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MATHIEU MARRAUD Le pouvoir marchand

MATHIEU MARRAUD Le pouvoir marchand

Corps et corporatisme à Paris sous l’Ancien Régime

Comment dépeindre le corporatisme d’Ancien Régime ? Le terme de « corporation » est-il approprié ? Depuis les métiers qui, à Paris, se parent des titres de « corps » et de « marchand », apparaît le refus pour les acteurs du temps de se ranger derrière de mêmes droits, de mêmes statuts. C’est toute la nature conflictuelle de l’économie qui ressurgit. La diversité sociale et politique des métiers, dans une immense ville comme la capitale, donne en effet son dynamisme au commerce. Métiers, institutions royales et groupes sociaux y rivalisent pour le contrôle de marchandises qui ne sont jamais évaluées par leur seul profit, mais aussi par le monde social et par les vues gouvernementales où elles s’inscrivent. D’un lien fort entre le roi, la cité, le privilège, le commerce, les notables, on s’achemine alors vers une crise qui prépare, au sein de la société comme de la monarchie, la disparition du corporatisme sous Turgot en 1776.

Mathieu Marraud, chargé de recherche CNRS, a notamment publié La noblesse de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Univers historique », 2000 et De la Ville à l’État. La bourgeoisie parisienne XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Albin Michel. Il est membre du Comité de rédaction de la revue Histoire & Mesure.

Mathieu Marraud Le pouvoir marchand
7 janvier 2021
15,5 x 24, 520 pages
ISBN: 979-10-267-0948-0
30 €

CAROLE REYNAUD-PALIGOT L’école aux colonies

CAROLE REYNAUD-PALIGOT L’école aux colonies

Entre mission civilisatrice et racialisation (1816-1940)

La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l’école fut hautement proclamée par les colonisateurs français mais qu’en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut durablement établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l’école s’imposa : apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation nécessaires à la bonne participation des colonisés à l’entreprise coloniale, en faire des producteurs et des consommateurs mais aussi montrer la grandeur de la France et susciter son amour. La conquête morale accompagna la conquête par les armes, les écoles ouvrirent alors que la poudre du canon fumait encore. Très vite, les limites apparurent,  il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoqua les déceptions et la colère des colonisés.

Carole Reynaud-Paligot, dans cette étude rigoureuse loin de l’histoire légendaire encore mobilisée aujourd’hui, révèle la pratique quotidienne de l’administration coloniale, les mobiles et la mise en pratique du projet éducatif mais aussi les doutes, les craintes, les obsessions, l’entêtement d’une partie des acteurs politiques à maintenir coûte que coûte un enseignement différencié et à priver les colonisés d’une culture émancipatrice.

Enseignante à l'Université de Bourgogne et chercheure associée au Centre de recherche en histoire du XIXe siècle de l’Université de Panthéon-Sorbonne, Paris 1, Carole Reynaud-Paligot a notamment publié Races, racisme et antiracisme dans les années 1930, PUF, 2007 et De l’Identité nationale. Science, race et politique. Europe-Etats-Unis. XIXe-XXe siècle, PUF, 2011.

Couv L'école aux colonies
7 janvier 2021
14 x 22, 352 pages
ISBN 979-10-267-0938-1
25 €