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GÉRARD TITUS-CARMEL & Lointains

GÉRARD TITUS-CARMEL & Lointains

Poésie

Un lointain sans âge heurtant de plein fouet l’insaisissable rivage, en face, avant de se perdre derrière la ligne d’un horizon sans distance; un corps tendu à se rompre, planté au seuil de l’infini et qui s’abîme en sa fuite; un personnage gris de perle, aussi, qui se confond en lui-même, noyant les mots venus de pleine solitude pour dire la soudaine immobilité d’un monde qui défait la mémoire, s’il ne la submerge. Et, brochant sur le tout, un silence sans défaut que parachève ce carré de pur abandon au seul souvenir d’un arpent de terre et de tourbe élu, haussé par la langue à la dimension de sa légende.

Biographie

Gérard Titus-Carmel est né en 1942, il s’initie très tôt à l’Art moderne après des études à l’école Boulle et se passionne pour le surréalisme et la poésie.
Dès ses premières expositions, dans les années soixante, ses toiles et ses dessins, ses lithographies et ses gravures révèlent un goût puissant pour la littérature, comme en témoignent aussi les titres et les dédicaces de ses tableaux, volontiers voués aux grands romantiques, tel Young ou Coleridge. Il commence par illustrer des poètes qu’il aime, de Jacques Dupin à Philippe Jaccottet, avant de donner ses propres recueils de poèmes, qu’il enlumine souvent, en des livres rares, tout en publiant des réflexions sur la peinture (Elle bouge encore…, Actes Sud, 1992).
Sa production poétique est tout aussi importante.

Poésie

La Tombée, Fata Morgana, 1987.
L’Entrevue, Brandes, 1988.
Le Motif du fleuve, Fata Morgana, 1990.
Instance de l’orée, Fata Morgana, 1990.
Forge, Brandes, 1991.
Feuillets détachés des saisons, Brandes, 1991.
Gris de Payne, Fata Morgana, 1994.
Obstinante, Brandes, 1995.
Ceci posé, Fata Morgana, 1996.
Nielles, La Main courante, 1997.
De Corps et de buée, Éditions Voix/Richard Meier, 1997.
Travaux de fouille et d’oubli, Champ Vallon, 2000.
La Rive en effet, Obsidiane, 2000.
Demeurant, Obsidiane, 2001.
Ici rien n’est présent, Champ Vallon, 2003.
Manière de sombre, Obsidiane, 2004.
Jungle (non-lieu) / Jungle (unspace), VVV Editions, Halifax, 2005.
Seul tenant, Champ Vallon, 2006.
Brisées, La Porte, 2009.
L’Ordre des jours, Champ Vallon, 2010.
Le Reste du vent, La Porte, 2011.
Ressac, Obsidiane, 2011.
La Porte, La Porte, 2012.
Albâtre, Fata Morgana, 2013.

Essais, écrits sur l’art, autres

Joaquin’s Love Affair, Éricart, 1971.
The Pocket Size Tlingit Coffin, Baudoin Lebon/SMI, 1976.
Le Casque de Nikkō, Daniel Lelong Éditeur, 1984.
Temps de parole, L’Échoppe, 1986.
Quatre images mémorables, Éditions de la Nbj, Montréal, 1987.
Lumières, précédé de Point de chute, L’échoppe, 1988.
Ombre portée, L’Échoppe, 1989.
L’Indolente d’Orsay, L’échoppe, 1990.
Notes d’atelier & autres textes de la contre-allée, Plon, 1990.
La Leçon du miroir, L’Échoppe, 1992.
«Elle bouge encore…», Actes Sud, 1992.
Premier sang, L’échoppe, 1994.
L’élancement. Éloge de Hart Crane, Le Seuil, 1998.
101 Questions posées au pérégrin, L’étoile des limites, 2001.
Épars, Le Temps qu’il fait, 2003.
Gustave Roud. Une solitude dans les saisons, Jean-Michel Place / Poésie, 2005.
Edvard Munch. Entre chambre et ciel, Virgile, 2007.
Un lieu de ce monde / A Place in The World, VVV Editions, Halifax, 2008.
Pierres d’attente pour Reverdy, Tarabuste, 2008.
La Nuit au corps, Fata Morgana, 2010.
Le Huitième pli ou Le Travail de beauté, Galilée, 2013.
Chemins ouvrant (avec Yves Bonnefoy), L’Atelier contemporain, 2014.
Au Vif de la peinture, à l'ombre des mots , L'Atelier contemporain, 2016.

& Lointains – Gérard Titus-Carmel 2016
Paru le 2 juin 2016
13 x 21 cm, 144 pages
ISBN 979-10-267-0111-8
14 €

GÉRARD TITUS-CARMEL L’ordre des jours

GÉRARD TITUS-CARMEL L’ordre des jours

Poésie

On dira qu’ici tout est ordonnancé pour être reconnu dans la clarté d’une allée sans tare, comme ouverte par fantaisie dans le désordre naturel de la langue.

Mais cette déambulation ne sera pas une innocente promenade dans un parc à la française: au contraire, elle scande sourdement, jusque dans la distribution de ses planches, la fatale succession des jours qui ruinent notre rêve de présence dans l’«ici-bas déjà» du monde. Ainsi, dans le jeu des calques et des épreuves, comme dans celui des miroirs et des répons, nous retrouvons-nous nus, seulement occupés à mesurer notre ombre qui, sans fin, s’allonge selon l’ordre des jours.

Biographie

Gérard Titus-Carmel est né en 1942, il s’initie très tôt à l’Art moderne après des études à l’école Boulle et se passionne pour le surréalisme et la poésie.
Dès ses premières expositions, dans les années soixante, ses toiles et ses dessins, ses lithographies et ses gravures révèlent un goût puissant pour la littérature, comme en témoignent aussi les titres et les dédicaces de ses tableaux, volontiers voués aux grands romantiques, tel Young ou Coleridge. Il commence par illustrer des poètes qu’il aime, de Jacques Dupin à Philippe Jaccottet, avant de donner ses propres recueils de poèmes, qu’il enlumine souvent, en des livres rares, tout en publiant des réflexions sur la peinture (Elle bouge encore…, Actes Sud, 1992).
Sa production poétique est tout aussi importante.

Poésie

La Tombée, Fata Morgana, 1987.
L’Entrevue, Brandes, 1988.
Le Motif du fleuve, Fata Morgana, 1990.
Instance de l’orée, Fata Morgana, 1990.
Forge, Brandes, 1991.
Feuillets détachés des saisons, Brandes, 1991.
Gris de Payne, Fata Morgana, 1994.
Obstinante, Brandes, 1995.
Ceci posé, Fata Morgana, 1996.
Nielles, La Main courante, 1997.
De Corps et de buée, Éditions Voix/Richard Meier, 1997.
Travaux de fouille et d’oubli, Champ Vallon, 2000.
La Rive en effet, Obsidiane, 2000.
Demeurant, Obsidiane, 2001.
Ici rien n’est présent, Champ Vallon, 2003.
Manière de sombre, Obsidiane, 2004.
Jungle (non-lieu) / Jungle (unspace), VVV Editions, Halifax, 2005.
Seul tenant, Champ Vallon, 2006.
Brisées, La Porte, 2009.
L’Ordre des jours, Champ Vallon, 2010.
Le Reste du vent, La Porte, 2011.
Ressac, Obsidiane, 2011.
La Porte, La Porte, 2012.
Albâtre, Fata Morgana, 2013.

Essais, écrits sur l’art, autres

Joaquin’s Love Affair, Éricart, 1971.
The Pocket Size Tlingit Coffin, Baudoin Lebon/SMI, 1976.
Le Casque de Nikkō, Daniel Lelong Éditeur, 1984.
Temps de parole, L’Échoppe, 1986.
Quatre images mémorables, Éditions de la Nbj, Montréal, 1987.
Lumières, précédé de Point de chute, L’échoppe, 1988.
Ombre portée, L’Échoppe, 1989.
L’Indolente d’Orsay, L’échoppe, 1990.
Notes d’atelier & autres textes de la contre-allée, Plon, 1990.
La Leçon du miroir, L’Échoppe, 1992.
«Elle bouge encore…», Actes Sud, 1992.
Premier sang, L’échoppe, 1994.
L’élancement. Éloge de Hart Crane, Le Seuil, 1998.
101 Questions posées au pérégrin, L’étoile des limites, 2001.
Épars, Le Temps qu’il fait, 2003.
Gustave Roud. Une solitude dans les saisons, Jean-Michel Place / Poésie, 2005.
Edvard Munch. Entre chambre et ciel, Virgile, 2007.
Un lieu de ce monde / A Place in The World, VVV Editions, Halifax, 2008.
Pierres d’attente pour Reverdy, Tarabuste, 2008.
La Nuit au corps, Fata Morgana, 2010.
Le Huitième pli ou Le Travail de beauté, Galilée, 2013.
Chemins ouvrant (avec Yves Bonnefoy), L’Atelier contemporain, 2014.
Au Vif de la peinture, à l'ombre des mots , L'Atelier contemporain, 2016.

Ordre des jours (L') – Gérard Titus-Carmel 2010
Paru le 6 mai 2010
13 x 21 cm, 160 pages
ISBN 2.87673.515.6
14.50 €

GÉRARD TITUS-CARMEL Seul tenant

GÉRARD TITUS-CARMEL Seul tenant

Poésie

Seul tenant — c’est, à ce titre, écrire l’absence en cela que rendu là où la mémoire renonce, on se découvre seul debout pour nommer son corps et pour prétendre, par manière, être toujours présent au monde.
C’est aussi dire que cette suite de poèmes, que scandent régulièrement apartés et oraisons comme les métopes ponctuent la frise, déroule dans son long bandeau noir le récit de ces moments de pose durant lesquels le regard se fixe au centre d’un jardin clos et sans tare, inaccessible comme il paraît, où les ombres croissent avec le nom des morts. Et que, soumis à la secrète alchimie liant les images qui à la fois la festonnent et la cimentent, c’est continûment que cette litre nous assèche la langue.

Biographie

Gérard Titus-Carmel est né en 1942, il s’initie très tôt à l’Art moderne après des études à l’école Boulle et se passionne pour le surréalisme et la poésie.
Dès ses premières expositions, dans les années soixante, ses toiles et ses dessins, ses lithographies et ses gravures révèlent un goût puissant pour la littérature, comme en témoignent aussi les titres et les dédicaces de ses tableaux, volontiers voués aux grands romantiques, tel Young ou Coleridge. Il commence par illustrer des poètes qu’il aime, de Jacques Dupin à Philippe Jaccottet, avant de donner ses propres recueils de poèmes, qu’il enlumine souvent, en des livres rares, tout en publiant des réflexions sur la peinture (Elle bouge encore…, Actes Sud, 1992).
Sa production poétique est tout aussi importante.

Poésie

La Tombée, Fata Morgana, 1987.
L’Entrevue, Brandes, 1988.
Le Motif du fleuve, Fata Morgana, 1990.
Instance de l’orée, Fata Morgana, 1990.
Forge, Brandes, 1991.
Feuillets détachés des saisons, Brandes, 1991.
Gris de Payne, Fata Morgana, 1994.
Obstinante, Brandes, 1995.
Ceci posé, Fata Morgana, 1996.
Nielles, La Main courante, 1997.
De Corps et de buée, Éditions Voix/Richard Meier, 1997.
Travaux de fouille et d’oubli, Champ Vallon, 2000.
La Rive en effet, Obsidiane, 2000.
Demeurant, Obsidiane, 2001.
Ici rien n’est présent, Champ Vallon, 2003.
Manière de sombre, Obsidiane, 2004.
Jungle (non-lieu) / Jungle (unspace), VVV Editions, Halifax, 2005.
Seul tenant, Champ Vallon, 2006.
Brisées, La Porte, 2009.
L’Ordre des jours, Champ Vallon, 2010.
Le Reste du vent, La Porte, 2011.
Ressac, Obsidiane, 2011.
La Porte, La Porte, 2012.
Albâtre, Fata Morgana, 2013.

Essais, écrits sur l’art, autres

Joaquin’s Love Affair, Éricart, 1971.
The Pocket Size Tlingit Coffin, Baudoin Lebon/SMI, 1976.
Le Casque de Nikkō, Daniel Lelong Éditeur, 1984.
Temps de parole, L’Échoppe, 1986.
Quatre images mémorables, Éditions de la Nbj, Montréal, 1987.
Lumières, précédé de Point de chute, L’échoppe, 1988.
Ombre portée, L’Échoppe, 1989.
L’Indolente d’Orsay, L’échoppe, 1990.
Notes d’atelier & autres textes de la contre-allée, Plon, 1990.
La Leçon du miroir, L’Échoppe, 1992.
«Elle bouge encore…», Actes Sud, 1992.
Premier sang, L’échoppe, 1994.
L’élancement. Éloge de Hart Crane, Le Seuil, 1998.
101 Questions posées au pérégrin, L’étoile des limites, 2001.
Épars, Le Temps qu’il fait, 2003.
Gustave Roud. Une solitude dans les saisons, Jean-Michel Place / Poésie, 2005.
Edvard Munch. Entre chambre et ciel, Virgile, 2007.
Un lieu de ce monde / A Place in The World, VVV Editions, Halifax, 2008.
Pierres d’attente pour Reverdy, Tarabuste, 2008.
La Nuit au corps, Fata Morgana, 2010.
Le Huitième pli ou Le Travail de beauté, Galilée, 2013.
Chemins ouvrant (avec Yves Bonnefoy), L’Atelier contemporain, 2014.
Au Vif de la peinture, à l'ombre des mots , L'Atelier contemporain, 2016.

Seul tenant – Gérard Titus-Carmel 2006
Paru le 22 mai 2006
13 x 21 cm, 160 pages
ISBN 2.87673.442.7
14 €

GÉRARD TITUS-CARMEL Ici rien n’est présent

GÉRARD TITUS-CARMEL Ici rien n’est présent

Poésie

La mémoire d’une enfance stupéfaite, toute pétrie de colère, l’irréparable blessure d’un été violent et jaune comme l’or, l’amitié du silence. Aussi le souvenir d’un jardin paré aux couleurs de l’enfer, le grand miroir de l’estran à portée de la main, de l’autre côté du mur, la douleur d’une plaie nouvellement ouverte, la consolation du soir, le guet infini, l’attente. Et l’ombre, toujours, qu’on traîne derrière soi et qui prolonge un corps livré au seul récit d’absence.
Que faire de tous ces bris épars, sinon les ajointer dans l’espace d’un livre, pour que circule du sens où cela, par chance, coïncide encore ? Car lorsque la languefourche dans l’épuisant travail de dire, il reste ce pouvoir-là à l’écriture de combler enfin le vertigineux vide d’ici où rien, décidément, n’est présent.

Biographie

Gérard Titus-Carmel est né en 1942, il s’initie très tôt à l’Art moderne après des études à l’école Boulle et se passionne pour le surréalisme et la poésie.
Dès ses premières expositions, dans les années soixante, ses toiles et ses dessins, ses lithographies et ses gravures révèlent un goût puissant pour la littérature, comme en témoignent aussi les titres et les dédicaces de ses tableaux, volontiers voués aux grands romantiques, tel Young ou Coleridge. Il commence par illustrer des poètes qu’il aime, de Jacques Dupin à Philippe Jaccottet, avant de donner ses propres recueils de poèmes, qu’il enlumine souvent, en des livres rares, tout en publiant des réflexions sur la peinture (Elle bouge encore…, Actes Sud, 1992).
Sa production poétique est tout aussi importante.

Poésie

La Tombée, Fata Morgana, 1987.
L’Entrevue, Brandes, 1988.
Le Motif du fleuve, Fata Morgana, 1990.
Instance de l’orée, Fata Morgana, 1990.
Forge, Brandes, 1991.
Feuillets détachés des saisons, Brandes, 1991.
Gris de Payne, Fata Morgana, 1994.
Obstinante, Brandes, 1995.
Ceci posé, Fata Morgana, 1996.
Nielles, La Main courante, 1997.
De Corps et de buée, Éditions Voix/Richard Meier, 1997.
Travaux de fouille et d’oubli, Champ Vallon, 2000.
La Rive en effet, Obsidiane, 2000.
Demeurant, Obsidiane, 2001.
Ici rien n’est présent, Champ Vallon, 2003.
Manière de sombre, Obsidiane, 2004.
Jungle (non-lieu) / Jungle (unspace), VVV Editions, Halifax, 2005.
Seul tenant, Champ Vallon, 2006.
Brisées, La Porte, 2009.
L’Ordre des jours, Champ Vallon, 2010.
Le Reste du vent, La Porte, 2011.
Ressac, Obsidiane, 2011.
La Porte, La Porte, 2012.
Albâtre, Fata Morgana, 2013.

Essais, écrits sur l’art, autres

Joaquin’s Love Affair, Éricart, 1971.
The Pocket Size Tlingit Coffin, Baudoin Lebon/SMI, 1976.
Le Casque de Nikkō, Daniel Lelong Éditeur, 1984.
Temps de parole, L’Échoppe, 1986.
Quatre images mémorables, Éditions de la Nbj, Montréal, 1987.
Lumières, précédé de Point de chute, L’échoppe, 1988.
Ombre portée, L’Échoppe, 1989.
L’Indolente d’Orsay, L’échoppe, 1990.
Notes d’atelier & autres textes de la contre-allée, Plon, 1990.
La Leçon du miroir, L’Échoppe, 1992.
«Elle bouge encore…», Actes Sud, 1992.
Premier sang, L’échoppe, 1994.
L’élancement. Éloge de Hart Crane, Le Seuil, 1998.
101 Questions posées au pérégrin, L’étoile des limites, 2001.
Épars, Le Temps qu’il fait, 2003.
Gustave Roud. Une solitude dans les saisons, Jean-Michel Place / Poésie, 2005.
Edvard Munch. Entre chambre et ciel, Virgile, 2007.
Un lieu de ce monde / A Place in The World, VVV Editions, Halifax, 2008.
Pierres d’attente pour Reverdy, Tarabuste, 2008.
La Nuit au corps, Fata Morgana, 2010.
Le Huitième pli ou Le Travail de beauté, Galilée, 2013.
Chemins ouvrant (avec Yves Bonnefoy), L’Atelier contemporain, 2014.
Au Vif de la peinture, à l'ombre des mots , L'Atelier contemporain, 2016.

Ici rien n'est présent – Gérard Titus-Carmen 2003
Paru le 28 janvier 2003
13 x 21 cm, 160 pages
ISBN 2.87673.366.8
14 €

GÉRARD TITUS-CARMEL Travaux de fouille et d’oubli

GÉRARD TITUS-CARMEL Travaux de fouille et d’oubli

Poésie

Cette suite de textes se découvre comme la mise au jour des ruines d’une construction d’un âge ancien, sur quoi la mémoire, qui pourtant gardait le site, est venue soudain buter. Dès lors, à partir des différents fragments arrachés à l’oubli, il s’est agi de recomposer le dessin de ce que fut son architecture. Retrouvés à fleur de terre, les vestiges des enceintes qui l’entouraient permettront de situer un point qui, finalement, se révélera être le centre secret du monument ou, mieux, son coeur obscur. Là où se précipitent les mots, où se noue la voix.
Et ce coeur livrera un nom, qui est aussi celui de son désastre. Un nom offert au vent, au souvenir de la mer épuisante — au silence, enfin.

Biographie

Gérard Titus-Carmel est né en 1942, il s’initie très tôt à l’Art moderne après des études à l’école Boulle et se passionne pour le surréalisme et la poésie.
Dès ses premières expositions, dans les années soixante, ses toiles et ses dessins, ses lithographies et ses gravures révèlent un goût puissant pour la littérature, comme en témoignent aussi les titres et les dédicaces de ses tableaux, volontiers voués aux grands romantiques, tel Young ou Coleridge. Il commence par illustrer des poètes qu’il aime, de Jacques Dupin à Philippe Jaccottet, avant de donner ses propres recueils de poèmes, qu’il enlumine souvent, en des livres rares, tout en publiant des réflexions sur la peinture (Elle bouge encore…, Actes Sud, 1992).
Sa production poétique est tout aussi importante.

Poésie

La Tombée, Fata Morgana, 1987.
L’Entrevue, Brandes, 1988.
Le Motif du fleuve, Fata Morgana, 1990.
Instance de l’orée, Fata Morgana, 1990.
Forge, Brandes, 1991.
Feuillets détachés des saisons, Brandes, 1991.
Gris de Payne, Fata Morgana, 1994.
Obstinante, Brandes, 1995.
Ceci posé, Fata Morgana, 1996.
Nielles, La Main courante, 1997.
De Corps et de buée, Éditions Voix/Richard Meier, 1997.
Travaux de fouille et d’oubli, Champ Vallon, 2000.
La Rive en effet, Obsidiane, 2000.
Demeurant, Obsidiane, 2001.
Ici rien n’est présent, Champ Vallon, 2003.
Manière de sombre, Obsidiane, 2004.
Jungle (non-lieu) / Jungle (unspace), VVV Editions, Halifax, 2005.
Seul tenant, Champ Vallon, 2006.
Brisées, La Porte, 2009.
L’Ordre des jours, Champ Vallon, 2010.
Le Reste du vent, La Porte, 2011.
Ressac, Obsidiane, 2011.
La Porte, La Porte, 2012.
Albâtre, Fata Morgana, 2013.

Essais, écrits sur l’art, autres

Joaquin’s Love Affair, Éricart, 1971.
The Pocket Size Tlingit Coffin, Baudoin Lebon/SMI, 1976.
Le Casque de Nikkō, Daniel Lelong Éditeur, 1984.
Temps de parole, L’Échoppe, 1986.
Quatre images mémorables, Éditions de la Nbj, Montréal, 1987.
Lumières, précédé de Point de chute, L’échoppe, 1988.
Ombre portée, L’Échoppe, 1989.
L’Indolente d’Orsay, L’échoppe, 1990.
Notes d’atelier & autres textes de la contre-allée, Plon, 1990.
La Leçon du miroir, L’Échoppe, 1992.
«Elle bouge encore…», Actes Sud, 1992.
Premier sang, L’échoppe, 1994.
L’élancement. Éloge de Hart Crane, Le Seuil, 1998.
101 Questions posées au pérégrin, L’étoile des limites, 2001.
Épars, Le Temps qu’il fait, 2003.
Gustave Roud. Une solitude dans les saisons, Jean-Michel Place / Poésie, 2005.
Edvard Munch. Entre chambre et ciel, Virgile, 2007.
Un lieu de ce monde / A Place in The World, VVV Editions, Halifax, 2008.
Pierres d’attente pour Reverdy, Tarabuste, 2008.
La Nuit au corps, Fata Morgana, 2010.
Le Huitième pli ou Le Travail de beauté, Galilée, 2013.
Chemins ouvrant (avec Yves Bonnefoy), L’Atelier contemporain, 2014.
Au Vif de la peinture, à l'ombre des mots , L'Atelier contemporain, 2016.

Travaux de fouille et d'oubli – Gérard Titus-Carmel 2000
Paru le 16 mars 2000
13 x 21 cm, 146 pages
ISBN 2.87673.302.1
12 €

JUDE STÉFAN L’Idiot de village

JUDE STÉFAN L’Idiot de village

Nouvelles

En six nouvelles, un Idiot de village offrira cette particularité d’aussi bien incarner un Professeur extasié, une Adolescente perplexe, des Sœurs perdues, qu’un Aveugle aimé, un Utopiste comblé, un Obèse transi, un Amant rompant, enfin un Suicidant définitif: de la Littérature, c’est-à-dire une Idiotie première.
Titres des nouvelles : L’après-trentaine de Monsieur Quesche, L’Interview, Le Brevet des Collèges, Le Baccalauréet des Lycées, Au Bordel pour Aveugles, L’Idiot de Village, Courte homélie d’un Obèse, Moment musical (de 18 à 22 heures), Bagatelle, Une bonne Nouvelle, Le Locateur.

Biographie

Jude Stéfan est né en 1930. Il vit en Normandie, où il mène parallèlement une oeuvre poétique et, depuis 1973, de nouvelliste.

Aux Éditions Champ Vallon
Les États du corps, nouvelles, 1986.
Dialogues avec la Sœur, 1987.
Dialogue des Figures, 1988.
La Fête de la Patronne, nouvelles, 1991.
Le Nouvelliste, nouvelles, 1993.
Scènes dernières, nouvelles, 1995.
Vie de Saint, nouvelles, 1998.
Oraisons funestes, nouvelles, 2003.
Le Sillographe, nouvelles, 2004.
L'Angliciste, nouvelles, 2006.

Aux Éditions Gallimard
Cyprès, poèmes, 1967.
Libères, poèmes, 1970.
Idylles & Cippes, poèmes, 1973.
Vie de mon frère, nouvelles, 1973.
La Crevaison, nouvelles, 1976.
Aux chiens du soir, poèmes, 1979.
Laures, poèmes, 1984.
À la vieille Parque, poèmes, 1989.
Xénies, essais, 1992.
Élégiades, poèmes, 1993.
Prosopées, poèmes, 1995.
Povrésies, poèmes, 1997.
Épodes, poèmes, 1999.
Génitifs, poèmes, 2001.
La Muse Province, poèmes, 2002.
Caprices, poèmes, 2004.

Aux Éditions Le Temps qu’il fait
Lettres tombales, 1983.
Gnomiques, 1985.
Faux journal, 1986.
Alme Diane, poèmes, 1986.
Litanies du scribe, 1988.
De Catulle, essai, 1990.
Stances, poèmes, 1991.
Scholies, notes, 1992.
Épitomé, notes, 1993.
Senilia, diurnal, 1994.
Variété VI, essais, 1995.
Silles, journal, 1997.
Variérés VII, 2000.

Aux Éditions La Table ronde
Chroniques catoniques, 1996.

Aux Éditions Ryôan-ji
Suites slaves, poèmes longs, 1983.
Les Accidents, nouvelles, 1984.

Idiot de village (L') – Jude Stéfan 2008
Paru le 14 novembre 2008
13 x 21 cm, 128 pages
ISBN 978.2.87673.489.0
13 €

JUDE STÉFAN L’angliciste

JUDE STÉFAN L’angliciste

Nouvelles

«Parmi ces dix-sept Variations les Sœurs sont encore là, présentes, l’Aïeul, et les Aimées de jeunesse ou l’Endeuillante, la Violence, la Satire, la Vieillardise, la Bibliomanie, l’Anglicisme, enfin la Mort même en personne ou accomplie dans une vie captive.»
J. S.

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(Pp. 47,52)
III

Le Brevet des collèges
J’ai passé le Brevet. C’est là mon premier examen, si l’on excepte communion et confirmation, et destiné à nous préparer au Baccalauréat – lequel est encore plus difficile, car il n’y a que 80% de reçus, outre le rattrapage (où certains même échouent) –, puis à la nuit de noces. J’avais ma bouteille d’eau et ma barre chocolatée, refait ma natte, et c’est ma grand-mère – ex-directrice d’école – qui m’avait amenée dans son Audi, car mon père, simple ouvrier, était à son travail. À neuf heures précises furent distribués les sujets, retirés d’une grande enveloppe bistre. Chacun avait sur sa table son numéro d’appel, sa carte d’identité, sa convocation. On aurait entendu une aiguille tomber, tant l’instant s’avérait important. C’était le sujet de Rédaction: la tête entre les mains je le découvris sans aussitôt comprendre: «Que feriez-vous si vous n’étiez pas né? Développez». La question me surprit, ayant plutôt révisé, comme le bruit en courait, le Néanderthalien au larynx trop haut placé. Certains se regardèrent, d’autres méditaient déjà sur la question, plusieurs même se mirent à écrire. Je ne découvrais guère la problématique, comme l’avait préconisé l’institutrice, mademoiselle Beaudrap. On entendait des toux, des raclements de pieds. Au bout de dix minutes un grand Noir se leva et alla réveiller le Surveillant, suggérant qu’il y avait une erreur dans l’énoncé. Ce dernier, qui n’avait sans doute fait que lire distraitement, approuva et, s’étant fait remplacer par un suppléant de couloir, alla en référer au Chef de Centre, qui, après avoir consulté le Rectorat – c’est ce qu’il nous annonça, descendu dans la salle – nous précisa qu’effectivement il n’y avait pas d’erreur, mais que le sujet aurait dû être réélaboré, qu’en tout cas il en serait tenu compte dans la correction, et que toute liberté était ainsi laissée aux candidats, qui pourraient même bénéficier de cet avantage. Tout était dans l’ordre. «Gardez votre calme!»
Je sentais la migraine m’obnubiler le cerveau. Je me mis à essayer de déconstruire l’énoncé, selon les conseils de l’année. La subordonnée conditionnelle d’abord, «si…»: il s’agissait là, grammaticalement, d’un irréel, une supposition contraire à la réalité, comme si j’étais morte, mais avant même d’être née – et qu’aurais-je bien pu faire alors? Quelque chose m’échappait, sans doute un piège qui pourtant devait être évident, j’eus honte de ne pas le trouver et même envie de pleurer, j’étais toute seule, sans ma mère, sans aide, à lutter. Je passai à la proposition principale interrogative – bien analyser les termes! -, que feriez-vous ne devait pas s’appliquer à une profession à exercer (moi, je voulais être puéricultrice ou aide-soignante afin d’aider de plus faibles, comme l’abbé Pierre), mais signifier: quelle serait alors votre attitude? Eh bien, quant à moi, si je n’étais pas née, je me tuerais, car comment accepter d’être privé des beautés de la nature, de la connaissance des grands hommes, Napoléon ou Zidane, de la Canicule même, qui permet la vente de milliers de ventilateurs? Voilà donc les idées que je jetai sur le brouillon avant de rédiger une page et demie et bien relire.
À la sortie ma grand-mère, ex-Directrice d’école, considéra le sujet pour déclarer qu’il s’agissait plutôt là d’un thème philosophique, qu’il y avait sans doute eu substitution de matière, et comme un attroupement déjà s’était formé à cet égard, qu’on saurait protester -quoique ce fût une profonde question! À la maison, le soir, on attendit le retour de mon père, qui n’est qu’un simple ouvrier: il chaussa ses lunettes, fronça les sourcils et, bizarrement, demanda à sa belle-mère: «Est-ce qu’il y a du potage?»

 

Biographie

Jude Stéfan est né en 1930. Il vit en Normandie, où il mène parallèlement une oeuvre poétique et, depuis 1973, de nouvelliste.

Aux Éditions Champ Vallon
Les États du corps, nouvelles, 1986.
Dialogues avec la Sœur, 1987.
Dialogue des Figures, 1988.
La Fête de la Patronne, nouvelles, 1991.
Le Nouvelliste, nouvelles, 1993.
Scènes dernières, nouvelles, 1995.
Vie de Saint, nouvelles, 1998.
Oraisons funestes, nouvelles, 2003.
Le Sillographe, nouvelles, 2004.
L'Angliciste, nouvelles, 2006.

Aux Éditions Gallimard
Cyprès, poèmes, 1967.
Libères, poèmes, 1970.
Idylles & Cippes, poèmes, 1973.
Vie de mon frère, nouvelles, 1973.
La Crevaison, nouvelles, 1976.
Aux chiens du soir, poèmes, 1979.
Laures, poèmes, 1984.
À la vieille Parque, poèmes, 1989.
Xénies, essais, 1992.
Élégiades, poèmes, 1993.
Prosopées, poèmes, 1995.
Povrésies, poèmes, 1997.
Épodes, poèmes, 1999.
Génitifs, poèmes, 2001.
La Muse Province, poèmes, 2002.
Caprices, poèmes, 2004.

Aux Éditions Le Temps qu’il fait
Lettres tombales, 1983.
Gnomiques, 1985.
Faux journal, 1986.
Alme Diane, poèmes, 1986.
Litanies du scribe, 1988.
De Catulle, essai, 1990.
Stances, poèmes, 1991.
Scholies, notes, 1992.
Épitomé, notes, 1993.
Senilia, diurnal, 1994.
Variété VI, essais, 1995.
Silles, journal, 1997.
Variérés VII, 2000.

Aux Éditions La Table ronde
Chroniques catoniques, 1996.

Aux Éditions Ryôan-ji
Suites slaves, poèmes longs, 1983.
Les Accidents, nouvelles, 1984.

Angliciste (L') – Jude Stéfan 2006
Paru le 17 janvier 2006
13 x 21 cm, 144 pages
ISBN 2.87673.419.2
13 €

JUDE STÉFAN Le Sillographe

JUDE STÉFAN Le Sillographe

(Diurnal invectif 1997-2003)

« Faisant suite à Senilia puis Silles – pensées grecques mordantes dues jadis à Timon dit « Le Sillographe » –, ce « diurnal invectif » (contre la Médiocrité, les vulgarismes, le Littérairement correct, la superstition religieuse de retour), daté de 96 à 03, au lieu de tendre à tout dire d’un soi égoïque, ne note que les riens vécus par anecdotes, propos ou fusées – avec en son centre l’imposibilité amoureuse de sortir de soi ou Apories »
J. S.

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(Pp. 112-116)

30/12. «Les Gens»
«Ah oui, les Gens, parlons-en, eh bien je n’en suis pas, des Gens, et d’ailleurs qui, les Gens? – vous et moi! – gens, la race humaine, gente dans trois langues latines, le oiJ povlloi des Grecs, le peuple, la foule, les 80% d’esclaves, à cause desquels on se tue, le commun, la majorité silencieuse, qui votent pour l’Un par peur de l’Autre, les éduqués à la famille, au travail et à la nation, les abonnés aux bonnes mœurs, qui comprennent l’art cent ans après au mépris des modernes, les catéchisés perpétuels de la faute et de la tolérance, aux héros futiles Bruel et Douillet, les suppôts de TF 1: Horreur des «gens», des euphémismes cache-pensée Vieilles gens (pour les Vieux), Jeunes gens (pour casseurs et violeurs), Honnêtes gens (pour Hypocrites), Pauvres gens (pour Misérables), Bonnes gens (pour badauds et crédules), Petites gens (pour laissés-pour-compte), Gens d’armes (pour flics sarkozyens), Gens de lettres (pour Paradeurs provisoires), Droit des gens (ne bombarder que si nécessaire), les Gens bien (pour Profiteurs), les Braves gens (pour les soumis) qui suivent humblement le sempiternel calendrier petit jésus – étrennes-impôt-vacances de neige-pâques-tour de France-rentrée-élections–toussaint-gels-guerres dans le tourniquet des années répétitives, avec mariages et enfantements, modes et clichés, solécismes et oublis, à quand les Dernières gens?
L’indifférenciation généralisée – qui n’est point l’anonymat ou rejet du nom – dans laquelle se couler afin d’inexister, par peur, par pudeur, par honte même, n’aura pu être le fait de quelques-uns qui réagissent contre le donné, se soulèvent, en vain, contre la mort, par refus d’être de ces gens, conservateurs nés, empêcheurs de toute révolution. Que réclament en effet «les gens»? La tranquillité, le Gris – du moins avec quelques «vacances» ou festoiements défoulateurs. Certes ils font pitié – une des «vraies valeurs » judéo-chrétiennes! –, ils sont émus aux enterrements, ils se vautrent sciemment dans leur vulgarité, on n’a pas le droit de les mépriser; alors on les leurre de bonnes paroles, ils ont le droit de protester en votant, une médaille à la retraite en récompense de n’avoir pas bougé, d’avoir pétitionné contre la pédophilie, réservé la peine de mort à certains cas – l’innocente enfance –, voilà le produit de l’éducation parentale et scolaire, «Les gens» – on songe à une chanson répétitive de Brel, avec grincements de dents.
Un des projets de Balzac frappait: «Les Gens ridés», ces gens soucieux que l’on rencontre dans les transports, rongés d’épreuves, aux années déjà enfuies, inquiets de la proche disparition et dont les plis du visage dénient la verdeur passée. De Dublin ou de Seldwyla, traités avec commisération grâce à l’humour – une satire bienveillante! –, nos gens sont pardonnés (ils sont comme nous, sinon notre prochain ou nos frères), il faut qu’ils soient «de sac et de corde», pillards ou patibulaires pour être condamnés. Ils demeurent supportables, on ne les changera pas, pardonnez-leur car ils ne savent ce qu’ils font, mais ils ne sont pauvres en esprit, sauf les pauvres avérés, les humbles et humiliés, qui, eux, n’aiment guère «les gens», la masse, qui peut dégénérer en canaille, en populace. Une monstrueuse globalité cachant les individualités irréductibles, mais confondues dans l’irresponsabilité déculpabilisante. L’artiste trahit donc les gens, qui lui préfèrent nombre de médiocres, mais expulse tous ceux qui auront écrit pour «les gens»: Balzac les étudiait, à Th. Bernhard ils répugnaient – pas son grand-père qui vivait à leur encontre. Alors, sauver les gens d’eux-mêmes, s’ils ne préféraient le général, la foire, la vallée promiscuitaire de Josaphat?
*

31/12
«On ferme». Oui, je suis un homme devenu fermé. À soixante-dix ans on ferme, comme on ferme à sept heures dans les boutiques. Je ne comprends pas que ces hommes ici-bas (se) parlent, écoutent des chanteurs vides, supportent des joueurs de pied ôtant leur maillot par orgasme procuratif, jouissent d’émissions les plus crapuleuses, se vautrent encore dans leurs superstitions – ô guerres religieuses autant qu’économiques! Les hommes puent – de vanité, d’inconscience: on ferme! Pas le droit d’aimer sa sœur, une fillette, des prostituées, de haïr son père, de fumer dans l’ennui de vivre, de boire trois verres de vin. Il faut jouer aux cartes, voter, fêter le faux Jésus, tuer les innocents animaux par plaisir: on ira voir ailleurs, la clé mise sous la porte, on sera parmi les 12 000 suicidés: on ferme, on arrête de jouer au billard, on range sa queue, on n’a jamais eu rien à faire parmi politiciens et veaux électeurs. Honneur aux handicapés, naines et charitons qui illustrent la misère!
Je n’aurai pas eu de biographie, sinon dans des documents, je ne serai plus né, renvoyé en fumée, cendres dispersées dans une décharge. On n’aura fait que me pousser dans collèges, casernes, salles crayeuses, stades, églises, précipité sur les corps féminins sans piété, renvoyé de ville en ville: comment être un château, une cathédrale, un port brumeux? Ce sont les autres qui parlent de vous, qui ne vous vivez même pas, soumis à vos organes fœtaux – ô bêtise des mères au-dessus des berceaux, joie des pères cloniques! C’est la rumeur qui décrit votre patronyme, c’est sa bouche qui dit: baroque, provocateur, fusillable. Cancer, Sida, États-Unis règnent. «La situation est désespérée, mais pas sérieuse», on ne quitte rien, souvenir de la mer monstrueuse et des météorites cycliques, les volets sont clos, un curieux est venu frapper dont la compagne conclut: «C’est fermé».
(mars 03)

 

Biographie

Jude Stéfan est né en 1930. Il vit en Normandie, où il mène parallèlement une oeuvre poétique et, depuis 1973, de nouvelliste.

Aux Éditions Champ Vallon
Les États du corps, nouvelles, 1986.
Dialogues avec la Sœur, 1987.
Dialogue des Figures, 1988.
La Fête de la Patronne, nouvelles, 1991.
Le Nouvelliste, nouvelles, 1993.
Scènes dernières, nouvelles, 1995.
Vie de Saint, nouvelles, 1998.
Oraisons funestes, nouvelles, 2003.
Le Sillographe, nouvelles, 2004.
L'Angliciste, nouvelles, 2006.

Aux Éditions Gallimard
Cyprès, poèmes, 1967.
Libères, poèmes, 1970.
Idylles & Cippes, poèmes, 1973.
Vie de mon frère, nouvelles, 1973.
La Crevaison, nouvelles, 1976.
Aux chiens du soir, poèmes, 1979.
Laures, poèmes, 1984.
À la vieille Parque, poèmes, 1989.
Xénies, essais, 1992.
Élégiades, poèmes, 1993.
Prosopées, poèmes, 1995.
Povrésies, poèmes, 1997.
Épodes, poèmes, 1999.
Génitifs, poèmes, 2001.
La Muse Province, poèmes, 2002.
Caprices, poèmes, 2004.

Aux Éditions Le Temps qu’il fait
Lettres tombales, 1983.
Gnomiques, 1985.
Faux journal, 1986.
Alme Diane, poèmes, 1986.
Litanies du scribe, 1988.
De Catulle, essai, 1990.
Stances, poèmes, 1991.
Scholies, notes, 1992.
Épitomé, notes, 1993.
Senilia, diurnal, 1994.
Variété VI, essais, 1995.
Silles, journal, 1997.
Variérés VII, 2000.

Aux Éditions La Table ronde
Chroniques catoniques, 1996.

Aux Éditions Ryôan-ji
Suites slaves, poèmes longs, 1983.
Les Accidents, nouvelles, 1984.

Sillographe (Le) – Jude Stéfan 2004
Paru le 19 février 2004
13 x 21 cm, 128 pages
ISBN 2.87673.369.2
15 €

JUDE STÉFAN Oraisons funestes

JUDE STÉFAN Oraisons funestes

Nouvelles ou variations VII

«Y no quiero inventar o que no sé», je n’aime pas inventer ce que j’ignore, écrit Borges (El cautivo), marquant ainsi le seuil ambigu de la Nouvelle, entre vraisemblance et créativité. Cinq nouvelles amoureuses (La Pharmacienne, Une Pléiade, La Tante Olga), quatre funèbres (Oraison funeste), une dialoguée en leur centre même, pour un ultime effort d’oraison — ou assemblage de mots construits selon le règles du genre, «une chose pour laquelle on n’était pas né» (Musil).

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X

Oraison funeste
L’abbé Bénigne enseignait jadis l’Instruction religieuse et le latin en classe de cinquième chez les jésuites d’Évreux. Prêtre autodidacte il avait repris des études après le séminaire et soutenu un diplôme sur Bourdaloue dont il aimait à rappeler que la marquise de Sévigné le préférait à tous autres orateurs. Malgré sa soutane il courait très vite lors des jeux et des sorties, affectait toujours un air jovial, quoique capable de sévérité quand il devint préfet de discipline et qu’il réclamait le silence au réfectoire, et savait passionner ses élèves en cours en les faisant rivaliser d’exactitude grammaticale, formés par groupes dont vérifier l’avance ou le recul sur un tableau garni de drapeaux les représentant dans leur parcours. Parmi ses élèves il avait distingué un garçonnet aimant déjà la lecture (Vigny, A.France, et comme il était souvent en retenue le jeudi, qui réclamait chaque fois le même ouvrage au bibliothécaire mécontent: – Mais vous l’avez déjà emprunté! – Justement!, «Le Grand Meaulnes»)
Après son départ du collège l’élève revenait visiter le professeur – et jusque dans l’adolescence, pour plus tard ne se revoir qu’épisodiquement, quand la teneur des ouvrages parus sous la plume du premier n’eût pu que déconcerter le second. Mais lors de la disparition de celui qui avait voulu devenir écrivain, il apparut naturel à la famille que l’on priât son vieux pédagogue de prononcer une courte homélie dans la petite église de Serquigny où l’urne serait déposée après incinération. Il parla donc à peu près en ces termes:
«Il m’était donc destiné, Messieurs et Lecteurs, de sauver la mémoire – et pour combien de temps! – de ce personnage protégé selon ses propos dès longtemps du diable même, notre ennemi à tous, celui qui objecte au bonheur de la naissance, à la beauté de l’univers, à la résurrection qui les effraie dans leur peccaminité, un être donc des plus regrettables qui ne connut que trop l’engeance féminine: ah si encore ce fût pour fonder une famille, trouver une ressemblance dans sa progéniture, qui aurait perpétué sa mémoire et sa sagesse – mais non, je n’ose ici le suggérer, ce fut à des fins bien plus inavouables, la chair complice du corps, la recherche de l’infâme coït adultérin, une collection de Muses profanes sous prétexte d’art. Car il n’est que trop vrai, le Défunt, ce malheureux suicidé, se piqua d’écrire, incapable d’accepter son sort d’heureux vivant qui n’a pas à demander plus que la vie à nous donnée, par l’entremise de l’étreinte parentale, par le divin Créateur. Que n’eût-il plutôt renoncé, au lieu de récidiver ces œuvrettes trop particulières pour toucher à l’universel, alors que notre Sainte Bible aurait dû à jamais annuler toute tentative de rivaliser avec elle, tentatives qui ne furent le fait que de drogués, de communistes, de borgnes, de moines défroqués, de trafiquants d’armes, d’anti-juifs, d’exilés, d’asthmatiques, d’ivrognes, de phtisiques: ah mes frères, c’est l’indignation qui me fait ainsi tonner dans cette chaire – tant le spectacle de notre misère en notre fin de siècle qui n’a pas encore connu l’Apocalypse pourtant prédite nous navre.
Je ne vais pas ici relater la carrière, s’il mérita ce terme, de notre prochain enfin délivré de ses errances. Né d’obscure origine, qu’il revendiquait plutôt que d’en reconnaître la honte, ne fut-il par la suite qu’une ombre littéraire essayant de parvenir à la lumière des élus éphémères de cette fausse religion qui en a tant trompé, la Littérature? Que figurent ces divers essais en leur genre sinon l’incapacité à une grande œuvre qui au moins aurait témoigné de sa reconnaissance d’avoir été un homme, placé en haut de la quête morale? Au lieu de quoi le voici voué désormais à quelques titres non indignes d’oubli, qui vont dans ma bouche récapituler son effort mesquin, Les Ironies, Le Bordelier, Les Règles, Journal d’Onan, La Chierie qu’en notre temple j’ai scrupule à mentionner en leur vertu provocatrice et malfaisante, mais en tant que son premier Confesseur je me dois d’obéir au devoir de commisération vis-à-vis d’un trépassé hélas voué aux enfers, septième cercle, deuxième giron, là où selon notre Saint Dante il aura été changé en arbre, parlant et se lamentant! Oui, un violent contre lui-même – et d’ailleurs contre l’art –, un infâme que seule l’insistance de sa famille m’oblige par déférence à elle à évoquer! Nos prières hélas lui seraient désormais inutiles, ne nous restent que les pleurs… Je le devine transformé en son arbre éponyme, le cyprès, qu’il avait choisi à l’orée de son parcours, placé sous le signe du cimetière, son lieu, qu’il hantait, décrivait, célébrait aux dépens de ses auditeurs ou hôtes, pour le peu qu’il en connut dans son insociabilité. Car ce fut un égoïste avoué, un Inhomme comme il aimait à se définir, aux valeurs de mépris et de haine, qui professait que l’amour même n’avait de cesse qu’il ne s’éteigne en raison de la souffrance qu’il infligeait.
Songez-y bien, mes frères, son péché fut celui de ne pas s’aimer – car celui qui ne s’aime pas, comment aimerait-il son prochain, son frère même? L’endurcissement le poussait à avouer qu’il n’avait guère chéri ses parents, que les enfants, innocence exempte de toute malignité, comme chacun le constate, lui étaient à détestation, et s’il n’a connu que trop de femmes, au lieu de s’en tenir à une et vénérée, ce n’était point par désintéressement ou générosité, mais pour le paraître, cette propension qu’offrent certains à s’exhiber aux côtés d’actrices, de mannequins, de danseuses, comme il fit, en toute odieuse vanité masculine – d’où son goût répréhensible des dépenses et des mécaniques automobiles, des habits surélégants et des soirées mondaines où le vin lui faisait, en sa verve oratoire, conter d’invraisemblables anecdotes ou facétieuses histoires destinées à le mettre en valeur; devrai-je vous rappeler ici le mot de l’Ecclésiaste «ô Vanité des vanités» qu’il incarna si passagèrement, pour sa punition?
En vérité, je vous le dis, ce douteux défunt devra nous servir d’exemple à ne point imiter, tels les Judas trahisseurs – car il trompait son monde par de plaisants dehors –, les diaboliques Marquis qui mettent en pratique le mal par peur de souffrir, l’infligeant plutôt à autrui, les obscurs romanesques Fowley, qui furent ses modèles! Moi, simple abbé de campagne Bénigne, j’ose vous prévenir en conséquence contre ce bas héros de province, ce scribe peu illustre qui voulut dans ses Litanies rivaliser avec nos vrais Saints qui règlent chacun de nos jours: or tous les siens furent des démons de la plume pénétrant par elle dans le cœur des naïfs Lecteurs!
Et certes je l’avais connu prometteur dans l’enfance, enfant de chœur et de cœur, si j’ose ce trope, avant qu’il ne fût dépravé – déjà – par des fillettes qui, me confessa-t-il, au Collège où il brillait, lui firent commettre le péché d’Adam, notre père à tous, Adam qui signifie le terrestre, le glébeux, et qui fut loin d’être un singe essaimant ça et là dans la terre africaine, comme on voudrait nous le faire accroire au nom de la science ennemie de notre foi révélée. Alors il pouvait augurer d’un jeune homme voué à la condition médiocre qui nous fait tous égaux, au lieu de rechercher l’originalité dans une quête de l’art hostile à toute normalité – autre péché d’orgueil, car il les eut tous, hormis la gourmandise trop empreinte à ses yeux de corporalité –, cela à partir de l’adolescence quand il me rendait encore visite et qu’il pratiquait l’ascèse, en s’égarant dans divers systèmes, bouddhisme, taoïsme, stoïcisme, autant que trotskysme en politique, ce qui témoignait au moins d’un souci hélas qui le quitta bientôt, une fois renoncée toute exigence, sinon épicurienne. Dès lors il fut perdu, tomba dans l’écriture, la quête de la sexualité, l’inespoir dans la mort finale. Qu’il nous soit un exemple, Messieurs, à ne pas suivre, en quoi il aura au moins non démérité entièrement – pour lui trouver une excuse; que ces quelques silhouettes féminines que j’entrevois parmi vous voilées de deuil, ses Sœurs sans doute qu’il avait tant autrefois aimées, sa Servante dévouée qui veilla son cadavre troué de balles, que la mémoire de sa mère qui jamais ne le condamna, nous enseignent à le sauvegarder dans notre mémoire avant, par seules bonté et indulgence, de le confier à l’Oubli qui est l’envers de notre divin Père présent dans son absence même.
Ce Très-bas, saluons-le néanmoins, puisque j’ai ce devoir devant une dépouille, car comme chacun il eut à souffrir et vivre, et ce pendant quarante ans de réflexion, si l’on excepte la décennie d’inconscience dévolue aux jeux et à l’obéissance. Messieurs et frères, je ferai état pour conclure d’une confidence à moi faite dans sa jeunesse et selon laquelle il eût souhaité un jour dominer ses exercices d’écriture découragés afin de pouvoir enfin parler d’une voix qui lui eût été propre, alors que je lui avais fait lire nos père orateurs, qu’il admirait. Puissé-je donc, me substituant à lui dans une certaine ressemblance – car je n’étais pas sans l’aimer pédagogiquement –, avoir été digne des Uns et de l’autre, ce fils non revenu dans la maison paternelle, où sa place est demeurée vide.»

Au cimetière attenant à l’église de la Couture, comme une partie de l’assistance s’étonnait du ton quelque peu vindicatif du prédicateur, la Sœur cadette du défunt, celle qui toujours avait eu la langue acérée, répliqua qu’il s’agissait d’un «Jésuite» – elle entendait dire: féroce par état – et qu’il avait bien fait. L’aînée avait disparu depuis longtemps – vingt ans –, que son frère avait ainsi rejointe dans le seul geste conséquent sur cette terre.

Biographie

Jude Stéfan est né en 1930. Il vit en Normandie, où il mène parallèlement une oeuvre poétique et, depuis 1973, de nouvelliste.

Aux Éditions Champ Vallon
Les États du corps, nouvelles, 1986.
Dialogues avec la Sœur, 1987.
Dialogue des Figures, 1988.
La Fête de la Patronne, nouvelles, 1991.
Le Nouvelliste, nouvelles, 1993.
Scènes dernières, nouvelles, 1995.
Vie de Saint, nouvelles, 1998.
Oraisons funestes, nouvelles, 2003.
Le Sillographe, nouvelles, 2004.
L'Angliciste, nouvelles, 2006.

Aux Éditions Gallimard
Cyprès, poèmes, 1967.
Libères, poèmes, 1970.
Idylles & Cippes, poèmes, 1973.
Vie de mon frère, nouvelles, 1973.
La Crevaison, nouvelles, 1976.
Aux chiens du soir, poèmes, 1979.
Laures, poèmes, 1984.
À la vieille Parque, poèmes, 1989.
Xénies, essais, 1992.
Élégiades, poèmes, 1993.
Prosopées, poèmes, 1995.
Povrésies, poèmes, 1997.
Épodes, poèmes, 1999.
Génitifs, poèmes, 2001.
La Muse Province, poèmes, 2002.
Caprices, poèmes, 2004.

Aux Éditions Le Temps qu’il fait
Lettres tombales, 1983.
Gnomiques, 1985.
Faux journal, 1986.
Alme Diane, poèmes, 1986.
Litanies du scribe, 1988.
De Catulle, essai, 1990.
Stances, poèmes, 1991.
Scholies, notes, 1992.
Épitomé, notes, 1993.
Senilia, diurnal, 1994.
Variété VI, essais, 1995.
Silles, journal, 1997.
Variérés VII, 2000.

Aux Éditions La Table ronde
Chroniques catoniques, 1996.

Aux Éditions Ryôan-ji
Suites slaves, poèmes longs, 1983.
Les Accidents, nouvelles, 1984.

Oraisons funestes – Jude Stéfan 2003
Paru le 18 février 2003
13 x 21 cm, 112 pages
ISBN 2.87673.369.2
12 €

JUDE STÉFAN Vie de Saint

JUDE STÉFAN Vie de Saint

Nouvelles

«Un Saint : qui vit selon la perfection du Néant en une donnée profane vouée à nudité, vengeance, inimitié, duel, collection de dates, camaraderie, agonie même relatés en style sec ou à l’occasion trivial afin de répondre au pire et diversifié quant à la facture — Histoire, Conte, Récit, Lettre, Nouvelles, alternant en dix Variations.»

Biographie

Jude Stéfan est né en 1930. Il vit en Normandie, où il mène parallèlement une oeuvre poétique et, depuis 1973, de nouvelliste.

Aux Éditions Champ Vallon
Les États du corps, nouvelles, 1986.
Dialogues avec la Sœur, 1987.
Dialogue des Figures, 1988.
La Fête de la Patronne, nouvelles, 1991.
Le Nouvelliste, nouvelles, 1993.
Scènes dernières, nouvelles, 1995.
Vie de Saint, nouvelles, 1998.
Oraisons funestes, nouvelles, 2003.
Le Sillographe, nouvelles, 2004.
L'Angliciste, nouvelles, 2006.

Aux Éditions Gallimard
Cyprès, poèmes, 1967.
Libères, poèmes, 1970.
Idylles & Cippes, poèmes, 1973.
Vie de mon frère, nouvelles, 1973.
La Crevaison, nouvelles, 1976.
Aux chiens du soir, poèmes, 1979.
Laures, poèmes, 1984.
À la vieille Parque, poèmes, 1989.
Xénies, essais, 1992.
Élégiades, poèmes, 1993.
Prosopées, poèmes, 1995.
Povrésies, poèmes, 1997.
Épodes, poèmes, 1999.
Génitifs, poèmes, 2001.
La Muse Province, poèmes, 2002.
Caprices, poèmes, 2004.

Aux Éditions Le Temps qu’il fait
Lettres tombales, 1983.
Gnomiques, 1985.
Faux journal, 1986.
Alme Diane, poèmes, 1986.
Litanies du scribe, 1988.
De Catulle, essai, 1990.
Stances, poèmes, 1991.
Scholies, notes, 1992.
Épitomé, notes, 1993.
Senilia, diurnal, 1994.
Variété VI, essais, 1995.
Silles, journal, 1997.
Variérés VII, 2000.

Aux Éditions La Table ronde
Chroniques catoniques, 1996.

Aux Éditions Ryôan-ji
Suites slaves, poèmes longs, 1983.
Les Accidents, nouvelles, 1984.

Vie de Saint – Jude Stéfan 1998
Paru le 2 novembre 1998
13 x 21 cm, 112 pages
ISBN 2.87673.265.3
11.50 €