisme et futurisme
Dominique Braga, Le Futurisme
Volt, Manifeste de l’Architecture futuriste
Alexandre Roubakine, Qu’est-ce donc que le futurisme?
Irba futurista, Culinarium futuriste
Romano Guarnieri, La littérature moderne de l’Italie: le futurisme
F.T. Marinetti, Note du 20 mai
Emilio Settimelli, Confession d’un ex sympathisant du fascisme
Nelson Morpurgo, Le théâtre synthétique futuriste
Thayaht, Coupe de la tuta
Thayaht, Tuta pour femme
Marcello Sammarco, Le futurisme est mort
Joan Salvat-Papasseit, Contre les poètes en minuscule – premier manifeste futuriste catalan
F.T. Marinetti, Une protestation
F.T. Marinetti, Au-delà du Communisme
Mario Carli, Une Œuvre d’art
Collectif, Nous Futuristes Italiens
Francesco Carrozza, Paolino Vasari da Collesano, Appel aux citoyens pour le XX Septembre
Mario Carli, Le Futurisme de D’Annunzio
Renzo Novatore, Polémiques d’anarchisme: au-delà de toute frontière
Mario Carli, Polémiques d’anarchisme
F.T. Marinetti, Pour les prisonniers politiques et contre la réaction
Guillermo De Torre, Manifeste vertical ultraïste
Giuseppe Ungaretti, La Doctrine de «Lacerba»
Pino Masnata, Le Théâtre visionnique
Guido Keller, Giovanni Comisso, La fleur de lotus – Le mouvement du yoga
Giacomo Balla, Comment se crée l’œuvre d’art

1921
Antonio Gramsci, Marinetti révolutionnaire ?
Cesare Seassaro, La valeur du futurisme
Giuseppe Bottai, Progressisme et futurisme
F.T. Marinetti, Le Tactilisme – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, La Maison magique de Depero
Mario Bartoccini, Aldo Mantia, L’Improvisation musicale
Collectif, Manifeste futuriste au sujet des représentations classiques à Syracuse
Collectif, Utilisons le théâtre grec de Syracuse – Manifeste des futuristes siciliens
Giuseppe Steiner, États d’âme dessinés – Précipités psychiques
Carlo Belli, Contre l’écœurante insistance du «quatuor»
Gino Pollini, Le Nouvel Art
Roberto Clerici, Michele Leskovich, Piero Albrighi, Réveillez-vous, étudiants d’Italie!
Bruno Jasiecski, Manifeste à propos de la poésie futuriste
Anonyme, Trois Concerts des Bruiteurs futuristes
Luigi Russolo, Les Bruiteurs futuristes
Roger Brun, Les Bruiteurs futuristes à Paris
Montboron, Henry Bidou, Les Bruiteurs futuristes italiens de Luigi Russolo à Paris
Francesco Carrozza, Le mouvement futuriste italien
F.T. Marinetti, Francesco Cangiullo, Le Théâtre de la surprise
Anonyme, Le Futurisme italien en 1921
Valentine de Saint-Point, Réponse à l’enquête «Une société sans plagiaires»
Renkichi Hirato, Manifeste du mouvement futuriste japonais

1922
F.T. Marinetti, Le Futurisme ne fait pas de politique
Luigi Rognoni, Les Maquettes motlibristes
David Cristià, Contre l’extension du tifisme en littérature – Deuxième manifeste futuriste catalan
Antonio Marasco, Exposition futuriste internationale
Duilio Remondino, Lettre ouverte à «Avanguardia»
Enrico Prampolini, Réponse à une «Enquête sur le cubisme»
Alba Curdie, Esthètes rouges
Enrico Prampolini, Les Tendances de l’avant-garde italienne et la nouvelle «peinture absolue»
Vinicio Paladini, La Révolte intellectuelle
Duilio Remondino, Exposition futuriste à Turin
Duilio Remondino, Délits esthétiques
Mário De Andrade, Klaxon
Emilio Settimelli, Les Futuristes indépendants
Vinicio Paladini, Art communiste
Ivo Pannaggi, Ière Exposition d’Art futuriste
Vinicio Paladini, Ivo Pannaggi, Manifeste de l’Art mécanique futuriste
Vinicio Paladini, Appel aux intellectuels !
Enrico Prampolini, L’Esthétique de la machine et l’introspection mécanique dans l’art
Carol-Bérard, La couleur en mouvement, décor rationnel de la musique
Antonio Gramsci, Sur le futurisme italien
Collectif, Les Amours futuristes, programmes de vie avec choix de variantes
Francesco Cangiullo, La Poésie sur la portée musicale
F.T. Marinetti, À chacun, chaque jour, un métier différent (L’Inégalisme
Anonyme, Aux futuristes des Pouilles
F.T. Marinetti, Cubisme sensible ou dynamisme plastique
Tomás L. Batista, Vicente Palés Matos, Manifeste Euforista
Manuel Maples Arce, Le Mouvement stridentiste en 1922

1923
Valentine de Saint-Point, Individualisme et fraternité
F.T. Marinetti, Les droits artistiques réclamés par les futuristes italiens
F.T. Marinetti, Les droits artistiques défendus par les futuristes italiens (2e version)
Vinicio Paladini, Échos autour du manifeste futuriste à Mussolini
Emilio Mario Dolfi, La déclamation musicale
F.T. Marinetti, À la découverte des nouveaux sens
Giorgio Riccardo Carmelich, Vers une nouvelle affiche
Enrico Prampolini, F.T. Marinetti, Un Institut de Crédit artistique – Référendum
Giorgio Riccardo Carmelich, La sensibilité artistique moderne
Tullio Alpinolo Bracci, Fillìa, Syndicats artistiques futuristes –
Mouvement Futuriste Artistique
F.T. Marinetti, Mario Carli, Emilio Settimelli, L’Empire italien
Piero Illari, Les États d’âme
Enrico Prampolini, Ivo Pannaggi, Vinicio Paladini, L’Art mécanique – Manifeste futuriste
Vinicio Paladini, Esthétique mécanique
F.T. Marinetti, Publicité et Littérature
F.T. Marinetti, La Bataille de via Mercanti (15 avril 1919)
F.T. Marinetti, Un profil de Mussolini
Giuseppe Prezzolini, Fascisme et Futurisme
F.T. Marinetti, La Poésie sur la portée musicale inventée par le poète futuriste Francesco Cangiullo
Giorgio Riccardo Carmelich, Emilio Mario Dolfi, MAST Mesures avant-gardistes
des spectacles théâtraux
Vinicio Paladini, Art, Communisme et Nationalisme
F.T. Marinetti, Message
Bruno Corra, Les intellectuels créateurs et la mentalité fasciste
Robert de Thiac, Une heure avec F.T. Marinetti
Emilio Settimelli, Qu’est-ce que l’avant-garde?

1924
F.T. Marinetti, Le Futurisme mondial – Manifeste à Paris
Franco Casavola, La musique de l’avenir
F.T. Marinetti, Futurisme et Fascisme
Emilio Mario Dolfi, Notes fluides sur les mots en liberté
Tullió Alpinoló, Bracci, Fillia, Programme
Giorgio Riccardo Carmelich, Signalements
Piero Bolzon, L’Arditisme
Oliviero Girondo, Manifeste Martin Fierro
Anonyme, Le futurisme et le fascisme jugés par Benedetto Croce
F.T. Marinetti, Le Futurisme mondial – Conférence à la Sorbonne
Delphine, L’Ève futuriste
F.T. Marinetti, Où va la peinture moderne?
Paolo Buzzi, Un nouvel écrivain futuriste Benedetta révelée par Marinetti à la Sorbonne
Enrico Prampolini, Architectures spirituelles
Giorgio Riccardo Carmelich, Les créateurs d’esthétiques
Enrico Prampolini, L’Atmosphère scénique futuriste – Manifeste technique
F.T. Marinetti, Après le théâtre synthétique et le théâtre à surprise,
nous inventons le théâtre antipsychologique abstrait de purs éléments et le théâtre tactile
Benedetta, Théorie de l’immédiat contre les nuances – Manifeste futuriste
Giorgio R. Carmelich, L’Art de Prampolini – Mécanisation,
Construction de l’espace, Dynamisme Chromatique
F.T. Marinetti, Premier Congrès futuriste – 23 Novembre 1924
Sebastiano Arturo Luciani, Anton Giulio Bragaglia, Franco Casavola,
Manifeste pour les transpositions visuelles de la musique
Franco Casavola, Les versions scénico-plastiques de la musique
Silvio Mix, Ce que se propose de dire la toute nouvelle musique
Fedele Azari, La Flore futuriste et les équivalents plastiques des odeurs artificielles
F.T. Marinetti, Message à Mussolini
F.T. Marinetti, Futurisme et avant-gardes étrangères
Benedetta, Sensibilités futuristes
Franco Casavola, La Musique futuriste – Manifeste
ranco Casavola, Les Atmosphères chromatiques de la musique – Manifeste futuriste

1925
F.T. Marinetti, Futurisme: marcher ne pas s’enliser
Fillìa, Tullio Alpinolo Bracci, Angelo Maino, Alphabet spirituel
Anton Giulio Bragaglia, La scène multiple
Vinicio Paladini, Prolétaires et intellectuels
Alberto Vianello, Synesthésie
Franco Casavola, Théâtre imaginaire des instants dilatés
Tullio Alpinolo Bracci, Fillìa, La Peinture spirituelle
Vinicio Paladini, Besoins spirituels
F.T. Marinetti, La Chambre des Artistes
Mario Carli, Le Manifeste des professeurs
Anonyme, Les Futuristes
Fillìa, A.C. Caligaris, Pino Curtoni, L’Idole mécanique
F.T. Marinetti, Les Nouveaux poètes futuristes

1926
Lioubomir Mitzitch, Manifeste aux barbares d’esprit et de la pensée sur tous les continents
Giacomo Balla, Dialogue d’un passéiste avec un futuriste
Enrico Prampolini, L’Architecture futuriste
Mihail Ernest Cosma, Le salut des intégralistes roumains aux futuristes italiens
Enrico Prampolini, Le Théâtre magnétique
Alberto Vianello, Synesthésie e Sympsychie
Gonzalo Escudero, Hélice
Graça Aranha, Marinetti et le futurisme
F.T. Marinetti, Contre les cheveux courts
Emanuele Toddi, 16 contre 16
Volt, Style «Meccano»
Albert Gleizes, Une nouvelle revue
Vinicio Paladini, Le Mouvement imaginiste

1927
F.T. Marinetti, L’art fasciste futuriste
Vinicio Paladini, Première révélation de l’Imaginisme
Anonyme, «Prisonniers» et «Volcans»
Enzo Benedetto, L’Art de la réclame
Fortunato Depero, Premier complexe plastique cinético-bruitiste
F.T. Marinetti, Le Mesurage futuriste
F.T. Marinetti, Esthétique des publicités lumineuses
Fedele Azari, Pour une société de la protection des machines – Manifeste futuriste
Escodamé, La Déclamation polytimbrique futuriste – Manifeste
Giovanni Raimondi, Batailles et conquêtes
Fedele Azari, Vie simultanée futuriste
Fillìa, Art futuriste et mystère mécanique
F.T. Marinetti, L’Architecture typographique de Depero à Monza
F.T. Marinetti, Tableau synthétique du futurisme italien et des avant-gardes étrangères
Fortunato Depero, Nécessité d’auto-réclame
Fortunato Depero, L’art plastique d’aujourd’hui
Fortunato Depero, Architecture de lumière
Fortunato Depero, Théâtre magique
Giacomo Balla, Pour se sentir futuriste
Giacomo Balla, Les chefs-d’œuvre artistiques du passé

1928
Arturo Uslar Pietri, Nous sommes
Enrico Prampolini, Fillìa, Pino Curtoni, Appel aux artistes
F.T. Marinetti, La Ville futuriste
Bruno Munari, Aligi Sassu, Manifeste de la peinture: «dynamisme et réforme musculaire»
Carlo Cocchia, Antonio De Ambrosio, Guglielmo Peirce,
Manifeste des peintres circumvisionnistes
F.T. Marinetti, Simultanéité dans le sport – Manifeste futuriste
Bruno Munari, Le film futuriste: bruits… odeurs… couleurs
Fillìa, Peinture futuriste de chevalet
Virgilio Fiorentino, Le théâtre phonétiste et la valeur des mots

1929
Guglielmo Peirce, L’antipeinture – Manifeste Futuriste Circumvisionniste
Guglielmo Peirce, Circumvisionnisme en tant qu’art fasciste – Discussions
Carol-Bérard, Les Bruits enregistrés – L’instrumentation de demain
Enzo Benedetto, L’art de la publicité
F.T. Marinetti, La «Quatrième dimension» chez les mathématiciens et chez les artistes
Fortunato Depero, L’art de l’avenir
Fillìa, Universalisme
F.T. Marinetti, «Autoportrait futuriste» d’Oswaldo Bot
Carlo Bernard, Gugliemo Peirce, Paolo Ricci, Manifeste de Fondation de l’U.D.A.
(Union Destructivistes Activistes), Naples
Mino Somenzi, Aéropeinture et aérosculpture – Manifeste technique futuriste
F.T. Marinetti, Perspectives de vol et aéropeintur
F.T. Marinetti, Trente-trois artistes futuriste
Vinicio Paladini, Photomontage
Gino Severini, Préface à l’exposition «Peintres futuristes italiens

1930
F.T. Marinetti, Contre Camille Mauclair: Futurisme, Cubisme, Surréalisme
Georges Omer, Marinetti a fait une conférence à Paris sur le futurisme
Luigi Russolo, L’Architecture musicale et le Rumorharmonium
Marinetti, Tato, La Photographie futuriste – Manifeste
F.T. Marinetti, Influence mondiale de la peinture futuriste
F. T. Marinetti, Les soirées de Poésie
Guido Delta, Le fascisme n’a rien de «futuriste» au contraire
Marcel Janco, Notre futurisme
J.-C. Barbiery, Cinéma et futurisme: les possibilités de la musique futuriste au cinéma
Fillìa, Idées sur le cinématographe
Fillìa, Spiritualité aérienne
F.T. Marinetti, L’Inquiétude contemporaine
Gustavo Barela, Elèmo D’Avila, Manifeste du futurisme artistique
F.T. Marinetti, Manifeste de la cuisine futuriste
Elèmo D’Avila, Seconde vague futuriste

1931
Fausto Brunelli, Futurisme et architecture
F.T. Marinetti, Hommage de la Poésie futuriste italienne pour la traversée atlantique
de 12 avions d’Italie
F.T. Marinetti, Manifeste de l’Aéropeinture futurist
Elèmo D’Avila, Giuseppe Isani, Premier manifeste futuriste d’Aéropoésie
Giuseppe Enrie, La Photographie contre son absolu
Georges Linze, Pour une jeunesse nouvelle
Tina Cordero, Guido Martina, Pippo Oriani, Marinetti et le film futuriste –
Avant-garde intégrale
Tina Cordero, Guido Martina, Le Cinéma d’avant-garde en Italie
Tina Cordero, Guido Martina, Futurisme et film américain
F.T. Marinetti, Fillìa, Manifeste de l’art sacré futuriste
F.T. Marinetti, Contre l’étrangérophilie – manifeste futuriste aux dames et aux intellectuels
F.T. Marinetti, La poésie futuriste
F.T. Marinetti, L’Aéropoésie – manifeste futuriste aux poètes et aux aviateurs
Enrico Prampolini, L’aéropeinture cosmique
Enrico Prampolini, De la danse impressionniste à la danse futuriste
Collectif, Le cinématographe comme art pur
Fortunato Depero, Le Futurisme et l’art publicitaire

1932
F.T. Marinetti, Manifeste du Théâtre aéroradiotélévisuel
Enrico Prampolini, Les futuristes italiens revendiquent la priorité de l’invention de l’aéropeinture
Nino Burrasca, L’Esprit estudiantin futuriste
Bruno G. Sanzin, Exposition photographique futuriste
F.T. Marinetti, Pourquoi j’aime la radio!
F.T. Marinetti, Les futuristes italiens imités à Paris
Vinicio Paladini, Théorie et pratique du photomontage
Enrico Prampolini, La plastique futuriste (Du dynamisme plastique à l’architecture spirituelle)
Mino Somenzi, La fonction politique de l’art
F.T. Marinetti L’Aéropeinture futuriste
Le Corbusier, L’esprit romain et l’esthétique de la machine
F.T. Marinetti, Alfredo Gauro Ambrosi, Piero Anselmi, Bruno Aschieri,
Vinicio Bertozzi, Renato Di Bosso, Ignazio Scurto, Ernesto Amos Tomba,
Manifeste futuriste pour la scénographie du théâtre lyrique en plein air
Arturo Bragaglia, La Photographie futuriste
F.T. Marinetti, Le Théâtre total
Benedetta, Réponse à l’enquête sur «Les défauts des femmes écrivains»
Antonio Marasco, Les Groupes Futuristes Indépendants ont vu le jour à Florence
Emilio Settimelli, Fin du «Mouvement Futuriste»

1933
Antonio Marasco, Fondation des groupes futuristes d’initiatives
Walter Bartoli, Poésie plastique des ballets futuristes
Cesare Augusto Poggi, Architecture Poggi
F.T. Marinetti, Communiqué
F.T. Marinetti, Francesco Monarchi, Enrico Prampolini, Mino Somenzi,
Manifeste futuriste du chapeau italien
Alberto Tenneroni, La peinture phonétique
Giovanni Acquaviva, Manifeste du Grand-Droit futuriste
Giovanni Gerbino, Poésie publicitaire – Manifeste futuriste
Renato Di Bosso, Ignazio Scurto, Manifeste futuriste de la cravate italienne
Alberto Manca, Bruno Aschieri, Renato Di Bosso, Ignazio Scurto, Tullio Aschieri,
Luigi Pesenti, Alfredo Gauro Ambrosi, Ernesto Amos Tomba,
Manifeste futuriste pour la ville musicale
Renée Aberdam, L’Homme et l’enfance: F.T. Marinetti
Escodamé, Immensifier la poésie
Silvestro Lega, Mario Mori, Fernando Raimondi, Deuxième manifeste
sur la cinématographie futuriste
Fillìa, Esthétique de la ville nouvelle
F.T. Marinetti, L’esthétique de la machine
Collectif, Théâtre futuriste – Vrais arcs cérébraux entre le spectateur et l’acteur
F.T. Marinetti, Pino Masnata, Manifeste de la Radiaart futuriste
Ettore G. Mattia, L’art ferro-plastique d’Oswaldo Bot
Manuel Caracciolo, Art photographique et photographie futuriste
Alberto Manca, Aux jeunes de Mussolini
Ugo Rancati, La Cravate métallique

1934
Antonio Marasco, Diagramme
F.T. Marinetti, Angiolo Mazzoni, Mino Somenzi, Manifeste futuriste de l’architecture aérienne
Ion Vinea, Militza Patrascu, Marcel Janco, I.G. Costin, À F.T. Marinetti
F.T. Marinetti, Joyce et les mots en liberté
Bruno Munari, Carlo Manzoni, Gelindo Furlan, Ricas, Regina, Manifeste technique
de l’aéroplastique futuriste
Georges Linze, Devant la machine
F.T. Marinetti, Aldo Giuntini, L’aéromusique synthétique – Manifeste futuriste
Discours de Gottfried Benn au banquet offert à Son Excellence Marinetti
par les écrivains allemands au Reichministerium für Volksaufklärung und Propaganda à Berlin
F.T. Marinetti, Réponse à l’hommage des sportifs et des artistes
F.T. Marinetti, L’Aéropeinture futuriste ouvre une nouvelle ère des arts plastiques
Esilda Gibello Socco, Un Nouvel Art du Mouvement: l’Eurythmie
Mario Albano, Les compositions pluri-matières
Lino Cappuccio, Agonie d’un mouvement
Enrico Prampolini, Au-delà de la peinture, vers les compositions de matières
Fillìa, Plastique murale
Augusto Platone, Esthétique de la machine
F.T. Marinetti, Arnaldo Ginna, Manifeste du Naturisme futuriste
Enrico Prampolini, Le futurisme, Hitler et les nouvelles tendances
F.T. Marinetti, Lettre ouverte des futuristes italiens à Hitler
Mario Albano, Esthétique futuriste de l’erreur 1818
Collectif, La plastique murale futuriste – Un Manifeste polémique

1935
F.T. Marinetti, Fillìa, Tato, Carlo Cocchia, Poésie, Art Plastique,
Musique et Architecture africains – Manifeste futuriste
Mario Marcelletti, Le Fascisme italien et l’art
F.T. Marinetti, Invitation à voyager en poète
Henry Valensi, Le «Musicalisme»
Jean Brzekowski, Le Futurisme italien en Pologne
Allocution prononcée par Monsieur Gabriel Boissy lors de la réception de Monsieur F.T. Marinetti
F.T. Marinetti, Les Nouveaux Plaisir latins
Georges Linze, Lyrisme du monde
F.T. Marinetti, Aéropeinture
F.T. Marinetti, Invitation à la guerre africaine – Manifeste futuriste aux écrivains
et aux artistes d’Italie
Aldo Giuntini, Synthèse-Brieveté dans la musique de demain
Enrico Prampolini, Reginald Schoedelin, Lettres sur l’«art mural»
F.T. Marinetti, Italiens, libérez-vous des habitudes anglaises – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, Nécessité cosmique de la guerre
F.T. Marinetti, Esthétique futuriste de la guerre

1936
F.T. Marinetti, Action impériale
F.T. Marinetti, Benedetta, Message
F.T. Marinetti, Le communisme en France
Charles Tamko Sirato, Manifeste Dimensioniste
Camille Mauclair, Le bolchévisme et l’art français
F.T. Marinetti, L’Aérofer ou la ferro-plastique

1937
F.T. Marinetti, Poésie et Arts Corporatifs – Manifeste futuriste
Alberto Sartoris, Vers un suprématisme architectural
Ernesto Thayaht, Jeu de l’Artetra
Collectif, Lettre au journal «Perseo»
F.T. Marinetti, Hitler et l’art
Pepe Diaz, L’opinion d’un jeune homme
André Pierre, Un «grand» conflit artistique entre l’Allemagne et l’Italie:
Hitler a commis un crime de lèse-futurisme et l’académicien Marinetti est furieux
Anonyme, Marinetti contre Hitler
Angelo Caviglioni, Sabre au clair, je défends le futurisme
Mino Somenzi, Nous et Hitler
Corrado Forlin, Futurisme italien et avant-gardismes étrangers
F.T. Marinetti, Bruno Corra, Contre le théâtre mort, contre le long roman analytique,
contre la musique nègre – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, Amplifier l’inspiration littéraire en chantant l’Éthiopie,
les métiers à tisser de Biella et les vins italiens etc.
F.T. Marinetti, Au sujet de l’Autarcie littéraire artistique

1938
Marcello Fabri, Marinetti
F.T. Marinetti, La Poésie motorisée
Valentine de Saint-Point, Marinetti au Caire
Georges Cogniot, L’indésirable Marinetti
F.T. Marinetti, Arts et poésie du temps fasciste
F.T. Marinetti, Arnaldo Ginna, La cinématographie – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, Tullio D’Albisola, Céramique et aérocéramique – Manifeste futuriste
Anonyme, Le «Tevere» part en guerre contre le Futurisme
F.T. Marinetti, Italianité de l’art moderne
Anonyme, Le futurisme se défend
F.T. Marinetti, Mino Somenzi, Italianité de l’art moderne
Émile Henriot, Futurisme et doctrine d’État
F.T. Marinetti, Nouveaux combats pour l’italianité de tout l’art moderne

1939
F.T. Marinetti, Alberto Sartoris, Giuseppe Terragni, Panorama synthétique
de tous les inventeurs de l’art moderne
Collectif, Italianité de tout l’art moderne
F.T. Marinetti, Trentième anniversaire du Futurisme
Aldo Giuntini, La Machine comme passion futuriste et inspiration musicale
Tullio Crali, L’Aéropeinture
F.T. Marinetti, Manifeste des aéropoètes lors des trente ans du futurisme
F.T. Marinetti, Luigi Scrivo, Piero Bellanova, Le Roman synthétique – Manifeste futuriste

1940
F.T. Marinetti, Les mathematiques futuristes imaginatives qualitatives
Giuseppe Xerri, Racisme et futurisme – Italianité du futurisme et son influence sur les arts modernes
Corrado Forlin, Manifeste de l’Ardentisme dans l’aéropeinture futuriste
F.T. Marinetti, Réponse du poète Marinetti aux écrivains Jules Romains, Duhamel,
Piérard, Benjamin Crémieux, Ludwig, Wolf, Wells
F.T. Marinetti, Nouvelle esthétique de la guerre – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, L’aéropeinture des bombardements – Manifeste futuriste

1941
Corrado Forlin, Contre le passéisme et la xénophilie
F.T. Marinetti, Manifeste futuriste pour la formation de l’écrivain catholique idéal
F.T. Marinetti, Essence du Futurisme – Manifeste d’Aéropeinture Mer-en-guerre
Maria Goretti, Manifeste de la poésie aéro-héroïque dans le futurisme
F.T. Marinetti, Évaluation des Nord-Américains, futuristes manqués
Renato Di Bosso, Manifeste futuriste de l’aéroxylographie
Enrico Mascilli, Utilisons les Juifs
Osvaldo Peruzzi, Manifeste futuriste de l’Art Plastique de l’Essence individuelle
F.T. Marinetti, Muscles créatifs contre nerfs culturels
Aldo Giuntini, Manifeste de l’aéromusique de guerre
Antonino Tullier, Manifeste de l’amour méditerranéen
Collectif, Manifeste du Groupe Primordiaux Futuristes Sant’Elia

1942
F.T. Marinetti, Francesco Cangiullo, Manifeste futuriste de l’amitié de guerre
F.T. Marinetti, Alfredo Trimarco, Luigi Scrivo, Piero Bellanova,
L’art typographique de guerre et d’après-guerre
Gerardo Dottori, Manifeste futuriste ombrien de l’aéropeinture
Rocco Silvestri, Tullio Crali, Perfectionnement du globe terraqué – Manifeste futuriste
F.T. Marinetti, Futurisme antibolchevique

1943
F.T. Marinetti, Art futuriste et aéropeinture de guerre
Giovanni Acquaviva, Farfa, Architecture de liberté
Mario Menin, Défense du futurisme

1944
Tullio Crali, F.T. Marinetti, Manifeste des mots musicaux futuristes – Alphabet en liberté
F.T. Marinetti, Manifeste futuriste de la Patrie-art
F.T. Marinetti, Cinéma, théâtre et radio futuristes
Enrico Prampolini, Art Pluri-matières (Vers un art collectif?)
Luigi Russolo, Hommage funèbre à Marinetti

INDEX DES NOMS CITÉS

Revue de presse

Le futurisme. Textes et manifestes (1909-1944)
(Le Magazine littéraire, mai 2015)
Et les futuristes turbinaient,
turbinaient..

Ivre de vitesse et d’industrie, la première des grandes avant-gardes du siècle rêva de révolutionner tous les domaines, par-delà les seuls arts. À la fois très sérieux et comiques, les incontrôlables énergumènes se fourvoyèrent politiquement, mais leurs délires d’alors furent bien souvent prémonitoires.

Un goût prémonitoire pour l’esthétique des objets industriels, associé à une fascination exaltée pour la guerre. Si l’on ne peut retirer aux futuristes leurs deux propositions les plus célèbres, souvent les seules connues de notre côté des Alpes, on ne saurait se contenter de ce biface rudimentaire pour cerner la toute première « avant-garde » artistique du XXe siècle. Marinetti et ses compères n’ont pas seulement fait l’apologie de la machine et de la lutte sous toutes leurs formes ; ces poètes de la technique, art et vie confondus, ont formulé tant de propositions que leurs textes, réunis et traduits intégralement pour la première fois, couvrent plus de deux mille pages dont presque aucun domaine ne semble exclu. En réunissant ces fulgurances en un tout réfléchi, cohérent, abondamment présenté et documenté, Giovanni Lista, maître d’œuvre de l’ouvrage, lance un magnifique pavé à la face de la lune, cette icône romantique que Marinetti voulait « assassiner ».
Tous les moyens sont bons : architecture, sculpture, photographie, danse, cinéma, radio et, au-delà des limites admises des « arts », la mode, le sport, le voyage, la cuisine… Après l’accident de voiture qui l’arrache en 1909 à son sommeil symboliste, lui inspirant un admirable manifeste poétique, Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944) a attiré dans le sillage du futurisme des créateurs de tous les horizons, et pas seulement les célèbres peintres Balla, Boccioni ou Matta. Ici, des artistes dandys lancent « une croisade inexorable, agressive et féroce » contre les cravates. Ils crient : « Abolissez les nœuds coulants, les nœuds papillon, les épingles de cravate, les broches, autant de fanfreluches antirapides, antihygiéniques et antioptimistes ! » Là, d’autres veulent libérer les possibilités sonores, lumineuses et colorées du cinématographe, trop prisonnier de la narration, et promouvoir un cinéma « pluri-matières », capable de faire entrer les sens en résonance. D’autres encore découvrent dans la radio la possibilité d’un théâtre « sans unité de temps ni unité d’action, ni personnage théâtral, ni public compris comme masse-juge ». Rédigés à une ou plusieurs mains, par des personnalités célèbres ou oubliées, ces élans se rejoignent en la croyance fondamentale des avant-gardes, celle que tout, absolument tout, est possible. Les artistes conspuent d’autant plus les conservatismes qu’ils sont résolus à faire advenir un monde entièrement neuf, sans précédent, libéré des pesanteurs et des entraves du passé. Leur art anticipe les publics à venir afin d’accomplir sa fonction : faire naître un homme nouveau. Façon d’avoir toujours un goût d’avance.

L’amour intarissable du nouveau
Voilà pourquoi ces incontrôlables énergumènes, dont Giovanni Lista tâche de dresser les filiations en quelques schémas étonnants, se jettent sur tout ce qui bouge (ou ne bouge pas) pour orienter la flèche du temps et, si possible, l’accélérer. Chez eux, n’importe quel concept trouve aussitôt sa déclinaison en -isme, car toute idée est un programme : « libérisme », « cérébrisme », « ardentisme », « circumvisionnisme », « dimensionnisme », ou « ferro-plastique »… Saisissez au vol celui qui vous plaira. « Le futurisme n’est pas une école, résume Luciano Folgore. C’est une tendance. C’est un élan en avant. C’est l’amour intarissable du nouveau. C’est un état de la sensibilité qui cherche à se prolonger dans l’inconnu de l’art pour créer de nouvelles formes […]. »

En français, en italien, puis en anglais, en catalan, en hongrois, en russe, en tchèque (on en passe), le mouvement ne cesse de se réinventer et d’affirmer sa vocation universelle. Pourtant, parmi cette déferlante d’innovations, on doit reconnaître que Marinetti reste et demeure le plus habile à prolonger la démarche qu’il a lui-même lancée. Ses textes sont les meilleurs, entre autres parce que le poète est doué d’un humour sans pareil, même parmi ses géniaux camarades. Sa cuisine futuriste rédame ainsi « l’abolition des pâtes, absurde religion gastronomique italienne », qui selon lui enchaîne le peuple « aux lents métiers à tisser de Pénélope et aux somnolents voiliers en quête du vent ». « Les défenseurs des pâtes en portent le boulet ou les ruines dans l’estomac, comme des bagnards ou des archéologues. » Sur le même ton, il propose de repenser le sport, « grande religion des muscles et du courage, reli-gion désintéressée puisque les trois quarts de ses fidèles regardent le dernier quart qui agit ». Son idée : multiplier les disciplines simultanées — course en automobile avec tir à la cible ou partie d’échecs, golf chanté, natation à contre-courant avec un chien sur le dos. Et ce n’est pas parce que c’est drôle que ce n’est pas sérieux. Le sport n’est-il pas « la défense-attaque-provocation que l’humanité oppose à la menace de sa mort » ? Certaines idées semblent des intuitions prémonitoires. On trouvera les principes de l’architecture d’Antonio Sant’Elia et de Prampolini dans la « machine à habiter » du Corbusier. Les vœux de Luigi Russolo, dénonçant « la pauvreté des timbres que peuvent donner les instruments actuellement utilisés dans les orchestres » et soutenant « la nécessité absolue de puiser à la source infiniment variée des timbres de bruits », ont été entendus des bruitistes et prolongés jusqu’aux samplers contemporains, en passant par les Différent Trains de Steve Reich. « L’aérocuisine » est l’ancêtre de la cuisine moléculaire. Et que dire de la « poésie urbaine au néon » d’Escodamé ou du « théâtre aéroradiotélévisuel » qu’entrevoit Marinetti dès 1932? Même là où ces gaillards se montrent d’un conformisme pervers (caché sous les dehors de la rupture), leurs exploits feront des émules. Dans un manifeste en faveur de « l’auto-rédame », le futuriste Depero — anticipant Jeff Koons — propose « d’en finir avec la reconnaissance de l’artiste après sa mort » : « Si l’artiste attend la célébrité et la reconnaissance de son œuvre par le biais d’autrui, il a le temps de crever 5 000 fois de faim. » Il oublie de noter qu’il pourra aussi renaître 5 000 fois, en gloire.

Désinvoltes envers le passé, irresponsables devant l’avenir
Face à ces étincelles fusant dans tous les sens, l’introduction de Giovanni Lista fournit des lunettes qui évitent de s’y brûler les yeux. Avec délicatesse, l’universitaire circonscrit, partage, délimite, prolonge. Il y aurait en somme trois futurismes : celui des années 1910, qui fait du dynamisme et de l’énergie cinétique ses valeurs fondamentales ; celui des années 1920, où l’esthétique de la machine passe au premier plan; celui enfin des années 1930, qui exploite tous azimuts le thème du vol aérien. Avec règle et compas, Giovanni Lista dresse le cadastre de ces territoires agités — et éclaire la complexe question du devenir fasciste des futuristes : Marinetti est un soutien de la première heure de Mussolini. L’universitaire relève au passage toutes les difficultés de l’individualisme marinettien pour se fondre dans l’ivresse collective exaltée par le Duce. N’est pas fasciste qui veut ! Même le bellicisme s’inscrit dans une forme de temporalité révolutionnaire un peu adolescente : désinvoltes envers le passé, les futuristes sont irresponsables devant l’avenir. Ils veulent valoriser l’éphémère, être indifférents à tout ce qui n’est pas un présent de désir, tourné vers un futur que l’art engendre sans l’attendre.
Bien sûr, on peut trouver seulement naïve, sinon dangereuse et irrémédiablement discréditée, l’impatience futuriste, son désir de réformer d’un coup et de manière irrémédiable l’ensemble de la vie, les manières de dire et de sentir, de penser et d’aimer. Mais l’aveuglement est peut-être le nôtre. D’où vient notre molle conviction que le monde ne peut plus accueillir de grands bouleversements ? Serions-nous devenus incapables non seulement de mener à bien les révolutions, mais même de les vouloir ? À l’heure où la technologie numérique ne cesse de bouleverser l’esthétique, un bain de futurisme se révèle des plus revigorants. Car, si vite qu’aillent nos machines, si augmenté qu’il soit, l’homme restera toujours un animal poétique. •
Maxime Rovere

(Le Magazine littéraire, mai 2015)

Comme un météore

Le futurisme n’en finit pas de fasciner. Un nouveau recueil de ses déclarations et polémiques renouvelle l’intérêt pour cette révolution totale.
En 1979, un charismatique élève des Beaux-Arts de Londres répondant au zoologique sobriquet d’Adam Ant, chantait l’étonnant refrain de sa chanson « Animais and men ». Il était composé des seuls noms des futuristes « Marinetti Bioccioni Carrà Balla Palazzeschi ». Des noms qui constituaient un gage de modernité, d’inventivité, de rétivité et d’explosivité, caractéristiques revendiquées par le mouvement punk qui rejoignait par là ceux qui, soixante-dix ans plus tôt, tentaient de révolutionner le monde. Lancé le 20 février 1909 dans Le Figaro, le manifeste de la fondation du futurisme par le patron de la revue Poesia, Federico Tommasso Marinetti (1876-1944) est, avec ses états préparatoires, le premier des 732 documents réunis par Giovanni Lista, spécialiste et collectionneur reconnu depuis plusieurs décennies. Son présent travail, une compilation de deux mille pages, constitue un panorama d’une richesse inégalée sur ce moment cardinal et structurant de la culture européenne, le ferment de mille événements et projets, depuis la danse rénovée par Valentine de Saint-Point, ou la typographie revisitée, la mode féminine redécouvrant le survêtement de travail avec la TuTa du designer Thayaht, jusqu’à l’art de la publicité selon Enzo Benedetto. Il est peu de dire que le néophyte et le dilettante font des découvertes dans cette somme passionnante.

Après des années de recherche sur le sujet, Giovanni Lista, trouvez-vous encore dans le futurisme l’occasion d’être surpris par ses écrits ou par ses membres ?
Oui, parce que le futurisme a été une réalité multiple et changeante qui a duré trente-cinq ans. Et il s’est intéressé à tous les domaines. En outre, les futuristes se sont continuellement exprimés par des manifestes, par des textes théoriques ou polémiques, qu’ils publiaient dans les journaux à grand tirage, en réagissant aux événements. On en découvre encore dont on ignorait l’existence. Leurs positions étaient très diversifiées parce que l’Italie elle-même est un pays aux réalités culturelles multiples et parfois même antinomiques. Il y a eu un futurisme sicilien, piémontais, tout comme florentin ou romain, et leurs idées étaient souvent contradictoires. En préparant ce livre, j’ai découvert entre autres les contacts de Tato avec les futuristes catalans ainsi que de nouveaux manifestes et certains aspects des polémiques virulentes entre le pouvoir fasciste et les futuristes. En fait, il n’y a pas eu un futurisme mais des futurismes italiens. De même, les prises de position, notamment dans le domaine politique, ont été très variées voire opposées à l’extrême. Il s’agit réellement d’un sujet inépuisable, en même temps révélateur de l’émergence d’une nouvelle forme de culture européenne.

Seriez-vous enclin à opposer la vivacité perturbatrice du futurisme au nihilisme de dada ?
L’avant-garde est née avec le futurisme italien, qui a proclamé la liberté de l’artiste et l’abolition des traditions en fonction d’une régénération vitale. L’idéologie libertaire du futurisme demeurait nourrie d’une conception hégélienne de l’histoire et d’une correspondance nietzschéenne entre événement et sens qui motivait sa célébration du devenir, son mythe de l’art-action et sa poétique de l’éphémère. Dada ne confiait, en revanche, aucun nouveau mandat à l’homme et à l’artiste de la modernité. Le dadaïsme n’assumait point le passé, pas même dans le rejet comme le faisait Marinetti, et il refusait également le futur. Il excluait en somme l’axe finaliste du devenir. Il célébrait l’instant comme fin en soi. L’éphémère futuriste chargeait l’acte de création d’une responsabilité éthique, en tant qu’implication sociale et participation fécondatrice à la construction du futur. La réponse du dadaïsme d’expression française — car le dadaïsme d’expression allemande a plutôt suivi l’exemple militant du futurisme — consista à repousser toute velléité révolutionnaire, à émanciper l’artiste de toute forme de responsabilité, à cultiver l’indifférence et à considérer l’art comme une simple activité physiologique dépourvue d’une quelconque finalité. Il suffit de penser à Marcel Duchamp, par exemple, qui n’a pas dit un seul mot sur les tragédies du siècle, telles Auschwitz et Hiroshima. En 1922, croyant au pouvoir rédempteur du non-sens et du rire, le poète japonais Shinkichi Takahashi adhéra au dadaïsme, mais il éprouva une forte déception et il s’en détourna rapidement. Il dénonça alors le nihilisme dadaïste par une phrase qui mérite réflexion : « Dada est bien de sexe féminin, mais il est frigide. » En effet, le plaisir jubilatoire de la création dadaïste ouvre sur le néant.

Vous vous êtes intéressé aux effets du futurisme et des avant-gardes sur les arts vivants du XXe siècle. Quels sont-ils selon vous ?
Effectivement, la « soirée futuriste » a fixé un genre qui a été repris par les dadaïstes et par les surréalistes. La performance et tout ce qui se rattache à l’art comme événement ou création éphémère, du Eat Art jusqu’à moult manifestations de l’art contemporain, relèvent d’un héritage en ligne directe du futurisme. Plusieurs néo-avant-gardes de la seconde moitié du XXe siècle, comme Gutaï, ont explicitement revendiqué cette filiation. Le cubisme a libéré la peinture, mais le futurisme a libéré l’art lui-même, en décloisonnant les disciplines, en envahissant tous les domaines, en proclamant que tout peut être transformé par l’art, que l’art est vie, en dehors du musée, et que l’art peut tout faire. C’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui même.
Propos recueillis par Eric Dussert

 

Futurisme (Le) – Giovanni Lista 2015
Paru le 16 avril 2015
13 x 20 cm, 2176 pages
ISBN 979.10.267.0010.4
40 €

JEAN-DIDIER WAGNEUR, FRANÇOISE CESTOR Les Bohèmes 1840-1870

JEAN-DIDIER WAGNEUR, FRANÇOISE CESTOR Les Bohèmes 1840-1870

Écrivains – Journalistes – Artistes

La bohème littéraire, ce sont des images de grisettes, de jeunes peintres et poètes vivant d’amour et d’eau fraîche sous les toits, moquant bourgeois et propriétaires. Des scènes de cafés, des blagues, des mystifications, des histoires de petits-journaux. C’est en quelque sorte une maladie infantile de la littérature mais qui structure toujours nos représentations de ce monde. Les débuts difficiles, la vache enragée, les amours de jeunesse, la pauvreté comme gage d’authenticité, tout ce légendaire a été écrit, mis en scène, chanté, peint et c’est cette histoire à la fois drôle et mélodramatique qui est raconté dans les pages de cette anthologie de la Bohème.
L’ouvrage est organisé autour de deux romans importants repris en texte intégral : le premier L’Histoire de Murger par trois buveurs d’eau publié en 1862 au lendemain de la mort d’Henry Murger est l’histoire du groupe baptisé les Buveurs d’eau, les uns en quête de l’art pour l’art, les autres faisant face à la précarité en faisant du petit journalisme. Autour de ce premier moment ont été réunis des textes traitant de la condition précaire de l’écrivain dans des registres qui vont de la polémique à l’autodérision, des textes de cafés, des biographies… La diversité de ton de ces textes, souvent humoristiques, dessine les contours de ce pays de Bohème « bornée au Nord par l’espérance, le travail et la gaieté ; au sud, par la nécessité et le courage ; à l’ouest et à l’est, par la calomnie et l’Hôtel-Dieu… »
Le second texte lui aussi emblématique, Les derniers bohèmes, est signé d’une des figures de la bohème, Firmin Maillard. Fortement anecdotique, c’est l’une des principales sources de toutes les histoires de la bohème littéraire. Il en offre une photographie du milieu (1857), à travers le reportage d’une soirée à la célèbre Brasserie des Martyrs.
Aucun de ces deux ouvrages n’avait bénéficié jusqu’alors d’une édition annotée et documentée.
Autour de ces deux témoignages capitaux sur la précarité de l’homme de lettres sous la Monarchie de juillet et le Second Empire, les auteurs ont rassemblé les pièces du puzzle bohème. Premiers textes qui parlent de « bohème littéraire », évocation héroï-comique du monde des rapins et des grisettes, innombrables tournées dans les cafés, et bien sûr constamment une foule d’anecdotes, de bons mots, de portraits…

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Les Bohèmes 1840-1870

AVANT-PROPOS

Note sur les textes

OUVERTURE
THÈMES BOHÈMES

LA MANSARDE ET LA VIE SOUS LES TOITS

LES PROTAGONISTES DE LA BOHÈME

Les Bohémiens
Le rapin, l’artiste, la blague
Grisette & étudiante
Le débutant littéraire
Le bourgeois

L’ÂGE DES BOHÉMIENS LITTÉRAIRES
LA NAISSANCE D’UNE MÉTAPHORE : BOHÈME LITTÉRAIRE
POLÉMIQUES : ÉCRIVAINS ET BOHÈMES
LES BOHÈMES INQUIÉTANTES
L’INVENTION DE LA BOHÈME

LES BUVEURS D’EAU, LA BOHÈME DE MURGER

Le Petit Journal
La vie de café: première tournée

SCÈNE : 22 NOVEMBRE 1849 : LA VIE DE BOHÈME

Réception

FICTION : SCÈNES DE LA VIE DE BOHÈME

Réception
Trombiboscope bohème

QUESTION DE PARENTÈLES
VARIATIONS SUR LA BOHèME
LA SAINTE BOHÈME

Bohème dorée ou grande bohème

LA BOHÈME DES « BACHELIERS »
MURGER ET SON TEMPS : LA BOHÈME EN 1857

La vie de café: deuxième tournée
Le Petit Journal (suite)
Trombinoscophe bohème (suite)
Charles Coligny
Fernand Desnoyers

THÉÂTRE, SEXE ET MARIONNETTES
1861 : MORT DE MURGER: FINIS BOHEMIAE ?
QUE FAIRE DE LA BOHÈME ?
IRONIES BOHEMES

Vocabulaire
Fictions et parodies
Conseils aux candidats bohèmes

Annexe
Dictionnaire des journaux cités

Bohèmes (Les) – Jean-Didier Wagneur et Françoise Cestor 2012
Paru le 5 octobre 2012
13 x 20 cm, 1000 pages
ISBN 978 2 87673 633 7
32 €

SÉBASTIEN LE PESTRE DE VAUBAN Les Oisivetés

SÉBASTIEN LE PESTRE DE VAUBAN Les Oisivetés

Édition intégrale établie sous la direction de Michèle Virol

Le maréchal de Vauban (1633-1707), dont le nom est associé aux places fortes, joyaux de la fortification bastionnée, et à la guerre de siège menée par Louis XIV, a rédigé de très nombreux mémoires dont il a sélectionné ceux qui lui tenaient vraisemblablement le plus à cœur sous le titre «Mes Oisivetés ou ramas de plusieurs mémoires sur différents sujets». Les Oisivetés, souvent citées comme une œuvre originale et importante pour la connaissance de la France du Roi-Soleil, n’ont curieusement jamais été publiées dans leur intégralité. Ce recueil, cité par Fontenelle dans l’éloge funèbre de Vauban à l’académie des Sciences comme exemplaire du génie de son auteur, n’existe dans aucune bibliothèque et l’intérêt qu’il suscite se heurte toujours à la dispersion des volumes qui le composent et au silence du maréchal sur ses intentions. Un travail historiographique a été nécessaire pour établir la liste des mémoires regroupés dans les douze tomes mentionnés par Fontenelle et offrir cette édition critique, première publication intégrale des Oisivetés.

C’est bien une version inédite des vingt-neuf mémoires présentés et annotés par des historiens spécialistes qui est enfin proposée ici. Ces textes, qui forment un ensemble de près de 3650 pages manuscrites, ont été établis à partir de la version conservée dans le fonds privé des archives du maréchal (fonds Le Peletier de Rosanbo).
Par la diversité des sujets traités, c’est la France du règne de Louis XIV qui se dessine au fil du recueil. La recherche d’une solide documentation descriptive, chiffrée, officielle ou officieuse, une observation exercée par d’innombrables déplacements dans le royaume au cours de cinquante années de travail acharné, un solide bon sens et une volonté démonstrative donnent au témoignage de Vauban une grande crédibilité. Son argumentation, qui se veut irréfutable, repose souvent sur des calculs, sur des cartes, des descriptions et des témoignages. Particulièrement soucieux de la défense du royaume, il multiplie les recommandations concernant la double ligne de places fortes, le développement des camps retranchés et une meilleure organisation des troupes et des munitions des places pour éviter les dépenses inutiles. Dans le même esprit, il examine les effets défavorables de la politique royale : révocation de l’édit de Nantes, excès de la fiscalité, inutilité des courtisans, abandon des colonies, annexion de territoires au-delà des bornes naturelles, acceptation de la couronne espagnole pour Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV. Tous les mémoires des Oisivetés rappellent que la première mission du monarque doit être le bonheur et l’accroissement de ses sujets, conditions de leur obéissance. Celui qui fut tout au long de sa carrière militaire le fidèle serviteur du monarque absolu se révèle ainsi, dans les écrits de l’automne de sa vie, un homme des Lumières.
UN DOCUMENT EXCEPTIONNEL SUR LA FRANCE DE LOUIS XIV

Par la diversité des sujets traités, c’est la France du règne de Louis XIV qui se dessine au fil du recueil.
La recherche d’une solide documentation descriptive, chiffrée, officielle ou officieuse, une observation exercée par d’innombrables déplacements dans le royaume au cours de cinquante années de travail acharné, un solide bon sens et une volonté démonstrative donnent au témoignage de Vauban une grande crédibilité. Son argumentation qui se veut irréfutable repose souvent sur des calculs, sur des cartes, des descriptions et des témoignages. Particulièrement soucieux de la défense du royaume, il multiplie les recommandations concernant la double ligne de places-fortes, le développement des camps retranchés et une meilleure organisation des troupes et des munitions des places pour éviter les dépenses inutiles.
Dans le même esprit, il examine les effets défavorables de la politique royale : révocation de l’édit de Nantes, excès de la fiscalité, inutilité des courtisans, abandon des colonies, annexion de territoires au-delà des bornes naturelles, acceptation de la couronne espagnole pour Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV.
Tous les mémoires des Oisivetés rappellent que la première mission du monarque doit être le bonheur et l’accroissement de ses sujets, conditions de leur obéissance. Celui qui fut tout au long de sa carrière militaire le fidèle serviteur du monarque absolu se révèle ainsi, dans les écrits de l’automne de sa vie, un homme des Lumières.

Les festivités pour l’anniversaire du tricentenaire de la mort de Vauban (1707-2007) ne manqueront pas de mettre en avant la parution de ce document exceptionnel jusqu’alors indisponible dans son intégralité.
L’œuvre de l’ingénieur militaire de Louis XIV a d’autre part été choisie par le Gouvernement français pour être soumise à l’inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité (Unesco). Celle-ci sera votée en juillet 2008.

Les Oisivetés traitent, entre autres thèmes, de l’agronomie, de la sylviculture, de la fiscalité, des voies fluviales, de l’aménagement du territoire au titre de l’expansion économique, du dénombrement de la population en vue de la planification, de stratégie militaire, de la dépense publique, de la politique de la France… au Grand Siècle.

Revue de presse

Les Oisivetés de Monsieur de Vauban
(Le Figaro, 25 octobre 2007)
Le premier keynésien

Vauban – Avec l’édition intégrale des « Oisivetés », on découvre que le maréchal de France était aussi audacieux réformateur que visionnaire.

C’est un monument comme il en paraît rarement. Pour la première fois depuis le siècle de Louis XIV, on peut se procurer l’édition intégrale des Oisivetés de Monsieur de Vauban qu’il a commencé à rédiger dans les années 1690, après une longue maladie, et qu’il n’a cessé de poursuivre jusqu’à sa mort en 1707. En cette année de tricentenaire, assez pauvre en publication originale sur l’oeuvre ou la personnalité du grand maréchal, cette initiative doit être saluée avec l’importance qu’elle mérite. Jamais les Oisivetés du grand bâtisseur, qui était aussi un grand penseur, n’avaient été publiées in extenso. Il est vrai que, comme les Pensées de Montesquieu ou les Lettres de Boulainvilliers, elles avaient circulé du vivant de l’auteur. Dès son éloge funèbre du maréchal, Fontenelle les mentionne (il parle de douze tomes), et tout le long du XVIIIe siècle, elles sont citées par certains réformateurs du royaume, comme le fameux projet de Dîme royale. Mais les vingt-neuf mémoires dans leur ensemble, couvrant plus de 3 650 pages manuscrites, n’avaient jamais été réunis dans une publication unique. C’est donc un travail exceptionnel sur le plan historiographique qu’a entrepris l’historienne Michèle Virol accompagnée d’un certain nombre de spécialistes du Grand Siècle et que la petite maison d’édition Champ Vallon a eu le courage de publier.

Il ressort de cette lecture un portrait encore plus riche et plus intéressant du maréchal. Au départ, le lecteur contemporain ne peut être que surpris par les titres rebutants des mémoires de Vauban : Mémoire sur le canal du Languedoc, Mémoire sur les sièges, ou mieux La Cochonnerie ou Calcul estimatif pour connaître jusqu’où peut aller la production d’une truie pendant dix années de temps (sic)… Manifestement, M. de Vauban n’avait pas pris des cours de marketing littéraire. Mais il faut aller au-delà des intitulés de ces mémoires pour découvrir la pensée profonde et pleine de bon sens de ce grand réformateur du royaume. Prenons par exemple le Mémoire sur le canal du Languedoc. Il traduit à merveille la pensée du grand homme et il ne peut manquer de nous intéresser vivement aujourd’hui. Vauban se trouve dans une situation politique et économique diamétralement opposée à la nôtre. La politique du Tout-État de Louis XIV, des Jacobins puis de Bonaparte n’a pas encore marqué l’emprise du secteur public sur l’économie. Au contraire, le royaume se trouve dans la situation où les lobbys les plus puissants de la Commission européenne rêveraient de nous mener : toutes les grandes initiatives sont prises par le secteur privé. C’est le cas par exemple de la construction du canal du Languedoc. Or, que constate Vauban ? Les intérêts privés sont à la recherche du profit immédiat, ils n’ont aucune perspective sur ce que peut signifier un développement à long terme, ils vont au plus pressé et surtout au plus offrant. Ainsi le canal a été jusqu’à présent dessiné, selon lui, de façon absurde, pour servir les intérêts de tel ou tel seigneur ou communauté ayant plus d’influence que les autres. Il est hérissé de péages, etc. Face à ces absurdités du public choice (le tout-privé de nos idéologues libéraux), Vauban prône ce qu’on pourrait déjà appeler une politique prékeynésienne. Au fond, notre maréchal réformateur ne croit pas aux vertus du tout-marché. C’est qu’il peut constater les effets d’une économie médiévale où tout est encore du domaine du privé.

Un esprit très européen

Dans le même temps, ce maréchal visionnaire propose dans le même mémoire un projet de monnaie unique qui anticipe étonnamment notre euro. Il évoque un « moyen noble » « qui serait de faire une assemblée de députés de la part de toutes les principales têtes couronnées de la chrétienté, qui ont droit de battre monnaie, de convenir d’un titre et d’une monnaie universelle ». Vauban père de l’euro avant Monnet et Trichet ! Voilà une des surprises que révèle la lecture de ces Oisivetés (on trouvera aussi en annexe un « Projet de paix assez raisonnable » d’esprit très européen).

On y apprendra plein d’autres choses, comme le fait, par exemple, que Vauban, militaire mais homme de paix avant tout, n’a jamais eu ce bâton de maréchal avec lequel on le représente toujours (pour la bonne raison que cela n’existait pas à l’époque). Bref, au-delà de l’anecdote, une plongée dans une histoire très enrichissante pour le présent.

Jacques de Saint-Victor

 

 

 

(Le Monde, 23 novembre 2007)

Une forteresse de papier

La première édition intégrale des «Oisivetés» de Vauban

Rarement titre aura été aussi trompeur : l’auteur des Oisivetés était tout sauf oisif. Le Dictionnaire de Pierre Richelet (1680) propose deux définitions du terme : « un repos vicieux ou une sorte de paresse », et « un repos d’honnête homme de lettres ou autre qui travaille à son aise ». C’est bien entendu à cette oisiveté-là, l’otium latin, que Vauban faisait allusion lorsqu’il nomma ainsi le monumental recueil de mémoires auquel il travailla durant les vingt dernières années de sa vie. Reste que le qualificatif convient assez mal à l’objet : ce volume est avant tout le reflet d’une vie de travail acharné, de voyages et de recherches, de curiosités et de révoltes.
Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, est né le 3 mai 1633 à Saint-Léger-de-Foucherets, aujourd’hui Saint-Léger-Vauban, dans l’Yonne. Issu de la petite noblesse du Morvan, il choisit très tôt le métier des armes. Il s’engage dans l’armée du prince de Condé à 17 ans, au plus fort de la Fronde. Fait prisonnier par les troupes royales, le jeune homme passe au service de Louis XIV et obtient un brevet d’ingénieur royal à 22 ans. C’est le début de sa prodigieuse ascension : en 1668, il se voit confier la responsabilité de toutes les fortifications du pays. Dix ans plus tard, il est officiellement nommé commissaire général des fortifications. Elevé au grade de lieutenant général en 1688, il est nommé maréchal en 1703. Cette reconnaissance est tardive. Mais elle reste exceptionnelle pour un homme de si modeste lignage.

« CEINTURE DE FER »

Vauban s’est d’abord fait connaître pour son habileté à prendre les places fortes, en limitant au maximum les pertes humaines : on estime qu’il a conduit victorieusement une cinquantaine de sièges. Mais il est resté célèbre comme l’architecte de la « ceinture de fer », celui qui hérissa de forteresses imprenables les frontières terrestres (Lille, Belfort, Neuf-Brisach) ou maritimes (Saint-Malo, Saint-Martin-en-Ré) du pays. Pour mener à bien ces chantiers titanesques, Vauban a passé le plus clair de son temps à sillonner le royaume. Selon Anne Blanchard, auteur d’une remarquable biographie de Vauban (Fayard, 1996), Vauban parcourut au bas mot 180 000 kilomètres de 1668 à 1698, passant même 250 jours sur les routes en 1681. Alors que la cour s’enfermait à Versailles, Vauban voyageait, observait, multipliant notations et mémoires.
C’est en 1689, année où se déclare sa « grande maladie » (une bronchite chronique qui finira par l’emporter), que Vauban décide de mettre en forme ces textes, sous le titre des Oisivetés de Monsieur de Vauban, ou Ramas de plusieurs mémoires de ma façon sur différents sujets. Il ne cessa d’y travailler jusqu’à sa mort. Les vingt-neuf mémoires qui composent cette somme n’étaient pas tous destinés à être divulgués, du moins pas auprès du grand public : que vaut un Traité de l’attaque des places sans un minimum de secret ? Mais plusieurs parties de ce corpus ont pourtant circulé, particulièrement les essais de théorie militaire, qui suscitaient la plus grande curiosité. Les Oisivetés ont été dispersées après la mort de leur auteur, et de nombreux textes existaient en plusieurs versions. C’est dire l’ampleur de la tâche à laquelle s’est attelée Michèle Virol, maître d’oeuvre de cette splendide édition et auteur de Vauban, de la gloire du roi au service de l’Etat (Champ Vallon, 2003).
Sans logique apparente dans leur ordonnancement, très différents dans leur forme comme dans leur propos, les Oisivetés déconcertent, de prime abord. Mais elles constituent un témoignage capital sur l’état du royaume et l’évolution intellectuelle d’un soldat devenu légende nationale.
Le volume contient plusieurs traités d’architecture militaire précis et minutieux, accompagnés de plans et de dessins magnifiquement reproduits. Il est loin de se limiter à cela : en plus de cinquante ans de service du roi, Vauban n’a cessé d’élargir sa perspective. Dans un perpétuel souci d’efficacité, il en est vite venu à s’intéresser à l’organisation de l’armée, à la définition de frontières durables pour le royaume (« Sérieusement, Monseigneur, le Roi devrait un peu songer à faire son pré carré », écrit-il à Louvois, en 1673). Mais il ne s’arrêta pas là : convaincu qu’une grande puissance est condamnée si elle n’est pas prospère, ce catholique convaincu s’éleva contre la révocation de l’édit de Nantes (c’est l’objet de son « Mémoire pour le rappel des huguenots ») et devint au fil du temps de plus en plus sévère contre l’absolutisme louis-quatorzien, et sa ruineuse politique étrangère.
A une époque où la réflexion « oeconomique » en est à ses balbutiements, il se passionne pour la statistique et la fiscalité. Ses réflexions le poussent à préconiser, pour remédier au surendettement de l’Etat, l’établissement d’un impôt qui s’appliquerait à toute la population, du roi au plus humble de ses sujets. Le Projet de dîme royale, qu’il fait publier aux premiers mois de 1707, est interdit, et cet échec obscurcit les derniers mois de sa vie.
Vauban est devenu au fil du temps très critique envers l’absolutisme. Etait-il pour autant un précurseur des encyclopédistes, un républicain avant l’heure, comme on a voulu le dire au XVIIIe siècle ? Sans doute pas. Le vieux maréchal, au soir de sa vie, reste un gentilhomme qui exerce son droit de critique conformément à une certaine tradition aristocratique.
Témoin irremplaçable de son temps, Vauban demeure un soldat. Pas un styliste ni un philosophe. Sa renommée, pourtant universelle, n’en viendra jamais à concurrencer celle du roi. Si la prise de Maastricht, en 1673, constitue l’un de ses chefs-d’oeuvre stratégiques, étudié par des générations d’élèves officiers, Vauban n’est pas représenté dans la galerie des Glaces, qui glorifie les réalisations du régime. Cette victoire est célébrée par une peinture de Le Brun, Le roi prend Maastricht en treize jours. A Louis XIV la gloire des victoires, à Vauban la fierté d’avoir servi.

Jérôme Gautheret

Biographie

Agrégée de l’Université et docteur de l'EHESS, Michèle Virol a consacré sa thèse aux «Oisivetés» de Vauban, dont elle prépare la première édition intégrale. Elle est maître de conférences à l'IUFM-Paris.

Oisivetés de Monsieur de Vauban (Les) – Sébastien Le Pestre de Vauban 2007
Paru le 26 octobre 2007
13 x 20 cm, 1792 pages
ISBN 978.2.87673.471.5
44.90 €

CLAIRE TOMALIN Samuel Pepys ou Monsieur Moi-même

CLAIRE TOMALIN Samuel Pepys ou Monsieur Moi-même

traduit de l'anglais par François Thouvenot

Le 1er janvier 1660, à Londres, un jeune clerc de l’Echiquier se lançait un défi inimaginable pour l’époque : tenir quotidiennement un journal en y consignant non seulement les événements importants, mais aussi les moindres petits détails de sa vie intime : quel morceau de musique il avait joué au flageolet le matin avant d’aller travailler, la consistance de ses selles, le nombre de harengs qu’il avait mangés dans une taverne, combien lui avait coûté le pot d’ale, ce qu’il avait fait chez l’une de ses maîtresses, quelle fourberie lui avait réservée un collègue de travail, pourquoi sa femme l’avait menacé d’un tisonnier chauffé au rouge.… En dix ans, d’une tachygraphie soignée couvrant chaque jour quelques lignes ou quelques pages, Samuel Pepys emplit six gros carnets qui, déchiffrés entre 1819 et 1970, permettent une plongée exceptionnelle dans le quotidien du dix-septième siècle londonien.
Samuel Pepys, peut-être l’écrivain anglais du XVIIe siècle le plus connu en Grande-Bretagne après Shakespeare, est donc célèbre pour cet étonnant Journal, inépuisable source de documentation pour les historiens.
Dans cette biographie célébrée par la critique en Grande-Bretagne et aux États-Unis (près de quatre cent mille exemplaires vendus !), Claire Tomalin nous raconte la longue vie (1633-1703) de celui qui va déployer ses talents d’administrateur pour bâtir la marine royale anglaise. La traduction de la biographie de ce personnage fantasque, la seule disponible en France aujourd’hui, nous entraîne dans une fascinante traversée de l’histoire de l’Angleterre mais aussi de la vie quotidienne à Londres à la fin du dix-septième siècle. Des sujets aussi variés que l’éducation, la chirurgie, le théâtre, les tavernes, la vie à la cour, les aventures galantes, les problèmes avec les domestiques, les conflits au travail ou les justifications devant les commissions parlementaires côtoient les anecdotes toujours cocasses qui émaillent la vie du diariste.

Lire le sommaire

Samuel Pepys ou Monsieur Moi-même
traduit de l’anglais par François Thouvenot
LE SOMMAIRE

ARBRE GÉNÉALOGIQUE DE PEPYS
PLANS DE LONDRES ET DE HUNTINGDON
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
NOTE DU TRADUCTEUR

PROLOGUE

Première partie
1633 – 1660

CHAPITRE I Le fils élu
CHAPITRE II Les années de guerre d’un collégien6
CHAPITRE III De Cambridge à la cléricature
CHAPITRE IV Amours et souffrances
CHAPITRE V Une maison sur Axe Yard
CHAPITRE VI Un journal
Deuxième partie
1660 – 1669

CHAPITRE VII Volte-face
CHAPITRE VIII Familles
CHAPITRE IX Travail
CHAPITRE X Jalousie
CHAPITRE XI Mort et peste
CHAPITRE XII Guerre
CHAPITRE XIII Vie conjugale
CHAPITRE XIV Le roi
CHAPITRE XV L’Incendie
CHAPITRE XVI Trois Jane
CHAPITRE XVII Dans l’ombre de la science
CHAPITRE XVIII Propos et anecdotes
CHAPITRE XIX Stupeur et désarroi
Troisième partie
1669 – 1703

CHAPITRE XX Après le Journal
CHAPITRE XXI Vie publique, vie privée
CHAPITRE XXII Complots
CHAPITRE XXIII Voyages pour les Stuarts
CHAPITRE XXIV La roue tourne
CHAPITRE XXV Le jacobite
CHAPITRE XXVI Le dernier voyage
ÉPILOGUE

POSTFACE
ÉLÉMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
CRÉDITS DU TEXTE ET DES ILLUSTRATIONS3
LISTE DES ILLUSTRATIONS
CARTES
REMERCIEMENTS
INDEX DES NOMS PROPRES

Revue de presse

Books — Moi Samuel Pepys, inventeur du « Je » — avril 2014

Livres-hebdo — "Tamise en scène" Sean James Rose — 14 février 2014

Biographie

Ancienne rédactrice littéraire du Sunday Times, docteur honoris causa d'une dizaine d'universités anglaise, dont celle de Cambridge, CLAIRE TOMALIN est l’une des biographes les plus reconnues outre-Manche, notamment pour ses biographies de Katherine Mansfield, Jane Austen et dernièrement de Thomas Hardy et Charles Dickens. Traduite dans le monde entier, elle a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le Whitbread biography award et le Whitbread Book of the Year pour sa biographie de Samuel Pepys.

Samuel Pepys – Claire Tomalin 2014
Paru le 21 février 2014
13 x 20 cm, 540 pages
ISBN 978.2.87673 925.3
26 €

VINCENT MILLIOT Un policier des Lumières

VINCENT MILLIOT Un policier des Lumières

suivi de
Mémoires de J.C.P. Lenoir
ancien lieutenant général de police de Paris,
écrits en pays étrangers dans les années 1790 et suivantes

Cet imposant ouvrage en deux volets comprend d’abord un essai consacré à la police parisienne au temps des Lumières, inscrit dans les tendances les plus récentes de l’historiographie policière. Il propose un regard neuf et nuancé sur cette institution et sur ses transformations entre la fin du XVIIe siècle et la Révolution française. Cet essai est, notamment, nourri par la lecture critique des Mémoires de Lenoir, ancien Lieutenant général de police, en charge pendant la première décennie du règne de Louis XVI (1774-1785). Le second volet de cet ouvrage en propose, pour la première fois, la transcription et l’édition annotée.
Ces « Mémoires » souvent cités, utilisés ponctuellement, sont toutefois demeurés inédits jusqu’alors et n’ont jamais été donnés à lire dans leur intégralité. Ils constituent une sorte de monument inachevé, érigé en défense de la police parisienne de l’Ancien Régime, souvent considérée comme un modèle à l’échelle de l’Europe mais lourdement critiquée alors que s’ouvre la Révolution. Lenoir s’y montre à la fois mémorialiste témoignant de son activité passée et la justifiant face à la postérité, et homme d’expérience qui réfléchit sur les conceptions et les pratiques de la police.
Ces mémoires représentent également une source magnifique sur l’histoire de Paris, un vivier pour l’histoire administrative et l’histoire de la police, à une époque où les projets réformateurs abondent. La publication est assortie d’un catalogue du manuscrit qui est inédit.

Revue de presse

Criminocorpus — par Nathalie Dardenne — 18 novembre 2016

Médiapart — par André Burguière — 19 novembre 2016

Parutions.com — "Une police de proximité" par Matthieu Lahaye — 31 janvier 2012

Livres-Hebdo — "Lenoir pas si noir " par Laurent Lemire — 9 septembre 2011

Libération — "Lenoir et les Lumières" par Jean-Yves Grenier — 29 décembre 2011

Biographie

Vincent Milliot, ancien élève de l'ENS (Saint-Cloud-Fontenay), agrégé d'histoire, est professeur à l'université de Caen Basse-Normandie.

Un policier des Lumières – Vincent Milliot 2011
Paru le 22 septembre 2011
13 x 20 cm, 1152 pages
ISBN 978 2 87673 553 8
33.50 €

NICOLAS LE ROUX La faveur du roi

NICOLAS LE ROUX La faveur du roi

Mignons et courtisans au temps des derniers valois (vers 1547-vers 1589)

Dans la France de la Renaissance, la cour s’impose comme un outil de gouvernement. À la fois instrument et reflet de sa puissance, l’entourage du prince joue un rôle politique majeur. C’est dans ce monde aux contours mouvants qu’un cercle privilégié de familiers acquiert une position dominante: les mignons. Ce livre s’attache à ces personnages mal connus, à la réputation sulfureuse.
Jusqu’au milieu du XVIe siècle, seuls quelques grands barons jouent à la cour le rôle d’intermédiaires obligés entre les élites et le souverain. Avec les guerres de Religion (1562-1598), les conflits pour l’accès aux ressources de l’État et à la faveur du roi deviennent de plus en plus violents. Tandis que la reine mère Catherine de Médicis tente de rétablir l’unité du royaume, le futur Henri III prend la tête d’un groupe de jeunes gens soudé notamment par l’expérience des combats. Les mignons accèdent donc au pouvoir avec leur maître en 1574. Ils forment alors l’écrin qui magnifie la majesté du souverain. Les ducs de Joyeuse et d’Épernon émergent de cette nébuleuse, épurée par les assassinats, les duels et les disgrâces. Après la mort du premier et la mise à l’écart du second, la politique de la faveur s’éteint, obligeant le roi à reprendre lui- même en main le fonctionnement de la cour.
Cette histoire de la faveur propose une approche renouvelée de la formation de l’État royal: elle démontre que les figures du courtisan et du favori participent pleinement à la construction du pouvoir monarchique.

Revue de presse

LIBÉRATION
(jeudi 8 mars 2001)

MIGNONS REPECHÉ
Comment les jeunes gens scandaleux qui entouraient Henri III ont paradoxalement contribué à asseoir le pouvoir absolu de la monarchie française

Les « mignons » ont toujours eu mauvaise presse chez les historiens. Ces jeunes aristocrates de vingt ans, les Joyeuse, Epernon et autres La Valette dont Henri III aime à s’entourer dès son accession au pouvoir en 1574, ont toujours souffert d’une image scandaleuse. Considérés comme illégitimes auprès du roi parce que n’appartenant pas à la plus haute noblesse, la chronique contemporaine les présente comme des personnages efféminés qui ont dévergondé la vie de cour avec leurs jeux pervers. A eux seuls, ils symbolisent les excès du pouvoir personnel du monarque. Ces apparences sont trompeuses et simplificatrices car, derrière la promotion de ces favoris, avec lesquels Henri III entretient par ailleurs une véritable amitié remontant à sa jeunesse, il faut voir l’émergence d’un nouveau système de gouvernement.
C’est ce que montre Nicolas Le Roux dans ce gros ouvrage érudit qui se lit pourtant (presque) comme un roman historique. Il cherche moins à réhabiliter les mignons – on s’en serait douté – qu’à comprendre leur rôle dans la transformation des relations entre le pouvoir royal et la noblesse à ce moment crucial que sont les guerres de Religion. Il propose ainsi une anthropologie politique qui aide à renouveler notre vision de la formation de l’Etat moderne. Ce livre fait ainsi écho aux préoccupations actuelles de beaucoup d’historiens,soucieux de comprendre les fondements sociaux de la naissance de l’Etat qui, dans ces périodes anciennes, est moins une structure contenant en germe la modernité bureaucratique qu’un réseau de relations personnelles organisé autour de la personne du roi. C’est dans cette perspective qu’i1 faut lire cette reconstitution minutieuse des relations familiales aristocratiques, des jeux de cour et des stratégies royales dont le but est de montrer comment le monarque, qui est encore le roi suzerain plutôt que le roi absolu, peut tenir, avec des moyens somme toute modestes, un royaume très vaste,mesuré à l’aune du XVIe siècle, et contrôlé localement par les grandes dynasties nobles, soucieuses d’être associées au pouvoir.
L’instrument privilégié de cette politique est la faveur royale dont l’usage, précisément, est radicalement modifié à l’époque de Henri III. Jusqu’au milieu du XVIe siècle, les traités de philosophie politique considèrent que le modèle du bon gouvernement est celui de lafamille dans lequel la grâce du prince est répartie équitablement entre les sujets. Le massacre de la Saint-Barthélemy (en 1572) provoque une rupture profonde dans cette idéologie patriarcale, car les déchirements confessionnels et la mise en accusation du roi et de Catherine de Médicis conduisent progressivement à une autre façon de gouverner, fondée sur une restriction de l’accès à la personne du roi et une plus forte maîtrise des réseaux et des clientèles. Une nouvelle « économie de la faveur » se met en place au bénéfice des mignons qui vont vite monopoliser le lien avec Henri III. Cemonopole se traduit de multiples manières: larges pensions et nombreux dons royaux, responsabilités militaires et politiques importantes, positions honorifiques… autant de largesses qui échappent à leurs destinataires naturels, lesgrandes familles aristocratiques, qui ne voient dans les mignons que de simples « créatures royales », méprisables car dénuées de cet esprit d’indépendance qui fait encore le noble à la fin du XVIe siècle. Pourtant, malgré l’appui du roi, les mignons n’ont jamais réussi à s’implanter localement, y compris dans leurs régions d’origine, et à se substituer aux patrons régionaux que sont les grands princes, comme les Guise, ou les responsables de partis religieux. En bref, ils ne sont jamais devenus de vrais chefs de réseaux clientélaires.Cet échec est lourd de conséquences car il explique, à court terme, l’incapacité royale à empêcher la guerre civile. A plus long terme, en revanche, cette élection des favoris par la concentration de la faveur « participe d’une pédagogie royale visant à montrer que la noblesse n’a pas de légitimité hors du service direct du souverain ». Cette transformation majeure qui fait du roi, de primus inter pares, le maître de sa noblesse est un processus très long qui ne fait que commencer à la fin du XVIe siècle. D’autres étapes seront nécessaires, en particulier la domestication physique de l’aristocratie àVersailles, entreprise par Louis XIV. Il n’en est que plus paradoxal de montrer que c’est le règne d’un roi qui ne fut longtemps perçu, à la suite du grand historien Ernest Lavisse, que comme « un très mauvais prince, coquet et parfumé comme une femme » qui est à l’origine de ce pouvoir fort et absolu qui a façonné la monarchie française.
Jean-Yves GRENIER

LE MONDE
(vendredi 28 septembre 2001)
Confisquant l’accès au prince, le favori passa pour le bénéficiaire d’un simple caprice, sans portée politique. L’étude magistrale de Nicolas Le Roux rétablit le véritable enjeu d’un statut qui contribua en fait à l’établissement de l’absolutisme.

La réputation des « mignons », ces jeunes nobles cumulant charges, honneurs,commandements – et ennemis – qui composèrent l’entourage d’Henri III, n’est plus à faire. De leurs extravagances vestimentaires, de leur arrogance et de leur tempérament querelleur (en avril 1578, six favoris s’affrontent dans un duel d’une violence incroyable dans lequel Caylus, Maugiron, Schomberg et Ribérac perdent la vie), de leur cynisme cupide (Saint-Mégrin épouse en 1576 la veuve d’un homme qu’il a tué en duel un an plus tôt), parfois, mais aussi de leur dévouement au roi et de leur courage physique, tout semble avoir été dît, même le plus improbable et le plus improuvable. Cette réputation sulfureuse fut en fait l’œuvre des controversistes et des pamphlétaires contemporains qui s’indignèrent de la soudaine promotion sociale et politique de ces jeunes hommes impatients.
Inspirés par des mobiles dissemblables – amertume des exclus de la cour, incompréhension des notables devant les provocations et les scandales, manœuvres politiques des protestants et des ligueurs, ou des nobles révoltés, cherchant à affaiblir le roi en discréditant son entourage –, bien des écrits dénoncèrent alors les mœurs dissolues, l’avidité, l’extraction modeste de ces nouveaux maîtres de la faveur royale. Dès 1577, un sonnet partout diffusé ironise ainsi sur les honneurs trop facilement acquis des mignons: « Saint Luc, petit qu’il est, commande bravement / A la troupe Hautefort, que sa bourse a conquise / Mais Caylus, dédaignant si pauvre marchandise / Ne trouve qu’en son cul tout son avancement. » Les attaques les plus complexes et les plus sévères viennent pourtant plus tard contre les deux favoris qui monopolisent après 1580 les charges et les revenus, les ducs d’Epernon et Joyeuse. Elles débouchent cette fois sur une contestation théorique nouvelle de l’autorité monarchique, qui s’apparente à la naissance de l’ »opinion » qui entend soumettre l’exercice du pouvoir à la critique publique.
Nicolas Le Roux réussit parfàitement, dans ce livre au style plaisant, à transformer ce qui n’aurait pu être qu’anecdotes mille fois ressassées et interrogations scabreuses en matériau d’une enquête d’histoire sociale exemplaire. En retraçant les origines de la constitution du groupe étroit de courtisans qui vont petit à petit confisquer l’accès au roi et servir de « courtiers » dans la redistribution des honneurs, des charges et des gratifications, en examinant avec minutie la mise en place d’un système inédit de la faveur qui confère à quelques personnes à la fois des fonctions domestiques dans l’entourage du souverain et des positions politiques ou militaires de premier plan, en révélant aussi l’évolution spectaculaire des fortunes des mignons, leurs stratégies d’alliance si savantes, Le Roux montre en quoi l’institution des favoris, loin de relever d’un caprice royal un peu incongru, participe en fait d’une transformation réfléchie et extrêmement efficace du pouvoir monarchique et des conditions de son exercice. C’est tout le système traditionnel d’échange et de collaboration entre le roi et les nobles du royaume qui se trouve en effet modifié. A la figure humaniste du souverain, juste dispensateur des honneurs entre des nobles que distinguent leurs mérites et leurs services, se substitue brutalement celle du roi secret, caché et protégé par un entourage qu’il choisit de manière totalement libre. L’élévation des mignons n’est qu’un pur effet de la grâce royale: ceux-ci se pensent d’ailleurs eux-mêmes comme les « créatures » du souverain ainsi comparé à un dieu politique.
De cette transformation du pouvoir monarchique et de ses modes de représentation témoigne fort bien la modification des appartements royaux observée par Le Roux: en quelques années, la multiplication des antichambres accroît la distance entre les gentilshommes ordinaires et le roi, réservant l’accès à celui-ci à un noyau toujours plus étroit de nobles que le souverain distingue. Avec ces aménagements et la formalisation d’une véritable étiquette en 1578, la mise en scène du souverain subit une mutation radicale: « , L’accès au prince n’est désormais plus un droit pour personne, car seule sa grâce désigne les élus. »
L’intérêt du livre de Nicolas Le Roux, c’est de retrouver les enjeux politiques précis de ces changements brutaux dans l’organisation de l’entourage royal. Confronté à une situation politico-religieuse extrêmement difficile, dans laquelle les factions nobiliaires et les partis confessionnels s’affrontent dans une succession confuse de conflits, le roi tente de contrecarrer le jeu des forces centrifuges, qui sape son autorité et met en péril le royaume, en instaurant un nouveau mode de distribution des honneurs et de répartition des ressources économiques, politiques, symboliques de l’Etat, qui a pour principale caractéristique de tisser des liens de fidélités directes à sa personne et de court-circuiter les clientèles nobiliaires traditionnelles. On comprend mieux alors la virulence des critiques portées contre les favoris et les mignons, car derrière d’hypothétiques dépravations et d’inutiles provocations se profilaient bien d’autres enjeux, autrement plus redoutables ceux-là: l’exclusion d’une frange importante de la noblesse des affaires de l’Etat et l’affirmation d’un nouveau mode d’exercice de l’autorité royale. Nicolas Le Roux offre donc ici une contribution importante à l’histoire de l’Etat.
Olivier Christin

LES CLIONAUTES
(Janvier 2014)

Nicolas le Roux est spécialiste des guerres de religions dans le royaume de France, ainsi que des sociétés de cour et de la culture nobiliaire. Dès 1998, il devient maître de conférences à l’université Paris IV-Sorbonne puis reçoit son habilitation à diriger des recherches en histoire moderne en 2006. Depuis 2007 il est professeur d’histoire moderne à l’université Lumière-Lyon 2. Il est notamment auteur de La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (2001) et de Un régicide au nom de Dieu : L’assassinat d’Henri III (2006). Plus récemment il a dirigé Les guerres de religions(2009), sixième des treize ouvrages, s’inscrivant dans un projet de publication d’une histoire de France sous la direction de Joël Cornette.
C’est un livre extrêmement dense (808 pages) qui nous est proposé, édité pour la première fois en 2001 puis réédité en 2013 dans la collection « Les classiques » des éditions Champ Vallon.
L’attention portée aux Valois s’explique autant par les faits qui se déroulèrent à leur cour que par les crimes commis. L’entourage du dernier roi de la cette dynastie, Henri III, attire particulièrement l’attention. Ces proches sont progressivement qualifiés de « mignons », appellation devenue courante dans le vocabulaire populaire dès le début du règne. Pierre de L’Estoile décrit des êtres efféminés, gravitant dans l’entourage du roi, aux coiffures sophistiquées et exclusivement occupés à plaire au roi. Aussi, jeux, blasphèmes, danses et querelles viendraient jalonner leur activité quotidienne. La postérité a donc conservé de ces personnages une image sulfureuse, scandaleuse. Les contemporains du XVIème siècle ont étalement stigmatisé ces favoris, sans chercher toutefois à comprendre quel rôle politique ont-ils joué auprès du souverain. Il est vrai que l’image des favoris reste profondément marquée par les guerres de religion. Ils apparaissent comme des créations purement artificielles, vouées aux gémonies par les protestants. Pour autant, les successeurs d’Henri III, à commencer par le futur Henri IV n’ont pas cherché à réhabiliter l’entourage du souverain. La nouvelle dynastie des Bourbon se garde donc bien de louer son prédécesseur et en profite même pour mettre en œuvre une entreprise de diabolisation afin d’en tirer un maximum de légitimité auprès du peuple. Cette propagande royale a laissé dans la mémoire collective des contemporains l’idée d’une déliquescence des mœurs de la cour des derniers Valois et, comme corollaire, des gouvernants inconscients et inconstants. Ainsi le perçoit Victor Duruy dans son histoire de France, au XIXème siècle. Les favoris italiens auraient perverti le cœur du roi ; l’avidité des mignons permanente au sein d’une cour jugée féroce et licencieuse. Une littérature spécialisée s’est ainsi développée sous la IIIème République décriant avec verve les mignons d’Henri III. Pour autant, ces conclusions hautes en couleurs n’ont guère découragé les spécialistes qui se sont intéressés de près à Henri III. Ils se sont ainsi employés à laver l’image de ce roi des accusations pesant sur sa sexualité, opération nécessaire afin d’apprécier à sa juste valeur le prince raffiné ou les ambitions politiques et culturelles de l’homme d’Etat. Le livre de Nicolas Le Roux apporte de précieuses informations sur un point rarement étudié : celui du fonctionnement réel de la nébuleuse gravitant autour du souverain en tant que groupe social et culturel autonomisé. Cet ouvrage apporte autant sur le concept de faveur, sa pratique, sa théorisation et son utilisation que sur le système de signes de la faveur, c’est-à-dire les représentations et les manifestations politiques, économiques et symboliques traduisant ou reconnaissant la proximité avec le prince.

LA TROUPE DU ROI

Le règne d’Henri III se singularise, au cours des guerres de religion par une politique qui contraste avec les pratiques en vigueur sous les trois règnes précédents. Brantôme insiste sur la continuité qui semble prévaloir sous Charles VIII, Louis XII, Henri II, François II et Charles IX, à l’instabilité qui dominerait sous François Ier et Henri III. L’étude menée par Nicolas Le Roux nous plonge au cœur de la cour par la richesse des témoignages et des compositions polémiques qui évoquent ou mette en scène les proches du roi. Les mignons apparaissent ainsi comme instruments du pouvoir, comme autant d’ornements de la majesté, voire comme de véritables signes de puissance. Alors que l’entourage de Charles IX restait dominé par des figures placées par la reine mère Catherine de Médicis, celui de Henri III est d’abord composé de personnages l’ayant suivi pendant sa jeunesse, comme Lignerolles, Villequier, Bellegarde et Le Guast. Le second groupe de faveur qui fonctionne à partir de 1574 rassemble de très jeunes gens qui constituent un véritable écrin autour du roi, comme Entraguet, Caylus, Saint-Mégrin, Maugiron, Livarot, Saint-Sulpice, Souvré. Enfin, le troisième cercle se réduit à deux archimignons, Joyeuse et Epernon ainsi qu’à leurs frères. L’entourage du souverain apparaît donc comme une configuration numériquement limitée dans laquelle évoluent des individus en situation de proximité physique avec la personne du souverain. Il offre une zone de contact entre la société de cour, le royaume et le prince. Mais cet entourage forme également un écran qui masque ou met ce dernier en représentation. Rétribués de leur fidélité par l’octroi ostentatoire d’honneurs symboliques ou matériels, les favoris concentrent et monopolisent la grâce du prince, c’est-à-dire le don gratuit du regard et de la bienveillance exprimant sa liberté souveraine. La faveur peut ainsi être définie comme une situation de pouvoir informel ne reposant ni sur le statut social ni sur les charges officielles, mais sur un lien « dilectif » qui traduit une relation volontaire et affective avec des personnages choisis (la relation de dilection implique une opération sélective et une signification affective positive vécue par ses agents)
Dans le système de concurrence et d’exclusion que constitue la cour, le favori apparaît alors comme le personnage qui se caractérise par la plus grande capitalisation de signes de l’exception, qu’il s’agisse de dignités, de récompenses ou de prérogatives symboliques. Ces signes manifestent et affermissent sa position de privilégié dans l’entourage du prince. Cette politique se veut aussi une forme de sublimation et marque fermement le rapport de dépendance qui manifeste l’efficacité créatrice du pouvoir du souverain. La période des favoris s’étend du XVème siècle au XVIIème siècle. Leur présence autour du souverain participe d’une stratégie royale d’intégration politique. Le prince attire à lui des princes de régions éloignées de Paris et exerce ainsi un contrôle sur ces lointaines contrées. Cette politique est fondée sur l’exaltation de la souveraineté à travers l’exercice de la grâce et sur l’association directe de la noblesse au pouvoir. Nicolas Le Roux insiste sur l’histoire politique de la faveur qui conjugue avec la connaissance des organisations et du personnel politique avec l’approche de la culture, de l’imaginaire, des rituels et de la symbolique royale. En fait, l’objet de cette étude, l’entourage d’Henri III, n’émerge pas de définition officielle de la figure du favori. Sa situation reste ambivalente. Sa position correspond moins à une fonction qu’à une position particulière dans un système de pouvoir où s’exerce une mise en représentation des relations d’autorité.
La catégorisation sociale des individus dépend, à la cour, étroitement des représentations que les contemporains se font de leur proximité avec le prince. Les jugements des contemporains constituent-ils une source primordiale pour l’objet de cette étude. L’auteur part d’un point de vue nomaliste, c’est-à-dire qu’il interroge les sources et les textes dans les termes mêmes qu’emploient leurs auteurs, afin de discerner quels personnages sont identifiés dans l’entourage du roi et donc, comme favoris. Les sources narratives (mémoires, livres de raison, biographies), les pamphlets et textes polémiques sont aussi à même de nous introduire au cœur de la cour, de son fonctionnement et d’approcher les favoris. Enfin, les témoignages sont croisés avec les sources objectives que sont les les correspondances, les actes notariés et les archives de l’Etat (registres des Ordres de chevalerie, comptes royaux, rôle de compagnies d’ordonnance, pièce généalogique). Elles permettent ainsi d’appréhender, en tant que système, les individus dans leur dynamique interne. Enfin, centré sur l’entourage d’Henri III, ce livre trace également une généalogie de la pratique de la faveur dans la deuxième moitié du XVIème siècle. Son point de départ se situe à l’avènement d’Henri II, à l’époque où les représentations du politique sont sous-tendues par un imaginaire de la concorde dans lequel la faveur royale est moins conçue comme un rapport privé que comme la forme naturelle de la relation qui unie le prince à l’ensemble des membres de la noblesse. L’avènement d’Henri III consacre l’évolution du fonctionnement de la cour et des relations entre le pouvoir royal et la noblesse entamée au cours de la première décennie des guerres de religion. L’arrivée sur le devant de la scène politique d’une troupe de favoris confirme ces bouleversements. Ainsi, c’est toute l’histoire de la construction de l’Etat moderne qui peut être lue à travers la dynamique de la faveur royale dans un contexte particulièrement difficile des troubles religieux. Un livre incontournable si l’on souhaite appréhender la construction de l’Etat moderne.
Bertrand Lamon

Biographie

Né en 1970 à Tours, normalien, docteur d’histoire moderne, Nicolas Le Roux est professeur d’histoire moderne à l’Université Lumière-Lyon 2 et habilité à diriger des recherches en histoire moderne à l’Université Paris-IV.
Il a publié, entre autres, La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589) (Champ Vallon, 2001), Un régicide au nom de Dieu. L’assassinat d’Henri III (Gallimard, 2006) et Les Guerres de Religion (1559-1629) (Belin, 2009), Le Roi, la cour, l'Etat. De la Renaissance à l'absolutisme (Champ Vallon, 2013) et Le Crépuscule de la chevalerie. Noblesse et guerre au siècle de la Renaissance(Champ Vallon, 2015).

la Faveur du roi Le Roux Classiques
Réédité en 2013
13 x 20 cm, 808 pages
ISBN 978.2-87673-907-9
25 €

SOPHIE HASQUENOPH Histoire des ordres et congrégations religieuses

SOPHIE HASQUENOPH Histoire des ordres et congrégations religieuses

En France du Moyen Âge à nos jours

Comment dire l’extraordinaire diversité du monde des religieux, depuis les premiers temps de l’Église primitive jusqu’à l’aube du XXIe siècle? Face aux difficultés à en cerner la complexité et l’évolution, une clarification et une synthèse s’avéraient depuis longtemps scientifiquement nécessaires.
L’Histoire des ordres et congrégations religieuses de Sophie Hasquenoph a l’ambition d’offrir l’étude historique, culturelle et juridique du monde religieux qui manquait. Menée sur le long terme, elle permet de définir la nature spécifique des religieux à travers le prisme de l’événementiel et d’enrichir la chronologie par une véritable analyse historique et culturelle.
Après une approche générale du monde régulier et séculier, qui définit clairement l’identité du religieux à travers l’originalité de sa vocation, sa façon de vivre au quotidien et sa relation avec la société environnante, le lecteur suivra l’évolution des familles religieuses au Moyen Âge, aux Temps modernes et à l’époque contemporaine, dans le cadre plus large de l’histoire de l’Église de France. Les héritages, les permanences et les ruptures, à l’heure des grandes crises comme les guerres de Religion, la Révolution française, la séparation de l’Église et de l’État, donnent toute leur dimension et leur sens aux réussites, aux tâtonnements et aux fragilités, voire aux échecs, de telle ou telle expérience religieuse conduite à travers les siècles. Mais, du moine bénédictin jusqu’au «petit gris» d’après 1968, du jésuite missionnaire à la religieuse à cornettes des temps modernes, ce livre révèle la continuelle adaptation du monde des religieux et son étonnante permanence jusqu’à nos jours.

Revue de presse

La Croix — "Le dialogue fait le religieux" Claire LESEGRETAIN — 21 avril 2011

Biographie

Sophie Hasquenoph est née en 1962. Docteur en histoire moderne, agrégée, elle est maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Lille III. Elle a publié Une aventure bénédictine (Le Sarment/Fayard) et Les Dominicains de Paris au XVIIIe siècle (Ed. du Septentrion).

Histoire des ordres et congrégations religieuses – Sophie Hasquenoph 2009
Paru le 20 février 2009
13 x 20 cm, 1344 pages
ISBN 9782876734951
19.90 €

CHRISTOPHE BIDENT Maurice Blanchot : partenaire invisible — (réédition)

CHRISTOPHE BIDENT Maurice Blanchot : partenaire invisible — (réédition)

Essai

Est tenté ici le pari d’une biographie. Contre l’opinion, trop répandue, selon laquelle Blanchot lui-même interdirait ce type d’approche. Cet essai d’une biographie semble aujourd’hui nécessaire. Contre le déferlement d’interprétations stratégiques, jalouses, méprisantes, aveuglées de mauvaise foi, et aussi contre les sanctifications fanatisantes opérées par les gardiens du temple, il faut redire combien Blanchot est l’un des écrivains, des critiques, des penseurs les plus importants de ce siècle; et surtout, montrer comment il l’est devenu. De la transformation des convictions politiques à l’élargissement de la pensée, à la « légèreté prodigieuse » des récits, son parcours représente à la fois une riposte contre toute forme de prêt-à-penser et de prêt-à-écrire, et une exigence de commentaire puisant dans la nécessité de l’écoute inépuisable de l’autre, et dans la vigilance incessante de l’expression de soi.

Lire le sommaire

Maurice Blanchot: partenaire invisible
essai
Le sommaire

«De la vie comme de l’œuvre…»
I

Blanchot de Quain
GÉNÉALOGIE, NAISSANCE, ENFANCE, 1907-1918
Musique et mémoire familiale
MARGUERITE BLANCHOT À CHALON, Années 20
«Le feutre de la mort»
LA MALADIE, 1922-1923
II

La canne au pommeau d’argent
UNIVERSITÉ DE STRASBOURG, Années 20
Un éclair dans la nuit
RENCONTRE D’EMMANUEL LEVINAS, 1925-1930
«Il y a»
L’APPRENTISSAGE PHILOSOPHIQUE, 1927-1930
L’apparentement des convictions
PARIS ET LES MILIEUX D’EXTRÊME-DROITE, Années 30
«Mahatma Gandhi»
UN PREMIER TEXTE DE BLANCHOT, 1931
Le refus, I: la révolution de l’esprit
LA REVUE FRANçAISE, RÉACTION, LA REVUE DU SIÈCLE, 1931-1934
Journaliste, antihitlérien, national-révolutionnaire
LE JOURNAL DES DÉBATS, LE REMPART, AUX ÉCOUTES,
LA REVUE DU VINGTIÈME SIÈCLE, 1931-1935
La surenchère rhétorique
LANCEMENT DE COMBAT, 1936
«Le Terrorisme, méthode de salut public»
COMBAT, Juillet-décembre 1936
Le comble du patriotisme
L’INSURGÉ, 1937
Ces événements me sont arrivés en 1937…
ARRÊTS DE MORT, 1937-1938
«De la transformation des convictions»
UN JOURNALISTE D’EXTRÊME-DROITE, Années 30
«De la révolution à la littérature»
LA CRITIQUE LITTéRAIRE DES ANNÉES 30
«Les présages meurtriers des temps futurs»
L’ÉCRITURE DES RÉCITS:
«LE DERNIER MOT», «L’IDYLLE», 1935-1936
«Nuit à loisir recerclée, qui nous joue?»
THOMAS L’OBSCUR, 1932-1940 139
III

«L’Univers est dans la nuit»
RÉSISTANCE, 1940-1944
«Se servir de Vichy contre Vichy»
JEUNE FRANCE, 1941-1942
«L’admiration et l’accord»
RENCONTRE DE GEORGES BATAILLE, 1940-1943
Au nom de l’autre
CHRONIQUES LITTéRAIRES AU JOURNAL DES DEBATS, 1941-1944
«Un véritable écrivain est apparu»
PUBLICATION ET RÉCEPTION DE THOMAS L’OBSCUR, 1941-1942
«Soulève ce brouillard qui est déjà de l’aube»
PUBLICATION D’AMINADAB, 1942
«Aux écrivains qui ont trop donné à l’actualité…»
AUTOUR DE LA N.R.F., 1941-1942
«De l’angoisse au langage»
PUBLICATION DE FAUX PAS, 1943
«Le prisonnier des yeux qui le soumettent»
QUAIN, Été 1944
Le désenchantement communautaire
ACTIVITÉ ÉDITORIALE À LA LIBÉRATION, 1944-1946
L’année critique
L’ARCHE, LES TEMPS MODERNES, CRITIQUE, 1946
«Respecter le scandale»
CRITIQUE LITTÉRAIRE, 1945-1948
La tache noire
RÉDACTION DU TRÈS-HAUT, 1946-1947
La passion du silence
DENISE ROLLIN2
Le séjour méditerranéen
L’ÉCRITURE DE LA NUIT, 1947
Le point d’inflexibilité
LA FOLIE DU JOUR, UN NOUVEAU STATUT DE LA PAROLE, 1947-1949
Le tour d’écrou
DEUXIÈME VERSION DE THOMAS L’OBSCUR, 1947-1948
L’autorité de l’amitié
ACHÈVEMENT DE L’ARRÊT DE MORT, 1947-1948
Querelles de milieu
ÉDITION ET RÉCEPTION, 1948-1949

IV

Partenaire invisible
ÈZE, LE RETRAIT, 1949-1957
«La solitude essentielle»
L’ÉCRITURE DES RÉCITS, 1949-1953
Le rayonnement d’une puissance sans regard
AU MOMENT VOULU, 1949-1951
«écrivez-vous, écrivez-vous en ce moment?»
CELUI QUI NE M’ACCOMPAGNAIT PAS, 1951-1953
Le détour critique
QUELQUES ARTICLES DE CRITIQUE LITTÉRAIRE, 1950-1951
«L’auteur à rebours»
NAISSANCE DE L’ESPACE LITTÉRAIRE, 1951-1953
«Toujours déjà» (l’interruption poétique et politique de la pensée)
VERS LE LIVRE À VENIR, 1953-1958
«D’une légèreté prodigieuse»
LE DERNIER HOMME, 1953-1957
La grâce, la force et la douceur
RENCONTRE DE ROBERT ANTELME, 1958
«Sous le regard de la fascination»
RETOUR À PARIS, 1957-1958
Le refus, II: au nom de l’anonyme
LE 14 JUILLET, 1958-1959
V

«Je dis bien Droit et non pas Devoir»
DÉCLARATION SUR LE DROIT À L’INSOUMISSION
DANS LA GUERRE D’ALGÉRIE, 1960
Partenaires invisibles
LE PROJET DE LA «REVUE INTERNATIONALE», 1960-1965
Personnages de pensée
COMMENT L’AMITIÉ EST-ELLE POSSIBLE?, 1958-1971
«Fais en sorte que je puisse te parler»
L’ATTENTE L’OUBLI, 1957-1962
La pensée du Neutre
CRITIQUE LITTÉRAIRE ET PHILOSOPHIQUE
(L’ENTRETIEN ET LE FRAGMENT), 1959-1969
Premier hommage
CRITIQUE, NUMÉRO SPÉCIAL, 1966
Entre deux formes de l’inavouable
L’AFFAIRE BEAUFRET, 1967-1968
«De l’autre côté de la peur»
MAI 68

VI

La vie au-dehors
LE PAS AU-DELÀ, UN JOURNAL ÉCRIT AU NEUTRE, 1969-1973
L’amitié au désastre
ÉLOIGNEMENT ET DISPARITIONS, 1974-1978
Le dernier livre
L’ÉCRITURE DU DÉSASTRE, 1974-1980
La formation du mythe
LECTURES ET NON-LECTURES, 1969-1979
L’indisposition du secret
LISIBILITÉ ET VISIBILITÉ DE BLANCHOT, 1979-1997
«Avec cette cassure de l’histoire dans la gorge»
LA COMMUNAUTÉ INAVOUABLE, 1982-1983
«Il faut du temps pour accomplir quelques pas»
LITTÉRATURE ET TÉMOIGNAGE, 1983-1997

Bibliographie des écrits de Maurice Blanchot
Bibliographie critique
Index des noms de personnes

Maurice Blanchot (réédition) – Christophe Bident 2008
Paru le 30 octobre 2008
13 x 20 cm, 640 pages
ISBN 978.2-87673-496-8
19 €

ANDRÉ GREEN Propédeutique – réédition

ANDRÉ GREEN Propédeutique – réédition

La métapsychologie revisitée

La métapsychologie de Freud, issue d’une pensée qui, à bien des égards, continue d’être rattachée à des conceptions du siècle dernier, est critiquée de toutes parts. Mais André Green se refuse à l’abandonner, parce que les solutions de remplacement ne sont guère plus convaincantes. Cependant, la conserver nécessite aussi de la transformer à la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui et que Freud ignorait. C’est à quoi s’attache l’auteur dans cet ensemble d’essais qui constituent les étapes préparatoires à la rédaction d’ouvrages plus généraux et éclairent par là même l’ensemble de l’œuvre d’André Green.

Propédeutique – André Green 2016
Réédité le 2 juin 2016
13 x 20 cm, 320 pages
EAN 9791026701149
19 €