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JOCELYN DUPRE Le Canal aux cerises

JOCELYN DUPRE Le Canal aux cerises

On rêvasse un voyage : un vieil ami le fait et vous en donne des nouvelles. Et que faire ensuite, quand une décision administrative vous oblige à un décathlon médical pour retrouver le permis de conduire ? Dans l’allée Marthe, la Twingo délaissée s’ennuie. Sur le trajet quotidien et immuable de la ligne de bus 114, dans le train ou le car descendant aux Cévennes, il vous reste des oreilles pour écouter, des yeux pour lire…

Revue de presse

Le matricule des anges — par Richard Blin, novembre 2017

Biographie

Né en 1959 à Courbevoie, Jocelyn Dupré s’est beaucoup et lentement imprégné : de musique, de paysages, de gens, de livres, sans jamais forcer, tâtant de la correction, mais de livres médicaux, et même de la vente, mais de livres d’artiste. Un jour d’avril 1992, à deux doigts de vendre des bas à varices, il est entré à l’Éducation Nationale. Il y enseigne les lettres modernes dans un collège de l’Académie de Créteil. Il a publié en revues des récits, des poèmes et des textes sur Jacques Réda.
Le Canal aux cerises est son premier livre.

CouvLeCanal3 petit
Paru le 24 août 2017
12 x 19, 160 pages
9791026706038
16 €

FRANÇOIS DOMINIQUE Délicates sorcières

FRANÇOIS DOMINIQUE Délicates sorcières

Douze portraits de femme disent l’énigme réelle et sensible des figures féminines, la sorcellerie intime par laquelle ces figures ne cessent d’être absentes et présentes simultanément. D’Amina la petite fille malicieuse disparue trop tôt, à Kavira qui déroule sa mélopée envoûtante dans le métro parisien, en passant par la poétesse irakienne Nazik ou la belle Cécile aimée sur le carré Magique de Cruas, toutes ces figures féminines relevant à la fois du mythe, du rêve et du souvenir communiquent mystérieusement entre elles pour dessiner en creux une figure absente, peut-être la pièce manquante du puzzle…

Revue de presse

UN NECESSAIRE MALENTENDU — le blog de Claude Chambard, 28 janvier 2017

ETUDES — par Agnès Mannooretonil, avril 2017

VOLKOVITCH.COM — par Michel Volkovitch, 8 mars 2017

Biographie

FRANÇOIS DOMINIQUE est né à Paris en 1943. Poète, traducteur de l’allemand (Meckel, Häfner, Rilke), il est l’auteur de plusieurs essais ainsi que de romans et de récits publiés chez POL, au Mercure de France et plus récemment chez Verdier pour Solène (Mention spéciale du jury, Prix Wepler-Fondation La Poste 2011, Prix Littéraire Charles Brisset 2012) et La Chambre d’Iselle (2015).

Délicates sorcières – François Dominique 2017
Paru le 19 janvier 2017
12 x 19 cm, 160 pages
ISBN 979-10-267-0460-7
16 €

MAXIME DECOUT Écrire la judéité

MAXIME DECOUT Écrire la judéité

Enquête sur un malaise dans la littérature française

Il est depuis toujours un élément qui, lorsqu’il vient à l’esprit des uns et des autres, déclenche les réactions les plus contradictoires, allant de la haine à l’empathie : la judéité.
Or l’histoire de notre littérature, lorsqu’on la contemple dans le miroir de notre société et de son Histoire, étonne sur ce point par l’ampleur du phénomène. De Céline à Barthes en passant par Sartre, le Juif fait figure d’élément dérangeant, inquiétant, prescrivant les défoulements ou les refoulements les plus divers. Car cet outsider rappelle tout un chacun à une vigilance nécessaire face aux représentations stéréotypées, aux désinformations et aux idéologies partisanes qui continuent de nous menacer. C’est dans ce cadre qu’on comprend mieux ce que fut l’écriture pour Perec, Gary, Cohen, Wiesel, Modiano, mais aussi Duras ou Blanchot. La judéité aura été pour eux une épreuve et un défi, un garde-fou contre les débordements de l’Histoire, tout comme une nécessité de réinvention de soi et de l’œuvre.
A l’heure où les tensions identitaires augmentent, où la mémoire des camps est suspectée d’abus et de monopoles, où l’antisémitisme revient en force, il semble ainsi nécessaire de se retourner sur les relations singulières, faites de partialité, de silence ou de fantasme, entretenues entre la judéité et la littérature, si l’on ne veut pas céder aux cécités les plus indéracinables, aux illusions les plus gratuites, aux excès les plus dangereux, dont notre société est aujourd’hui encore la proie.

Lire le début

Préambule
Judéité et littérature :
le malaise en partage

« Il y a des manques de mémoire qui sont des manques d’âme. Une telle lacune me condamne : désormais travaux forcés du souvenir à perpétuité. »
Serge Doubrovsky, Le Livre brisé
Céline avait peu à peu pris l’habitude de faire du mot « juif » et de ses dérivés argotiques le joyau de ses injures. Le mot a vu ses signifiés se multiplier à l’extrême, devenir le symptôme d’une obsession et d’une paranoïa. Cette polysémie étirée à son maximum a joué le rôle d’une transgression sémantique précipitant le réel sous la caution d’un signifiant maître qui révélait le régime de l’Un et de la totalité auquel le style aspirait. Traversée par le fantasme et la haine, l’écriture a cru pouvoir sidérer le réel et l’esthétique. À force de bassesse et de vigueur, sa fonction n’était plus seulement rhétorique, référentielle ou communicationnelle, mais elle cherchait à susciter un au-delà du langage où l’idéologie et les partis pris régnaient sans partage. Ce cas extrême, à la limite de l’hystérie et du rituel, lié à un moment bien particulier de notre Histoire, signale toutefois comme un invariant : celui d’un malaise face et dans la judéité, et dont la littérature témoigne de façon exemplaire. Lorsque les signes écrits buttent ainsi sur une obsession, on peut escompter que l’histoire littéraire rende compte, à sa manière, de l’Histoire d’une société. À défaut de pouvoir saisir totalement la complexité d’un tel phénomène, ce qui s’en déduit est pour nous de l’ordre de la question. Des questions auxquelles nous ne tenterons pas de répondre entièrement mais qui, malgré cela, doivent être posées dès à présent parce qu’elles se profileront sans cesse en arrière-plan comme des ombres chinoises : qu’est-ce qu’être juif ? qu’est-ce que la judéité dans notre monde ? son écriture ? qu’est-ce qu’un écrivain juif ? Et surtout ceci : pourquoi ce malaise continu ? Entreprise trop vaste pour être vraiment possible. Mais notre propos, qui sera plus limité, soutiendra ces questions et nous permettra de les laisser résonner dans toute leur force. Car les interrogations soulevées ici, si elles gravitent autour de la rencontre entre le Juif et la plume, ne peuvent pas être limitées à ce seul aspect, parce que, dans cette intersection singulière, dans ces influences réciproques, émergent des questions qui valent au-delà d’elles-mêmes et qui, peut-être, y apparaîtront avec une clarté et une force qu’elles n’ont pas ailleurs.
Parmi les multiples origines de ce livre, l’une d’entre elles mérite d’être signalée immédiatement : le constat que, si la mémoire d’Auschwitz est toujours vive, malgré les euphémismes ou autres atténuations qui tendent à s’en emparer aujourd’hui, si elle a mobilisé les commémorations, anniversaires, débats historiques, philosophiques et politiques, il me semble que nous n’avons pas encore pris la mesure du rôle de cette mémoire dans ce qu’elle a de spécifiquement juive et de spécifiquement littéraire. Si la littérature antisémite et celle du témoignage sur les camps ont retenu de nombreuses réflexions, la question de l’expression littéraire de l’identité et de la mémoire juives est pourtant demeurée parfois plus sous-jacente et implicite. Il faut le reconnaître : il y a une véritable inégalité de traitement et de visibilité entre la judéité et l’antisémitisme, entre la judéité et la mémoire de la déportation. On ne peut en effet qu’être surpris en constatant que la plupart des histoires des intellectuels et des écrivains du siècle précédent réservent un sort important à l’antisémitisme et presque absolument aucun à l’expression de la judéité. C’est donc aussi cette histoire intellectuelle et littéraire de la judéité dans le siècle que nous voudrions retracer. Parce qu’il semble important que la critique littéraire, elle aussi, prenne en compte cette dimension en s’ouvrant à un dialogue avec l’Histoire, la philosophie et la politique, dans la lignée des travaux de Susan Rubin Suleiman dans Crisis of Memory and the Second World War. Mais aussi que les historiens, comme l’a fait par exemple Henry Rousso dans Le Syndrome de Vichy, ne relèguent pas ces œuvres dans une sphère esthétique hypothétiquement autonome et imaginaire, sans enseignement réel pour notre compréhension du passé et de notre présent qui en est l’héritier.
Mon étonnement réside aussi en ceci que notre modernité ne paraît pas avoir entièrement conscience de ce qu’elle doit aux judéités qui se sont déclinées en ce siècle, malgré la publication régulière d’œuvres qui, aujourd’hui, ne l’oublient pas, qu’elles déclenchent des polémiques à la manière des Bienveillantes de Jonathan Littel et de Jan Karski de Yannick Haenel, ou qu’elles soient saluées plus unanimement comme Chaos de Marc Weitzmann, Le Complot contre l’Amérique de Philip Roth, Les Disparus de Daniel Mendelsohn ou Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus d’Ivan Jablonka. Si la judéité est toujours omniprésente sur la scène médiatique, sociale et littéraire, pourquoi cette discrétion dans le champ universitaire de la critique littéraire ? Cela met assurément en jeu des questions d’ordre épistémologique et anthropologique qui ne se posent pas de la même manière aux États-Unis par exemple, car elles ont aussi été déterminées par notre Histoire, avec ses périodes les plus sombres, et par nos habitudes de pensée. Mais ces questions, nous nous devons au moins de les soulever, à défaut de les éclairer complétement. Car, au-delà de la difficulté spécifique à la France pour reconnaître son rôle dans la tragédie des Juifs au cours du siècle passé, difficulté qu’on retrouve, à un autre niveau et avec un autre degré, en Allemagne, peut-être ne sommes-nous pas encore tout à fait prêts à reconnaître le rôle essentiellement politique que la judéité a pu jouer et doit encore jouer, à admettre ainsi que, même lorsqu’elle se replie sur un passé révolu, notre littérature est fille d’une mémoire directement en prise sur l’Histoire. Face à la recrudescence du racisme et de l’antisémitisme, à la « nouvelle judéophobie », aux violents conflits qui se prolongent au Proche-Orient, ne faut-il pas rappeler à notre littérature le rôle collectif qu’ont joué la judéité et sa mémoire ? Or la judéité doit nous apparaître comme quelque chose qui ne peut appartenir à l’ordre de l’évidence. Elle est un espace fragile et mouvant, toujours en butte aux tabous, aux polémiques et aux formes diverses et renouvelées de l’antisémitisme. Aussi la littérature des écrivains d’origine juive aura-t-elle constamment été amenée à redéfinir ses contours et sa pertinence. En raison de quoi elle témoigne, à sa manière, des évolutions de notre monde. D’où ce sentiment proche de l’urgence, d’autant plus que les derniers témoins s’éteignent et que la littérature et ses fictions sont appelées à jouer aujourd’hui un rôle différent, nouveau et spécifique, dans la continuation de cette mémoire.
Notre projet est donc celui-ci : mesurer le rôle de la littérature dans la scénographie identitaire dont nous avons hérité aujourd’hui, évaluer le rôle de l’expression littéraire de la judéité avec ses transformations, notamment en regard de la question de la mémoire, dans l’ensemble du siècle, et en France. Il serait évidemment extrêmement riche en enseignements de comparer cette situation avec celle des États-Unis, des pays de l’Est, de l’Allemagne ou d’Israël, où d’autres configurations sociales, historiques et politiques ont modifié en profondeur l’écriture de l’identité juive. Il ne me semble pas possible de mener ce travail dans les limites de cette étude. Je me restreindrai donc la plupart du temps au cas français, en ayant à l’esprit que celui-ci, dans ses singularités, propose un modèle opérationnel pour comprendre plus largement la littérature et ses rapports avec la question identitaire. Pour ce faire, nous confronterons plusieurs strates d’expérience, en allant au-delà de l’opposition des témoins directs et des autres, en passant outre les générations et les appartenances. Pour faire dialoguer des judéités obsessionnelles, impropres, lacunaires, des rires aussi, des échecs et des réussites. Puisque nulle volonté d’exhaustivité ne préside à cet ouvrage, ce sont des portraits choisis et croisés qui y sont donnés à lire. Brassant ainsi les sensibilités et les écritures, à travers des regroupements et toute la part d’arbitraire qu’ils peuvent contenir, ce sont aussi des filiations qui s’esquissent, des communautés de pensée et des dissidences, au terme desquelles se laisse deviner quelque chose qui serait comme le portrait général des judéités d’une époque, avec leurs certitudes, leurs doutes mais aussi leurs contradictions. L’histoire de ces écritures, nous voudrions qu’on la lise comme le révélateur de nos liens à la littérature, à l’Histoire et surtout à l’homme. C’est pourquoi ce livre aura nécessairement des résonances politiques : il se propose d’interroger l’éthique de la littérature, tant celle de l’écriture que celle de la lecture, dans ses rapports avec notre Histoire, notre politique, notre société, et la manière dont elle conditionne notre façon de lire. Et c’est à cette dimension politique essentielle de la judéité, de sa mémoire et de son écriture, trop souvent tue, parce que dérangeante et angoissante, peut-être en train de devenir à nouveau taboue sous la pression des événements historiques et politiques actuels, que ce livre est dédié.

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TABLE

Préambule
Judéité et littérature : le malaise en partage

1. D’une gêne persistante à l’égard de la judéité
2. La littérature en question : défoulements et refoulements
3. Le Juif de mémoire
Chapitre I
La renaissance de la judéité

1. Il était une fois l’affaire Dreyfus
2. Où le style s’éprouve dans les vertiges du politique
3. Quand le Juif s’invite au festin des Modernes
La guérison par le Juif
Le sionisme dans l’alambic du socialisme 
Chapitre II
La crise de la mémoire juive

1. Autopsie d’un tabou multifactoriel
Engagement et dégagement
Le Texte : assassin de la mémoire juive ?
2. Le porte-mémoire (Wiesel)
3. La mémoire martyre
La douleur, « notre spécialité maison »
Une « histoire juive qui délire »
Les respirations de la mémoire
La mémoire-peuple
4. Le rire douloureux de la mémoire (Gary)
L’homme qui fut la France et le demi-parapluie
Visage et virage du dibbuk
Auschwitz et les pédérastes de la Renaissance
5. Rhétoriques du souvenir
« Écrire au bas de l’instant » (Jabès)
La parole après coup (Blanchot)
Ou(b)lipo ou l’histoire des pansements
pour l’alphabet (Perec)
6. Les mémoires greffées
La judéité de l’autre
Le Juif de cœur
Chapitre III
Les baptêmes politiques de la judéité

1. L’antisémitisme comme scène primitive
2. Communistes repentis et Juifs réinventés
3. Le mythe Israël
Chapitre IV
La judéité comme outil herméneutique

1. Les leçons de l’altérité
Vers une philosophie du dialogue
Éloge du nomade
2. Le Juif de plume
La preuve par le signe
Au fil de la plume, une terre promise
« Le livre n’est pas fait pour être respecté »
3. Judéité et littérature : des affinités électives
aux liaisons dangereuses
Au rendez-vous des Essences
Modiano : un iconoclaste au pays des idolâtres
Perspectives
Et aujourd’hui ?

1. L’antisémitisme partout ?
Du paradigme du signifiant « juif » à l’antisémitisme
hors de l’antisémitisme
Une nouvelle rhétorique
2. Le Juif de mémoire à l’heure de l’hypermnésie
Index

Revue de presse

EUROPE — par Michel Ménaché, mai 2015

MARIANNE — Le Génie du judaïsme, par Christian Godin, 7 mai 2015

LE MONDE — "Question juive", réponses romanesques, par Jean-Louis Jeannelle, 9 janvier 2015

FABULA — La place de la judéité. Littératures avant et après Auschwitz, par Nurit Levy, janvier 2017

CAHIERS BERNARD LAZARE — rubrique "L'œil écoute" de Claude Ash, juillet/août 2015

REVUE DES SCIENCES HUMAINES — par Elena Quaglia, N°319, 2015

REVUE JUIVE — Une étonnante exploration du monde juif, par Olivier Kahn, 2 avril 2015

BOOK REVIEW — par Bruno Chaouat, 2015

L'Identité juive à l'épreuve de la littérature, partie 1

L'Identité juive à l'épreuve de la littérature, partie 2

BIBLIOTHEQUE DE L'AIU — octobre 2015

Biographie

Né en 1979, MAXIME DECOUT réside à Lyon où il a passé sa thèse consacrée à Albert Cohen sous la direction de Jean-Pierre Martin, après des études à l’Ecole vétérinaire et un doctorat de médecine vétérinaire.
Il est actuellement maître de conférences en littérature française des XXe et XXIe siècles à l’Université Lille III. Outre la publication d’articles, d'un Classiques Garnier consacré à Albert Cohen, il a dirigé deux numéros de la revue Europe consacrés à Georges Perec et à Romain Gary. Son premier essai, Écrire la judéité, sera suivi de En toute mauvaise foi. Sur un paradoxe littéraire (Minuit, 2015) et de Qui a peur de l'imitation ? (Minuit, 2017).

Ecrire la judéité Decout
Paru le 5 janvier 2015
14 x 22 cm, 304 pages
ISBN 979.10.267.0001.2.2
24 €

JEAN-PIERRE MARTIN Les liaisons ferroviaires

JEAN-PIERRE MARTIN Les liaisons ferroviaires

Roman

« C’est un sujet inédit. L’amour contemporain. Ne riez pas. Ou plutôt les amours de rencontre. Les amours médiologiques, corrélés à une technologie, suivez-moi bien. On n’a encore jamais vraiment réussi à parler de ça au sens où je l’entends moi : l’amour au temps du TGV, au temps du porno sur toutes les chaînes, l’amour comme force générale, cœur et corps confondus, comme très grande vitesse de recherche éperdue de l’autre par tous les moyens. »
Voici un roman de gestes, de voix et d’oreilles, un roman de portable et d’ipod, un roman de désir et d’inhibition, un roman à grande vitesse…

 

Revue de presse

Confitures de lecture par Pierre Jourde sur son site de Nouvelobs.com — 28 février 2011

Télérama — par Martine Laval — 24 janvier 2011

Le Magazine Littéraire — "Attention au départ" par Jean-Baptiste Harang — février 2011

Livres Hebdo — "L’amour au temps du TGV" par Jean-Claude Perrier — novembre 2010

Liaisons ferroviaires (Les) – Jean-Pierre Martin 2011

12 x 19 cm, 234 pages
ISBN 978.2.87673.544.6
17.30 €

CAROLINE DE MULDER Ego Tango

CAROLINE DE MULDER Ego Tango

Roman

« Au tango, les femmes ont les pieds nus, été comme hiver, toujours au bord de prendre un mauvais coup, et meurtris de bleu et de cru, mal guéris du coup précédent. Nous marchons dans un champ de mines. Nous aimons ce qui ne dure pas. Les bons moments qui finissent mal. Les lanières, la terre et le cuir dense des pieds d’homme qui s’incrustent à vif dans nos pieds. » CDM
Voyage nocturne dans le monde clos et moite du tango parisien, dans lequel les afficionados se jettent à corps perdu et vivent la danse comme une addiction, Ego tango est aussi un chassé croisé amoureux entre quatre personnages dont les rapports sont ceux qui s’expriment, sur un plan métaphorique, dans le tango lui-même (j’avance, tu recules).
Un fil rouge : le roman du tango devient roman policier quand Lou, une danseuse exceptionnelle, et son amant disparaissent si brutalement que l’on soupçonne un meurtre. La narratrice, qui tentait de se réapproprier dans la danse son propre corps, fascinée, enquête… Le drame surgit, car dans le tango le tragique n’est jamais loin…

Prix Rossel 2010

Revue de presse

Le Magazine Littéraire — "Premier tango à Paris" par Augustin Trappenard — août 2010

LE MONDE DES LIVRES — "Dans la fournaise du tango parisien" par Fabienne Dumontet — 26 août 2010

Le Soir (Bruxelles) — "Un roman en dansant" par Pierre Maury — 27 août 2010

L'Humanité — "Caroline de Mulder danse son livre" par Alain Nicolas — 9 septembre 2010

Le matricule des anges — par Franck Mannoni — Octobre 2010

ELLE — "Dense avec moi" par Héléna Villovitch — 12 novembre 2010

Le Point — "La vie tango de Caroline de Mulder : révélation littéraire" par VALÉRIE MARIN LA MESLÉE — 2 décembre 2010

Biographie

Née en 1976 à Gand (Belgique), Caroline De Mulder enseigne à l’université de Namur et vit actuellement à Bruxelles. Ego tango est son premier roman.

Ego Tango – Caroline De Mulder 2010
Paru le 19 août 2010
12 x 19 cm, 224 pages
ISBN 978.2.87673.533.0

BENOÎT DAMON Trois visites à Charenton

BENOÎT DAMON Trois visites à Charenton

Roman

Peu de temps avant sa mort, Théodore Géricault exécute dix portraits d’aliénés. Pensionnaire à l’hospice de Charenton, l’un d’entre eux, appelons-le « Monomane de la guillotine », s’adresse au jeune peintre durant trois séances de pose. Il raconte la Révolution, évoque le marquis de Sade, Marie-Antoinette, Louis XVI et leur exécution. Tissant des liens entre les évènements historiques et son destin individuel, cet « Enfant de la Patrie » convoque les figures parentales, sans doute jamais connues. Mais l’enquête est insoluble : bien que dévoilé, le mystère de la naissance demeure entier… « Je suis en ces lieux, comme je l’étais le jour de mon arrestation par trois hommes de main, – je suis, j’étais, je demeure qui je suis : le fils de la guillotine. »

Revue de presse

LE MATRICULE DES ANGES — "Voix tranchante" par Richard Blin — 5 septembre 2012

Biographie

Benoît Damon vit à Genève, où il est né. À quinze ans, il interrompt sa scolarité pour faire un apprentissage de boulanger-pâtissier. Il sera aussi brièvement libraire. Il travaille aujourd’hui dans une bibliothèque universitaire.
La Farine, son premier livre sous-titré « une confession » (Le Seuil, 1991), était un récit de formation autobiographique (Prix Pittard de l’Andelyn 1992). Il publie ensuite Un Air de pipeau (Le Seuil, 1993) et Le Cœur pincé (Champ Vallon, 1997). Suivront Passage du sableur , Poésie I, 2001 (Prix Schiller 2002), et Un grain de pavot sous la langue (Poésie II, 2003) chez Gallimard / L’Arpenteur.

Trois visites à Charenton – Benoît Damon 2012
Paru le 16 août 2012
12 x 19 cm, 256 pages
ISBN 978 2 87673 609 2
18.50 €

MARTINE BOYER-WEINMANN Vieillir, dit-elle

MARTINE BOYER-WEINMANN Vieillir, dit-elle

Une anthropologie littéraire de l'âge
Essai

À quel âge est-on vieille en 2013 ? Comment les femmes perçoivent-elles l’effet de seuil du processus ? Si Balzac périmait nos aïeules à 30 ans, la réalité vécue est pourtant moins tranchée : George Sand septuagénaire encourage son « vieux troubadour » déprimé de Flaubert, à patienter jusqu’à ce plus bel âge de la vie pour accéder au bonheur. Duras se dit vieille à 18 ans, Beauvoir s’étiole dans ses 20, avant de vivre l’itinéraire à rebours. Leurs cadettes sénescentes confient désormais à leurs journaux intimes l’émoi de leurs reverdies successives et se sentent maintenant assez gaillardes pour renouveler leur jouvence jusqu’au marathon final. Aux anthropologues, philosophes, gérontologues et autres psychologues, les femmes écrivains (Beauvoir, Cannone, Cixous, Detambel, Duras, Ernaux, Huston, O’Faolain, Rolin…) mêlent au XXIe siècle la leçon de leurs voix de papier. Leur lucidité désinhibée libère souvent un gai savoir de crise aux antipodes des idées reçues.
Ainsi vieillir n’est plus l’enfer des femmes prédit par La Rochefoucauld. Si le bal de têtes proustien n’épargne pas nos contemporaines, elles ont désormais pris la plume elles-mêmes pour écorner quelques stéréotypes avec une énergie, une drôlerie, qui le disputent parfois à la lucidité des renoncements. Vieillir est un art du temps, avec ses ruses, ses foucades et ses têtes à queue turbulents. C’est aussi une affaire de style existentiel et d’intelligence du rapport au monde, auquel l’écriture confère une griffe complice.
C’est bien à une anthropologie littéraire de l’âge au féminin que le lecteur est convié dans cet essai de gai savoir, depuis l’effroi de la première ride jusqu’aux surprises ultimes de la connaissance de soi.

Lire le sommaire

Vieillir, dit-elle:
une anthropologie littéraire de l’âge
Le sommaire
Opening night 2013:
«Avoir l’âge»
La ballade de Narayama
Quand est-ce que je vieillis?
Le vieillir à l’œuvre
Petit détour par Diderot

I
Se connaître un âge: le moment Beauvoir

«Je suis vieille!»
«Oh! je suis encore une femme»
«Qu’est-ce qu’avoir une vie derrière soi?»
«La compassion me déchirait»
«La ligne de vieillesse»
Deux versions du voile noir

II
La confusion des âges (Huston, Ernaux,
O’Faolain et consœurs)

Du démon de midi
Le méridien des femmes: cap au pire?
(Huston, Cannone)
Entre les lignes: Annie Ernaux, extérieur nuit
Injonctions contradictoires
Nuala O’Faolain ou la condition quinquagénaire

III
D’âge en âge: épiphanies,
trous noirs et reverdies

Le gai savoir du vieillir selon Régine Detambel
Petite physique des trous noirs (Rosenthal, Groult)

IV
Athlètes du grand âge et
génie centenaire

Ève ou l’endurance selon Hélène Cixous
Les futurs immédiats de Dominique Rolin
Portrait de deux marathoniennes (de Romilly, Svetlana Geier)

Bal chez Temporel

Senesco ergo sum
Lire, écrire, oublier
Ce «mystérieux désir de paix des femmes» (Pachet)

Revue de presse

Médiapart — PAR DOMINIQUE CONIL — 28 MAI 2013 |

Libération — "ÉCLATS DE RIDES" par Claire Devarrieux — 23 janvier 2013

LE MONDE — "L'écriture des femmes semble plus tonique" par Julie Clarini — 24 janvier 2013

LE MAGAZINE LITTÉRAIRE — "DAMES D'ÂGE EN ÂGE" par Camille Thomine — janvier 2013

France Culture — Les lundis de l'histoire "Célibat et vieillesse, expériences féminines par Michelle Perrot — 22 avril 2013

France Inter — L'HUMEUR VAGABONDE PAR Kathleen Evin — 11 avril 2013

Biographie

Ancienne élève de Normale Sup et agrégée de lettres modernes, Martine Boyer-Weinmann enseigne la littérature du XXe siècle à l’Université Lumière Lyon 2. Elle a travaillé sur la biographie littéraire (La Relation biographique, Champ Vallon, 2005) et sur la colère des écrivains (avec Jean-Pierre Martin, Colère d’écrivains), ce qui l’a aussi amenée à travailler sur Milan Kundera.

Vieillir, dit-elle– Martine Boyer-Weinmann 2013
Paru le 18 janvier 2013
14 x 22 cm, 224 pages
ISBN 978.2.87673.642.9
19 €

MICHEL ARRIVÉ L’homme qui achetait les rêves

MICHEL ARRIVÉ L’homme qui achetait les rêves

Dans un ancien hangar de la SNCF, quelque part dans la Champagne profonde, une dame brésilienne, la Senhora Doutora, exerce au noir le métier de psychothérapeute. À deux pas du hangar, dans la maisonnette où il s’est réfugié après avoir perdu sa belle ferme du Sombrevoir, le père Manouvrier essaie d’écrire le récit de ses rêves. Hélas ! ils se font de jour en jour plus rares. Pour continuer à écrire, il demande à la Senhora de lui raconter les rêves de ses patients.
La Senhora Doutora, qui fut l’épouse d’un illustre analyste, et le père Manouvrier, qui regrette toujours de n’avoir pas pu être instituteur, s’entendent au mieux : leur petit commerce de rêves s’accompagne d’aimables privautés, autour de plantureuses feijoadas arrosées de cachaça.
Mais ces excellentes relations courent un risque mortel : la Senhora menace de révéler les infidélités conjugales du seul ami de Manouvrier, le pharmacien du lieu. Pour échapper à son chantage, il songe à utiliser contre elle les talents de sorcier que Manouvrier a hérités de son grand-père, le vieux Béhanzin.
Que va-t-il se passer ?

Lire un extrait

L’homme qui achetait les rêves
(roman)
Extrait
Journal du père Manouvrier

19 août 1982.

J’ai été obligé de brûler mes vieilles espadrilles. Je les aimais bien, mes vieilles espadrilles. Elles maintenaient le pied de façon presque aussi ferme que mes chaussures de marche, mais elles pouvaient se porter sans chaussettes. Ça m’évitait, l’été, d’avoir trop chaud et ça m’épargnait la peine et la dépense de la lessive. Je les avais mises hier : il faisait beau, j’étais parti faire un petit tour dans la forêt, du côté de l’étang des Templiers, pour voir si les premières coulemelles commençaient à sortir. Je les appelle comme ça, de leur nom vulgaire, mais je sais bien qu’en réalité ce sont des lépiotes. Je trouve que c’est vraiment dommage qu’on ne puisse pas leur donner leur nom véritable : macrolepiota procera. Mais on aurait l’air vraiment très pédant si on employait ces mots-là, maintenant que personne n’apprend plus le latin. C’est pourtant le seul moyen de parler sans erreur des champignons.
J’aime bien cueillir les coulemelles. Ce n’est pas du tout comme les autres champignons qu’on n’aperçoit guère qu’au moment où l’on va marcher dessus. Les coulemelles, on les voit de loin : à l’étang des Templiers, quand elles sont bien mûres, elles se dressent si haut qu’on les repère de la maison forestière, à plus de cent mètres. Pourtant presque personne ne les cueille: les gens doivent penser qu’elles sont trop grandes et trop belles pour être comestibles. Il y en a même qui les arrachent et qui en écrasent le chapeau sous leurs semelles. C’est sûrement parce qu’ils pensent qu’elles sont « venimeuses », comme disait mon pauvre grand-père, l’Arsène Béhanzin. En tout cas, personne ne peut les prendre pour les petites lépiotes, qui sont mortelles, à peu près autant que l’amanite phalloïde. La différence avec l’amanite, c’est que leur poison prend encore plus de temps pour agir. Le résultat, c’est qu’on ne pense plus, quand on commence à souffrir, aux champignons qu’on a mangés deux ou trois jours avant. Et même si on y pense il n’est plus temps de se soigner.
Mon ami Delamain, qui est pharmacien de son état et qui connaît les champignons presque aussi bien que moi, m’agace un peu quand il continue à me mettre en garde contre la confusion des grandes coulemelles avec les toutes petites lépiotes. C’est vrai qu’elles se ressemblent, mais comme une auto miniature reproduit son modèle : la différence de taille est telle qu’il faudrait vraiment le faire exprès pour les confondre. La dernière fois, j’ai frôlé la grosse colère, comme cela ne m’était pas arrivé depuis très longtemps, et je me suis mis à le tutoyer, ce que je n’avais jamais fait auparavant : « Bon Dieu de bon Dieu, mais c’est que tu me fatigues, Delamain, avec tes éternelles précautions d’apothicaire ! », oui, c’est ce mot-là qui m’est revenu, de très loin dans mon passé, peut-être du Collège, je ne me souvenais pas de l’avoir jamais employé. Il a eu l’air un peu étonné, il n’a rien dit, mais je pense qu’il a compris, car il ne m’a plus jamais parlé des coulemelles ni des petites lépiotes. Il est resté silencieux quelques minutes, mais dès qu’il a repris la parole, il m’a tutoyé : nous avons continué.
Moi, je trouve que la coulemelle, c’est le meilleur des champignons, avec le pied-bleu et, peut-être, le coprin, le veux dire le coprin chevelu, bien sûr, quand ses lamelles sont encore toutes blanches : dès qu’elles commencent à rosir, elles prennent le goût amer de l’encre qu’elles deviendront. Avant l’incident des coulemelles, Delamain, pour essayer de marquer sa compétence de pharmacien, faisait semblant de croire que je risquais encore de le confondre avec son cousin, celui qu’il appelle « l’antialcoolique ». C’est bien un nom d’ apothicaire, ce mot-là ! Moi, je lui donne le nom que j’ai appris dans mes manuels : c’est le coprinus atramentarius. Atramentarius, en latin, ça veut dire « encrier », mais en français on dit noir d’encre, oui, c’est son nom officiel, on ne sait pas trop pourquoi, puisque le chevelu, quand il est bien mûr, transforme ses lamelles en un liquide encore plus noir, si noir que je m’en sers pour fabriquer mon « encre de Chine » en le mélangeant avec un peu d’huile. C’est souvent comme ça, avec les mots : ils ne savent pas trop ce qu’ils disent.
Delamain va jusqu’à prétendre que même avec le chevelu il vaut mieux ne pas boire d’alcool. Et qu’avec le noir d’encre « on risque des accidents graves, parfois même mortels, tu sais, on en a vu, chez des cardiaques ». On dirait qu’il les souhaite, les accidents, pour pouvoir les soigner ! J’aime bien Delamain, c’est même mon seul ami, et je me souviens du grand service qu’il m’a rendu, il y a maintenant tout près de deux ans, c’était le moment des premières trompettes de la mort. J’aimerais bien avoir un jour l’occasion de lui rendre la pareille. Mais je me méfie de tout ce qu’il dit sur les champignons. Un jour, j’ai voulu en avoir le cœur net sur les coprins noir d’encre. Il y en avait, sur la place de la gare, à deux pas de mon jardin, une petite colonie qui était venue autour de la vieille souche du peuplier qui a été abattu l’an dernier. Je les ai tous ramassés, je les ai fait sauter au beurre, et j’ai mangé ma fricassée en buvant ce qui me restait de mon dernier litre de vin du Postillon. Les coprins n’étaient peut-être pas aussi fins que les chevelus, mais je n’ai rien ressenti, sauf peut-être une vague petite rougeur qui m’est montée au visage, et qui s’est dissipée presque tout de suite. Le vin, tout seul, aurait eu le même effet. Un jour j’inviterai Delamain – il n’osera sûrement pas me refuser ça – et je lui ferai déguster un bon plat de coprins. Il les prendra pour des chevelus. Mais ce seront des « antialcooliques », comme il dit, et nous les arroserons d’une bonne bouteille de Beaujolais, car il ne doit pas aimer le vin du Postillon. Ce serait bien le Diable s’il éprouvait quelque chose de plus que moi la dernière fois ! Je touche du bois ! Si je réussis, je lui révélerai ce qu’il a mangé et je serai témoin de la confusion dans laquelle l’aura jeté son erreur.
L’avantage des coulemelles, c’est leur taille : elles sont si grosses qu’il n’en faut que trois ou quatre, quand elles sont bien étalées, pour faire une fricassée. Pour une omelette, une seule suffit pourvu qu’elle soit assez dodue. Mais hier je n’en ai pas vu une seule. C’est sans doute qu’il était un peu tôt dans la saison, à moins que la pluie n’ait vraiment trop manqué : c’est qu’il faut un peu d’humidité pour les coulemelles. Je n’ai trouvé que trois petites russules charbonnières un peu racornies. Je les ai tout de même ramassées : les russules, plus c’est sec, plus ça a de parfum. Et ça n’attire guère les larves.
Brusquement l’orage est venu, d’une façon tout à fait inattendue : je fais toujours attention aux orages, je les prévois en général très bien, et j’évite de sortir, surtout en forêt, dès qu’ils menacent. Je n’ai pas peur de l’orage, mais je me souviens du sort du père Jousseaume, cela remonte bien loin avant la guerre, la dernière, bien sûr, pas celle de 14, mais on racontait ça, à Yverney, comme si ça remontait à la nuit des temps ! Il s’était abrité de la pluie sous un gros chêne, et il a été foudroyé. On ne l’a trouvé que le lendemain, tout raide, avec juste une petite tache brune sur la tempe, à l’endroit où la foudre l’avait frappé. Hier je n’avais rien prévu. En un instant le ciel est devenu tout noir. J’ai vu l’éclair et entendu le tonnerre au même moment, sans une seconde d’intervalle. Aussitôt après la pluie s’est abattue en gouttes énormes. Il a bien fallu que je patauge dans la boue et dans les grosses flaques d’eau pour rejoindre ma vieille 203. Mes espadrilles, déjà bien fatiguées par un long usage, s’enfonçaient dans le sol si profondément que j’avais du mal à les en tirer pour faire chaque nouveau pas.
L’orage n’a pas duré longtemps : Baradel avait complètement cessé de tonner quand je suis arrivé chez moi, à la gare. Dès que le soleil est revenu, j’ai extrait mes espadrilles des blocs de boue qui les engainaient comme une armure et je les ai fait sécher au soleil. J’espérais que je pourrais renouer entre elles les grosses torsades de ficelle des semelles. Mais les petits liens de corde qui les reliaient se sont cassés dès que j’ai essayé de les faire passer autour des torsades qui, elles, étaient restées gonflées comme si elles avaient gardé une part de la pluie et de la terre qu’elles avaient absorbées.
Je les ai jetées dans la cheminée dès que le feu que j’avais allumé pour réchauffer mon petit fricot – j’y avais mis les trois russules : elles lui donneraient du goût – a commencé à bien brûler. Elles ont tout de même pris pas mal de temps pour se mettre à flamber, tant elles avaient absorbé d’humidité. Elles m’ont épargné à peu près une petite bûche. Je fais très attention à ma consommation de bois et j’essaye de compléter ma provision avec les branches mortes que je ramasse en forêt. Car la vieille Mademoiselle Demussy, la seule marchande, entre Vendeuvre et Lusigny, qui accepte de me livrer le demi-stère dont j’ai besoin pour un mois, me le fait payer très cher.
Il faudra que j’aille m’acheter, jeudi prochain, une paire d’espadrilles neuves au marché de Lusigny. À Vendeuvre, il y a bien un marchand de chaussures, mais c’est un jeune, et il ne vend pas d’espadrilles.

La gare de Vendeuvre-sur-Barse

À un passant hâtif, voire à un promeneur plus attentif, la gare de Vendeuvre-sur-Barse risque de passer inaperçue. Elle se situe sur la Nationale 19, à quelques centaines de mètres du centre de la petite ville, tout près d’une cimenterie désaffectée dont les installations abandonnées continuent lentement à se dégrader. C’est un bâtiment assez coquet de deux étages, construit entre la voie ferrée et une placette bordée d’arbres où se rangent commodément les quelques voitures qui viennent quotidiennement chercher ou déposer la très modeste foule des voyageurs pour Troyes ou Culmont-Chalindrey. Ils entrent par une grande porte vitrée qui s’ouvre sur une salle coupée en deux parts égales par un haut comptoir qui en occupe toute la largeur. Le robuste grillage métallique qui surmonte ce comptoir s’ouvrait originellement par deux guichets sur la partie de la salle réservée au public. Mais celui de droite a été désaffecté, et définitivement fermé par un solide cadenas, au moment de la réforme des carrières qui a supprimé les sous-chefs dans les gares de 3ème division, dont Vendeuvre fait partie. Les voyageurs se munissent du titre de transport nécessaire auprès du chef de gare, désormais seul occupant de la partie du local « strictement réservée au service ». Ils passent, sur la droite, dans la salle d’attente, modestement équipée de quelques chaises fatiguées, qui donne directement sur la voie en direction de Troyes. Pour prendre, en sens inverse, la direction de Culmont-Chalindrey, il faut traverser les voies sur une chaussée de bois, en prenant garde au passage éventuel d’un train. Car il y en a plusieurs par jour qui passent sans s’arrêter à Vendeuvre : trains de voyageurs ou de marchandises pour Mulhouse et Bâle dans un sens, pour Paris dans l’autre. Sur le quai opposé au bâtiment de la gare, un vaste abri de ciment couvert d’une tôle ondulée peinte en vert sombre protège de la pluie et, pour une faible part, du vent, car il ne comporte aucune fermeture du côté de la voie. Les voyageurs peuvent s’asseoir sur deux grands bancs de bois dont la peinture blanche se détache çà et là par plaques plus ou moins étendues. Selon leur épaisseur, elles subsistent sur le sol quelques jours ou quelques semaines avant de se briser en fragments plus petits, qui finissent par se confondre avec la terre dans laquelle ils s’enfoncent progressivement.
Au premier étage du bâtiment principal de la gare est installé le bel appartement du chef de gare : quatre grandes pièces bien carrées et largement éclairées par des fenêtres qui donnent les unes sur la place, les autres sur la voie. Une cuisine bien équipée et même, depuis 1958, une salle de bain aménagée aux frais de la SNCF dans l’ancien débarras confèrent à l’appartement un confort convoité par les candidats au poste.
Le poste de chef de gare de Vendeuvre-sur-Barse est en effet très envié. Moins, pourtant, pour les dimensions et le confort, en eux-mêmes recherchés, de son appartement que pour les perspectives de fin de carrière qu’il ouvre à ses titulaires : il est en effet devenu traditionnel que le chef de gare de Vendeuvre soit, après un « purgatoire » de trois ou quatre ans, nommé à Bar-sur-Aube ou même, cela s’est vu deux fois, directement à Troyes. Ce sont de magnifiques postes de fin de carrière, de seizième classe pour Bar-sur-Aube, et de dix-huitième pour Troyes, juste au-dessous des grandes gares de Paris, alors que celui de Vendeuvre plafonne modestement à la quatorzième classe. Mais la mémoire collective des employés de la SNCF ne conserve pas le souvenir qu’on ait jamais vu aucun chef de gare y prendre sa retraite.
Le résultat est qu’à Vendeuvre le chef de gare n’est jamais, comme on dit en ville, qu’un « oiseau de passage ». Il ne fréquente généralement à peu près personne, sauf, de loin en loin, le gros Léon, le patron du « Café-Restaurant de la gare », installé depuis 1871 – il portait à l’époque le nom d’« Auberge des Voyageurs », comme le rappelle une notice affichée sur la façade à côté du modeste menu à prix fixe – dans une vieille bâtisse de pierre sèche, de l’autre côté de la Nationale : il est utile de lui faire connaître les changements d’horaire des trains, pour qu’il les indique de vive voix à ses clients, qui négligent de lire les imprimés apposés à côté de la porte de la gare, dans un cadre de bois où ils sont protégés par un treillis de fils de fer rouillé. Pour des raisons de voisinage, il lui arrive aussi d’échanger quelques mots avec les locataires – le père Manouvrier et la Senhora Doutora – de deux des bâtiments annexes de la gare. En réalité, ces deux bâtiments n’ont plus aucun rapport avec la gare : c’est désormais la Commune de Vendeuvre qui en est propriétaire et qui essaie de prélever auprès de chacun des occupants le loyer, d’un montant très modéré, qui a fait l’objet d’un contrat en bonne et due forme. Le chef de gare pourrait donc se dispenser de toute relation avec ces deux personnes. Mais la proximité est telle que les relations sont inévitables. Elles sont généralement plutôt agréables.
Quand le hasard fait qu’il a des enfants d’âge scolaire, le chef de gare est bien forcé de consulter de temps en temps le docteur Maldidier, le généraliste local, d’aller faire exécuter ses ordonnances par le pharmacien Delamain ou sa jeune consœur qui vient de s’installer rue Victor Hugo, Mademoiselle Doudet, parfois aussi de rencontrer l’un ou l’autre des instituteurs ou des institutrices de l’École primaire. Mais personne à Vendeuvre ne garde le souvenir d’un Chef de gare qui ait fait partie de la Fanfare Vendeuvroise, ou qui ait été ne serait-ce que candidat au Conseil Municipal.
Le deuxième étage de la gare est de dimensions un peu plus modestes : l’appartement comporte aussi quatre pièces, mais de dimensions plus réduites que celles du premier étage. Le dernier occupant régulier, bizarrement soucieux d’hygiène, a bricolé tout seul, de façon pittoresque, mais efficace, une petite salle de bain dans le cagibi originel. C’était autrefois le logement de fonction du sous-chef de gare. Ce modeste poste, une fin de carrière honorable pour un employé parti de la voie et parvenu, au bout de trente ans d’efforts, à la douzième classe, a été supprimé lors de la réforme de 1952. Depuis cette époque, l’appartement est, en principe, resté inoccupé. Mais l’un des chefs de gare successifs, père d’une famille de cinq enfants, a cru pouvoir, en dépit du règlement, qui est très strict sur ce point, en coloniser deux pièces et la salle de bains pour y installer ses enfants. Dénoncé par la rumeur publique, il a été sanctionné par sa mutation immédiate à la gare de Longueville, en Seine-et-Marne, qui est moins bien classée et dont l’appartement de fonction est plus petit.
Depuis que sa clientèle a pris de l’importance, la Senhora Doutora rêve de transférer son cabinet du petit hangar où elle est s’installée voici déjà deux ans, bien comptés, dans le logement qui reste vide depuis le départ du dernier sous-chef de gare. Elle se rend bien compte que son activité perdrait en pittoresque ce qu’elle gagnerait en confort, mais elle s’est mis en tête que tout compte fait son installation dans un véritable appartement serait bénéfique. Elle ne serait plus obligée de dormir, la nuit, dans le lit sur lequel, dans la journée, elle allonge ses patients. Elle en laisserait peut-être échapper quelques-uns, ceux qui se donnent l’illusion de s’encanailler « en se faisant analyser, voyez-vous, sur un lit de bois dans un vieux hangar de la SNCF, à … je vous le donne en mille : Vendeuvre-sur-Barse, oui ! On est loin des divans de Saint-Germain des Prés, n’est-ce pas ? » : c’est ce qu’on entend parfois murmurer, entre un whisky et une coupe de champagne, dans les salons bourgeois de Troyes, de Chaumont ou de Reims. Mais on ne s’encanaille pas très longtemps : ce que la Senhora perdrait d’un côté, elle le retrouverait de l’autre, sinon en plus aisé, au moins en plus régulier. Tout compte fait, ce serait sûrement favorable à sa réputation, qui commence à s’établir, dans la région et au-delà, jusqu’à l’étranger, elle en a des témoignages. Elle sait que le chef de gare est à un niveau bien trop peu élevé dans la hiérarchie de la SNCF pour l’aider à réaliser son projet : elle ne lui en parle que pour le plaisir de bavarder. Mais elle essaie par tous les moyens qui sont à sa portée d’approcher la personnalité assez haut placée pour prendre, en infraction patente avec un règlement séculaire, la décision nécessaire à son installation dans le ci-devant logement du sous-chef. Elle a de l’entregent et des relations, dans des milieux divers, souvent inattendus, elle est obstinée, et, à sa façon, habile : elle finira sans doute par avoir gain de cause.
Le bâtiment de la gare n’est pas daté. Il semble bien avoir été construit peu avant la guerre de 14, à l’emplacement d’un édifice qui remontait sans doute à l’époque, complètement enfouie dans un passé voisin de la préhistoire, de l’installation de la ligne Paris-Culmont-Chalindrey. Son intérêt architectural, assez faible, est celui que présentent bon nombre des gares de la même époque dans la région : elles semblent toutes avoir été construites sur le même modèle.

 

Revue de presse

L’HOMME QUI ACHETAIT LES RÊVES

PAGES DES LIBRAIRES
(Janvier2012)

Manouvrier est un vieux type qui vit à deux doigts de la clochardisation dans un appentis de dix mètres carrés. Il a vécu, bien vécu, sans trop d’ambitions cependant, et il se retrouve là, heureux à ne s’occuper que de mycologie, de sorcellerie et d’écriture (ses écrits sont très brefs, toujours plus, soumis à l’exigence d’une règle intransigeante). Toutefois, la matière de ses écrits est plus que vaporeuse puisque composée de ses rêves… Et qaund la source vient à se tarir, il n’a d’autre solution que d’aller négocier les rêves des autres avec la senora Doutora, plantureuse psychothérapeuthe brésilienne assez peu à cheval sur la réserve classiquement attendue de sa corporation; Tout aurait pu continuer aussi simplement si le pharmacien, ami de Manouvrier, n’était venu s’ouvrir à lui de quelque problème extra-conjugal. Sous le couvert d’une aimable histoire avec ce qu’il faut de légèreté et de drames ridiculement provinciaux, Michel Arrivé, en grammairien doublé d’un spécialiste de Jarry, cisèle un roman d’une perfection d’écriture rare et bourré d’humour.

Michel EDDO
Librairie Lucioles, Vienne

L’AGREGATION
(Mars 2012)

Un bon lecteur de roman, disait Nabokov, doit savoir « caresser les détails. », car c’est dans les plis et les replis du texte que se cache l’essentiel. Un nom de lieu, un patronyme, un effet de réel en trompe-l’œil, une ironie sous-jacente, un mot de lexique oublié et qui soudain renaît sous la baguette du magicien. Le septième roman de notre collègue Michel Arrivé remplit, à cet égard, toutes ses promesses (and much much more…) L’action se passe d’août 1982 à août 1983 à Vendeuvre-sur-Barse, c’est-à-dire au diable vauvert, au cœur de la Champagne humide et dans une France rurale qui se meurt (les pleins et les déliés, les espadrilles, les lignes secondaires de la SNCF, le franc français, les bouilleurs de cru et les bons légumes achèvent d’agoniser dans quelques oasis archaïsantes, où l’on dit encore « 6 heures de relevée » pour « 6 heures de l’après-midi).
Deux habitants tiennent leur journal. Le premier est Rémy Manouvrier, un autochtone, qui vit d’une petite pension d’invalidité, jadis contraint de quitter l’École normale pour mener une vie de labeur. Le quinquagénaire a cependant quelques cordes à son arc : il aime le latin et l’Égypte, a des champignons une connaissance intime et se croit capable de tuer ses ennemis (les instituteurs qui ont pris la place qui lui revenait) par le feu de son seul regard, accompagné d’une formule cabalistique. Le second diariste est une de ses voisines, une certaine Lucrecia, surnommée la Doutora, psychothérapeute brésilienne à la forte libido mais élevée par des nonnes, qui a dû se séparer d’un mari recyclé à Sodome. Cette femme s’est créé une philosophie personnelle où se mélangent la religion baptiste, le candomblé du Matto-Grosso et les œuvres de Lacan et Sigmundo (sic) Freud. Son discours puritain ne l’empêche pas de se livrer sans déplaisir aux « assauts impies » des hommes, mais pour la bonne cause, la guérison de ses patients.
Or, Manouvrier, qui prépare un mystérieux manuscrit sur le rêve, décide d’acheter à Lucrecia les songes de ses clients (au tarif de 11 francs l’unité)… De son côté, le pharmacien Delamain qui rêve d’une carrière politique, fornique avec une jeunette – ce qu’apprend la Brésilienne, laquelle, y voyant une source de revenus, se livre sur lui à un chantage… Le roman comporte aussi un narrateur, et il y a même, pour faire bonne mesure, une « note de l’éditeur » en bas de page. Se croisent, bien sûr, devant la gare, au marché ou au café, divers autres personnages, comme « l’Alfred », « la Julie Coulon », « le Gros Léon » ou l’évêque qui réussit « à faire entendre les majuscules ». Un vrai roman, qui se déguste en ronronnant, un verre de champagne à la main.

Michel RENOUARD

CORRESPONDANCIER DU COLLÈGE DE ‘PATAPHYSIQUE

Acheter des rêves

Kubla Khan et Olalla (que traduisit Jarry) sont parmi les plus célèbres œuvres écrites à partir de rêves. Mais l’onirographe qui ne rêve plus? Il ne lui reste plus qu’à acheter des rêves à une psychothérapeute peu scrupuleuse, prête, malgré ses protestations déontologiques, à vendre ceux que lui ont confiés ses patients.
Les lecteurs du Correspondancier n° 16 ont pu constater que Vendeuvre-sur-Barse, dans l’Aube, y avait été immortalisée comme capitale de la «Sainteterie», cette manufacture qui avait industrailisé l’iconographie des élus.
La religion n’est pas absente du dernier roman du Régent Michel Arrivé, sous la forme de l’Eglise baptiste du Brésil. Ni l’art, représenté par un nouveau mode d’expression (ou plutôt d’impression) qui laisse loin derrière lui le sulpicien le plus pompier comme l’art conceptuel le plus avant-gardiste. Il s’agit de la sculpture sur tongs: nous voulons parler de ces chaussures, ultrasimplifiées que le héros du roman transforme patiemment en œuvres qu’il faut bien appeler «d’art», puisqu’elles sont encadrées. «Performance» originale dont les célèbres «anthropométries» d’Yves Kein n’étaient une approche grossière. Le journal et la biographie de cet artiste brut – le père Manouvrier – se croisent avec ceux de la Senhora Doutora, maîtresse chanteuse dans tous les sens de l’expression. Tout finira par un bon plat de cèpes farcis. La science mycologique, très bien exposée dès l’ouverture du roman, s’avère plus efficace que le jet de sorts, dont l’apparente scientificité ne résiste pas à l’expérimentation. Tant il est vrai que seule la science du particulier permet de distinguer Lepioda helveole et la grande courtemelle. Comme la bonne ivraie, suivant la formule du docteur Sandomir.

LE NOUVEL OBSERVATEUR
(février 2012)

Années 1980. Le père Manouvrier et la Senhora Doutora vivent dans une petite ville de Champagne. Lui est du cru, ancien propriétaire déchu de la ferme de Sombrevoir, mycologue averti et amateur de rêves ; elle est brésilienne, adepte de l’Eglise baptiste, versée dans la psychanalyse. Tous deux sont un peu sorciers et solitaires: leurs destins ne pouvaient que se croiser, pour le meilleur et pour le pire. Alternant récit, extraits du Journal de Manouvrier et souvenirs de la Senhora, l’auteur réussit avec bonheur à nous embarquer dans ce roman du terroir à tiroirs.

Sylvie Prioul

Revue de presse

Pages des libraires — Michel Eddo - janvier 2012

Biographie

Professeur de linguistique, Michel Arrivé a écrit de nombreux ouvrages, notamment sur les relations entre langage et inconscient. Spécialiste d’Alfred Jarry, il a publié ses Œuvres complètes (premier volume) dans la Bibliothèque de la Pléiade et lui a consacré deux livres. Enfin, il a publié trois romans chez Flammarion (dont Les Remembrances du vieillard idiot, prix du premier roman) ainsi qu’un recueil de nouvelles.

Homme qui achetait les rêves (L') – Michel Arrivé 2012
Paru le 19 janvier 2012
12 x 19 cm, 240 pages
ISBN 978.2.87673.560.6
18.75 €

ARTHUR BERNARD Tout est à moi, dit la poussière

ARTHUR BERNARD Tout est à moi, dit la poussière

Il y a Arthur Bernard, l’auteur, le narrateur qui court toujours derrière les autres noms. Il y a Arthur Ferdinand Bernard ou AFB, apprenti relieur de 18 ans à Montparnasse en 1890, également apprenti assassin puisqu’il ratera son crime et même son châtiment. Condamné à mort, il sera gracié et transporté à la Nouvelle Calédonie. Le dossier sur lui aux Archives s’arrête en 1895. Alors on va lui inventer une suite. Il deviendra là-bas relieur et notamment de L’Odyssée. Il construira aussi des cerfs-volants dont un oiseau géant capable de l’élever dans les airs, au-dessus de l’océan.
Il ne reviendra jamais. Tout appartient à la poussière, cette insatiable. Elle dissout les morts et protège les livres que liront les vivants.

Revue de presse

T'auras du bouquin.tumblr.com — Relier tout cela pour y voir clair, 22 novembre 2016

Librairie Soleil vert — par Herveline, 27 septembre 2016

Librairie du Rivage, 16 septembre 2016

La Nouvelle Quinzaine littéraire — Vertu de la poussière, par Eric Dussert, 9 septembre 2016

Le Temps — Quand Homère et Rimbaud viennent au secours d'un assassin, par Isabelle Rüff, 15 décembre 2016

Mediapart — Le personnage est une personne, par Fabien Franco, 17 novembre 2016

Les Doigts dans la prose — par David Marsac

Kaële magazine — par Fabien Franco, 12 octobre 2016

Le Matricule des Anges — Une identité en sursis, par Guillaume Contré, septembre 2016

L'Alamblog — La Mort d'Ulysse et celle d'Arthur Ferdinand Bernard, par Le Préfet maritime, 23 août 2016

Le Temps — Quand Homère et Rimbaud viennent au secours d'un assassin, par Isabelle Rüff, 15 décembre 2016

Biographie

Arthur Bernard vit à Grenoble où il a enseigné l’histoire à l’Institut d’Etudes politiques. Outre des essais d’histoire et de nombreux livres consacrés à Paris, ville dont il est amoureux depuis toujours, il a publié de nombreux romans comme La Chute des graves (Minuit), La Petite Vitesse (Cent Pages), Gaby et son maître ou Tout est à moi dit la poussière (Champ Vallon), Paris en 2040 (Parigramme).

Bibliographie :

Littérature
Chez Champ Vallon
L'Oubli de la natation (2004)
La Guerre avec ma mère (2006)
Le désespoir du peintre (2009)
Gaby grandit (2011)
Gaby et son maître (2013)

Chez d’autres éditeurs
Les Parapets de l'Europe (Cent Pages, 1988, nouvelle édition 2016)
Bouquet d'injures et d'horions (avec Olivier Gadet) (Cent Pages; 2e édition, augmentée et diminuée, 2000).
La Chute des graves (Minuit, 1991)
La Petite Vitesse (Cent Pages, 1993)
Le Neuf se fait attendre (Cent Pages, 1995)
L'Ami de Beaumont (Cent Pages, 1998)
On n'est pas d'ici (Cent Pages, 2000)
C’était pire avant (Cent Pages, 2002)
Le Goût de Paris (Mercure de France, 2004)
Ernest Ernest (Cent Pages, 2013)
Paris en 2040 (Parigramme, 2012)

Histoire
Sous le nom de Jean-Pierre A. Bernard
Le Parti communiste et la question littéraire 1914-1939 (Presses Universitaires de Grenoble, 1972)
Paris rouge. Les communistes français dans la capitale : 1944-1964 (Champ Vallon, 1991)
Les Deux Paris. Les représentations de Paris dans la seconde moitié du XIXe siècle (Champ Vallon, 2001)

Arthur Bernard, Tout est à moi, éditions champ vallon
Paru le 19 août 2016
12 x 19 cm, 240 pages
ISBN 979-10-267-0424-9
17 €