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SÉVERIN DUC La guerre de Milan

SÉVERIN DUC La guerre de Milan

Conquérir, gouverner, résister dans l'Europe de la Renaissance
Préface de Denis Crouzet

Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d’un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre qui s’ensuivit fut destructrice et indécise, c’est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d’une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l’Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.

 

«…ce serait une illusion de croire que la vaste fresque peinte touche après touche par Séverin Duc ne concerne que ce qui serait une séquence marginale et secondaire de l’histoire de l’Italie … ce qui advient en Milanais dans un paroxysme de violences et dans une révolution de la domination politique est historiquement capital. Ne sont concernés dans ce tournant géopolitique pas seulement l’Italie du Nord et la Lombardie, pas seulement le roi de France et l’Empereur. Ce qui se joue au terme d’une quinzaine d’années sur l’incident en apparence dérisoire d’un cri, « Italia Italia », et d’un assassinat, serait une part du devenir, désormais en gestation pour un temps long, de l’Europe moderne. » (Denis Crouzet)

Séverin Duc, agrégé et docteur en Histoire, est membre de l’École française de Rome et chercheur associé au Centre Roland Mousnier. Il obtenu, pour la thèse dont ce livre est issu, le prix Aguirre-Basualdo de la Chancellerie des Universités de Paris. Actuellement, il s’intéresse à l’histoire sociale et familiale des pouvoirs en France et en Italie.

Couv Séverin Duc
Octobre 2019
15,5 x 24, 360 pages dont un cahier de 8 pages d'illustrations en couleur
ISBN 979-10-267-0842-1,
28 €

ARTHUR BERNARD Aux captifs, aux vaincus

ARTHUR BERNARD Aux captifs, aux vaincus

«On arrive à Paris à vingt ans, sans penser qu’un jour, plus d’un demi-siècle après, on devra rendre le bonjour et adresser ses adieux. Nous y sommes, enfin le narrateur, lui y est. Il a fait son temps. Sous l’horloge sinistre de la Gare de Lyon, qui lui donna l’heure, les heures de la Ville, pour toujours et dès la première fois, reconnaissant tout ce qu’il voyait sans jamais avoir rien vu avant, grâce aux livres, aux films, leurs correspondances avec la réalité. Maintenant, il convient de saluer cet Hier, sans même avoir à le quitter. Celui qui narre aura vécu, regardé autant que lu, cohabité avec les mots, les images, les photographies, les films, dehors comme dedans, jour et nuit, à la Bibliothèque ou dans les salles obscures. C’est terminé. Clap de fin.»

Arthur Bernard a publié sous différents noms des romans, et des ouvrages historiques et sociologiques (en particulier sur Paris). Champ Vallon a publié nombre d’entre eux.

Octobre 2019
12 x 19 cm, 256 pages

23 €

RAFE BLAUFARB L’invention de la propriété privée

RAFE BLAUFARB L’invention de la propriété privée

Une autre histoire de la Révolution
Traduit de l'anglais (USA) par Christophe Jaquet

Que signifie posséder quelque chose ? Quelles sortes de choses peuvent être possédées ?  Comment renonce-t-on à sa propriété ? Quelles sont les frontières entre propriété privée et propriété publique ?
En l’espace de dix ans, la Révolution française s’est efforcée de répondre à toutes ces questions. Comme Rafe Blaubarb le montre dans ce livre ambitieux, elle a refondé le système de propriété existant jusqu’en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. Les révolutionnaires les ont réalisés en abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l’office public vénal, et en démantelant le domaine de la Couronne, faisant ainsi de l’Etat une pure souveraineté.
Ce fut une grande démarcation, c’est-à-dire une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d’où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l’Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Le processus détruisit le fondement conceptuel de l’Ancien Régime, posa les fondations du nouvel ordre constitutionnel de la France, cristallisa toutes les manières de penser l’Etat et la société modernes et créa une nouvelle réalité juridique et institutionnelle. La Grande Démarcation montre dans quelle mesure la transformation révolutionnaire de la propriété d’Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.

La propriété privée est née en 1789
L'OBS par Antoine Lilti

Rafe Blaufarb est professeur d’histoire française à la Florida State University, où il dirige l’Institut sur Napoléon et la Révolution Française.

Couv L'invention de la propriété privée
Septembre 2019
14 x 22 cm, 352 pages
ISBN 979-10-267-0837-7
27 €

MARTINE BOYER-WEINMANN, DENIS REYNAUD Vestiaire de la littérature

MARTINE BOYER-WEINMANN, DENIS REYNAUD Vestiaire de la littérature

Cent petites confections

Quel écrivain conçoit l’écriture d’un roman comme un strip-tease à l’envers ? Quel confrère voulut bâtir son œuvre comme une robe, au motif qu’une nouvelle mode de Worth avait autant d’importance que la guerre de 70 ? Lequel soutient que nous ne changeons pas plus d’opinions et de maîtres que de chaussettes ? Quelle créature souhaita que fût chiffonnée la robe qu’elle avait voulue et cousue point par point ? Quel poète aurait préféré être renversé et dardé par l’éblouissement d’une jupe relevée plutôt que par un garçonnier pantalon? Quel personnage célèbre ne porta jamais de bonnet de nuit, ni de robe de chambre, ni de peignoir, ni de pantoufles ? Quel autre, acquérant avec l’âge la liberté de s’habiller, acheta à Venise un blouson révolutionnaire pour aborder l’année 1968 ?

Le lecteur amateur de vêtements et de livres trouvera la réponse à ces questions considérables – et à bien d’autres encore – dans ce livre frivole et savant qui explore les liens multiples entre mode et littérature, et affirme que le plaisir de lire consiste à découvrir ce que les personnages ont dans les poches et sous leur manteau tout autant que ce qu’ils ont dans la tête.

Martine Boyer-Weinmann est professeur de littérature française contemporaine à l’université Lumière-Lyon2. Denis Reynaud a enseigné dans des universités britanniques, américaines et japonaises, avant de devenir professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Lumière-Lyon2.

22 août 2019
14 x 22 cm, 368 pages
ISBN 979-10-267-0822-3
24 €

PIERRE SERNA L’extrême centre ou le poison français

PIERRE SERNA L’extrême centre ou le poison français

1789-2019

Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l’interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l’état d’urgence quasi permanent.

En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d’une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d’un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif  que l’on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s’invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019.

La vie politique française, malgré ce qu’en dit toute une tradition historiographique, n’est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison: celui d’un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n’est pas une Révolution : c’est une vieille histoire.

NIce Matin: Maconisme et girouettisme, Thierry Prudhon

Non Fiction: La gouvernance Macron, entre « extrême centre » et gilets jaunes par Damien Augias

L'Humanité Dimanche 6 juin 2019 Le macronisme est-il un extrême centre comme les autres?

Macron roi des girouettes: qu'est-ce que l'extrême-centre? Le MEDIA avec Pierre Serna

Historiquement show 357: spéciale politique

Pierre Serna est professeur d'histoire de la Révolution française à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française. IHMC

Août 2019
14 x 20, 296 pages
ISBN 979-10-267-0675-5
20 €

DENIS CROUZET ÉLISABETH CROUZET-PAVAN PHILIPPE DESAN CLÉMENCE REVEST (sous la direction) L’humanisme à l’épreuve de l’Europe

DENIS CROUZET ÉLISABETH CROUZET-PAVAN PHILIPPE DESAN CLÉMENCE REVEST (sous la direction) L’humanisme à l’épreuve de l’Europe

XVe-XVIe siècle
Histoire d'une transmutation culturelle

L’Europe des XVe et XVe siècles voit émerger puis triompher le mouvement humaniste. Comment l’humanisme, né comme une contre culture et diffusé par des réseaux intellectuels italiens épris de la redécouverte des classiques, s’impose-t-il aussi vite comme un modèle dominant ? A cette question classique, ce livre apporte des réponses nouvelles. Il montre que l’humanisme triomphe à travers l’Europe selon des formes, des expressions et des degrés variables selon les espaces, les publics et les écosystèmes socio-politiques et socio-intellectuels. Il évoque les résistances parfois farouches que ce système d’interprétation du monde rencontra. Il brosse, en laissant toute leur place aux multiples capacités d’adaptation de cette culture, le tableau bigarré des humanismes européens.

Denis Crouzet est professeur d’histoire moderne à Sorbonne Université. Ses travaux portent sur l’Europe du XVIe siècle et les imaginaires politiques et religieux.
Elisabeth Crouzet-Pavan est professeur d’histoire du Moyen Âge à Sorbonne Université et spécialiste de l’Italie du Moyen Âge.
Philippe Desan, de l’Université de Chicago, est spécialiste de l’histoire des idées à la Renaissance.
Clémence Revest, chargée de recherches au CNRS, est spécialisée dans l’histoire de l’Humanisme italien.

Couverture L'humanisme
Juin 2019
15,5 x 24 cm, 384 pages
ISBN 979-10-267-0810-0
26 €

EMMANUEL FUREIX L’œil blessé

EMMANUEL FUREIX L’œil blessé

Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française

Après la Révolution française, le « vandalisme » est répudié et la « guerre aux démolisseurs » lancée avec emphase. Pourtant, au fil d’un xixe siècle convulsif, des statues sont bel et bien déboulonnées, des bustes brisés, des emblèmes martelés, des drapeaux brûlés, des cocardes arrachées et piétinées. L’iconoclasme est certes miniaturisé et négocié, mais il se répète avec insistance. De la Restauration à la Commune de Paris, la destruction des signes de l’adversaire devient le lot commun de la politique.

Que détruisent, alors, ces « iconoclastes modernes » ? Avec quels gestes s’attaquent-ils aux images et aux signes visuels ? Que visent-ils à travers eux ? Quelle puissance et quelle vitalité attribuent-ils aux images ? Quels effets croient-ils produire sur le monde social et sur les rapports de pouvoir ?

Toutes ces questions prennent une singulière acuité au xixe siècle : la fragilité des pouvoirs, les profondes poussées démocratiques, la transformation du rapport au passé, la laïcisation graduelle de la société, la reproductibilité technique des images dessinent un nouvel iconoclasme.

Nourri d’archives vivantes et sensibles, l’ouvrage ne se contente pas d’exhumer des gestes oubliés ou effacés de l’histoire. Il définit le paysage des signes conflictuels et les regards portés sur eux. Il construit, surtout, une grammaire de l’iconoclasme qui résonne fortement avec notre présent. Dans des conjonctures fluides où la souveraineté paraît disponible, les iconoclastes s’attaquent aux signes qui la rendent visible et s’affirment eux-mêmes comme souverains. Ils épurent aussi les images du passé lorsqu’elles infligent une « blessure » morale à l’œil du regardeur. À d’autres moments, ils cherchent plus simplement à entrer par effraction dans l’espace public, sans autre espoir que de prendre la parole en s’attaquant à des signes intolérables.

L'Oeil blessé dans Libération par Dominique Kalifa

L'Œil blessé= Télérama par Gilles Heuré

Paroles d'histoire
Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

Emmanuel Fureix est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université Paris-Est Créteil, ancien membre de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié La France des larmes. Deuils politiques à l’âge romantique (Champ Vallon, Prix Chateaubriand 2009), Le Siècle des possibles. 1814-1914 (PUF, 2014), et, avec François Jarrige, La Modernité désenchantée. Relire l’histoire du XIXe siècle français (La Découverte, 2015).

Couv_Lœil blessé
Mai 2019
15,5 x 24 cm, 392 pages (dont un cahier iconographique de 8 pages)
ISBN 979 10 267 0815 5
27 €

JEAN-CLAUDE CARON Simon Deutz, un Judas romantique

JEAN-CLAUDE CARON Simon Deutz, un Judas romantique

En révélant à Adolphe Thiers au printemps 1832 la cachette de la duchesse de Berry, clandestine depuis l’échec du soulèvement de la Vendée, Simon Deutz devient instantanément la réincarnation de Judas, « l’homme qui a livré une femme » que stigmatise Victor Hugo. Mais au moment de sa trahison, ce fils du grand-rabbin de France est catholique, depuis sa conversion à Rome en 1828. Devenu un paria dans son propre pays, il s’exile en 1842 à La Nouvelle-Orléans où il meurt sous le nom de Sylvain Delatour.

C’est l’histoire de ce parcours, qui commence en Allemagne en 1802 et s’achève en Louisiane en 1844, qu’on retrace ici : celle d’un homme aux identités multiples dans la France postrévolutionnaire. Incarnation du « traître juif » avant que Dreyfus ne le supplante, Deutz cristallise l’émergence d’un antijudaïsme multiforme et devient de son vivant l’objet d’une « légende noire ». En mobilisant la figure de Judas, les nombreux opposants à la monarchie de Juillet entendent aussi mettre en accusation ceux qui ont eu recours à la trahison de Deutz pour capturer la duchesse de Berry : Adolphe Thiers, ministre de l’Intérieur, et le roi Louis-Philippe.

Si ce nouveau juif errant meurt oublié en exil, la littérature perpétue sa mémoire en en faisant, sous son nom ou sous des noms d’emprunt, l’archétype du traître littéraire dont on souligne à l’envi la judéité.

Libération par Dominique Kalifa

Jean-Claude Caron est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Clermont-Auvergne. Ses nombreuses publications sont consacrées à l’histoire des violences socio-politique dans la France du XIXe siècle.

Couverture Simon Deutz
Avril 2019
15,5 x 24 cm, 320 pages
979-10-267-0795-0
24 €

SOPHIE ABDELA La prison parisienne au XVIIIe siècle

SOPHIE ABDELA La prison parisienne au XVIIIe siècle

Formes et réformes

On sait peu de chose sur la prison d’Ancien Régime. Les historiens, fascinés par le pénitencier, l’ont largement négligée. Ce livre comble cette lacune en explorant le monde carcéral parisien du XVIIIe siècle, et particulièrement la geôle ordinaire.
La prison doit être abordée comme un objet urbain parfaitement intégré dans les dynamiques et les trajectoires quotidiennes de la capitale. Elle est considérée aussi comme un objet économique, à la fois service essentiel qu’il faut financer et occasion d’affaires pour ceux qui la fournissent en marchandises et denrées de toutes sortes. Finalement, la prison est un objet social : les détenus comme le personnel y tissent des liens – de collaboration ou de concurrence, voire d’opposition – qui contribuent à façonner la prison et à la réformer.

 

Sophie Abdela

Sophie Abdela

Prix de thèse 2018 de la Société française d'histoire urbaine

Dans Libération par Jean-Yves Grenier

Sophie Abdela est professeure à l'Université de Sherbrooke (Québec).

Couv La prison parisienne
Avril 2019
15,5 x 24 cm, 320 pages
ISBN 979-10-267-0780-6
25 €

SITAUDIS met à l’honneur Sophie Loizeau

SITAUDIS met à l’honneur Sophie Loizeau

Deux très belles recensions du nouveau livre de Sophie Loizeau : Ma Maîtresse forme en ligne sur Sitaudis.fr :

par Jean-Claude Pinson : http://www.sitaudis.fr/Parutions/ma-maitresse-forme-de-sophie-loizeau-1.php

par Aurélie Foglia : http://www.sitaudis.fr/Parutions/ma-maitresse-forme-de-sophie-loizeau-2.php

Loizeau @Adrienne Arth

@Adrienne Arth

Ma maîtresse forme - Sophie Loizeau 2017

Ma maîtresse forme – Sophie Loizeau 2017

Loizeau @Adrienne Arth