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CHRISTIAN GODIN Les Lieux communs d’aujourd’hui

CHRISTIAN GODIN Les Lieux communs d’aujourd’hui

D’Acharnement (L’acharnement thérapeutique) à Volonté (Du moment qu’ils le veulent !), ce lexique constitué de 154 articles rangés par ordre alphabétique fait une analyse critique des stéréotypes les plus courants dans la France de 2018.

Certains mots (« antisystème », « bio », « rebelle »…) et certaines expressions (« on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux », « respecter les différences », « je n’ai de leçon à recevoir de personne »…) sont si fréquemment utilisés dans les discours publics (ceux des médias, du monde politique et économique) et privés (ceux des conversations) qu’ils paraissent contenir des vérités évidentes échappant à l’analyse, et plus encore à la critique.

Ces stéréotypes n’appartiennent pas tous, loin s’en faut, à ce qu’il est convenu d’appeler le politiquement correct (lequel est lui-même un stéréotype analysé dans ce lexique). Il n’y a plus d’idéologie dominante, au sens marxiste, dans la société actuelle, mais des points de consensus à la fois fugaces et contradictoires.

Revue de presse

LIVRES HEBDO, Avant critiques — Souverains poncifs, par Laurent Lemire, 18 mai 2018

Biographie

Né en 1949, CHRISTIAN GODIN est philosophe, professeur émérite de l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Il est rédacteur en chef de la revue Cités, publiée par les PUF. Ses ouvrages publiés, une cinquantaine, comprennent des livres académiques de philosophie comme La Totalité en sept volumes, des ouvrages scolaires et universitaires (comme le Dictionnaire de philosophie), des ouvrages destinés au grand public (La Philosophie pour les Nuls) et des essais portant sur le monde et la société d’aujourd’hui (La Haine de la nature, La Démoralisation, Le Soupir de la créature accablée. La religion aujourd’hui…).

Christian GODIN Les lieux communs d'aujourd'hui
Paru le 7 juin 2018
14 x 20, 336 pages
979-10-267-0707-3
22 €

CATHERINE KIKUCHI La Venise des livres

CATHERINE KIKUCHI La Venise des livres

1469-1530

Après la publication de son premier imprimé en 1469, Venise devient en quelques années la première productrice de livres en Europe. Il s’agit d’un métier neuf qui se développe hors des cadres institutionnels des corporations. Les livres produits se retrouvent dans toutes les bibliothèques d’Europe. Ces imprimeurs qui ont fait le succès de Venise sont pour la plupart d’origine étrangère. Ils sont Allemands d’abord, avant l’arrivée d’autres communautés dans cette industrie. Ce sont des marchands et des artisans en provenance de toute l’Europe et d’une partie de la Méditerranée orientale. Au-delà des échecs, beaucoup se sont intégrés dans la ville, sa géographie, sa sociabilité, et ont construit une nouvelle industrie du livre au cœur de l’Europe.

Biographie

Catherine Kikuchi est membre de l’École française de Rome depuis septembre 2017. Elle a enseigné à l’université de Versailles Saint-Quentin. Elle est co-fondatrice d’un projet international de mise en relation des jeunes chercheurs sur le livre, Early Modern Book Project.

Catherine KIKUCHI La Venise des livres
Paru le 7 juin 2018
15,5 x 24, 360 pages
979-10-267-0702-8
26 €

GEORGES MINOIS La Cabale des dévots

GEORGES MINOIS La Cabale des dévots

Société secrète et lobby intégriste sous Louis XV

La Cabale des dévots est l’expression qui désigne la lutte menée par la Société secrète du Saint-Sacrement, organisation clandestine de catholiques intransigeants, pour faire interdire le Tartuffe, comédie de Molière jugée blasphématoire. Obsédée par le secret, elle mène des actions charitables aussi bien que des opérations d’espionnage, de délation, de pressions diverses, qui font d’elle un véritable lobby au sens moderne du terme. L’histoire de cet épisode est replacée dans son contexte de luttes politico-religieuses, qui n’est pas sans évoquer des problèmes actuels.

Le livre retrace plus largement la tentative du parti dévot pour imposer à la société française du XVIIe siècle un ordre moral austère, en contrôlant tous les aspects de la vie publique et de la vie privée.

Revue de presse

Le Canard Enchaîné — Faces de carême, par Frédéric Pagès, 9 mai 2018

Biographie

Normalien, agrégé et docteur en histoire et docteur ès-lettres, Georges Minois est l'auteur d'une œuvre qui comporte une soixantaine de titres. Parmi les plus récents figurent Histoire de la célébrité (Perrin, 2012), Histoire de la solitude et des solitaires (Fayard, 2013), Philippe le Bel (Perrin, 2014), Charles le Téméraire (Perrin, 2015), Histoire du Moyen Âge (Perrin, 2016), Richard Cœur de Lion (Perrin, 2017).
Plusieurs de ces ouvrages sont traduits, au total en vingt-deux langues.

Georges Minois La Cabale des Devots
Paru le 24 mai 2018
15,5 x 24, 352 pages
979-10-267-0697-7
25 €

STÉPHANE GAL Histoires verticales

STÉPHANE GAL Histoires verticales

Les usages politiques de la montagne (XIVe-XVIIIe siècles)

La montagne fut longtemps perçue comme un univers inquiétant et retardé. Pourtant, elle connut une fréquentation sans précédent à partir de la fin du XVe siècle, favorisée par le magnétisme exercé par l’Italie et la conquête du nouveau monde. Dans les Alpes ou les Andes ils firent entrer des armées fantastiques promises à des conquêtes que l’on rêvait à la hauteur de celles d’Alexandre et d’Hannibal. Cette expérience participa de l’élan qui caractérise la Renaissance et cette pénétration dans l’univers de la montagne, par ascension, franchissement, contemplation et glissade, fut aussi l’apprentissage, par l’œil et par l’esprit, d’une troisième dimension, celle de la verticalité, qui façonna les imaginaires, les pratiques et les cultures politiques de l’Europe moderne.

Revue de presse

Télérama — N° 3571, 21 JUIN 2018

Biographie

Stéphane Gal, maître de conférences HDR en histoire moderne à l’université Grenoble Alpes, est spécialiste du XVIe siècle, notamment des sociétés confrontées aux situations de guerre et de crise. Il s’intéresse particulièrement à l’espace alpin.

Stephane Gal Histoires verticales
Paru le 1er mars 2018
15,5 x 24, 456 pages
979-10-267-0686-1
29 €

GILLES MAYNE En finir avec Michel Onfray

GILLES MAYNE En finir avec Michel Onfray

du déni de Bataille à la boboïsation ambiante

Le « problème » d’Onfray, son immense déficit philosophique par rapport à Georges Bataille, et à tout ce que la philosophie et la psychanalyse modernes ont pu avoir d’innovant et de prégnant depuis l’après-guerre, est qu’à aucun moment il n’éprouve le besoin de s’astreindre à une réflexion de fond sur le sens, c’est-à-dire les limites de son propre discours. C’est faute de vouloir ou de pouvoir le faire, et afin de sécuriser par tous les moyens cet hédonisme qui lui a tant donné, que la politique d’écriture d’Onfray a depuis longtemps cédé aux pires compromissions. Cet éternel rétropédalage discursif n’est qu’une somme de truismes, de concepts frelatés, d’inversions, de contre-vérités ; un kitsch verbal à la limite de l’ésotérisme et de la science-fiction où les accumulations succèdent aux excommunications ciblées d’un nombre toujours croissant d’auteurs et de philosophes. Car avec Bataille, ce sont rien moins que Kant, Hegel, les Lumières, Sade, Freud, Lacan, les structuralistes, qui sont jetés avec l’eau du bain ! Sans parler d’Artaud, de Blanchot et Levinas. Onfray ose tout, il n’a pas de limites, et c’est dans la mesure où il n’en a pas qu’il précipite la pensée française (européenne? occidentale ?) dans une ornière dont, si elle ne se reprend pas rapidement, elle aura énormément de mal à se sortir.

Cet essai montre ainsi à quel point la responsabilité de la novlangue d’Onfray dans la « médiocratisation » générale est écrasante. Il fait le lien entre celle-ci et le politiquement correct français, sorte de record dans le genre. Il démontre les côtés caméléon de quelqu’un qui s’adapte en permanence, et n’a cure de retourner sa veste, intellectuellement et politiquement parlant. Il s’appuie principalement sur divers textes d’Ortega y Gasset, Roland Barthes, Philip Roth, Shmuel Trigano et sur les analyses prémonitoires de Jean-Michel Heimonet, pour tenter de trouver des remèdes à la boboïsation en cours.

Revue de presse

Radio Judaïca — "Brouillon de culture" par Micheline Weinstock, 12 juin 2018

Biographie

Gilles Mayné, né en octobre 1952 à Pau, est actuellement Professeur de Littérature américaine à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.
Il a auparavant enseigné aux Etats-Unis et à Toulouse comme Maître de Conférences. Il obtient en 1989 un doctorat en Littérature comparée de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (USA). Durant ces années, il subit une double influence, à la fois phénoménologique et déconstructionniste. Assez tôt, il s’intéresse à Georges Bataille et à la littérature érotique. Cette réflexion s’est matérialisée par des articles sur Henry Miller, Samuel Beckett, Edith Wharton, Baudrillard, Barthes, Derrida ou Deleuze, Ortega y Gasset, Richard Ford ou Philip Roth. Il a publié notamment Pornographie, violence obscène, érotisme (Descartes et Cie, 2001) et Georges Bataille, l'érotisme et l'écriture, Applications au domaine anglo-saxon (Descartes et Cie, 2003).

Gilles Mayne En finir avec Onfray
Paru le 1er février 2018
14 x 20, 384 pages
979-10-267-0665-6
22€

LEONARD DAUPHANT Géographies

LEONARD DAUPHANT Géographies

Ce qu'ils savaient de la France (1100-1600)

Géographies est le premier livre à étudier ce que les Français des XIIe-XVIe siècles, riches ou pauvres, savaient de leur pays. Citant environ 200 poèmes, romans et pièces de théâtre, les quatre parties, divisées en petits chapitres, présentent ce que les Français percevaient de la France (paysage sonore et visuel), ce qu’ils en savaient (productions, monuments, légendes), ce qu’ils en disaient (listes, proverbes) et ce que la culture française signifiait pour eux (langue, vin). La nation française s’est ainsi construite dans la diversité, en façonnant des identités régionales multiples dans le Nord et le Midi.

Tout en permettant de découvrir une littérature riche et méconnue, ce livre, illustré de 20 cartes originales, fait dialoguer Moyen Âge et Renaissance, histoire, lettres et géographie.

Prix René Pierre Louis Bessières de la Société de Géographie
Prix Provins Moyen Âge 2018

Revue de presse

Non Fiction — La France est une campagne losange, par Florian besson, 21 mars 2018

L'HISTOIRE — La forme de la France, par Yann Coz, N°448, juin 2018

France Culture, La Fabrique de l'histoire, "Histoires des frontières 1/4" — par Emmanuel Laurentin, 19/03/2018

Biographie

Léonard Dauphant, né en 1980 à Vénissieux (Rhône), est ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm (2001-2005) et agrégé d'Histoire. Sa thèse d'Histoire médiévale, publiée en 2012 chez Champ Vallon sous le titre : Le Royaume des quatre rivières. L'espace politique français (1380-1515), a reçu plusieurs prix.
Il est actuellement maître de conférences en Histoire médiévale à l'Université de Lorraine à Metz.

Leonard Dauphant Geographies
Paru le 1er février 2018
15,5 x 24, 304 pages
979-10-267-0680-9
23 €

Magasin du XIXe siècle (Le) – n°7 – La machine à gloire

Magasin du XIXe siècle (Le) – n°7 – La machine à gloire

« Entre une machine (moyen physique) et la Gloire (but intellectuel), peut-il être déterminé un point commun formant leur unité ? » C’est par cette question que Villiers de l’Isle-Adam justifie le titre de sa nouvelle (1874) en l’honneur d’une « machine à Gloire » acoustique destinée à remplacer avec avantage la vieille « claque » des théâtres.
C’est aussi autour d’une telle perspective que s’est tramé le numéro 7 du Magasin du XIXe siècle. Que deviennent la gloire et ses dispositifs immémoriaux tout au long de ce XIXe siècle, siècle de la photographie, de la biographie, de la publicité ? Comment la gloire en crise a-t-elle tendance à se dévaluer sous la pression médiatique en simple célébrité ? Et quelles sont les « machines » physiques et institutionnelles qui en prolongent la rumeur ?

Magasin du XIXe siècle (Le) – n°7 – La Machine à Gloire
Paru le 7 décembre 2017
20 x 25, 308 pages
979-10-267-0655-7
25 €

PIERRE BRUNEL Arthur Rimbaud ou l’éclatant désastre

PIERRE BRUNEL Arthur Rimbaud ou l’éclatant désastre

Pierre Brunel, réfléchissant sur l’œuvre d’Arthur Rimbaud à partir de ce que Maurice Blanchot a appelé dans un livre de 1980 L’écriture du désastre, a voulu faire apparaître dans toute sa diversité et sa splendeur une progression et une diversité qui ne conduit nullement à un échec, mais à ce qu’il a appelé un « éclatant désastre ». Au-delà des mutations, des ruptures, des souffrances, l’évolution poétique de Rimbaud, de 1870 à 1875, l’a conduit d’une ambition encore parnassienne à une ambition démiurgique qui culmine, même s’il lui arrive de se briser, dans les Illuminations.

Nouvelle édition revue et corrigée

Première édition dans la collection « Champ poétique » (1983)

Biographie

Né en Charente, le 17 juillet 1939, dans une famille d’instituteurs, Pierre Brunel est entré à l’École normale supérieure, en 1958, et a été reçu premier, en 1962, à l’agrégation de lettres classiques. Il a soutenu, en mars 1970, ses deux thèses pour le doctorat d’État (L’Orientation britannique chez Paul Claudel, et Edition critique de son drame « américain », L‘Échange) devant un jury réuni par la Faculté des lettres de Paris où il était assistant depuis 1965. Élu en juin 1970 sur un poste de professeur de littérature comparée à la Sorbonne, il a choisi l’université Paris IV à la rentrée suivante. Il y a exercé cette fonction d’octobre 1970 à septembre 2008, fondant en 1981 le Centre de recherche en littérature comparée, et dirigeant, de 1982 à 1989, l’UFR de littérature française. De 2001 à 2008, il a été vice-président du conseil d’administration de l’université Paris IV − Paris-Sorbonne. Il a bénéficié de deux mandats successifs (1995-2000, 2000-2005) à l’Institut universitaire de France (membre senior). Professeur émérite, il a fait soutenir, en octobre 2014, la dernière des nombreuses thèses de doctorat (plus d’une centaine) inscrites sous sa direction, et il continue d’assurer la direction pédagogique des Cours de civilisation française de la Sorbonne (formation des étudiants étrangers, ouverture sur la francophonie).
Il a été professeur invité dans plusieurs universités étrangères (dont Berne, Buenos Aires, Ottawa, Tel Aviv, Tokyo) et fait docteur honoris causa des universités de Bâle, Thessalonique et Turin.
Il est officier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre national du Mérite, commandeur des Palmes académiques. L’Académie des sciences morales et politiques lui a décerné, en 2008, le prix Pierre-Georges Castex pour l’ensemble de son œuvre.
Son travail, essentiellement littéraire, l’a conduit de l’Antiquité gréco-latine (étude des grands mythes littéraires) au seuil du XXIe siècle (Où va la littérature
française aujourd’hui ?
, Vuibert, 2002). La réflexion sur morale et politique est présente dans ses essais, de L’État et le Souverain (SEDES, 1978) à son petit livre sur Socrate (Figures et Plumes, 2008) et à ses recherches en cours sur Rimbaud et la guerre ou sur les romans de la Première Guerre mondiale couronnés par le prix Goncourt.
Les éditions, et en particulier les éditions critiques, occupent une place importante dans les volumes qu’il a dirigés, comme le tome I des Œuvres complètes d’André Malraux (« Bibliothèque de la Pléiade », 1989) ou les Œuvres poétiques complètes de Léopold Sédar Senghor (éditions du CNRS, 2008), et dans
ses travaux personnels, dont les Œuvres complètes de Rimbaud (« Pochothèque », 1999) ou la révélation du manuscrit retrouvé de Cellulairement de Verlaine (« Poésie/Gallimard », 2013).
Auteur d’un essai intitulé Mythopoétique des genres (PUF, 2003), Pierre Brunel a
évolué sensiblement de l’étude du théâtre (Claudel et Shakespeare, Armand Colin, 1971) à celle du roman (travaux, entre autres, sur Lesage, Stendhal, Balzac, Léon Bloy, Huysmans, Maupassant, Jules Renard, mais aussi, plus récemment, Michel Butor, et, parmi les écrivains étrangers, Cervantès et Don Quichotte, Kafka, Borges, Italo Calvino) et à celle de la poésie (Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet).
Pierre Brunel est, actuellement, l’un des trois directeurs de la Revue de littérature comparée. Après avoir publié plusieurs livres sur cette discipline, dont plusieurs
ont été traduits à l’étranger, il dirige un ouvrage collectif en deux tomes, Mémoires de la littérature comparée, dont le premier envisage ce qui était officiellement appelé « littérature étrangère » au XIXe siècle. Le second volume
envisage la littérature comparée proprement dite, au début du XXe siècle, de Fernand Baldensperger, à l’ouverture des années soixante (littérature générale, littérature européenne, littérature universelle). Il prépare également un essai, Le
comparatisme est-il un humanisme ?
.
Cette ouverture, pour Pierre Brunel, est aussi une ouverture sur les arts, la musique (il a publié un livre sur Bellini et deux livres sur Chopin), les beaux-arts (Pèlerinage à Cythère, éditions Hermann, 2013), le cinéma, la philosophie (il a écrit sur Nietzsche et les poètes français et sur le problème posé par la relation entre folie et création).
Il a été directeur de plusieurs collections, dont « La Salamandre » à l’Imprimerie
nationale (une cinquantaine de volume parus).

Arthur Rimbaud – Pierre Brunel 2018
Paru le 4 janvier 2018
13 x 20
9791026706700, 256 pages
18 €

JEAN-BAPTISTE SANTAMARIA Le Secret du prince

JEAN-BAPTISTE SANTAMARIA Le Secret du prince

Gouverner par le secret
France-Bourgogne XIIIe-XVe siècle

Les figures princières qu’incarnent le roi de France et le duc de Bourgogne ne s’appuient pas que sur la mise en scène publique de leur pouvoir.
Dans un Moyen Âge qui associe savoir, sacré et secret, un prince doit savoir à qui se fier et éviter la trahison : le cercle du secret le protège du scandale, au risque d’accorder trop de poids aux confidents et mignons. Parfaitement admis en matière diplomatique et militaire, le secret se fait plus insidieux lorsque le prince veut contrôler ses propres sujets. La culture de l’opacité est même de règle quant à la gestion des finances, suscitant dès lors la méfiance: s’il exige de tout connaître des secrets du peuple, le prince entend préserver les siens quitte à user du mensonge, ce qui se heurte à une exigence croissante de transparence.

Prix du Sénat du livre d'histoire 2018

LIBERATION — par Jean-Yves Grenier, 15 mars 2018

France Culture, La Fabrique de l'histoire — par Emmanuel Laurentin, 5 mai 2018

Biographie

Jean-Baptiste Santamaria est maître de conférences en histoire médiévale à l’Université Lille 3.
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, agrégé d’histoire, il travaille sur l’exercice du pouvoir princier, notamment dans le cadre de l’État bourguignon et des territoires du nord de la France à la fin du Moyen Âge. Ses travaux portent particulièrement sur l’histoire des finances et des institutions, la vie de cour, la guerre, les agents du pouvoir princier, les savoirs de gouvernement.
Il a publié Le Petit livre des rois de France (First) et La Chambre des comptes de Lille (1386-1419) (Brepols).

Le secret du prince – Jean-Baptiste Santamaria 2018
Paru le 4 janvier 2018
15,5 x 24, 536 pages
979-10-267-0660-1
25 €

CHARLES-FRANÇOIS MATHIS, EMILIE-ANNE PEPY La ville végétale

CHARLES-FRANÇOIS MATHIS, EMILIE-ANNE PEPY La ville végétale

lUne histoire de la nature en milieu urbain, France, XVIIe-XXIe siècle

Cette vaste synthèse étudie l’occupation urbaine depuis le XVIIe siècle par les plantes, parcs et jardins, mais aussi plantes « hors-sol » qui circulent dans l’espace urbain (fruits et légumes, fleurs coupées, déchets végétaux, etc.). Il s’agit de montrer que loin d’être un espace absolument artificialisé, non « naturel », la ville a constamment été imprégnée de végétaux, mais que cette présence a fluctué au fil des siècles. Sont interrogés les raisons, les acteurs et les défis de la végétalisation urbaine qui repose sur des motivations nombreuses, esthétiques, sanitaires, écologiques. De même, la végétalisation a sans cesse été soutenue par ceux que nous appelons les mains vertes, qui sont tout aussi bien des particuliers, des professionnels que les pouvoirs publics. Mais étendre ou maintenir la présence végétale en ville impose de relever de multiples défis (fonciers, financiers, esthétiques, biologiques…) qui ont pu varier au cours des siècles.

Ce livre propose aussi une réflexion neuve sur les usages qui ont été faits de la nature en ville, paradoxalement instrument d’urbanité, de sociabilité et donc d’affirmation sociale, mais aussi inversement jungle, ferment de discorde et d’ensauvagement, objet d’affrontements politiques. On peut également faire usage du végétal pour bien être et bien vivre, accompagner les plaisirs, exercer les corps ou cultiver les esprits. Plus prosaïquement, la ville est aussi, tout au long de ces quatre siècles, un lieu de production et de consommation important de végétal. Enfin, c’est aussi en ville qu’une science botaniste et un savoir sur les plantes se développent.

Ce tableau général, inédit, permet ainsi de voir la ville autrement et d’offrir des pistes de réflexion sur la nature en milieu urbain aujourd’hui.

Biographie

Normalien, agrégé et docteur en histoire, Charles-François Mathis est Maître de Conférences en histoire contemporaine à l’Université Bordeaux Montaigne. Spécialiste d’histoire environnementale et britannique, il est notamment l’auteur de In Nature We Trust. Les paysages anglais à l’ère industrielle (PUPS, 2010) et a dirigé, avec Jean-François Mouhot, Une protection de l’environnement à la française (XIXe-XXe siècles) ? (Champ Vallon, 2013). Il préside le Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale (RUCHE).

Normalienne, agrégée et docteure en histoire, Émilie-Anne Pépy est Maître de Conférences en histoire moderne à l’Université Savoie Mont Blanc. Spécialiste d’histoire environnementale, particulièrement des environnements montagnards, et de la constitution et de la circulation des savoirs naturalistes, elle est notamment l’auteure de Montagne sacrée, montagne profane. Le territoire de la Grande Chartreuse, XVIe - XVIIIe siècles (PUG, 2011) et a co-dirigé plusieurs ouvrages.

La ville végétale – Charles-François Mathis et Émilie-Anne Pépy 2017
Paru le 16 novembre 2017
14 x 22, 360 pages
979-10-267-0633-5
25 €